Porte-avions et aviation embarquée de l'US Navy en 1941-1945

Nouvelle arme stratégique imaginée en 1909 par le Français Clément Ader, puis testée en 1910-1911 par l'US Navy, le porte-avions et l'aéronautique navale ("aéronavale") ont joué un rôle capital et déterminant au cours de la Seconde Guerre mondiale, particulièrement dans l'immensité de l'Océan Pacifique.




Un peu d'histoire...

1° La genèse de l'"Aéronavale" (1909-1918).

L'idée même de lancer des "aéroplanes plus lourds que l'air" d'un pont de navire nait avec les débuts de l'aviation militaire, dans la première décennie du vingtième siècle. L'US Navy marque d'abord un vif intérêt pour l'utilisation d'hydravions de reconnaissance catapultés sur des rampes fixées à bord de cuirassés ou d'autres navires de ligne.

En 1909, l'inventeur français Clément Ader franchit une étape supplémentaire, en imaginant et publiant dans son livre "L'Aviation Militaire" (éditions Berger-Levrault) l'idée d'un navire équipé d'"un pont plat" et opérant en mer avec de nombreux avions. Le navire en question est équipé d'une superstructure centrale, appellée "île", d'ascenseurs et d'un hanger de maintenance sous le pont d'envol. L'Attaché Naval américain en poste à Paris, ayant lu le livre d'Ader, transmet à Washington ses obervations et commentaires.

En 1910, une série de travaux préparatoires sont menés par l'US Navy sur la Cote Est des Etats-Unis. Le 14 novembre 1910, Eugene B. Ely devient le premier pilote à décoller d'une rampe inclinée installée à l'avant du croiseur USS Birmingham, dans la base navale d'Hampton Road, en Virginie, puis à se poser sur la terre ferme quelques minutes plus tard.


Le 18 janvier 1911, il réussit le premier "appontage" sur une structure plate similaire montée à l'arrière du croiseur USS Pennsylvania, dans la Baie de San Francisco. Un système de plusieurs élastiques, maintenus aux extrémités par des sacs de sable, ont été disposé sur la largeur du pont, et est censé ralentir l'avion.

En 1912, la Royal Navy reprend l'idée et l'améliore. le commander Charles R. Samson et le premier "aviateur" naval (Airman) militaire à prendre l'air, le 9 mai 1912, aux commandes d'un Short S.38. Il décolle du cuirassé HMS Ibernia à Weymouth, sur la côte du Dorset en Angleterre.

En septembre 1914, la première mission aérienne lancée d'un navire vers un objectif terrestre est testé par la marine impériale japonaise, avec un cycle complet décollage/amerissage, avec un cargo reconverti en porte-hydravions, le Wakamiya. Celui-ci transporte quatre Avions Farman équipés de flotteurs.


Les quatre Farman japonais mènent le premier raid aéronaval de l'histoire en bombardant lors la bataille de Tsingtao, en Chine, des postes de commandement et de communications allemands. Ils endommagent lors de ce raid mouilleur de mines ennemi. Le 6 novembre suivant, la garnison allemande de Tsingtao capitule.

Sur le front européen, le premier raid aéronaval est effectué le 25 décembre 1914, lorsque 12 hydravions Short 184, catapultés à partir des HMS Engadine, Riviera et Empress, des steamers reconvertis, exécutent un raid aérien contre les hangars de zeppelins de Cuxhaven. L'attaque contre les zeppelins se solde finalement par un échec, mais les hydravions britanniques endommagent au passage un cuirassé allemand. Les enseignements tirés de cette mission démontrent les capacités de l'aviation embarquée et l'importance stratégique de cette nouvelle arme.

Le HMS Ark Royal est considéré comme le premier "porte-avions" de l'histoire. A l'origine, il s'agit d'un navire marchand transformé en lanceur hydride avions/hydravions, équipé d'une plate-forme sur sa moitié arrière. Lancé le 5 septembre 1914, il servira sur le front des Dardanelles jusqu'à la fin du conflit.


Le 2 août 1917, le squadron-commander Edwin H. Dunning, de la Royal Navy, se pose avec un Sopwith Pup sur le pont avant de l'HMS Furious, dans la rade de Scapa Flow en Ecosse. L'ancien croiseur a été équipé d'un pont avant de 47m et ses tourelles remplacées par un hangar. Dunning devient le premier aviateur à se poser sur un navire en mouvement avec un avion conventionnel, mais il se tue cinq jours plus tard au cours de son troisième essai.

Plusieurs attaques aéronavales seront menées en Europe par la Royal Navy jusqu'à la fin des hostilités. La plus réussie étant celle du 19 juillet 1918, lorsque des Sopwith Camel, équipés chacun de deux bombes de 27kg, visent la base de zeppelins de Tondern. Plusieurs dirigeables allemands sont détruits, mais sur le chemin du retour, les pilotes britanniques étant incapables de retrouver leur base flottante, deux d'entre-eux disparaissent en mer et les autres se posent au Danemark, pays neutre.


2° Entre-deux-Guerres (1918-1941).

Après la Première Guerre mondiale, le Traité Naval de Washington, signé en janvier 1922, limite strictement le tonnage global des "Capital Ships" (cuirassés et croiseurs lourds de bataille) des puissances navales signataires (1). Bien que la plupart des signataires du Traité dépassent le tonnage maximal autorisé des cuirassés et croiseurs, ils sont sous le quota du tonnage total imposé aux porte-avions. En conséquence, nombre de cuirassés ou de croiseurs en cours de construction ou déjà en service sont transformés en porte-avions.

Le premier navire transformé équipé d'un pont intégral sur toute sa longueur est le HMS Argus, converti à partir d'un cuirassé en septembre 1918. Mais le premier porte-avions véritablement construit dans cette intention est le HMS Hermes, qui sera mis en service en juillet 1923.

Photo ci-dessous: HMS Argus, premier porte-avions équipé d'un "pont intégral", en 1918.


Les Etats-Unis suivent en 1920, avec la conversion de l'USS Langley, un "navire experimental", qui n'est donc pas comptabilisé dans le tonnage total fixé par le Traité de Washington, converti à partir du charbonnier Jupiter. C'est le premier porte-avions de l'US Navy (CV-1) équipé d'un pont intégral. Il jauge 11700 tonnes et peut transporter au maximum 34 avions, est équipé d'une catapulte à air comprimé et de brins d'arrêt. Il sert à tester les procédures de décollage et d'appontage de l'aviation embarquée.


Les deux premiers véritables porte-avions opérationnels de l'US Navy sont les navires de classe Lexington, construits dans les chantiers navals "New York Shipbuilding Corporation" de Camden, dans le New Jersey. Leur construction débutent en 1920, et ils entreront en service en novembre 1927, en ce qui concerne l'USS Saratoga (CV-3), et décembre 1927 pour l'USS Lexington (CV-2).


Le Japon entre lui aussi dans la compétition. En 1919, les chantiers navals de Yokosuka entament la construction du Hosho, le premier véritable porte-avions de la Marine impériale. Il entre en service le 27 décembre 1922, c'est-à-dire sept mois avant l'Hermes britannique. Il est donc chronologiquement le premier véritable porte-avions du monde à entrer en service opérationnel. La France, de son côté, se contente de transformer un ancien cuirassé Dreadnough (1GM) en porte-avions Béarn, jaugeant 28900 tonnes et entré en service en mai 1927.


Aux Etats-Unis, pendant les années trentes, sont clairement définis les rôles et les missions attribuée à l'aviation embarquée de l'US Navy. Celle-ci est divisée en trois catégories: chasseurs (Fighting Squadron, VF), bombardiers en piquée également utilisé pour la reconnaissance (Bombing-Scouting Squadron ou "Scout Bombers", VB et VS), et bombardiers-torpilleurs (Torpedo Squadron, VT) également utilisé pour le bombardement en palier conventionnel. L'USS Lexington et l'USS Saratoga préfigurent déjà les caractéristiques générales des porte-avions lourds qui demeureront en service jusqu'aux années cinquantes: une vitesse rapide (32 noeuds), apparition du "Hurricane Bow" sur l'USS Lexington (1927), entre le pont et le hangar, un pont d'envol long de 271m et large de 32m, et équipé de deux ascenseurs électriques.

Le 7 février 1932, au cours de manoeuvres navales dans les îles Hawaii, les deux porte-avions américains simulent une attaque aérienne, conçue par l'amiral Harry E. Yarnell, en lançant 152 avions contre la base de Pearl Harbor, démontrant ainsi l'énorme potentiel et les capacités de l'aviation navale. La marine impériale japonaise tirera les enseignements de cet exercice une décennie plus tard.

Photo ci-dessous: USS Saratoga (CV-3) en 1935.


La Royal Navy, de son côté, développe le concept du "pont d'envol blindé" metallique. Le premier porte-avions de ce type, l'HMS Illustrious, entrera en service en mai 1940. Après que le Japon ait renoncé au Traité Naval de Washington, en décembre 1934, et l'échec du second Traité Naval de Londres, en décembre 1935, les grandes puissances reprennent la course aux armements.

Au Japon, le Kaga (38800 tonnes) et l'Akagi (41300 tonnes), deux anciens cuirassés, sont convertis en porte-avions de 1935 à 1938, dans les chantiers navals de Kobe. L'Arsenal de Kure se lance dans la construction du Soryu (19500 tonnes) et de son sister-ship, l'Hiryu, lancés en décembre 1935 et novembre 1937, puis des Shokaku et Zuikaku de 32100 tonnes, en juin et novembre 1939.

Aux Etats-Unis, les chantiers navals Newport News de Virginie lancent l'unique porte-avions léger (14500 tonnes) de classe Ranger, l'USS Ranger (CV-4), en juin 1934. Puis les trois porte-avions lourds (25500 tonnes) de classe Yorktown: l'USS Yorktown (CV-5), en septembre 1937, l'USS Enterprise (CV-6), en mai 1938, l'USS Hornet (CV-8), en octobre 1941. Et finalement, un porte-avions de classe Wasp jaugeant 19100 tonnes, l'USS Wasp (CV-7), en avril 1940.

Photo ci-dessous: USS Yorktown (CV-5) en 1937.



(1) Tonnage global autorisé par le Traité Naval de Washington en 1922 ["Capital Ship" et porte-avions]: Grande-Bretagne et Etats-Unis, 533000 et 137000 tonnes. France et Italie, 178000 et 61000 tonnes. Japon, 315000 et 82000 tonnes.


Two Navy Ocean Act: renforcement spectaculaire de l'US Navy (1941-1945).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le porte-avions a joué un rôle capital et déterminant dans la conduite des opérations navales, particulièrement dans l'Océan Pacifique. La position dominante du cuirassé s'achève en Méditerannée le 11 novembre 1940, quand 21 biplans torpilleurs Fairey Swordfish de la Fleet Air Arm accomplissent en deux heures ce que les navires de ligne de la Royal Navy ont été incapable de faire en six mois: endommagé trois cuirassés ennemis dans la rade de Tarente, en Calabre, sur les six présents, et immobiliser la flotte de guerre italienne. Les porte-avions de la Royal Navy ont également joué un rôle important lors du siège de l'île de Malte par l'Axe, en transportant des avions ou en assurant la protection des convois de ravitaillement.

En décembre 1941, à l'autre bout du monde, la Marine impériale japonaise (IJN) dispose de dix porte-avions opérationnels: Kaga, Akagi, Hiryu, Soryu, Shokaku, Zuikaku, Junyo, Hiyo, Soho et Zuiho. Les Etats-Unis en alligne six, dont la moitié opèrent dans l'Océan Atlantique: Lexington, Saratoga, Yorktown, Ranger, Hornet et Wasp.

Dès le premier jour de guerre, les Japonais démontrent les formidables capacités des porte-avions et de l'aviation embarquée. Le 7 décembre 1941, en neutralisant la flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor, à 5500km de leur métropole, Mais ce jour-là, aucun porte-avions américain n'est présent dans la base. Puis les mois suivants suivant, au cours de leur formidable expansion dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est, en lançant des raids aéronavals contre les bases alliées dans l'Océan Indien, dans les Indes néerlandaises, et même jusqu'en Australie (Darwin).

Le raid mené par les B-25 de Doolittle oblige l'état-major de l'IJN à rappeler ses porte-avions et à lancer une "expédition punitive" pour "laver l'humiliation du 18 avril", en voulant détruire une fois pour toute les porte-avions américains basé à Pearl Harbor. Mais les Américains, ayant décrypté le code naval adverse, sont au courant des plans de la marine impériale. A Midway, l'aviation embarquée des trois porte-avions américains du Pacifique (Yorktown, Hornet et Enterprise) détruisent les quatre porte-avions japonais engagés (Akagi, Kaga, Soryu et Hiryu), tout en perdant le Yorktown. Cette éclatante victoire américaine marque le tournant décisif dans la Guerre du Pacifique.

Photo ci-dessous: Douglas TBD-1 Devastator de l'escadrille VT-8 de l'USS Hornet, 4 juin 1942. Malheureusement, cet avion était plus "dévastateur" pour ses équipages que pour les Japonais.



Le désastre de Pearl Harbor finit par convaincre le Pentagone et le Département de la Guerre de la suprématie du porte-avions sur tous les autres type de navires, et en 1942, le formidable potentiel industriel des Etats-Unis commence à les produire en grand nombre.

Le 19 juillet 1940, avant même l'entrée en guerre officielle des Etats-Unis, le Congrès vote la loi Vinson-Walsh (Vinson-Walsh Act), également connue sous la désignation de Two Naval Ocean Act, initié par deux Démocrates: le sénateur David Walsh du Massachussetts et le représentant de la Géorgie, Carl Vinson.

Cette loi permet de mettre en chantier:

- 2 cuirassés (BB) de classe Iowa.
- 5 cuirassés (BB) de classe Montana.
- 6 croiseurs de bataille (CB) de classe Alaska.
- 18 porte-avions d'escadre lourd (CV) de classe Essex.
- 27 croiseurs légers (CL) ou lourds (CV).
- 115 destroyers (DD).
- 43 sous-marins (SS).
- 15000 avions.
- Convertion de 100000 tonnes de navires marchands en porte-avions d'escorte.
- 50 millions de dollars pour la construction de vedettes, patrouilleurs, escorteurs.
- 150 millions de dollars pour les bases, l'équipement et les fournitures.
- 65 millions de dollars pour l'achat de munitions ou de pièces manufacturées.
- 35 millions pour le développement des installations et des bases.

Remarque: le premier porte-avions américain construit post-Pearl Harbor, l'USS Essex (CV-9), est mis en service en décembre 1942. A ce moment, même après le triomphe inattendu de Midway, les Américains se retrouvent pratiquement sans porte-avions: quatre ont été coulés, le Yorktown, le Hornet, le Wasp et le Lexington. Seuls restent l'Enterprise et le Saratoga, tous deux en réparations sur la Cote Ouest ou à Pearl Harbor. Autant dire que l'apparition des nouveaux Essex apporte un véritable ballon d'oxygène inespéré à l'US Navy.


1° Porte-avions lourds d'escadre de classe Essex.

En avril 1941, la mise en chantier du premier de la série de porte-avions lourds la plus prolifique de l'histoire navale américaine commence avec la pose de la quille de l'USS Essex dans son bassin de Newport News. La genèse de ces navires exceptionnels (juin 1939) par leurs qualités propres comme leur vie active se trouve dans la décision d'épauler les trois navires de Classe Yorktown, dont le dernier, l'USS Hornet, est encore à cette date en cours de construction.

Pour l'essentiel, les porte-avions de cette classe reprennent les caractéristiques des bâtiments des classes précédentes, mais sans se soucier cette fois du respect des traités navals, tombés en désuétude lors de l'entrée en guerre des Etats-Unis. Les Essex sont donc une classe spécifiquement conçue dans une période de guerre, incluant nombre d'améliorations induites par les événements. 24 unités sont construites, dont 17 avant la capitulation du Japon. Le premier, l'Essex (CV-9), entre en service le 31 décembre 1942.

Photo ci-dessous: USS Essex (CV-9) en 1943.


Toutefois, l'Essex ne sera vraiment opérationnel dans le Pacifique qu'en mai 1943. A cette époque, les choses sont déjà en train de basculer. Il est rejoint par les seize autres bâtiments qui joueront un rôle central dans toutes les opérations aéronavales de reconquête.

Certains Essex seront d'ailleurs rebaptisés d'après les noms des porte-avions perdus au début de la guerre, tels les Yorktown, Lexington, Wasp ou Hornet. A partir de 1944, ils constituent l'arme maîtresse de l'US Navy et sont tous regroupés au sein de la Task Force TF38 (ou TF58) de la 3ème/5ème Flotte US. Ils subissent presque tous la furie des kamikazes.

Malgré de très sévères avaries, comme celles subies par l'USS Franklin (CV-13) le 19 mars 1945, réduit à l'état d'épave et obligé de se traîner à l'allure d'escargot hors du secteur à risque en déployant à l'avant de son pont d'envol une voile de fortune, aucun ne fut coulé, ce qui prouve la valeur de leur protection et de leur fiabilité.

Ils continueront à former le pivot de l'aéronavale américaine même après la fin du conflit, et sont modernisés à plusieurs reprises, notament un pont d'envol redessiné pour recevoir les nouveaux avions à réaction F9F Panther, pendant la guerre de Corée.

Ils sont ensuite reconvertis en porte-hélicoptères ou plate-formes d'appui aérien tactique pendant la guerre du Vietnam. Les années septantes voient les derniers Essex partir en retraite. Sept d'entre-eux figurent d'ailleurs toujours sur les liste des navires de réserve en 1980.

Remarques:

1° Le Lexington II (CV-16) sert toujours dans l'US Navy en tant que navire-école. En 2001, il a participé au film "Pearl Harbor" de Michael Bay et Jerry Bruckheimer, où il interprétait le rôle... d'un porte-avions japonais.

2° Au début des années soixantes, les porte-avions Essex sont redésignés en porte-avions de lutte anti-sous-marines (CVS).

3° Aujourd'hui, quatre porte-avions Essex ont été préservés. Transformés en musée flottant, ils sont accessibles au public et aux visiteurs:

- USS Yorktown II: Patriot's Point, Mount Pleasant, Caroline du Sud.
- USS Intrepid: New York City, New York.
- USS Hornet II: Alameda, San Francisco, Californie.
- USS Lexington II: Corpus Christi, Texas.

Photo ci-dessous: Catapultage d'un E-1B Tracer de l'USS Essex (CVS-9) en novembre 1967.


Configuration d'origine (1943-1945):

- Tonnage: 34881 tonnes en pleine charge.
- Dimensions: longueur du pont d'envol, 262.7m. Largeur maximale, 44.95m.
- Propulsion: 4 arbres d'hélices, 4 turbines à réduction par engrennages Westinghouse, 8 chaudières, puissance 150000 chevaux-vapeur (CV).
- Vitesse maximale: 32.7 noeuds (60.6km/h).
- Equipage complet: 3448 hommes.
- Blingade maxi: ceinture 102mm, horizontal 64mm.
- Armement (DCA): 72 canons (18x4) de 40mm Bofors, 61 canons (61x1) de 20mm Oerlikon.
- Capacité: 103 avions embarqués.

24 porte-avions Essex sont construits aux chantiers navals "Newport News Shipbuilding" de Virginie, dont 17 au cours de la Seconde Guerre mondiale. Remarque: les dates indiquées sont celles de la mise et du retrait du service actif.

- USS Essex (CV-9): 12/1942 et 06/1969
- USS Yorktown II (CV-10): 04/1943 et 01/1970
- USS Intrepid (CV-11): 08/1943 et 03/1974
- USS Hornet II (CV-12): 11/1943 et 06/1970
- USS Franklin (CV-13): 01/1944 et 02/1947
- USS Ticonderoga (CV-14): 05/1944 et 09/1973
- USS Randolph (CV-15): 10/1944 et 02/1969
- USS Lexington II (CV-16): 02/1943 et 11/1991
- USS Bunker Hill (CV-17): 05/1943 et 01/1947
- USS Wasp II (CV-18): 11/1943 et 07/1972
- USS Hancock (CV-19): 04/1944 et 01/1976
- USS Bennington (CV-20): 08/1944 et 01/1970
- USS Boxer (CV-21): 04/1945 et 12/1969
- USS Bonhomme Richard (CV-31): 11/1944 et 07/1971
- USS Leyte (CV-32): 04/1946 et 05/1959
- USS Kearsarge (CV-33): 03/1946 et 02/1970
- USS Oriskany (CV-34): 09/1950 et 09/1976
- USS Antietam (CV-36): 01/1945 et 05/1963
- USS Princeton (CV-37): 11/1945 et 01/1970
- USS Shangri-La (CV-38): 09/1944 et 07/1971
- USS Lake Champlain (CV-39): 05/1945 et 05/1966
- USS Tarawa (CV-40): 11/1945 et 06/1967
- USS Valley Forge (CV-45): 11/1946 et 01/1970
- USS Philippine Sea (CV-47): 05/1946 et 12/1958

Photo ci-dessous: USS Lexington II (CV-16) pendant les opérations dans les îles Gilbert, novembre 1943.



2° Porte-avions légers d'escadre de classe Independence.

Les 9 porte-avions légers de Classe Independence sont construits sur l'insistance personnelle du président Franklin D. Roosevelt, en août 1941, suite au constat du Département de la Guerre que les nouveaux porte-avions lourds Essex ne seraient pas pas prêts avant 1944.

On choisit donc de prélever en urgence une partie des coques de croiseurs légers de la classe Cleveland, qui sont en chantier à ce moment, pour les convertir, sachant en cela que l'on ne disposerait que d'unité légères mais rapides, solution provisoire en attendant les Essex.

Mais en définitive, les Independence entrent en service entre janvier et décembre 1943, un peu plus tard que prévu. Entretemps, plusieurs Essex les ont précédé. Huit d'entre-eux combattront en juin 1944 pendant la conquête des îles Mariannes, au cours du célèbre "Tir aux Pigeons des Mariannes". L'USS Princeton (CVL-23) est coulé par des cuirassés et croiseurs japonais lors de la bataille du Golfe de Leyte, le 24 octobre 1944. Il est l'unique porte-avions de cette classe perdu au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L'USS Belleau Wood (CVL-24) et l'USS Langley (CVL-27) sont cédés en 1947 à la Marine française. Rebaptisés Bois Belleau et La Fayette, ils combattront pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie. L'USS Cabot (CVL-28) est cédé à l'Espagne en 1955 et restera en service jusqu'en 1989.

Photos ci-dessous: 1° USS Independence (CVL-22) dans la baie de San Francisco, 15 juillet 1943. Sur le pont d'envol, on remarque des F6F Hellcat et des SBD Dauntless. 2° SNS Dedalo (ex-Cabot) de la Marine espagnole, 1er juin 1988.




Configuration d'origine:

- Tonnage: 14751 tonnes en pleine charge.
- Dimensions: longueur maximale, 189.74m. Largeur maximale 33.27m
- Propulsion: 4 arbres d'hélices, 4 turbines à réduction par engrennages General Electric, 4 chaudières, puissance 103000 CV.
- Vitesse maximale: 31.6 noeuds (58.5km/h).
- Equipage complet: 1569 hommes.
- Blingade maxi: ceinture, 127mm. Horizontal, 51mm.
- Armement DCA: 16 canons (8x2) de 40mm Bofors, 16 canons (16x1) de 20mm Oerlikon.
- Capacité: 33 avions embarqués (F6F Hellcat, TBF Avenger, SBD Dauntless).

9 porte-avions d'escadre légers de classe Independence sont construits aux chantiers navals "New York Shipbuilding Corporation" de Camden, dans le New Jersey. Remarque: les dates indiquées sont celles de la mise et du retrait du service actif.

- USS Independence (CVL-22): 01/1943 et 07/1946
- USS Princeton (CVL-23): 25/02/1943 - RIP 24/10/1944
- USS Belleau Wood (CVL-24): 03/1943 et 01/1947
- USS Cowpens (CVL-25): 05/1943 et 01/1947
- USS Monterey (CVL-26): 06/1943 et 01/1956
- USS Langley (CVL-27): 08/1943 et 02/1947
- USS Cabot (CVL-28): 07/1943 et 01/1955
- USS Bataan (CVL-29): 05/1943
- USS San Jacinto (CVL-30) 15/12/1943

Photo ci-dessous: comparatif des tailles et silhouettes des porte-avions américains durant la Guerre du Pacifique. De bas en haut, l'USS Saratoga (CV-3), de classe Lexington, l'USS Enterprise (CV-6), de classe Yorktown, l'USS Hornet II (CV-12), de classe Essex, et l'USS San Jacinto (CVL-30), de classe Independence.




Porte-avions d'escorte: un nouveau type de navire.

Au début de la guerre, pour protéger les convois de l'Atlantiques, l'Amirauté britannique développe le concept de ce qu'ils appellent les "Merchant Aircraft Carriers", ou les "porte-avions de la Marine Marchande". Ce sont des navires marchands, avec équipage civil, équipés d'un pont plat pouvant transporter jusqu'à six avions. Mais l'absence de hangar ou d'ascenseur limite fortement leur maintenance. Ces navires serviront pour la protection des convois jusqu'à l'apparition des porte-avions d'escorte spécialement dédié à cette tâche.

Après l'entrée en guerre des Etats-Unis, l'US Navy reprend l'idée des Britannique en l'améliorant. Les porte-avions d'escorte américains (CVE) sont construits à partir de coque de navires marchands ou de Liberty Ships, ce qui explique le fait que, durant les trente-quatre derniers mois de guerre (novembre 1942 - septembre 1945), l'industrie américaine parviendra à en produire plus de 120, dont un quart seront cédés à la Royal Navy au titre de la loi Pret-Bail. Oui, vous avez bien lu: cela fait une moyenne mensuelle de quatre unités produites. Sur les 155 porte-avions construits aux Etats-Unis, 122 sont des porte-avions d'escorte!

Comme leur nom l'indique, ils sont principalement destinés à l'escorte des convois alliés dans l'Atlantique, surtout à la lutte anti-sous-marine. Mais ils servent également pour le convoyage d'avions des usines ou des bases terrestres, vers les différents théâtres d'opérations de guerre.

Les 122 porte-avions d'escorte CVE construits par les chantiers navals américains entre novembre 1942 et septembre 1945, sont de six classes différentes:

- Classe Long Island: 2 unités produites. Une pour l'US Navy (USS Long Island, CVE-1), l'autre pour le compte de la Royal Navy (HMS Archer, D78)

- Classe Charger: 4 unités produites. Un pour l'US Navy (USS Charger, CVE-30), les trois autres pour la Royal Navy, en tant que "Classe Avenger".

- Classe Bogue: 45 unités produites. 11 pour l'US Navy, les 34 autres pour la Royal Navy, en tant que "Classe Attacker" et "Classe Ameer".

- Classe Sangammon: 4 unités produites pour l'US Navy.

- Classe Casablanca: 50 unités produites pour l'US Navy.

- Classe Commencement Bay: 19 unités produites pour l'US Navy.

Photo ci-dessous: USS Bogue (CVL-9), Norfolk, Virginie, 20 juin 1943.




1° Porte-avions d'escorte de classe Long Island.

Premier porte-avions d'escorte américain construit, l'USS Long Island répond au besoin en porte-avions d'escorte d'urgence au moment ou débute la bataille de l'Atlantique. Converti en janvier 1941 à partir d'un cargo du type standard C3, équipé d'un moteur diesel, il est mis en service en juin 1941, comptant comme le neuvième bâtiment américain de ce type lancé avant l'attaque japonaise contre Pearl Harbor.

Son sister-ship anglais, l'HMS Charger, est un cargo du type G4 et du même type de conversion, mais est lancé en mars 1941 et mis en service opérationnel en mars 1942 comme navire d'entraînement des équipages. L'USS Long Island servant pour sa part au convoyage d'avions.

- Tonnage: 15126 tonnes à pleine charge.
- Dimensions: longueur maximale, 150m. Largeur maximale, 32m.
- Propulsion: 1 arbre d'hélice, 1 moteur diesel, puissance 8500 CV.
- Vitesse maximale: 16.5 noeuds (30.7km/h).
- Equipage complet: 856 hommes.
- Armement: 1 canon de 102mm, 2 canons de 76mm, 4 canons de 40mm.
- Capacité: 16 avions.

2 porte-avions de classe Long Island construits:

- USS Long Island (CVE-1): 06/1941
- HMS Charger (D78): 03/1942

Photo ci-dessous: USS Long Island (CVE-1) à Alameda (Californie), 10 juin 1944. Le porte-avions est destiné au convoyage d'avions vers les théâtres d'opérations de guerre. On remarque sur le pont des F6F Hellcat et des SBD Dauntless. Dans cette tâche, il est redésigné AVG-1, "Aircraft Escort Vessel"




2° Porte-avions d'escorte de classe Charger.

Quatre navires marchands de type C3 reconvertis en 1940-1941 en porte-avions d'escorte pour le compte de l'US Navy et de la Royal Navy. Deux sont perdus en opérations, le premier (D14) coulé par le sous-marins U-155 au large de Gibraltar, le 15 novembre 1942, le second (D37) suite à une explosion interne accidentelle, le 27 mars 1943. Un troisième, l'HMS Biter (D97), sera cédé à la Marine française le 9 avril 1945 et rebaptisé Dixmude.

- Tonnage: 15360 tonnes à pleine charge.
- Dimensions: longueur maximale, 142m. Largeur maximale, 21.2m.
- Propulsion: 1 arbre d'hélice, 1 moteur diesel 6-cylindres, puissance 8500 CV.
- Vitesse maximale: 16.5 noeuds (30.7km/h).
- Equipage complet: 555 hommes.
- Armement: 19 canons AA de 20mm, 12 mitrailleuses de 12.7mm.
- Capacité: 30 avions embarqués.

4 porte-avions de classe Charger construits.

- HMS Avenger (ex-Rio Hudson) (D14): 11/1940 - RIP 15/11/1942.
- HMS Biter (ex-Parana) (D97): 12/1940
- USS Charger (ex-Rio de la Plata) (CVE-30): 03/1941
- HMS Dasher (ex-Rio de Janeiro) (D37): 04/1941 - RIP 27/03/1943




3° Porte-avions d'escorte de classe Bogue.

45 unités produites à partir de coque de navires cargos de type C3, par les chantiers navals "Seattle-Tacoma" (Washington), "Ingalls Shipbuilding" de Pascagoula (Mississippi), et "Western Pipe and Steel Company" de San Francisco (Californie). 34 d'entre-eux sont cédés à la Royal Navy au titre de la Loi Pret-Bail.

- Tonnage: 16620 tonnes à pleine charge (14630 dans la RN).
- Dimensions: longueur maximale, 151.7m. Largeur maximale, 34m.
- Propulsion: 1 arbre d'hélice, 1 turbine à réduction par engrennages, 1 chaudière, puissance 8500 CV.
- Vitesse maximale: 18.5 noeuds (34.2km/h).
- Equipage complet: 908 hommes (646 dans la RN).
- Armement: 2 canons (2x1) de 127mm, 10 canons AA (10x1) de 20mm Oerlikon (14x1 dans la Royal Navy).
- Capacité: 28 avions embarqués.

Première série, de Classe Bogue/Attacker. 21 unités produites.

- USS Altamaha (CVE-6) - HMS Battler (D18): 10/1942
- USS Barnes (CVE-7) - HMS Attacker (D02): 09/1942
- USS Block Island (CVE-8) - HMS Hunter (D80): 01/1943
- USS Bogue (CVE-9): 09/1942
- USS Breton (CVE-10) - HMS Chaser (D32): 04/1943
- USS Card (CVE-11): 11/1942
- USS Copahee (CVE-12): 06/1942
- USS Core (CVE-13): 12/1942
- USS Croatan (CVE-14) - HMS Fencer (D64): 03/1943
- USS Hamlin (CVE-15) - HMS Stalker (D91): 12/1942
- USS Nassau (CVE-16): 08/1942
- USS St. George (CVE-17) - HMS Pursuer (D73): 06/1943
- USS Altamaha (CVE-18): 09/1942
- USS Prince William (CVE-19) - HMS Striker (D12): 04/1943
- USS Barnes (CVE-20): 02/1943
- USS Block Island (CVE-21) - RIP 29/05/1944
- USS Breton (CVE-23): 04/1943
- USS Croatan (CVE-25): 04/1943
- HMS Ravager (D70): 04/1943
- HMS Searcher (D40): 04/1943
- HMS Tracker (D24): 01/1943

Photo ci-dessous: USS Block Island (CVE-21), Norfolk, 15 août 1943. On distingue sur le pont d'envol des F4F Wildcat et des TBF Avenger.



Seconde série, de Classe Bogue/Ammeer. 24 unités produites.

- USS Prince William (CVE-31): 04/1943
- USS Chatham (CVE-32) - HMS Slinger (D26): 08/1943
- USS Glacier (CVE-33) - HMS Atheling (D51): 08/1943
- USS Pybus (CVE-34) - HMS Emperor (D98): 08/1943
- USS Baffins (CVE-35) - HMS Ameer (D01): 07/1943
- USS Bolinas (CVE-36) - HMS Begum (D38): 08/1943
- USS Bastian (CVE-37) - HMS Trumpeter (D09): 08/1943
- USS Carnegie (CVE-38) - HMS Empress (D42): 06/1943
- USS Cordova (CVE-39) - HMS Khedive (D62): 08/1943
- USS Delgada (CVE-40) - HMS Speaker (D90): 11/1943
- USS Edisto (CVE-41) - HMS Nabob (D77): 09/1943
- USS Estero (CVE-42) - HMS Premier (D23): 11/1943
- USS Jamaica (CVE-43) - HMS Shah (D21): 09/1943
- USS Keweenaw (CVE-44) - HMS Patroller (D07): 10/1943
- USS Prince (CVE-45) - HMS Rajah (D10): 01/1944
- USS Niantic (CVE-46) - HMS Ranee (D03): 11/1943
- USS Perdido (CVE-47) - HMS Trouncer (D85): 01/1944
- USS Sunset (CVE-48) - HMS Thane (D48): 11/1943
- USS St. Andrews (CVE-49) - HMS Queen (D19): 12/1943
- USS St. Joseph (CVE-50) - HMS Ruler (D72): 12/1943
- USS St. Simon (CVE-51) - HMS Arbiter (D31): 12/1943
- USS Vermillion (CVE-52) - HMS Smiter (D55): 01/1944
- USS Willapa (CVE-53) - HMS Puncher (D79): 02/1944
- USS Winjah (CVE-54) - HMS Reaper (D82): 02/1944


4° Porte-avions d'escorte de classe Sangamon.

Au début de 1942, l'US Navy teste des conversions sur des navires plus importants, en l'occurrence des nouveaux pétroliers d'escadre de la classe T2, lancés en 1939. Après conversion, les USS Sangamon, USS Santee, USS Suwanee et USS Chenango entrent en service opérationnel entre août et septembre 1942. Leurs vastes cuves se prêtent à merveille à l'installation de grands hangars. Ils sont également bien aérés, et leurs turbines les rendent aptes à servir au sein de l'escadre.

Ces quatre porte-avions participent aux opérations en Afrique du Nord, en convoyant des escadrilles de chasseurs-bombardiers Curtiss P40 Warhawk pendant l'opération Torch et la campagne de Tunisie.

De retour dans le Pacifique en 1944, les quatre porte-avions Sangamon prennent part à d'autres combats, dotés d'une DCA portée à deux affûts quadruples de 40mm et vingt de 20mm en affûts doubles et vingt et un en affûts simples. Trois d'entre-eux seront endommagés par des kamikazes lors de la Bataille du Golfe de Leyte, les 24-25 octobre 1944. Ils seront tous les quatre retirés du service peu après la fin des hostilités, entre 1945 et 1947. Et le dernier d'entre-eux sera ferraillé en 1960.

- Tonnage: 23875 tonnes à pleine charge.
- Dimensions: longueur maximale, 168.5m. Largeur maximale, 35m.
- Propulsion: 2 arbres d'hélices, 2 turbines à réduction par engrennages, 2 chaudières, puissance 13500 CV.
- Vitesse maximale: 18 noeuds (33.3km/h).
- Equipage complet: 830 hommes.
- Armement: 2 canons (2x1) de 127mm, 8 canons (4x2) de 40mm Bofors, 12 canons AA (12x1) de 20mm Oerlikon.
- Capacité: 36 avions embarqués.

4 porte-avions de classe Sangamon sont construits au chantiers navals "Government's Emergency Shipbuilding" de Kearny, dans le New Jersey.

- USS Sangamon (CVE-26): 08/1942
- USS Suwannee (CVE-27): 09/1942
- USS Chenango (CVE-28): 09/1942
- USS Santee (CVE-29): 08/1942

Photo ci-dessous: USS Santee (CVE-29) pendant un convoyage vers Casablanca, juin 1943.




5° Porte-avions d'escorte de classe Casablanca.

La classe Bogue ayant été largement expérimentée avec succés, il est prouvé que de tels bâtiments pouvent fournir une couverture aérienne aux escadres de débarquement du pacifique, tout en continuant de servir dans l'Atlantique. Plutôt que de disperser d'autres séries entre plusieurs modèles de cargos reconvertis, Henry J. Kaiser, le richissime détenteur des plus grands et des plus prolifiques chantiers de cargos standards rapides, à Vancouver, au Canada, propose au département de la guerre de produire une centaine de porte-avions d'escorte en un temps record (moins d'un an), basés sur sa méthode de construction des cargos. Le président Franklin Roosevelt, sensible à cet appel, approuve ainsi la construction de cinquante bâtiments dans un premier temps.

Les Casablanca représente donc la classe de porte-avions la plus prolifique de l'histoire navale. Bien que plus étroits et exigus que les Bogue, leurs cales de plus grandes dimensions font qu'ils peuvent embarquer plus d'avions et de carburant. Ils sont également nettement plus rapides grâce à leurs turbines, venant de cargos destinés à échapper aux U-Bootes de l'Atlantique.

Ils sont effectivement construits en un temps record, le premier, l'USS Casablanca (CVE-55), mis en chantier en novembre 1942, entre en service en juillet 1943. Le dernier, l'USS Munda (CVE-104), mis en chantier en février 1944 et lancé en juillet 1944, est construit en cinq mois à peine!

Ils sont donc prêts à temps pour les grandes opérations de reconquête du Pacifique. Cinq sont coulés au combat, l'USS Liscome Bay (24/11/1943) au large de Makin, torpillé par un sous-marin japonais, l'USS Gambier Bay et l'USS St. Lo, le même jour (25/10/1944) durant la bataille du Golfe de Leyte, le premier victime des tirs des croiseurs et cuirassés Japonais, le second atteint par plusieurs kamikazes. Puis les USS Ommaney Bay (Mer de Sulu, 04/01/1945) et USS Bismarck Sea (Iwo Jima, 21/02/1945), également atteints par des kamikazes.

Après la guerre, certains servent un temps comme unités de soutien anti-sous-marins (CVS) et de transport d'assaut grâce à leurs hélicoptères embarqués. Les derniers d'entre-eux sont ferraillés en 1960-1961.

Photo ci-dessous: USS Liscome Bay (CVE-56).


- Tonnage: 10902 tonnes à pleine charge.
- Dimensions: longueur maximale, 151.7m. Largeur maximale 32.9m.
- Propulsion: 2 arbres d'hélices, 2 turbines à réduction par engrennages, 4 chaudières, puissance 9000 CV.
- Vitesse maximale: 19 noeuds (35.2km/h).
- Equipage complet: 764 hommes.
- Armement: 1 canon de 127mm, 8 canons (4x2) de 40mm Bofors, 12 canons AA de 20mm Oerlikon.
- Capacité: 27 avions embarqués.

50 porte-avions de type Casablanca sont construits dans les chantiers navals "Kaiser Shipyards" de Vancouver, dans l'Etat de Washingon, entre novembre 1942 et mai 1944.

- USS Casablanca (CVE-55): 07/1943
- USS Liscome Bay (CVE-56): 08/1943 - RIP 24/11/1943
- USS Coral Sea (CVE-57): 08/1943
- USS Corregidor (CVE-58): 08/1943
- USS Mission Bay (CVE-59): 09/1943
- USS Guadalcanal (CVE-60): 08/1943
- USS Manila Bay (CVE-61): 10/1943
- USS Natoma Bay (CVE-62): 10/1943
- USS Midway/St. Lo (CVE-63): 10/1943 - RIP 25/10/1944
- USS Didrickson Bay (CVE-64): 10/1943
- USS Wake Island (CVE-65): 11/1943
- USS White Plains (CVE-66): 11/1943
- USS Solomons (CVE-67): 11/1943
- USS Kalinin Bay (CVE-68): 11/1943
- USS Kasaan Bay (CVE-69): 12/1943
- USS Fanshaw Bay (CVE-70): 12/1943
- USS Kitkun Bay (CVE-71): 12/1943
- USS Tulagi (CVE-72): 12/1943
- USS Gambier Bay (CVE-73): 12/1943 - RIP 25/10/1944
- USS Nehenta Bay (CVE-74): 01/1944
- USS Hoggatt Bay (CVE-75): 01/1944
- USS Kadashan Bay (CVE-76): 01/1944
- USS Marcus Island (CVE-77): 01/1944
- USS Savo Island (CVE-78): 02/1944
- USS Ommaney Bay (CVE-79): 02/1944 - RIP 04/01/1945
- USS Petrof Bay (CVE-80): 02/1944
- USS Rudyerd Bay (CVE-81): 02/1944
- USS Saginaw Bay (CVE-82): 03/1944
- USS Sargent Bay (CVE-83): 03/1944
- USS Shamrock Bay (CVE-84): 03/1944
- USS Shipley Bay (CVE-85): 03/1944
- USS Sitkoh Bay (CVE-86): 03/1944
- USS Steamer Bay (CVE-87): 04/1944
- USS Cape Esperance (CVE-88): 04/1944
- USS Takanis Bay (CVE-89): 04/1944
- USS Thetis Bay (CVE-90): 04/1944
- USS Makassar Strait (CVE-91): 04/1944
- USS Windham Bay (CVE-92): 05/1944
- USS Makin Island (CVE-93): 05/1944
- USS Lunga Point (CVE-94): 05/1944
- USS Bismark Sea (CVE-95): 05/1944 - RIP 21/02/1945
- USS Salamaua (CVE-96): 05/1944
- USS Hollandia (CVE-97): 06/1944
- USS Kwajalein (CVE-98): 06/1944
- USS Admiralty Islands (CVE-99): 06/1944
- USS Bougainville (CVE-100): 06/1944
- USS Mantanikau (CVE-101): 06/1944
- USS Attu (CVE-102): 06/1944
- USS Roi (CVE-103): 07/1944
- USS Munda (CVE-104): 07/1944

Photo ci-dessous: USS Gambier Bay (CVE-73).




6° Porte-avions d'escorte de classe Commencement Bay.

Dérivés des Sangamon de 1942, qui ont prouvés leur pertinence, les Commencement Bay sont eux aussi convertis à partir de pétroliers, lancés en 1944-45. Les 19 navires qui sont lancés ont en commun d'énormes capacités volumétriques en mazout, héritées de leur conception de base, leur donnant une autonomie de 24000 nautiques.

Par ailleurs leurs turbines leur assure une vitesse de 19 noeuds, un de mieux que les Sangamon. Ils possède une catapulte plus puissante et un îlot similaire à celui des Saipan, alors en cours de construction. Ils sont tous nommés d'après les îles qui furent des théatres des sanglants combats des Marines depuis 1942. Ils sont opérationnels fin 1944 et courant 1945. Seuls 11 sur les 19 seront lancés avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, les autres servant en Corée comme navire de lutte anti-sous-marine ou de transport d'hélicoptères, et certains d'entre-eux jusqu'au début de la guerre du Vietnam.

- Tonnage: 21397 tonnes à pleine charge.
- Dimensions: longeur maximale, 169.9m. Largeur maximale, 32m.
- Propulsion: 2 arbres d'hélices, 2 turbines à réduction par engrennages, 4 chaudières, puissance 16000 CV.
- Vitesse maximale: 19 noeuds (35.2km/h).
- Equipage complet: 1066 hommes.
- Armement: 2 canons (2x1) de 127mm, 36 canons (3x4 et 12x2) de 40mm Bofor.
- Capacité: 33 avions.

19 porte-avions de classe Commencement Bay sont construits par les chantiers "Todd Pacific Shipyards Corporation" de Brooklyn (New York) et "Seattle-Tacoma Shipbuilding Corporation" dans l'Etat de Washington, dont 11 avant la fin des hostilités.

- USS Commencement Bay (CVE-105) 27/11/1944
- USS Block Island (CVE-106) 30/12/1944
- USS Gilbert Island (CVE-107) 05/02/1945
- USS Kula Gulf (CVE-108) 12/05/1945
- USS Cape Gloucester (CVE-109) 05/03/1945
- USS Salerno Bay (CVE-110) 19/05/1945
- USS Vella Gulf (CVE-111) 09/04/1945
- USS Siboney (CVE-112) 14/05/1945
- USS Puget Sound (CVE-113) 18/06/1945
- USS Rendova (CVE-114) 12/1945
- USS Bairoko (CVE-115) 16/07/1945
- USS Badeong Strait (CVE-116) 11/1945
- USS Saidor (CVE-117) 22/08/1945
- USS Sicily (CVE-118) 04/02/1946
- USS Point Cruz (CVE-119) 16/10/1945
- USS Mindoro (CVE-120) 04/12/1945
- USS Rabaul (CVE-121) 30/07/1946
- USS Palau (CVE-122) 15/01/1946
- USS Tinian (CVE-123) 30/07/1946

Photo ci-dessous: USS Palau (CVE-122), 10 mai 1950. Notez les TBM Avenger de lutte anti-sous-marine sur le pont d'envol.




Evolution de l'aviation embarquée (1941-1945).

Dans les premiers mois de la Guerre du Pacifique, l'aviation embarquée de l'US Navy compte des chasseurs F4F Wildcat, des SBD Dauntless et des TBD Devastator.


1° Grumman F4F Wildcat.

La conception du Grumm F4F Wildcat remonte à 1935. Ce sont les Européens qui passent les premières commandes de série. D'abord l'Aéronavale française, en mai 1939, pour équiper son porte-avions Béarn. Ensuite, en novembre 1939, la Fleet Air Arm (aéronavale britannique) sous la désignation de "Grumman Martlet Mk.I".

En 1942, bien qu'inférieur au Mitsubishi A6M Zeke japonais en maniabilité et en performances, il dispose cependant d'une extraordinaire capacité à encaisser les coups de l'adversaire, et d'un armement nettement supérieur (6 mitrailleuses de 12.7mm). Au mains des "as du manche à balai" comme le capitaine John S. "Jimmy" Thach, du Yorktown, même surclassé il peut se montrer un adversaire redoutable pour les Japonais.

Il équipe les porte-avions d'escadre lourds (CV) de l'US Navy jusqu'à l'apparition de son successeur, le F6F Hellcat, dans les unités de première ligne, en mai 1943. Il entame ensuite une seconde carrière à bord des porte-avions d'escorte (CVE), employés surtout dans l'Atlantique contre la menace des U-Boots.

Dans le Pacifique, malgré son infériorité et ses handicaps face aux Japonais, le F4F Wildcat finira la guerre avec un score de 6.9 avions ennemi pour chaque perte de son côté.

Photo ci-dessous: FM-2 (F4F-4 fabriqué par General Motors/Eastern) Wildcat de l'USS White Plains (CVE-66) lors d'une mission contre l'atoll de Rota, dans les îles Mariannes, 24 juin 1944.




2° Douglas TBD Devastator.

Le Douglas TBD Devastator est développé à partir de 1934. En juin 1937, il entre en service sur l'USS Saratoga, en tant que premier monoplan "tout métal" de l'US Navy. Il constitue probablement, à cet instant, le bombardier-torpilleur le plus performant du monde. C'est également le premier avion embarqué américain doté d'"ailes repliables".

Le 7 décembre 1941, plus d'une centaine d'exemplaires du Devastator servent au sein de l'US Navy, dont 69 sur porte-avions, à bord des USS Yorktown, USS Lexington, USS Enterprise, USS Ranger et USS Wasp. Le TBD participe aux premières grandes batailles aéronavales de la Guerre du Pacifique.

Lors de la bataille de Midway (4-6 juin 1942), privés de la protection des F4F Wildcat et trop lents, ils se révèlent une proie facile pour les chasseurs japonais et subissent des pertes catastrophiques: 38 avions abattus sur les 42 engagés. Et les torpilles des rares qui arrivent à passer au-travers, défectueuses, n'obtiennent aucun résultat.

Après cette hécatombe, les TBD Devastator qui restent sont immédiatement retirés du service actif pour être remplacé par le nouveau Grumman TBF Avenger. Ils sont alors assignés à des tâches comme la formation ou de liaison. Ils continueront à disparaître progressivement, en raison de nombreux accidents, jusqu'à la fin de la guerre.

Photo ci-dessous: TBD-1 Devastator de l'escadrille VT-6 du Yorktown, pendant la bataille de Midway, 4 juin 1942.




3° Douglas SBD Dauntless.

Durant toute la durée de la guerre du Pacifique, le Douglas SBD Dauntless restera le bombardier en piquée standard de l'US Navy, même après l'apparition de son successeur, le Curtiss SB2C Helldiver, mettant à son actif plus de navires japonais coulés que n'importe quel autre type de bombardier embarqué américain.

Sa conception remonte à 1934. Accomplissant son premier vol en avril 1938, il est parfaitement intégré et opérationnel lors de l'entrée en guerre des Etats-Unis. Et il joue un rôle déterminant à Midway en coulant trois des quatre porte-avions japonais engagés.

La bataille de Midway marque la fin du Devastator, mais elle fait entrer le Dauntless dans la légende. De plus, sa carrière ne se résume pas à la guerre du Pacifique, car l'US Army Air Force, qui s'intéresse au bombardier en piqué "terrestre", commande 78 exemplaires du SBD-3 sous la désignation A-24, qui serviront lors de l'opération Torch, puis plus tard en Europe. Mais comparé à ceux de son frère jumeaux naval, ses résultats furent décevants. Quoiqu'il en soit, même après l'entrée en service de son successeur, le SBD Dauntless demeure dans les unités embarquées de première ligne jusqu'à la fin du conflit.

Photo ci-dessous: SBD-5 Dauntless de l'escadrille VB-5 du Yorktown II, lors d'une missions de bombardement contre l'île de Wake, 5 ou 6 octobre 1943.




4° Grumman F6F Hellcat.

Conçu en 1941 en tant que successeur du F4F Wildcat, le Grumman F6F Hellcat ("Chat de l'Enfer") effectue son premier vol le 26 juin 1942, et commence à entrer en service en janvier 1943, à bord des nouveaux porte-avions d'escadre Essex. Cependant, il ne sera produit que jusqu'à la fin du conflit, et il est certainement l'un des chasseurs ayant eu l'une des vies les plus courtes au sein de l'US Navy.

Pourtant, ce formidable avion va, en deux et demi, abattre à lui seul 5156 avions japonais, en en perdant que 270 de son côté. Un score qu'aucun autre avion de chasse embarqué, même le F4U Corsair, ne parviendra à approcher.

Le fait d'arme pour lequel le F6F acquiert ses lettres de noblesse se déroule pendant la conquête de Saipan, le 19 juin 1944, lors du célèbre "Tir aux Pigeons des Mariannes". Ce jour-là, les pilotes de Hellcat envoient au tapis tout ce qui, dans les airs, arbore la cocarde du Soleil Levant. Certains as tels que David McCampbell, de l'escadrille VF-15 (USS Essex), et Alex Vraciu, de la VF-16 (USS Lexington II), abattent respectivement 7 et 6 avions ennemis en quelques minutes.

Le F6F Hellcat est également employé par la Fleet Air Arm et, après la Seconde Guerre mondiale, par plusieurs autres pays (France, Australie, Nouvelle-Zélande, ...). Avion exceptionnel de solidité et d'endurance, il est l'équivallent naval du P-47 Thunderbolt.

Ne reste aujourd'hui en état de vol, qu'une petite dizaine de F6F seulement, et parmi eux, un avion basé sur l'aérodrome de Duxford, en Angleterre. Il appartient à la "Fighter Collection" de Stephen Grey, qui possède un exemplaire de la série complète des "Cats" produits par la firme Grumman.

Photo ci-dessous: F6F-3 de l'Enterprise, pendant les opérations contre l'atoll de Truk, février 1944.




5° Vought F4U Corsair.

Le Vought F4U Corsair est conçu en 1938 et effectue son premier vol le 29 mai 1940. Des modifications continuelles étant nécessaires pour l'adapter à l'utilisation sur porte-avions, il est d'abord affecté aux escadrilles de l'US Marine Corps basées à terre.

Quand finalement le Corsair est autorisé à servir sur les porte-avions de l'US Navy, en juillet 1944, il se révèle un formidable chasseur et avion d'appui ou d'attaque au sol. Le F4U continuera à être produit bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale et servira pendant le conflit coréen.

L'Aéronavale française, qui en a acheté 69 exemplaires, les utilisera en Indochine, en Algérie, et pendant la crise du Canal de Suez en 1956.

L'histoire du Corsair est tellement auréolé de gloire que dans l'esprit de beaucoup de personnes et des passionnés d'histoire de l'aviation, il reste "LE" chasseur américain de la Seconde Guerre mondiale. Sa silhouette caractéristique d'"oiseau aux ailes pliées" (Bend Winged Bird) y est certainement pour beaucoup.

Lors de la capitulation japonaise, il sera crédité de 2140 victoires aériennes sur l'aviation ennemie. Les as du F4U Corsair ne manquent pas, le plus célèbre d'entre-eux étant sans conteste le colonel Gregory M. "Papy" Boyington, commandant de l'escadrille des Marines VMF-214 Black Sheep ("Têtes Brûlées") et doyen des pilotes de chasse américains à cette époque.

Photo ci-dessous: hangar du USS Bonhomme Richard (CV-31), Corée, novembre 1952.




6° Grumman TBF Avenger.

Bien qu'il ait manqué les premiers épisodes de la Guerre du Pacifique, le Grumman TBF Avenger ("Vengeur") se rattrape ensuite en devenant le bombardier-torpilleur standard des nouveaux porte-avions d'escadre (CV) de l'US Navy. Parmi ses victimes, en collaboration avec les SB2C Helldiver, on compte les deux supercuirassés jumeaux japonais Musashi et Yamato.

A côté de ce rôle, l'Avenger est embarqué sur les porte-avions d'ecorte (CVE) et se révèle également une arme redoutable contre les sous-marins ennemis, surtout dans l'Atlantique.

Les Britanniques en commandent près d'un millier d'exemplaires, qui servent sur les porte-avions de la Fleet Air Arm.

Parallèlement à Grumman, d'autres firmes se lancent dans la production de l'Avenger. En septembre 1942, la Division Eastern de General Motors ouvre une seconde chaine de montage, ses exemplaires recevant la désignation TBM. Lorsqu'en décembre 1943, Grumman arrête la production du TBF, Eastern continuera seul à le construire jusqu'en juin 1945.

Photo ci-dessous: TBF Avenger larguant une torpille, fin 1942 ou début 1943.




7° Curtiss SB2C Helldiver.

Conçu en 1938, le bombardier en piquée Curtiss SB2C Helldiver connait une période de développement assez longue, difficile et mouvementée, notamment en raison d'un accident arrivé au prototype et aux 880 modifications réclamées pour l'adapter aux exigences de l'US Army Air Force, de l'US Navy et de l'US Marine Corps.

Il livre son baptême du feu le 11 novembre 1943 au sein de l'escadrille VB-17 de l'USS Bunker Hill en attaquant Rabaul, en Nouvelle-Bretagne. Il prend une part importante dans la destruction de la Marine impériale japonaise dans les dernières années du conflit. Mais il ne parviendra jamais à remplacer complètement son illustre prédécesseur, le SBD Dauntless.

Le Helldiver joue un rôle déterminant lors des grandes batailles aéronavales à partir de 1944, notamment celle du Golfe de Leyte, et les conquêtes d'Iwo Jima et d'Okinawa. Il coule, en coopération avec le TBF Avenger, les deux supercuirassés jumeaux japonais Musashi et Yamato. L'efficacité de cet avion est telle qu'il restera en service dans l'US Navy plusieurs années après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Un certain nombre de pays étrangers l'utilisent également dans la période d'après guerre, notamment l'Aéronavale française, qui l'emploie en Indochine et en Algérie jusqu'en 1958, le Portugal, jusqu'en 1957, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grèce, la Thailande, les Philippines, etc.

Photo ci-dessous: SB2C Helldiver de la "Commemorative Air Force", 29 septembre 2007.




Article modifié le 18 mars 2014.


Sources principales:
History of Aircraft Carrier (Wikipedia.org)
Essex Class Aircraft Carrier (Wikipedia.org)
Independence Class Aircraft Carrier (Wikipedia.org)
Escort Aircraft Carrier (Wikipedia.org)

2 comments:

Joël Le Bras said...

Bonjour
Félicitations tout d'abord pour cet article. Je note deux inexactitudes à mon sens :
- parmi les six porte-avions américains en décembre 41 vous ne citez pas l'Enterprise...
- la longueur indiquée pour la classe Essex (340 mètres) est très surestimée, c'est celle des Nimitz.
L'image qui présente côte-à-côte le Sara et le Hornet II montre bien que le second n'est pas plus long que le premier.
Cordialement
JLB

Jacqueline Devereaux said...

Pour la longueur des Essex, en effet, je viens de remarquer mon erreur, que je m'empresse de corriger...

Pour l'Enterprise, j'en parle dans le paragraphe sur les trois porte-avions de classe Yorktown jaugeant 15500 tonnes.