US Air Force - Lockheed Martin F-35 Lightning II


Le Lockheed Martin F-35 Lightning II est un chasseur multirôle furtif, monoplace et monomoteur, toujours en phase de tests et d'expérimentation à l'heure actuelle. La "Cinquième Génération" est conçue pour mener des missions d'attaques au sol, de reconnaissance et de défense aérienne. Le F-35 se décline en trois versions principales. Le F-35A, à décollage et atterrissage conventionnels, ou Conventional Take-Off and Landing (CTOL). Le F-35B, à décollage court et atterrissage vertical, ou Short Take-Off and Vertical Landing (STOVL). Et enfin le F-35C, destiné aux porte-avions de l'aéronavale américaine, et désigné Catapult Assisted Take-Off Barrier Arrested Recovery (CATOBAR).

Le F-35 est issu du prototype X-35, lequel est déclaré vainqueur du programme Joint Strike Fighter (JSF). Il est construit par la firme Lockheed Martin, mais plusieurs autres partenaires prennent également part à son développement, comme Northrop Grumman, Pratt & Whitney et BAE Systems. Le F-35 a effectué son premier vol expérimental le 15 décembre 2006. Il doit à terme former l'essentiel de la future puissance aérienne de l'US Air Force, de l'US Navy et de l'US Marine Corps au cours du 21ème siècle. Les Etats-Unis prévoient l'achat de 2,457 exemplaires de cet avion, les livraisons devant se poursuivre jusqu'en 2037.

Le développement du F-35 JSF est financé principalement par les Etats-Unis, mais en partie également par d'autres partenaires étrangers, comme le Royaume-Uni, l'Italie, l'Australie, le Canada, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas et la Turquie. Et d'autres pays encore, comme Israel et le Japon, sont intéressés par l'acquisition de F-35.




Historique du développement.

1° Exigences et sélection du Programme JSF.

Le programme Joint Strike Fighter, ou JSF, est désigné pour trouver un successeur aux F-16 Fighting Falcon, A-10 Thunderbolt II, F/A-18 Hornet (excepté sa variante E/F Super Hornet) et AV-8B Harrier II. Pour rentabiliser et optimiser les coûts de développement, de production, d'entretiens et des opérations, une conception commune des trois variantes partage 80% de ses composants:
  • F-35A. Variante à décollage et atterrissage conventionnels, ou Conventional Take-Off and Landing (CTOL).
  • F-35B. Variante à décollage court et atterrissage vertical, ou Short Take-Off and Vertical Landing (STOVL).
  • F-35C. Variante "navalisée" destinée aux porte-avions de l'US Navy, ou Catapult Assisted Take-Off Barrier Arrested Recovery (CATOBAR).
George Standridge, vice-président des ventes et des affaires, et lui-même ancien pilote de l'US Navy sur F/A-18, prédit en 2006 que le F-35 sera quatre fois plus efficace que les chasseurs actuels en combat aérien, huit fois plus en mission d'attaque au sol, et trois fois plus en mission de reconnaissance ou de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD), qu'il possédera en outre un rayon d'action plus important et nécessitera moins de soutien logistique et de temps de maintenance et d'entretien. Les objectifs de sa conception sont que le Lightning II devienne le plus important et performant avion de chasse d'attaque au sol d'ici 2040.

Le contrat du JSF est signé le 16 novembre 1996, et le contrat pour le "Système de Démonstration et de Développement" (SDD) le 26 octobre 2001 par Lockheed Martin, après que son prototype X-35 ait battu son adversaire le Boeing X-32. Bien que les deux avions en lice présentent les mêmes caractéristiques et capacités, la conception du X-35 est considérée comme présentant moins de risque et un plus grand potentiel. La désignation du nouveau chasseur sélectionné devient par conséquent F-35.

Le développement du F-35 est inhabituel, en ce sens qu'aucune variante biplace d'entrainement ne voit le jour, les avancées technologiques dans les simulateurs de vol rendant ce besoin inutile. C'est le F-16 qui est utilisé pour l'entrainement avancé et pour assurer la transition entre le T-38 Talon II et le F-35. Le programme T-X a été mis en œuvre pour remplacer les T-38 dans le futur entrainement des pilotes de F-35, mais a par la suite été annulé en raison des restrictions budgétaires alloués à l'US Air Force.

Photos ci-dessous: les deux candidats du programme JSF en lice. 1° Prototype X-35C CTOL de Lockheed Martin en vol, lors des tests à partir d'Edwards AFB, en Californie, en 2001. 2° Boeing X-32B exposé au musée de l'air de l'US Navy de Patuxent River, en janvier 2006.


Famille des véhicules de transport M2/M3/M5/M9 Half-Track


Le Half-Track est un véhicule de transport blindé de l'US Army, produit en grande série et abondamment utilisé par les Etats-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des pays alliés l'ont également employé pendant cette période. Avec sa traction semi-chenillée caractéristique, d'où son nom, il est un véhicule tout-terrain devenu célèbre et s'est adapté à tous les théâtres d'opérations du conflit et à tous les environnements possibles et imaginables: dans le cercle polaire arctique et climat sibérien, dans le désert, en Europe au climat tempéré, ainsi que dans les jungles et l'humidité du Pacifique et d'Asie du Sud-Est. Les forces américaines l'emploient durant la Guerre de Corée. Dans certains pays d'Amérique Latine (Salvador, Argentine, Brésil et Chili), il termine sa carrière opérationnelle à la fin des années septantes. Au Moyen-Orient, Israel l'emploit dans les conflits successifs avec les pays arabes, en 1948, 1956, 1967 et 1973. En 1982, quelques dizaines d'exemplaires sont encore présents dans l'Armée libanaise et dans les forces de réserve d'Israel.

Le M2, destiné à l'origine à la traction des obusiers de l'US Army dans les unités d'infanterie mécanisée, est construit à environ 13,500 exemplaires par les firmes Autocar Company, White Motor Company et Diamond T Motor Company. Le M9, pratiquement identique, est assemblé par la firme International Harvester Company à plus de 3,500 exemplaires. Le M3, pour sa part, est une variante au châssis allongé, destiné prioritairement au transport de troupes et aux missions d'appui-feu ou de reconnaissance, et construite à presque 41,000 exemplaires, en parallèle au M2/M9 et par les mêmes industries. Environ 5,000 autres Half-Track, destinés prioritairement à la Loi Prêt-Bail (Lend-Lease Act), sont fournis aux autres pays alliés en guerre contre l'Axe: Grande-Bretagne et membres du Commonwealth, Union Soviétique, France, Brésil, etc, sous la désignation "M5 Armored Personnel Carrier (APC) Half-Track". Toutes variantes confondues, à l'exception de la Jeep et du camion GMC, il est le véhicule utilitaire le plus prolifique de la Seconde Guerre mondiale.




Historique de la conception et production.

1° M2/M9 Half-Track.

Le nom générique "Half-Track" désigne dans la nomenclature militaire américaine les véhicules basés sur la traction "semi-chenillée", elle-même inspirée des Citröen Kégresse fabriqués depuis la Première Guerre mondiale.

Photo ci-dessous: l'"ancêtre" du Half-Track, le Citröen Kégresse d'origine française, ici employé par l'Union Soviétique dans les régions polaires pendant les années trentes.


La cavalerie des Etats-Unis voit en lui le véhicule blindé idéal pour servir dans des conditions météorologiques défavorables (pluies, neiges, boue) et les types de terrain difficiles. En 1938, la firme White Motor Company de Cleveland, dans l'Ohio, choisit le système de boogie arrière à quatre roulettes Timken, à partir du camion T9 Half-Track, et l'adapte au véhicule à roues M3 Scout-Car. Ce qui donne naissance au prototype T7 Half-Track. Ce véhicule est cependant sous-motorisé et inadapté au rôle de tracteur d'obusier de 105mm dans les unités d'artillerie de l'US Army. Un véhicule équipé d'un moteur plus puissant est donc conçu, sous la désignation "Half-Track Scout-Car T14". La conception utilise plusieurs composants ou ensemble répandus dans le commerce, pour accroître son rythme de production.

Photo ci-dessous: le véhicule à roue M3 Scout-Car d'origine, rééquipé d'un système de boogie arrière "Timken", donne naissance au prototype T14 Half-Track.


A la fin de l'année 1940, le véhicule commence à être produit en série, sous la désignation M2 Half-Track Car, par les firmes Autocar Company, d'Ardmore en Pennsylvanie, White Motor Company, de Cleveland dans l'Ohio, et Diamond T Motor Company, de Chicago dans l'Illinois. Le M9, pour sa part, est pratiquement identique au M2 et construit par la firme International Harvester Company de Chicago. L'utilité du Half-Track pour l'emploi dans les unités d'infanterie mécanisée étant reconnue et appréciée, la décision est prise de créer une version agrandie, le M3, dont la production se fait en parallèle par les mêmes industries. Les premiers M2 sont réceptionnés et testés par l'US Army en 1941. Le Half-Track est destiné en priorité aux unités d'artillerie pour tracter l'obusier de 105mm et transporter ses munitions. Mais il sert également au sein des unités d'infanterie mécanisées, en particulier pour le transport des pelotons d'appui-feu, équipés de mitrailleuses lourdes ou de mortiers. Plus tard, des dérivés destinés à des usages "spéciaux", comme le M2/T1E1 équipé de quatre mitrailleuses AA jumelées de cal .50 (12.7mm), sont développés. En 1942 et 1943, à l'instar du M3, les M2/M9 reçoivent des modifications et améliorations, dont un moteur plus puissant et un compartiment agrandi et une capacité de transport plus importante.

Photo ci-dessous: M2 Half-Track de l'US Army à Fort Benning, en Géorgie, en 1942.


La production totale des M2 et de ses dérivés s'élève à environ 13,500 exemplaires, construits pendant toute la durée du conflit. Une partie de ceux-ci, selon les termes de la Loi Prêt-Bail (Lend-Lease Act), sont fournis aux autres pays alliés comme la Grande-Bretagne et les membres du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, ...), l'Union Soviétique, la Chine nationaliste, la France et le Brésil, etc. Le M3, pratiquement identique au M2 exceptés quelques détails mineurs comme les portes du compartiment arrière, est assemblé à plus de 3,500 exemplaires par la firme International Harvester Company de Chicago, dans l'Illinois, ceux-ci destinés en priorité au Prêt-Bail.


2° M3/M5 Half-Track Armored Personnel Carrier (APC).

Offrant le choix du moteur, soit un White 160AX, soit un Red Diamond 450, le M3 est équipé d'une transmission manuelle à engrennages, d'une conduite manuelle non-assistée, d'une boite de vitesses avec 4 vitesses avant et une vitesse arrière. De deux roues avec suspension à ressort à lames à l'avant, et d'un système chenillé avec ressorts à volute et boogies à quatre roulettes à l'arrière. Un système de freins hydrauliques et un circuit électrique 12-Volts.

Le châssis est agrandis tant en longueur qu'en largeur, et l'aménagement du compartiment passager arrière complètement modifié, pour recevoir une escouade de 12 hommes entièrement équipés. Dans ce compartiment, cinq sièges sont montés de chaque côté, ainsi que trois sièges (un conducteur et deux autres passagers) dans la cabine avant. Des racks sont disposés entre chaque siège pour recevoir soit des rations individuelles, soit des munitions supplémentaires. Des racks sont également installés à l'extérieur du châssis, juste au-dessus des chenilles. Au combat, la plupart des unités estiment nécessaire d'installer de l'équipement, des sacs ou des filets de camouflage à l'extérieur. Et souvent, d'autres racks pour des bagages supplémentaires sont ajoutés dans l'habitacle ou sur ses parois externes.

Photo ci-dessous: M3 Half-Track lors du Thunder Over Michigan 2006, 5 août 2006.


Les véhicules de début de série reçoivent un système de pivot, entre la cabine avant et le compartiment arrière, pour l'installation d'une mitrailleuse défensive Browning M2 .50 cal (12.7mm). La variante M3A1 est équipée en plus de plaques de blindage pour le poste de tir de la 12.7mm, et de deux autres mitrailleuses de cal .30 (7.62mm) montées sur des pivots, un sur chaque flanc du compartiment arrière, et servies par les passagers. La plupart des M3 de début de production sont par la suite modifiés pour être mis à ces standards. Le châssis est entièrement protégé par du blindage.

Mais au début de sa carrière, le Half-Track est extrêmement impopulaire et surnommé "Purple Heart Box", en référence aux médailles décernées aux blessés au combat, par les troupes américaines. Malgré le blindage, les équipages et les passagers se plaignent souvent de leur épaisseur insuffisante et du manque de protection contre les éclats d'obus et les shrapnels d'artillerie, et même contre le tir de mitrailleuses lourdes ennemies.

Un total de presque 41,000 exemplaires du M3 et de ses dérivés sortent des chaînes de montage. Pour équiper les autres pays alliés, en vertu de la Loi Prêt-Bail, la firme International Harvester Company de Chicago, dans l'Illinois, produit à partir de décembre 1943 environ 5,000 autres véhicules similaires, redésignés M5 Half-Track Armored Personnel Carrier (APC).

Photo ci-dessous: M5 Half-Track APC de l'Armée britannique, 7 juillet 2012.



Carrière opérationnelle du Half-Track.

Les premiers Half-Track sont mis en service par l'US Army en 1941, et utilisés d'abord dans les îles Philippines (Décembre 1941 - Avril 1942), puis en Afrique du Nord (Novembre 1942 - Mai 1943). Ils sont ensuite employés en Sicile, en Italie, et finalement sur le front de l'Ouest, par la plupart des pays alliés (Grande-Bretagne, France, Pologne, Belgique, Brésil, ...), jusqu'à la capitulation inconditionnelle du Troisième Reich, le 8 mai 1945. En vertu de la Loi Pret-Bail, l'Union Soviétique en utilise également sur le Front de l'Est. Des véhicules de ce type sont employés par l'US Army et l'US Marine Corps dans le Pacifique, et par les membres du Commonwealth britannique et la Chine nationaliste en Extrême-Orient.

Photo ci-dessous: M3 Half-Track APC de l'US Army, exposé au Musée d'Ursel, près de Gand en Belgique. 9 août 2008.


L'US Army emploit des Half-Track durant la Guerre de Corée. L'Armée française en utilise également en Indochine (1945-1954). Certains d'entre-eux, laissés sur place après les Accords de Genève de juillet 1954, sont récupérés par l'Armée Sud-Vietnamienne, qui les emploit dans sa lutte contre le Vietcong et les troupes nord-vietnamiennes au moins jusqu'en 1972.

Photo ci-dessous: M16 Half-Track Multiple Gun Motor Carrière (MGMC) de l'US Army, équipé de quatre mitrailleuses jumelées Browning M2HB calibre .50 (12.7mm), employé durant la guerre de Corée. 21ème Bataillon d'artillerie blindée AA (21 AAA), janvier 1953.


Au Moyen-Orient, au cours des conflits israélo-arabes successifs (1948, 1956, 1967 et 1973), le Half-Track est autant utilisé par Israel que par ses adversaires, l'Egypte, la Syrie et la Jordanie. Israel met en ligne ses derniers M3/M5 pendant la Guerre du Yom-Kippour, en octobre 1973. Certains Half-Track équipent encore les forces de réserve de Tsahal et l'Armée libanaise, ainsi que certaines factions de l'OLP et des Milices chrétiennes, lors du déclenchement de l'opération Paix en Galilée, en juin 1982.

Photo ci-dessous: M3 Mk. A Zacklam israélien utilisé dans le désert du Sinaï lors de la Guerre des Six-Jours, en juin 1967.


Des pays d'Amérique du Sud comme le Honduras, le Nicaragua, l'Argentine ou le Chili emploient des Half-Track. La Garde Nationale nicaraguayenne les utilise jusqu'en 1978-1979, lors de la Révolution des Sandanistes. L'Armée argentine retire du service actif ses derniers M9 en 2005, et les cède à la Bolivie.

En Europe en 1947, le constructeur finlandais Vanajan Autotehdas achète aux surplus militaires britanniques et français situés en Allemagne de l'Ouest, 425 M2 Half-Track. Ces véhicules sont dépouillés de leurs plaques de blindage. 359 d'entre-eux sont convertis pour la lutte anti-incendie en forêt, sous la désignation Vanaja VaWh. Les derniers d'entre-eux sont retirés du service en 1952.


Récapitulatif des variantes et dérivés du Half-Track.

1° M2/M9 Half-Track.
  • M2. Version initiale de série, équipée d'un moteur White 160AX de 148 chevaux (110kW). Par la suite, montage d'un système de pivot, situé en le compartiment arrière et la cabine avant, pouvant recevoir une mitrailleuse Browning M2 cal .50 (12.7mm), et de deux postes de tir latéraux sur les côtés du compartiment arrière, équipés de mitrailleuses Browning M1919 de cal .30-06 (7.62mm).

    Photo ci-dessous: M2 Half-Track Personnel Carrier.

  • M2E5/M9. M2 Half-Track construit par la firme International Harvester Company. Variante développée en complément du M2 pour le Prêt-Bail. Châssis allongé et sans porte d'accès du compartiment passagers arrière. Très similaire au M5, excepté l'aménagement interne.
  • M9A1. Identique au M9, à l'exception du système pivot M49, avec deux portes d'accès arrière.
  • M2E6/M2A1. M2 équipé d'un poste de tir principal M49 amélioré (12.7mm), et trois postes de tir M1919 (7.62mm) sur les flancs et l'arrière du compartiment passagers.

    Photo ci-dessous: M2A1 Half-Track de l'US Army.



2° M3/M5 Half-Track APC.
  • M3 Half-Track Armored Personnel Carrier. Half-Track avec châssis du M2 agrandi, équipé du moteur White 160AX de 147 chevaux, d'une mitrailleuse Browning M2HB cal. 50 (12.7mm) à l'avant, et deux mitrailleuses AA M32-33 Maxim ou une M1919 de calibre .30 (7.62mm) en positions latérales.
  • M3A1. M3 équipé d'un poste de tir avant amélioré M49, pour la M2HB de 12.7mm. En 1942 et 1943, toute la série des M3 et M3A1 sont continuellement améliorés et modernisés. Ces modifications incluent un moteur plus puissant, un train chenillés de suspensions mieux adapté, et un volume de stockage plus important.
  • T29/M3A2. Prototype développé en 1943 pour réunir les caractéristiques des M2 et des M3 en un véhicule commun. Projet abandonné et non produit en série.
  • M3E2/M5 Half-Track Lend-Lease. Half-Track APC produit par la firme International Harvester Company, pratiquement identique au M3, exceptés le moteur Red Dimaond RD-450, une conduite manuelle et un système électrique différents. Variante destinée en priorité aux bénificiaires de la Loi Prêt-Bail: Grande-Bretagne, Canada, France et Union Soviétique.

    Photo ci-dessous: M5 Half-Track APC fournit à l'Union Soviétique. Les premiers exemplaires de ce véhicule arrivent dans le port de Mourmansk en novembre 1942. Ils prennent part à la fin de la bataille de Stalingrad en janvier 1943, puis à la bataille du Saillant de Koursk (Opération Citadelle) en juillet 1943. Ensuite à toutes les campagnes et engagements de l'Armée Rouge qui suivent, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, en mai 1945. Mais malheureusement, le moteur américain du M5 n'est pas très adapté au carburant à faible indice d'octane couramment employé par les Soviétiques, et nécessite des entretiens ou des réparations fréquentes.

  • M5A1. Similaire au M3A1, mais avec châssis M5.
  • T31/M5A2. Similaire au M3A2, pour réunir les caractéristiques du M5 et du M9 en un véhicule commun. Et tout comme le M3A2, projet abandonné.


3° Variantes mortier et canon automoteur.
  • M4/M4A1 81mm MMC. Motor Mortar Carriage, équipé d'un mortier M1 de 81mm, avec 97 obus.

  • M2 w/ M3 37mm. M2 dans les unités d'infanterie mécanisée américaines. Variante supposée recevoir le Gun Motor Carriage M6 antichar de 37mm du camion léger Dodge.
  • T12/M3 75mm HMC. Howitzer Motor Carriage sur châssis M3, équipé d'un obusier de 75mm ou de 105mm. Variante destinée à l'US Marine Corps.

    Photo ci-dessous: T12/M3 Half-Track Howitzer Motor Carriage (HMC) de l'USMC, équipé d'un obusier de 75mm, sur Bougainville dans les îles Salomon, en novembre 1943.

  • T48 57mm GMC. Gun Motor Carriage sur châssis M3, équipé d'un canon antichar M1 de 57mm, la version américaine du QF-6 Pounder britannique, avec 99 obus. 962 exemplaires sont produits au cours de ce conflit, dont 650 destinés à l'Union Soviétique, qui sont redésignés SU-57.

    Photo ci-dessous: T48 GMC SU-57 de l'Armée Rouge exposé au Musée de la Grande Guerre Patriotique, sur la colline Poklonnaya de Moscou. 21 septembre 2014.

  • T30 75mm HMC. Howitzer Motor Carriage sur châssis M3, équipé de l'obusier M1A1 de 75mm dans une casemate, avec 60 obus. Variante utilisée par l'US Army et les Forces Françaises Libres au cours de la Seconde Guerre mondiale, puis plus tard pendant la Guerre d'Indochine.
  • T38 105mm HMC. Howitzer Motor Carriage sur châssis M3, équipé d'un obusier M3 de 105mm. Projet abandonné en faveur du T19 105mm HMC.
  • T19/M21 81mm MMC Similaire au M4A1, mais sur châssis M3.
  • T19 105mm HMC. Howitzer Motor Carriage sur châssis M3. Equipé d'un obusier M2A1 de 105mm, avec 8 obus.
  • T21 MMC. Motor Mortar Carriage sur châssis M3, équipé d'un mortier 4.2 inch (107mm). Projet abandonné.


4° Variantes de défense anti-aérienne.
  • T1E1. Variante de défense anti-aérienne équipée d'un système pivot avec deux mitrailleuses Browning M2HB cal .50 (12.7mm). Projet abandonné en raison des résultats décevants des tests. Un seul prototype construit.
  • T28 CGMC. Combinaison Gun Motor Carriage sur châssis M2, équipé d'un canon antichar M1A2 de 37mm, flanqué de deux mitrailleuses M2HB de 12.7mm. Projet abandonné en 1943, au profit du T-28E1.
  • T28E1 CGMC. Similaire au T28 CGMC, mais sur châssis M3. Un canon antichar M1A2 de 37mm avec 240 obus, et deux mitrailleuses AA M2WC de 12.7mm avec 3400 cartouches.

  • T10. Prototype avec châssis M2 pour tester la faisabilité de monter une version américaine du canon Hispano-Suiza HS.404 de 20mm monté sur tourelle Maxton M45 modifié. Projet abandonné en faveur du T10E1.
  • T10E1. Similaire au prototype T10, mais sur châssis M3. Deux canons AA Hispano-Suiza HS.404 installés dans une tourelle Maxton M45D. Projet abandonné en faveur du M16 Half-Track AAA.
  • T1E4/M13 Half-Track MGMC. Multiple Gun Motor Carriage sur châssis M3, équipé d'un tourelle Maxton M45 avec 2 mitrailleuses AA M2HB de 12.7mm et 5000 cartouches. Les parois latérales du compartiment arrière peuvent être démontées ou abaissées, pour faciliter les manœuvres des servants.

  • M14 Half-Track MGMC. Similaire au M13, mais avec châssis M5, et destiné aux bénéficiaires de la Loi Prêt-Bail, en particuliers la Grande-Bretagne.
  • M16 Half-Track MGMC. Multiple Gun Motor Carriage sur châssis M3, équipé d'une tourelle Maxton M45D Quadmount, pouvant recevoir quatre mitrailleuses AA jumelées Browning M2WC de 12.7mm et 5000 cartouches.

    Photo ci-dessous: M16 Half-Track MGMC de l'US Army.

  • M17 Half-Track MGMC. Similaire au M16 MGMC, mais sur châssis M5. Variante Prêt-Bail destinée en priorité à l'Union Soviétique.


5° Variantes israéliennes de l'après-2GM.
  • M3 Mk. A. M5 Armored Personnel Carrier (APC). Remarque: tous les Half-Track israéliens sont redésignés M3 Zacklam, y compris les variantes M2/M5/M9. Le Mk. A est caractérisé par un moteur International Harvester Red Diamond RD-450.
  • M3 Mk. B. M5 reconvertis en poste de commandement mobile, avec système de communication radios.
  • M3 Mk. C. Essentiellement un T19/M21 avec mortier M1 de 81mm, et propulsé par un moteur White 160AX.
  • M3 Mk. D. M3 Motor Mortar Carriage, rééquipé avec un mortier Soltam de 120mm. Entré en service en 1960.
  • M3 TCM-20. M3/M5 Multiple Gun Motor Carriage MGMC désigné Hatzerim, équipé de deux canons AA Hispano-Suiza HS.404 de 20mm dans une tourelle Maxton M45D.

    Photo ci-dessous: TCM-20 Hatzerim de l'Armée israélienne.



Article rédigé le 27 décembre 2014.


Sources principales:
M2 Half-Track Car (Wikipedia.org)
M3 Half-Track (Wikipedia.org)
M5 Half-Track APC (Wikipedia.org)

Char léger M3/M5 Stuart

Le Stuart est un char léger américain de la Seconde Guerre mondiale. Il équipe également les forces britanniques et du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud), ainsi que certains pays alliés comme la Chine nationaliste, la France, la Belgique, l'Union Soviétique, le Brésil, Cuba et d'autres nations d'Amérique Latine. Bien qu'il est destiné à être remplacé par le M24 Chaffee en 1943/1944, il reste en service en grand nombre jusqu'à la fin du conflit.

Au total, plus de 25,000 exemplaires (dont 13,859 M3, 2,075 M5 et 6,810 M5A1) sont construits de mars 1941 jusqu'au début de l'année 1945, toutes variantes et sous-variantes confondues y compris britanniques. Baptisé par le Royaume-Uni du nom d'un des plus célèbres généraux confédérés de la Guerre de Sécession, James Ewell Brown "Jeb" Stuart, il reçoit également dans l'armée anglaise le surnom affectueux de "Honey" (Chérie) par certains équipages. Au sein de l'US Army, cependant, il conserve sa désignation d'origine "Light Tank M3" ou "Light Tank M5".




Historique de la conception et du développement.

En analysant les évenements en Europe en 1939 et 1940, les stratèges et les concepteurs de chars américains réalisent que le Light Tank M2 va rapidement devenir obsolète et dépassé techniquement. Ils décident de réaliser une version améliorée. Cette nouvelle conception, qui comprend un blindage plus épais, une suspension modifiée et un nouveau système de recul du canon, reçoit la désignation de "Light Tank M3". La production en série commence en mars 1941 et se poursuivra jusqu'en octobre 1943. Comme son prédécesseur M2A4, le M3 est équipé d'un canon M5 de 37mm et de cinq mitrailleuses Browning M1919A4 de calibre .30-06 (7.62mm): une coaxiale avec le canon, une sur affût au sommet de la tourelle, une sur la droite du glacis avant incliné, et deux installées dans des sabords (gauche et droit) à l'avant du glacis vertical. Plus tard, le canon M5 sera remplacé par un M6 L/53 plus petit et plus léger, et les deux sabords avant de mitrailleuses supprimées.

Photo ci-dessous: M3 Stuart à Fort Knox, dans le Kentucky, en 1942. On distingue le glacis vertical qui caractérise cette version initiale du chars, et les sabords gauche et droit équipés de deux mitrailleuses de 7.62mm.


A l'intérieur, le moteur radial est installé à l'arrière, avec les pignons de chaines à l'avant. L'arbre de transmission relie les deux composants et traverse le fond du compartiment de combat. Cette configuration ne va pas sans poser de problèmes: le vilebrequin gêne les mouvements des membres d'équipage. Pour y remedier, la caisse reçoit un plancher de compartiment, ce qui diminue encore son volume, déjà exigu.

Les moteurs radial à cylindres étant destinés prioritairement à l'aéronautique, une nouvelle version du chars est développée, équipée de deux moteurs automobiles jumelés Cadillac V-8 et d'une nouvelle transmission Hydra-matic, qui nécessitent un châssis et une tourelles remodelés. La nouvelle propulsion est plus silencieuse et son système de refroidissement plus efficace. La transmission automatique constitue également un entrainement plus facile des équipages. Le nouveau modèle, initialement appelé M4, mais pour éviter toute confusion avec le Sherman, est rapidement redésigné "Light Tank M5". Le glacis avant vertical du M3 a été remplacé par un glacis incliné et la trappe d'entrée/sortie de la tourelle installée au sommet, mais en dépit des critiques défavorables sur la faible puissance de feu du M3, sa version améliorée est équipée du même canon de 37mm. La production du M5 remplace graduellement celle du M3 à partir de la fin d'année 1942. Le projet M7 ayant été annulé, il faut attendre novembre 1944 pour que les premiers exemplaires de son successeur désigné, le M24 Chaffee, apparaissent en Europe.

Photo ci-dessous: M5 Stuart au cours du Thunder Over Michigan, le 5 août 2006.



Carrière opérationnelle du Stuart.

1° Afrique du Nord et Europe.

Le Royaume-Uni est le premier pays à utiliser le Light Tank M3, qu'elle baptise General Stuart, au combat. Du 15 novembre au 30 décembre 1941, environ 170 Stuart, sur un total de plus de 700 chars anglais, participent à l'Opération Crusader, l'attaque de la 8ème Armée britannique pour briser le siège de Tobrouk, en Libye. Avec cependant des résultats décevants. Bien que les pertes élevées des unités de Stuart soient dues davantage à la supériorité des tactiques et de l'expérience de la Deutsch Afrika Korps, qu'à l'apparente supériorité des blindés allemands de cette période, l'opération révèle plusieurs défauts majeurs. Les critiques et les plaintes portent essentiellement sur la faiblesse de l'armement (canon M5 de 37mm) et l'agencement de compartiment de combat interne. La tourelle, conçue pour deux personnes, est un point faible significatif, et pour tenter d'y remédier, plusieurs unités britanniques ajoutent un troisième membre d'équipage. Le Stuart souffre d'un rayon d'action limité, ce qui dans les grands espaces du désert où les pannes sèches sont fréquentes, représente un grave problème. Du côté positif, les équipages apprécient sa vitesse élevée et sa rusticité. Ces qualités techniques le distinguent des autres types de chars britanniques contemporains, en particulier du Crusader qui équipera la majorité des unités blindées de la 8ème Armée en Afrique du Nord jusqu'en 1942.

Le Stuart britannique reçoit le surnom affectueux de "Honey" (Chérie) par certains de ses équipages. En été 1942, les Britanniques gardent leurs Stuart strictement en dehors des affrontements avec les chars ennemis, et les utilisent exclusivement pour leur rôle primaire, la reconnaissance. Dans plusieurs cas, la tourelle est enlevée pour alléger le véhicule et augmenter sa vitesse et son autonomie. Cette configuration est baptisée "Stuart Recce". Certains chars sont convertis en transport de troupes blindés et appelés "Stuart Kangaroo" (Le Kangourou), et certains autres encore en véhicules de commandement "Stuart Command" avec plusieurs postes radios. Les M3 et les M5 poursuivront leur carrière au sein des forces britanniques jusqu'à la fin de la guerre. En proportion, les Etats-Unis utilisent des chars légers Stuart en plus grande quantité encore.

Photo ci-dessous: M3 Stuart de la 8ème Armée britannique mis hors de combat en Afrique du Nord.


Le second bénéficiaire majeur de la Loi Prêt-Bail en chars M3 est l'Union Soviétique. Cependant, globalement, l'Armée Rouge le trouve inefficace, en considérant sa faible puissance de feu, son blindage insuffisant, l'inflammabilité du moteur en raison de l'essence à haut degré d'octane utilisé. Le moteur radial du M3 posent d'énormes problèmes logistiques aux Soviétiques, plus habitués au moteur diesel moins inflammable. Sa consommation importante lui donne un faible rayon d'action, un problème particulièrement sensible pour un véhicule de reconnaissance. Comparé aux types de chars russes comme le T-34, le M3 est moins adapté aux chemins boueux des périodes printanières et automnales, et aux conditions hivernales sur le Front de l'Est. En 1943, l'Armée Rouge teste le M5, mais juge cette conception améliorée du Stuart aussi inadaptée que le M3. Etant moins désespérée qu'en 1941, les Soviétiques rejettent l'offre des Etats-Unis de leur fournir des M5. Le M3 poursuivra sa carrière opérationnelle au sein de l'Armée Rouge jusqu'en 1944. Mais en général, les Soviétiques apprécient la fiabilité du matériel fournis par les Américains, particulièrement le Sherman, le camion GMC et la Jeep Willis.

Photo ci-dessous: M3 Stuart de l'Armée Rouge pendant la bataille de Stalingrad. Au second plan, on distingue un M3 Grant et un T34.



2° Extrême-Orient, Chine-Birmanie-Inde (CBI) et Pacifique.

L'US Army déploit initiallement 108 Stuart dans les Philippines en septembre 1941, qui équipent les 192ème et 194ème Bataillons de chars. Ces blindés américains combattent pour la première fois du conflit des chars ennemis le 22 décembre 1941, lorsqu'un peloton de 5 M3 commandés par le lieutenant Ben R. Morin engagent des Type 95 Ha-Go du 4ème Régiment de chars de l'Armée impériale japonaise (IJA), au nord de Damortis, sur l'île de Luçon. Les mois suivants, les M3 américains continuent de se livrer à des escarmouches d'arrière-garde, au cours de la désastreuse retraite alliée dans la péninsule de Bataan, le dernier engagement char-contre-char se produisant le 7 avril 1942.

En raison de la prédominance aéronavale dans la Guerre du Pacifique, au Japon l'acier est destiné en priorité à la construction navale et aéronautique. La production des chars destinés à ce théâtre des opérations jouera un rôle mineur pendant toute la durée du conflit. Dans cet environnement de jungle, le char léger M3 et ses homologues japonais démontrent qu'ils peuvent être d'excellents véhicules blindés de combat.

Après que les Japonais aient déferlé dans le Sud-Est asiatique et conquis le Siam (Thaïlande), la Malaisie, Singapour et la Birmanie, le Royaume-Uni détourne les Stuart du 2ème Régiment Royal de Chars et du 7ème Régiment de Hussards d'Afrique du Nord vers le théâtre d'opération Chine-Birmanie-Inde (CBI), où ils affrontent le 14ème Régiment de chars japonais. Lorsque l'IJA est stoppée en Inde au cours de la Bataille d'Imphal-Kohima (mars-juin 1944), un seul Stuart est encore opérationnel. Depuis l'entrée en guerre des Etats-Unis, en décembre 1941, ceux-ci fournissent à la Chine nationaliste et aux pays du Commonwealth des M3/M5 Stuart, puis plus tard des M4 Sherman et M18 Hellcat. Ces unités blindées, supérieurement équipées et entrainées face à leurs homologues ennemis, stoppent toutes les attaques et offensives japonaises dans les dernières phases de la Seconde Guerre mondiale.

Photos ci-dessous: 1° M5A1 Stuart de l'armée nationaliste chinoise sur la Route de Ledo, en 1945. 2° M3 Stuart australien lors de la Bataille de Buna (janvier 1943), en Nouvelle-Guinée.




Bien que les chars légers américains soient très efficaces dans ce type de combat de jungle, les bataillons de chars de l'US Marine Corps effectuent leur transition du M3/M5 Stuart au M4 Sherman au cours de second semestre de l'année 1943.


3° Usage général et TO&E dans l'US Army (1943-1945).

Lorsque l'US Army participe à la campagne d'Afrique du Nord, à partir de novembre 1942, les unités de Stuart forment la majeure partie des divisions blindées américaines. Après la désastreuse bataille de la Passe de Casserine (février 1943), l'Armée américaine, à l'exemple de la Grande-Bretagne, dissout ses "Bataillons de chars légers" et réorganise le "Tableau d'Organisation et d'Equipement" (TO&E) à l'échelon du bataillon et de la division. Désormais, elle subordonne les Stuart dans les "Bataillons de chars moyens" en leur attribuant leur rôle traditionnel: les missions de cavalerie de reconnaissance.

Pour le reste de la guerre en Europe, la division blindée typique de l'US Army compte, suivant le TO&E 1944/1945, trois bataillons de chars (Tank Battalions), trois bataillons d'infanterie blindée (Armored Infantry Battalions) et trois bataillons d'artillerie blindée (Armored Field Artillery Battalions). Chaque bataillons de chars comprend trois chars Sherman de commandement BHQ: un pour le commandant de bataillon (major ou lieutenant-colonel), un pour le commandant en second et un pour l'officier exécutif, un peloton de trois M4(105)W ou M8 HMC d'appui et de soutien d'artillerie, et enfin quatre compagnies de combat: trois de chars moyens M4 Sherman et un de chars légers M5 Stuart. Chacune de ces compagnies comptent un char M4 CHQ pour le commandant de compagnie (un capitaine), un char M4 CHQ pour son officier exécutif (un lieutenant) et trois pelotons de chars. Chacun de ces pelotons, à leur tour, compte cinq véhicules de combat. Soit 17 chars par compagnie et 74 chars par bataillon. Au total, en dotation complète de la division blindée américaine, nous avons donc 222 chars de combat: 171 Sherman et 51 Stuart.

Photo ci-dessous: M5A1 Stuart dans le bocage normand en juillet 1944. On distingue le dispositif Hedgerow Cuter de Culin soudé à l'avant.



4° Période post-2GM.

Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs pays choisissent d'équiper leur armée de Stuart fiables et à bas prix. La Chine nationaliste de Chang Kai-chek, qui a subit d'énormes pertes durant la Guerre civile qui l'oppose aux Communistes, reconstruit son armée en achetant des véhicules aux forces américaines stationnées dans les Philippines. Ces achats incluent 21 M5A1 qui équipent deux compagnies de chars. Ils combattent pour la dernière fois lors de la Bataille de Kuningtou, également appelée Bataille de Kinmen, fin octobre 1949. Affrontements qui leur vaudra le surnom de "Ours de Kinmen".

Photo ci-dessous: M5A1 Stuart "Ours de Kinmen" de la Chine nationaliste.


Les M5 jouent un rôle significatif lors de la Première Guerre indo-pakistanaise (1947-1948), dans la région montagneuse himalayenne du Cachemire. Lors de la Bataille de la Passe de Zoji-la, ils opèrent à presque 4,000 mètres d'altitude. Les Stuart resteront en service dans plusieurs pays d'Amérique du Sud jusqu'en 1996.

Photo ci-dessous: défilé de chars M3 Stuart, lors des cérémonies de l'Independence Day au Paraguay, le 15 mai 2002.


Au cours des années soixantes et septantes, le Portugal les utilise également durant la Guerre civile en Angola, où ses capacités tout-terrain (comparées à celles des véhicules à roues) sont grandement appréciées. En 1967, l'armée portugaise déploit trois M5A1 baptisés "Milocas", "Licas" et "Gina" par leur équipage, dans le nord de l'Angola, où ils sont intégrés au sein du 1927ème Bataillon de cavalerie, commandé par le major Joao Mendes Paulo et stationné à Nambuangongo. Ces chars sont employés principalement pour l'escorte de convois et la lutte anti-insurrectionnelle contre le Front de Libération Nationale Angolais (MPLA), lequel les surnomme "Elefante Dundum" (Eléphants). "Milocas" est détruit dans un incendie accidentel en 1969. "Licas" et "Gina" sont retirés du service actif en 1972.

Le Corps blindé Sud-Africain continue d'utiliser des M3A1 dans des unités de réserve jusqu'en 1955. Plusieurs d'entre-eux sont modernisés et customisés localement en 1962, et resteront en service jusqu'à la fin de 1964. Les derniers Stuart sud-africains sont ferraillés en 1968.


Récapitulatif des variantes et sous-variantes produites.

1° Variantes américaines.

  • M3 (Stuart I). Version de série initiale. 5,811 exemplaires construits. 1,285 M3 rééquipés du moteur diesel Guiberson et désigné Stuart II par les Britanniques. Fin de production des M3 modifiée avec la tourelle du M3A1. Ces exemplaires sont redésignés Stuart Hybrid.
  • M3A1 (Stuart III). 4,621 exemplaires construits entre mai 1942 et février 1943. Nouvelle tourelle sans coupole, installation d'un stabilisateur vertical de tir, suppression des bronsons (sabords gauches et droites) et des deux mitrailleuses Browning cal .30-60 M1919 installés sur le glacis vertical. Des M3A1 rééquipés avec le moteur diesel Guiberson sont désignés Stuart IV par les Britanniques.

    Photo ci-dessous: M3A1 exposé au Yad la-Shiryon Museum, en Israel, 29 octobre 2005.

  • M3A3 (Stuart V). 3,427 exemplaires construits. Variante modifiée pour introduire certains éléments du M5. Arrière de la tourelle agrandi pour recevoir l'équipement radio SCR-508. Augmentation de l'épaisseur du blindage, parois du glacis vertical incliné de 20°, sur le devant et les côtés.

    Photo ci-dessous: M3A3 exposé au Musée Militaire de Belgrade, en Serbie, 2 septembre 2006.

  • M5 (Stuart VI). 2,075 exemplaires construits. Deux moteurs automobile Cadillac V-8. Caisse redessinée similaire à celle du M3A3, mais avec le glacis vertical et le compartiment moteur agrandi. Tourelle du M3A1.
  • M5A1 (Stuart VI). 6,810 exemplaires construits. M5 avec la tourelle du M3A3. Variante majeure des unités américaines en 1943.

    Photo ci-dessous: M5A1 exposé au Musée Militaire de Borden, Ontario, au Canada, 25 août 2005.

  • 75mm Howitzer Motor Carriage HMC M8. 1,778 exemplaires construits entre septembre 1942 et janvier 1944. Châssis du M5, équipé avec un obusier M2/M3 de 75mm dans une tourelle ouverte, et un crochet d'attelage pour une remorque de munitions. Variante destinée aux escadrons (1) de cavalerie de reconnaissance.

    Photo ci-dessous: M8 HMC exposé au Musée des Blindés de Saumur, France, 8 août 2006.

  • 75mm Howitzer Motor Carriage M8A1. Sous-variante du HMC M8 avec le châssis du M5A1.
  • T18 75mm Howitzer Motor Carriage. Canon autopropulsé avec le châssis M3. Obusier M1A1 de 75mm. Projet commencé en septembre 1941 mais abandonné en avril 1942, au profit du HMC M8. Seulement 2 prototypes construits.
  • T82 Howitzer Motor Carriage. Canon autopropulsé avec le châssis M5A1. Obusier M3 de 105mm. Projet annulé en 1945.
  • T56 3in Gun Motor Carriage. Canon autopropulsé avec châssis M3A3. Compartiment moteur installé au centre de la caisse. Obusier de 3 pouces/inches L/50 de 76mm installé dans une casemate à l'arrière. Projet commencé en septembre 1942 puis abandonné en février 1943.
  • T57 3in Gun Motor Carriage. Sous-variante du T56 GMC avec moteur Continental radial du M3 Lee/Grant. projet également abandonné en février 1943.
  • T27/T27E1 81mm Mortar Motor Carriage. M5A1 avec la tourelle remplacée par une structure avec mortier de 81mm et une mitrailleuse Browning .50 M2HB de 12.7mm. Projet abandonné en avril 1944 en raison du peu de pratique pour les équipages et du manque d'espace pour stocker des munitions.
  • T29 4.2in Mortar Motor Carriage. Conception similaire au T27, avec un mortier 4.2 pouces/inches de 107mm. Projet abandonné pour les mêmes raisons.
  • T81 Chemical Mortar Carriage. (2) M5A1 avec mortier de 4.2in tirant des obus fumigènes.
  • M3 Maxson Turret. Variante AA développée en 1942. 4 mitrailleuses jumelées de DCA Browning M2HB cal .50 de 12.7mm montées dans une tourelle conçue par Maxson Corp. Projet abandonné en faveur du Half-Track M16 MGMC.
  • 40mm Gun Motor Carriage T65. Véhicule AA avec châssis du M5A1 rallongé. Armé d'un canon Bofor de 40mm. La production est ordonnée, mais sur le châssis du M24 Chaffee. Ce qui donne le M19 Gun Motor Carriage. (3)
  • 20mm Multiple Gun Motor Carriage T85. Véhicule AA avec châssis du M5A1 rallongé. Armé de quatre canons jumelés Oerlikon de 20mm.
  • M3/M5 Command Tank. M3/M5 de commandement BHQ ou CHQ, avec tourelle remplacée par un poste de mitrailleuse Browning M2 cal .50 de 12.7mm.
  • T8 Reconnaissance Vehicle. M5 avec tourelle remplacée par quatre mitrailleuses M2 de 12.7mm.
  • M3/M3A1 with Stan Flame Gun. Variante avec lance-flamme Ronson installé sur le canon. 20 exemplaires convertis pour l'US Marine Corps en 1943.
  • M5A1 with E5R1-M3 Flame Gun. Lance-flamme E5R1 installé à la place de la mitrailleuse avant (7.62mm) de caisse.
  • M5A1 with E5R2-M3 Flame Gun. Lance-flamme E5R2 installé à la place de la mitrailleuse avant (7.62mm) de caisse.
  • M5 Dozer. Sous-variante M5 du génie équipée d'une lame de bulldozer fixée à deux bras amovibles. Tourelle généralement démontée.
  • M5 with T39 Rocket Launcher. M5 avec lance-roquettes multiples Katiusha. 20 roquettes T39 de 7.2 pouces/inches (182mm). Projet non développé.
  • M5A1 with E7-7 Flame Gun. Lance-flamme E7-7 installé à la place du canon de tourelle.
  • M5A1 with E9-9 Flame-Throwing Equipment. Un seul prototype. Projet annulé.
  • M5A1 with E8 Flame Gun. Tourelle remplacée par une casemate équipée d'un lance-flamme E8. Un seul prototype. Projet annulé.


(1) Squadron: désignation typique dans la nomenclature employée par la cavalerie américaine. Equivalent du Bataillon d'infanterie. Troop est l'équivalent de la Compagnie d'infanterie.

(2) Dans la nomenclature de l'US Army, le mot Chemical désigne la capacité d'emport de munitions fumigènes ou lacrymogènes.

(3) Blogosphère Mara: Char léger M24 Chaffee



2° Variantes britanniques.

  • Stuart Recce. Véhicule de reconnaissance avec tourelle démontée.
  • Stuart Kangaroo. Véhicule IFV de transport blindé de troupes.

  • Stuart Command. Véhicule de commandement équipé de plusieurs postes radios.
  • Stuart Artillery Tractor. Véhicule similaire au Recce ou au Kangaroo, mais destiné à tracter des canons QF17-Pounder.


3° Variantes brésiliennes.

Au cours des années septantes, la firme brésilienne Bernardini développe une série de transformations radicales sur des Stuart en service dans l'armée de terre.

  • X1A. Basé sur le châssis M3A1. Equipé d'un nouveau moteur diesel Saab-Scania de 280 chevaux (210kW), d'une suspension améliorée, de nouvelles plaques de blindage, d'un système de contrôle de tir moderne et d'un canon DEFA de 90mm dans une tourelle redessinée. 80 exemplaires produits.
  • X1A1. Un X1A avec une suspension améliorée à trois boogies, au lieu de deux habituels. Projet non développé.
  • X1A2. Basé sur le X1A1, cette variante complètement "relookée" n'a plus rien de comparable avec le M3 d'origine. La caisse est redessinée et agrandie, sa masse passe à 17 tonnes, avec un équipage de trois hommes, un canon DEFA de 90mm et un moteur diesel Saab-Scania de 300 chevaux (220kW). 30 exemplaires sont construits.

    Photo ci-dessous: X1A2 brésilien.



Article rédigé le 15 décembre 2014.


Sources principales:
M3 Stuart (Wikipedia.org)