Avec le succès du débarquement allié du 6 juin 1944, commence la bataille de Normandie et la libération de la France, après quatre longues années d'occupation nazie. Mais cette bataille va malheureusement se révéler beaucoup plus longue, cruelle et coûteuse que les Alliés l'avaient imaginé...
Extension de la tête de pont alliée (7-18 juin 1944).Avec la réussite du débarquement de la veille, commence la "
Bataille de Normandie", qui va se révéler beaucoup plus longue, coûteuse et cruelle que les Alliés l'avaient imaginé. Bien qu'ils aient réussi à prendre pied sur les côtes normandes, ils n'ont atteint aucun de leurs objectifs fixés pour le
Jour J. Leurs positions sont encore fragiles et les Allemands, d'abord surpris, n'a pas tardé à réagir: la 21ème Division panzer a contre-attaqué dès l'après-midi du 6 juin et atteint la plage à Luc-sur-Mer aux environs de 20h, mais de peur d'être isolée, elle s'est ensuite retirée.
Commence alors la bataille pour la consolidation et l'extension de la tête de pont. La dizaine de jours à venir va se révéler décisive. Pour les Anglo-Américains, il s'agit de débarquer le maximum de troupes le plus rapidement possible, tout en retardant l'arrivée des renforts ennemis vers les côtes normandes.
Dans un rayon de 300km autour de la tête de pont alliée, la Wehrmacht dispose de vingt-sept divisions, dont quatre panzers, qu'elle peut engager dans la bataille en quelques jours, bénéficiant ainsi d'un incontestable avantage numérique.
Réduits à se battre à un contre deux, les Alliés risquent fort, dans ces conditions, d'être brutalement rejetés à la mer. Mais l'action conjuguée et terriblement efficace de l'aviation alliée et de la Résistance française va brouiller les cartes.
Sur les routes, les convois allemands sont la proie des bombardiers, légers, chasseurs et chasseurs-bombardiers anglo-américains qui s'abattent impitoyablement sur eux, ne laissant que carcasses calcinées et cadavres après leur passage. Pour échapper au carnage, les Allemands sont rapidement contraints de se déplacer de nuit. Mais celle-ci est propice aux coups de main des Résistants, qui retardent davantage encore l'arrivée des renforts vers le front normand.
De son côté, la Résistance française a entamé l'opération
Tortue. Elle retarde par tous les moyens, c'est-à-dire le sabotage des ponts, des routes, des voies ferrées, des gares, carrefours, la progression des unités allemandes convergeant vers le front normand.
Dans les deux semaines qui suivent le
Jour J, les Alliés débarquent de nouvelles troupes, au rythme de 30000 hommes, 7000 véhicules et 30000 tonnes d'approvisionnements en moyenne par jour.
A l'abri des brise-lames appelés
Gooseberries, mis en place devant chacune des cinq plages de débarquement en sabordant de vieux navires, des embarcations de toutes tailles se livrent à un incroyable ballet. En mer, de gros cargos déchargent du matériel sur des bacs métalliques, les
Rhinos Ferries, ou des camions amphibies DUKW qui assurent le transit jusqu'aux plages. D'autres navires, à fond plat, les
Landing Ship Tank (LST) et
Landing Ship Infantry (LSI) s'échouent sur les plages et de leurs étraves sortent en masse chars, camions et soldats.
En face d'Arromanches et de Saint-Laurent-sur-Mer a commencé le montage de deux ports artificiels
Mulberries. A Port-en-Bessin comme à Sainte-Honorine-des-Pertes, le dispositif
Pipe-Line Under The Ocean (PLUTO) permettra bientôt, grâce à un système de pipelines flexibles, de transférer directement le carburant des pétroliers jusqu'aux dépôts aménagés à terre.
La brèche laissée ouverte entre
Sword Beach et
Juno Beach est fermée dès le 7 juin. Le lendemain, à Port-en-Bessin, le contact est établi entre la 50ème Division britannique, débarquée sur
Gold Beach, et la 1ère Division US, débarquée sur
Omaha Beach. Les Britanniques s'enfoncent à l'intérieur des terres à la fois vers l'ouest, en direction d'Isigny, et vers le sud, jusqu'à Caumont-l'Eventé, à 30km de la côte. De l'autre côté de la tête de pont alliée, les 5ème et 7ème Corps US établissent leur jonction le 10 juin à Auville-sur-le-Vey et attaquent Carentan, un important noeud routier entre
Omaha Beach et
Utah Beach défendu par la 17ème Division de panzergrenadiers-SS. La ville tombe aux mains de la 101ème Division aéroportée US le lendemain, le 11 juin 1944.
Les Alliés contrôlent désormais une unique tête de pont homogène, large d'une centaine de kilomètres, allant de Quinéville, à l'ouest, jusqu'à la Dives, à l'est.
Le 18 juin, 600000 soldats et 100000 véhicules alliés ont débarqué. Leur montée en puissance s'est révélée nettement plus rapide que celle des Allemands.
A l'Ouest: bataille du Cotentin et prise de Cherbourg (7-26 juin 1944).Pour les Alliés, le port de Cherbourg est un objectif stratégique essentiel à la réussite du plan Overlord. Il est en effet destiné à accueillir les navires arrivant directement des Etats-Unis, chargés des hommes et des armes nécessaires à la reconquête de l'Europe.
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Cherbourg
Le 7 juin, la première offensive de la 4ème Division d'infanterie US à partir d'Utah Beach, en suivant la route nationale 13, est bloquée par une défense allemande acharnée dans Montebourg. L'objectif de Joe Collins, commandant du 7ème Corps US, est d'abord d'isoler les Allemands au nord de la péninsule. Son attaque est lancée là où l'ennemi ne l'attend pas, en direction de l'ouest, vers la côte occidentale du Cotentin.
Dans la nuit du 17 au 18 juin 1944, la 9ème Division d'infanterie US atteint la côte ouest du Cotentin dans la région de Barneville. La péninsule est coupée en deux. 40000 soldats allemands du 84ème Korps se retrouvent pris au piège au nord.
Réorganisant son 7ème corps US, le général Joe Collins repart de l'avant vers le nord et Cherbourg. Progressant rapidement avec trois divisions de front. De gauche à droite, les 9ème, 4ème et 79ème Divisions d'infanterie.
Collins libère Bricquebec et Valognes, qui n'est plus qu'un morne et triste désert de gravats en raison des bombardements aériens alliés. Au cours de leur marche en avant, les Américains découvrent en outre un très grand nombre de rampes de lancement de V1 à Brix.
Le 21 juin 1944, le 7ème Corps US butte sur les lignes de défenses extérieures allemandes autour de Cherbourg. Sommé de se rendre, le commandant de la place, le général Karl von Schlieben, refuse et donne des ordres pour détruire de fond en comble toutes les installations portuaires.
Le 23 juin 1944, les défenses extérieures allemandes sont percées. Deux jours plus tard, le 25 juin, les Américains s'engouffrent dans les rues de la ville, alors qu'au large, cuirassés et croiseurs entament des échanges d'artillerie avec les lourdes batteries d'artillerie allemandes.

Le 26 juin 1944, le fort du Roule tombe. Karl von Schlieben, commandant de la 709ème Division et de la garnison de Cherbourg, et l'amiral Walter Hennecke, commandant maritime du secteur, capitulent. Les derniers soldats allemands retranchés dans l'Arsenal tiendront encore jusqu'au lendemain. Lorsqu'Adolf Hitler apprend la nouvelle de la capitulation de von Schlieben, il entre dans une fureur indescriptible.
Le 27 juin 1944, dans la ville, les cloches sonnent à toute volée. La population en liesse réserve à ses libérateurs un accueil d'autant plus enthousiaste que la ville a peu souffert des combats. Jusqu'alors, les GIs n'avaient traversé que des cités en ruines et à peu près désertes. Ici, l'atmosphère est tout autre et la fraternisation va bon train, autour de bonnes bouteilles. Des milliers de Cherbourgeois acclament les vainqueurs.

Malheureusement, les installations portuaires n'ont pas eu la même chance. Les bassins sont remplis de mines et d'épaves de bateaux sabordés, les rails arrachés, les grues renversées, les quais truffés de pièges, le pont tournant saboté. La gare maritime n'est plus qu'un amas de ruines. Sans désemparer des équipes de spécialistes se mettent aussitôt à l'ouvrage. Même s'il faudra attendre plusieurs mois encore avant que le port de Cherbourg ne redevienne totalement opérationnel, il pourra, dès la fin juillet, accueillir les premiers
Liberty Ship en provenance des Etats-Unis.
Quelques jours plus tard, PLUTO remettra en fonction le terminal pétrolier de Querqueville et assurera le ravitaillement en carburant des Alliés depuis l'île de Wight.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2169 "Prise de Cherbourg"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2169-la-prise-de-cherbourg.htmlA l'Est: bataille pour Caen (7 juin - 18 juillet 1944).Sur le flanc gauche des Alliés, à l'Est, dès le soir du 6 juin, les chars de la 21ème Division panzer, renforcés dans la nuit par ceux de la 12ème Division Panzer-SS
Hitler Jugend, ont dressé devant Caen un barrage de feu et d'acier qui a stoppé net l'avance des Britanniques et l'espoir d'une rapide délivrance pour les milliers de civils qui n'ont pas fuit la cité après les premiers bombardements.
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_for_CaenLe commandement allemand va engager là ses meilleures divisions, notamment l'essentiel de ses unités blindées, en particulier les division panzer-SS.
Britanniques et Canadiens sont cloués sur place dans les champs de blé autour de la ville. Caen deviendra le pivot de la bataille de Normandie.
Renonçant momentanément à un assaut frontal, jugé trop coûteux, le maréchal Bernard L. Montgomery lance l'opération
Perch, une offensive pour tenter d'envelopper la ville par l'ouest et de la prendre à revers.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_PerchLe 9 juin 1944, ses troupes sont bloquées devant Tilly-sur-Seulles par la Division
Panzer Lehr du général Fritz Bayerlein. Le bourg, réduit en ruines par les combats, finira par tomber une dizaine de jours plus tard aux mains des Anglo-Canadiens. Mais une nouvelle ligne de résistance allemande se reconstitue immédiatement quelques kilomètres plus au sud.

Montgomery engage alors en avant la 7ème Division blindée britannique, un peu plus à l'ouest, dans ce qui semble être un angle mort du front. Les fameux
Rats du désert (
Desert Rats), auréolés de leurs victoires en Afrique du Nord, sont sévèrement étrillés le 13 juin 1944 dans Villers-Bocage par un détachement de chars
Tigre du Bataillon 101, commandé par le SS-Hauptsturmführer (capitaine) Michael Wittmann, des mastodontes d'acier de 55 tonnes équipés d'un redoutable canon de 88mm.
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Villers-Bocage
Le 25 juin 1944, Montgomery lance une offensive de grand style en direction de l'Odon, entre Tilly-sur-Seulles et Caen, en vue d'encercler la ville par le sud-ouest. C'est l'opération
Epsom. Il engage 90000 hommes et 600 chars du 8ème Corps britannique, commandé par le général Richard O'Connor.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_EpsomL'attaque vise à percer le front allemand entre Tilly-sur-Seulles et Caen, à isoler Caen par le sud-est et à capturer des ponts sur la rivière Odon. Cette partie du front est défendu par la 12ème Division Panzer-SS
Hitler Jugend et la Division
Panzer Lehr, du 1er Panzerkorps SS.
La 49ème Division d'infanterie britannique attaque Fontenay-le-Pesnel, à 15km à l'ouest de Caen, mais la
Panzer Lehr encaisse le choc et ne lache pas de terrain. Situation analogue à Rauray, au sud-ouest de Tilly-sur-Seulles, face à la 12ème Division panzer-SS, où de violents combats s'engagent pour le contrôle de cette localité.

La rivière Odon est franchie le 27 juin. Mais le lendemain l'avance des Britanniques est stoppée net par l'arrivée, venant du front de l'Est, du 2ème Panzerkorps-SS, avec les 9ème et 10ème Divisions panzers-SS
Hohenstofen et
Frundsberg, commandé par Paul Hauser et engagé dans le secteur de la cote 112, une modeste colline où des combats acharnés, aussi indécis que meurtriers, auront lieu pendant près d'un mois.
Le 30 juin 1944, Montgomery arrête les frais. La bataille de Caen paraît s'enliser. Les combats se transforment en guerre de position. De part et d'autre, les soldats s'enterrent au fond de tranchées. Les attaques succèdent aux contre-attaques, sans résultat tangible. L'ombre des hécatombes de 1914-1918 plane sur le front de Normandie.
L'opération
Epsom a attiré autour de la ville de nombreuses divisions blindées allemandes. Le 2ème Panzerkorps-SS, venant d'Ukraine, la 1ère Division panzer-SS
Leibstandarte Adolf Hitler, auparavant stationnée en Belgique, et la 2ème Division panzer, d'Amiens.
Adolf Hitler refuse d'abandonner la capitale du Calvados et remplace la plupart de ses généraux à la tête des unités défendant le secteur environnant Caen. Von Kluge remplace von Rundstedt, limogé après avoir proposé de faire la paix avec les Alliés. Rommel reste toujours à la tête du Heeresgruppe (Groupe d'armée) B, mais Eberbach remplace Geyr von Schweppenburg, blessé, à la tête du Panzergruppe West.
La ville de Caen se retrouve encerclée au nord par les parachutistes de la 6ème Division aéroportée, en position depuis le
Jour J, et à l'ouest par le 8ème Corps britannique sur l'Odon.
Début juillet, Montgomery revient au principe d'une attaque directe sur Caen. Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, il déclenche l'opération
Charnwood: dans le secteur de la 2ème Armée britannique, à l'est du dispositif allié, 283 Lancaster, 164 Halifax et 20 Mosquito du RAF Bomber Command déversent 2500 tonnes de bombes sur Caen, en vue de l'offensive finale de la 3ème Division d'infanterie canadienne qui doit débuter le lendemain, détruisant les faubourgs nord et le centre de la ville.
Dans la zone d'opération du 2ème Corps canadien, la 3ème Division d'infanterie canadienne attaque vers Buron, à 5km au nord-ouest de Caen. Solidement retranchés dans ce village, la 12ème Division panzer-SS
Hitler Jugend résiste avec fermeté face aux troupes canadiennes qui progressent avec difficulté.
Le combat dure toute la journée, et les pertes d'un côté comme de l'autre sont impressionnantes. Le soir, Buron n'est toujours pas entièrement sous contrôle canadien. L'artillerie britannique prend le relais et pilonne les positions allemandes de la localité en fin de soirée.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_CharnwoodLa 3ème Division d'infanterie canadienne (2ème Corps canadien) déloge les SS de Buron et d'Authie. La 3ème Division d'infanterie britannique (1er Corps britannique) brise les dernières résistances ennemies devant Lébisey. Le soir, les Allemands commencent à décrocher.
Le 8 juillet 1944 au matin, les Canadiens prennent Carpiquet, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, Venoix, la Maladrerie et pénètrent enfin dans les ruines au nord de Caen. Plus à l'est, les Britanniques avancent péniblement dans les rues rendues méconnaissables par les bombardements effectués depuis le 6 juin.

Mais la 12ème Division panzer SS
Hitler Jugend et la 272ème Division d'infanterie, détachées de la 19ème Armée allemande et rameutée du sud de la France, se retranchent à la lisière sud de la ville, sur la rive droite de l'Orne, où elles tiendront encore une dizaine de jours encore avant qu'une nouvelle offensive britannique, l'opération
Atlantic, ne les en déloge.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_AtlanticLe 18 juillet 1944, le 2ème Corps canadien, guidé par les FFI, investit les quartiers de la rive droite de l'Orne. Caen est cette fois entièrement libérée. Mais l'ennemi est encore à ses portes.

L'opération
Goodwood, lancée le même jour à l'est de la ville pour dégager l'entrée de la plaine, s'achèvera quelques jours plus tard par un véritable fiasco, malgré les énormes moyens engagés par le 1er Corps britannique.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Goodwood
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2177 "A Caen, rien de nouveau"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2177-caen-rien-de-nouveau.html
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2178 "L'échec d'Epsom"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2178-lechec-depsom.htmlMassacres de Tulles et Oradour-sur-Glane (9-10 juin 1944).Le 7 juin 1944 la 2ème Division panzer-SS
Das Reich quitte sa base de Montauban, au nord de Toulouse, dans le sud de la France. Commandée par le général Heinz Lammerding, elle doit rejoindre le front de Normandie, en détruisant, au passage, les éventuels maquis français rencontrés.
Ce même jour, à l'annonce de la réussite du débarquement allié, une unité de FFI libère Tulle, dans le département de Corèze (Limousin), occupé par une garnison du 95ème Régiment de Sécurité allemand et des miliciens français du Groupe Mobile de Réserve (GMR), et massacre plusieurs dizaines de prisonniers.
Le 8 juin 1944, avec l'aide de la Milice, les panzers-SS de Lammerding reprennent la ville. En représaille du massacre des prisonniers la veille, les SS et les miliciens arrêtent 600 habitants.
Le lendemain, le 9 juin 1944, 99 d'entre-eux sont pendus aux balcons et réverbères dans les rues de la ville, et 149 autres envoyés en déportation. Seuls 48 de ces derniers en reviendront.
http://en.wikipedia.org/wiki/Tulle_murdersLe 10 juin 1944, les panzers-SS poursuivent leur route sanglante vers le front normand. 50km plus loin, la 3ème Compagnie
Diekmann du 1er Bataillon du 4ème Régiment de panzergrenadiers-SS
Der Führer, fait son entrée dans Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne (Limousin), que les Allemands ont confondu avec Oradour-sur-Vayres, une autre village dans le même département.
http://en.wikipedia.org/wiki/Oradour_sur_glaneComme toutes les unités allemandes remontant vers le front normand, la
Das Reich est constamment harcelée par des groupes de FFI (opération
Tortue). Le Régiment
Der Führer a reçu l'ordre d'Heinz Lammerding, le commandant de la division, de "faire un exemple", et a choisi de frapper à Oradour-sur-Vayres, où a été détectée une activité FFI. C'est l'Opération
Oradour.
Le Sturmbannführer (major) Adolf Diekmann fait rassembler dans des granges 189 hommes adultes du village, dans l'église 240 femmes et 213 enfants. Une section mitraille les femmes et les enfants rassemblés dans l'église, puis met le feu à l'édifice. Il n'y aura qu'une seule survivante dans ce groupe: Marguerite Rouffanche. Simultanément, d'autres Panzergrenadiers-SS mitraillent les hommes, rassemblés dans les granges. Puis tout le village est incendié.
Sur les 642 otages, il n'y aura que seize survivants: Marguerite Rouffanche, Roger Godfrin, Armon Senon, Mathieu Borie, Daniel Senon, Clément Broussaudier, Joseph Beaubreuil, Robert Besson, Paul Doutre, Martial Machefer, Marcel Darthout, Robert Hébras, Hubert et André Désourteaux, Aimé Renaud et Maurice Beaubreuil.
Oradour-sur-Glane est aujourd'hui une commune de 2025 habitants. Transformé en monument du souvenir, le village d'origine n'a jamais été reconstruit.

Le 12 janvier 1953, dans le tribunal militaire de Bordeaux, s'ouvre le procès, très médiatisé pour l'époque, du massacre d'Oradour-sur-Glanes. Mais aucun officier de haut rang de la
Das Reich n'est présent: seuls sept Allemands et treize Alsaciens, incorporés de force, tous des hommes de troupes, sont jugés pour crimes de guerre et condanmés.
Le procès prend fin le 12 février 1953. Les jugements sont prononcés après trente-deux heures de délibération du jury. Un Allemand est acquité, et deux autres condamnés à mort. Neuf Alsaciens écopent d'une peine de prison allant de 5 à 12 ans de travaux forcés. Les quatre autres Alsaciens et quatre Allemands, de 5 à 8 ans de prison. Ce jugement provoque un tollé général dans le tribunal.
Le 19 février 1953, une semaine plus tard, les treize Alsaciens sont amnistiés et relaxés par la Justice militaire. Les quatre Allemands, qui ont déjà effectué leur peine en attente du procès, ne tardent pas, selon la loi française, à être également libérés.
En 1954, les deux condamnations à mort sont commuées en peine de prison à perpétuité. Mais en 1958, ils seront tous deux libérés grâce au plan d'Amnistie générale du président de la République française. Au sommet de la hiérarchie, le général Heinz Lammerding, qui a donné l'ordre fatidique, meurt paisiblement à Dusseldorf en 1971 sans jamais avoir été inquiété par la justice française ou allemande.
Tirs des premiers V1 contre l'Angleterre (13 juin 1944).Le 13 juin 1944, à partir de 3h30 du matin, les premiers V1,
Vergeltungwaffe pour "Armes de représaille", sont lancés sur l'Angleterre, à partir de nombreuses rampes fixes, situées partout sur les côtes de la Manche.
http://en.wikipedia.org/wiki/V-1_cruise_missile
La nouvelle arme, construite dans la base ultrasecrète de Peenemünde, est une bombe volante non pilotée, semblable à un petit avion, longue de 8m avec une envergure de 5.3m, un poids de 2150 kg, y compris une charge explosive d'Amatol pouvant aller jusqu'à 850kg. Lancé à partir d'une rampe légèrement inclinée, le V1 vole à une altitude d'environ 1000m et à une vitesse maximale de près de 630km/h.
Sur les dix V1 lancés cette journée, quatre seulement atteignent le sol britannique, et un seul tombe sur Londres, tuant six personnes. Jusqu'au 6 septembre 1944, environ 8000 V1 environ seront lancés contre l'Angleterre. Et plus tard, 1200 autres, à partir de nouvelles rampes de lancement installées sur les côtes de la Mer du Nord.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2164 "Vergeltungswaffen"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2164-vergeltungswaffen.htmlAllocution mémorable de Charles de Gaulle à Bayeux et rôle de l'AMGOT (14 juin 1944).Le 14 juin 1944, le général Charles de Gaulle débarque du destroyer français
La Combattante et foule le sol métropolitain pour la première fois depuis le 17 juin 1940, à Graye-Courseulles.
Après avoir discuté avec le maréchal Bernard Montgomery à son PC de Creuilly, il défile à pied dans les rues de Bayeux, première grande ville libérée, prise intacte, et y prononce une célèbre allocution.
Avant d'évoquer la monnaie issue de l'AMGOT, il convient d'expliquer quel est le rôle de cet organisme. L'AMGOT est l'acronyme de
Allied Military Government of Occupied Territories, en français "Gouvernement militaire allié pour les territoires occupés".
AMGOT est un corps d'officiers anglo-saxons, préalablement formé à l'administration des affaires civiles dans des écoles spécialisées, notamment à Charlottesville et à Yale. Il a donc pour mission d'assurer l'administration des territoires libérés ou occupés par ses forces armées, en Europe comme en Asie.
http://en.wikipedia.org/wiki/AMGOTSelon les pays libérés, sa tâche sera plus ou moins aisée. Ainsi les difficultés sont moindres en Norvège, aux Pays-Bas, au Luxembourg ou en Belgique. Le Danemark et la France ont cependant refusé cette "administration militaire anglo-saxonne", arguant du fait que leurs gouvernements étaient légitimes mais prisonniers de la présence allemande sur leurs territoires.
En revanche, l'AMGOT a très bien fonctionné en Sicile et par extension dans toute l'Italie, en Belgique et aux Pays-Bas. Des officiers américains étaient désignés pour exercer les fonctions administratives des territoires libérés: maires, préfets, etc.
Une monnaie a été émise en principe pour chaque pays. Concernant le type de billet à fabriquer pour la France, l'inscription
République française y est initialement prévue. Mais Roosevelt s'est insurgé du projet avec sarcasme: "
Comment savez-vous quel type de gouvernement en France il y aura après la guerre? Peut-être sera-ce un empire ou encore une monarchie. Fidèle à mes principes, je ne veux en aucune façon indiquer le type de gouvernement qu'il y aura." En revanche figura sur ces billets la devise républicaine: "
Liberté, Egalité, Fraternité".

Ce sont donc ces billets, que de Gaulle qualifie de "fausse monnaie" et refuse avec énergie lorsqu'il débarque en France le 14 juin 1944! Il l'évoque d'ailleurs dans ses Mémoires de guerre: "
Les troupes et les services qui s'apprêtent à débarquer sont munis d'une monnaie soi-disant française, fabriquée à l'étranger, que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas." Quoi qu'il en soit, cette monnaie débarque bien avec les soldats alliés le 6 juin 1944. La polémique sur la monnaie est alors déclenchée pour plusieurs semaines.
Le 8 juin 1944, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) adresse une sévère mise en garde aux gouvernements américain et britannique, en précisant qu'"
il ne reconnaît aucune valeur légale aux vignettes qui ont été mises en circulation sans son avis".
Malgré ces véhémentes protestations, les billets AMGOT seront utilisés dans les premières semaines de la Libération par la population normande, cependant avec une certaine méfiance.
François Coulet, premier Commissaire de la République, qui qualifie ces billets de "
drôles de dollars décorés d'un drapeau tricolore", cite un exemple dans un rapport destiné au général Pierre Koenig, commandant des FFL, fin juin: "
les contribuables adoptent une grande méfiance à l'égard de cette monnaie d'occupation et cherchent à s'en débarrasser à la première occasion, notamment en payant leurs impôts".
Ainsi sur les 130000 Francs d'impôts encaissés par la recette-perception de Bayeux, 55000 le furent avec des billets AMGOT! François Coulet propose aux banques locales d'accepter cette monnaie supplémentaire, sans la remettre en circulation. Puis il s'en émeut, le 9 juillet 1944, auprès de Montgoméry, qui s'exclame alors: "
Qu'est-ce que c'est que cette histoire concernant les billets de banque que nous avons apportés? On me dit que la population n'en veut pas? Il faut qu'ils acceptent. Il faut les forcer. C'est du bon argent. C'est notre argent!"
Les Alliés utilisèrent ces billets, par exemple, pour dédommager les paysans dont les champs viennent d'être réquisitionnés ou pour rétribuer les personnes embauchées par l'armée pour différents services. Ils circuleront en France jusqu'à la fin août 1944.
Début de la terrible "Bataille des Haies" dans le bocage normand (3 juillet 1944).Début juillet 1944, à l'Ouest, les Américains entament la "Bataille des Haies" dans le bocage normand, qui va se révéler très pénible et meurtrière pour les Américains.
Après la prise de Cherbourg, à l'extrêmité nord de la péninsule du Cotentin, le commandant de la 1ère Armée US, le général Omar Bradley, ramène les divisions du 7ème Corps US de Joe Collins sur la ligne Carentan-Portbail, en vue de relancer son offensive, arrêtée le 13 juin, vers le sud, direction Saint-Lo et Coutances.

C'est le 8ème Corps US du général Troy Middleton qui est chargé de donner le coup d'envoi. Il donne l'assaut aux positions du 84ème Korps, commandé par le général Dietrich von Choltitz. Middleton met en ligne, de droite à gauche, les 79ème, 8ème et 90ème Divisions d'infanterie US.
Dans cette partie du front de Normandie, les Allemands ont reçu de substantiels renforts. Notamment le 2ème Korps de parachutistes du général Eugen Meindl, les 1ère et 2ème Divisions panzer-SS
Leibstandarte Adolf Hitler et
Das Reich. Des unités expérimentées et très redoutables.
Après le limogeage du maréchal Gerd von Rundstedt la veille, le général Gunther von Kluge lui succède au poste de commandant en chef des forces allemandes sur le front occidental (OB-West).
L'attaque américaine, déclenchée ce 3 juillet sous une pluie battante, piétine très vite. Au prix de combats sanglants et de lourdes pertes, la 8ème Division d'infanterie US enleve la cote 131, au nord-est de La Haye-du-Puits, sur la route de Coutances.
Dans leurs plans, les stratèges alliés n'ont pas porté assez d'attention à la configuration particulière du bocage normand. La lourde machine de guerre américaine s'adapte mal à ce labyrinthe de petits champs clos et de chemins creux, bien davantage propices à la guérilla et aux embuscades dans les taillis, les tireurs équipés d'armes antichars et les blindés camouflés des Panzer-SS vont faire un massacre et détruire comme à l'exercice les chars Sherman, incapables de manoeuvrer pour parer les coups. Le moral des soldats américains s'effondre.

L'appui d'ordinaire si décisif de l'artillerie et de l'aviation tactique est inefficace, compte-tenu de l'impossibilité d'identifier les positions adverses. La "guerre des haies" sera avant tout une bataille de fantassins dans laquelle le défenseur est en position de force. Plongés dans cet enfer, les combattants américains tombent par dizaines pour nettoyer une seule haie, en tout point semblable à celle qu'ils viennent de prendre, désespérément semblable à celles qu'il leur reste à conquérir.
En une semaine de combats, d'embuscades et d'escarmouches sanglantes, les Américains vont ainsi perdre 20000 tués et blessés et 400 chars. 7000 Américains hors de combat avant d'enlever la modeste bourgade de Sainteny, entre Carentan et Périers. 10000 avant de conquérir la Haye-du-Puits. Encore 2000 autres pour atteindre les abords de Lessay, distante de seulement 8km de leur point de départ.
Une progression de 8km en une semaine! Les pertes américaines arrivent au chiffre effarant d'un homme perdu pour chaque mètre de terrain gagné! Certaines compagnies sont réduites à 10% de leurs effectifs initiaux. Elles seront encore plus terribles pour prendre Saint-Lo, âprement défendue par les parachutistes allemands qui tiennent les collines au nord de la ville.
Lorsqu'il pénètre dans la "Capitale des ruines", le 18 juillet 1944, derrière les avant-gardes de la 29ème Division d'infanterie US, un correspondant de guerre évoque "la vallée de l'ombre de la mort".
"
Nous progressons à une vitesse d'escargot", reconnaît Bradley, "
l'Allemand nous fait payer un prix exorbitant les misérables mètres que nous pouvons gagner". Et un autre général américain d'ajouter: "
Cette foutue guerre peut bien durer dix ans!".
Ce mois de juillet 1944 sera incontestablement le plus difficile et le plus noir pour les Américains en France. Selon les prévisions, à J+60, ils devaient déjà avoir libéré la Bretagne et atteint la Loire. Or, à la fin du mois, ils peinent toujours sur la ligne Saint-Lo-Caen. En trois semaines de combats effroyables, le front américain n'aura progressé que de... 11km. Au prix de pertes terribles: 31000 tués et blessés. A ce rythme, les Américains estiment qu'il leur faudra bien encore un mois avant d'atteindre Coutances.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2166 "Bataille des Haies"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2166-la-bataille-des-haies.html
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2172 "Quinze haies au kilomètre"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2172-quinze-haies-au-kilometres.html
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2194 "le problème..."
http://diberville.blogspot.com/2009/03/2194-le-probleme.html"Char Rhino": l'ingénieuse trouvaille de Curtis Culin (4 juillet 1944).Le sergent Curtis Culin, du 102ème Escadron de cavalerie de la 2ème Division blindée, bricole et soude sur l'avant de son blindée un système de pieux metalliques, récupérés à partir des obstacles et des cheveaux de frise de Rommel sur les plages de débarquement, destiné à défoncer et passer à travers les haies du bocage normand.
Sa trouvaille, le char Sherman Hedgecutter, surnommé
Rhino, va rapidement faire le tour du front, et dans les semaines suivantes délivrer progressivement les unités blindées américaines de l'enfer du bocage et rendre Culin célèbre.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2195 "... la solution du problème"
http://diberville.blogspot.com/2009/03/2195-et-la-solution-du-probleme.htmlPréparatifs de l'opération Cobra (13 juillet 1944).Le 13 juillet 1944, l'état-major du général Omar Bradley approuve le plan d'opération
Cobra. Plus d'un million de soldats alliés piétinent en Normandie et sont "hasphixiés" dans leur tête de pont. Le but de Cobra sera de permettre la rupture du front allemand, puis la percée vers Avranches et Pontaubault, la libération de la Bretagne, puis celle du reste de la France.

Le coup d'envoi est programmé pour l'aube du 24 juillet 1944. Y participeront toutes les divisions de la 1ère Armée US. Sur le front, le 8ème Corps US continue d'avancer lentement vers le sud et à marquer péniblement le pas dans le bocage.
Dans la zone d'opération du 7ème Corps US, seule la 9ème Division d'infanterie progresse ce jour. Toute activité étant pratiquement suspendue sur le reste de la ligne de front. Le 19ème Corps US lutte toujours aprêment pour Saint-Lo.
Dans la zone d'opération du 5ème Corps US, la 5ème Division d'infanterie relève sur le front la 1ère Division d'infanterie. Cette dernière est envoyées au repos à Colombières, à une dizaine de kilomètres au sud-est d'Isigny, où elle attend sa mutation au sein du 7ème Corps US. Les mauvaises conditions météorologiques et les pluies persistantes limitent fortement les sorties des bombardiers et chasseurs-bombardiers tactiques de la 9ème US Air Force.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2196 "la morsure du Cobra"
http://diberville.blogspot.com/2009/03/2195-et-la-solution-du-probleme.htmlPrise de St Lo, "Capitale des Ruines" (18 juillet 1944).Le 18 juillet 1944, le 116ème Régiment de la 29ème Division d'infanterie du 19ème Corps US libère enfin Saint-Lo, surnommée la "Capitale des Ruines", détruite à 95%, après d'énormes sacrifices. La prise de la ville a coûté aux Américains, en deux semaines de combats sanglants, 11500 tués et blessés. Depuis le 6 juin, les Alliés ont déversé sur la localité 28000 tonnes de bombes et d'obus.

"
Major of St.-Lo": en tête du régiment qui pénètre dans les ruines de la ville, une jeep transporte sur son capot le corps du major Thomas Howie, le commandant du 3ème bataillon, tué la veille, recouvert de la bannière étoilée. Il avait juré d'être le premier officier américain à entrer dans Saint Lo. Ses hommes ont tenu à respecter son serment.
Déclenchement de l'opération Goodwood (18 juillet 1944).Le 18 juillet 1944, dans le secteur de la 2ème Armée britannique, à l'est du dispositif allié, le maréchal Bernard Montgomery, le commandant du XXIème Groupe d'armées alliées, entame l'opération
Goodwood, une offensive dans la plaine au sud-sud-est de Caen.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Goodwood
L'offensive terrestre est précédée par un terrible bombardement aérien de trois heures: 2500 bombardiers lourds, moyens, légers, et chasseurs-bombardiers du RAF Bomber Command et des 8ème et 9ème US Air Force déversent 11000 tonnes de bombes sur les positions allemandes, alors que l'artillerie de campagne alliée tire près de 250000 obus, dans une vaste région située entre la partie orientale de Caen et le village de Troarn, sur un corridor long d'environ quinze kilomètres et large d'environ quatre kilomètres.
644 B-24
Liberator de la 8ème US Air Force bombardent les lignes avancées allemandes devant la 2ème Armée britannique, à Solier (249), Frenouville (146), Troarn (139), Hubert-la-Folie (23), ainsi que le centre de triage ferroviaire de Mezidon (12). Au total 5000 tonnes de bombes. Ils sont suivis par 450 B-26 Marauder, B-25 Mitchell et A-20 Havoc de la 9ème US Air Force.
Pour finir, 667 Lancaster, 260 Halifax et 15 Mosquito larguent 6000 tonnes de bombes à l'est de camps, sur les positions des 21ème Division panzer et 15ème Feld Division de la Luftwaffe. 99 Halifax, 6 Lancaster et 5 Mosquito visent le centre de triage ferroviaire de Vaires.
Goodwood est plus exactement une attaque de diversion des Britanniques, dans le but de fixer et d'attirer le maximum d'unités allemandes faisant face à la 1ère Armée US, de manière à alléger son secteur en vue de l'opération
Cobra, programmée pour le 24 juillet.
L'attaque est confiée au 8ème Corps britannique, composé des 3ème et 51ème Divisions d'infanterie, des 7ème et 11ème Divisions blindées et de la Division blindées des Guards, anglaises, et au 2ème Corps canadien, avec les 2ème et 3ème Divisions d'infanterie et la 4ème Division blindée canadiennes.
Les bombardement aériens alliés ont été par endroits très dévastateurs. Les positions allemandes autour de Colombelles sont complètement anéanties. Mais les Allemands se sont très bien préparés, ils ont organisé plusieurs lignes de défense en profondeur et camouflé très efficacement leurs chars et l'artillerie antichars.

Les Anglo-Canadiens ont en face d'eux des unités redoutables et agueries: le 1er Panzerkorps-SS de Joseph "Sepp" Dietrich, avec les 1ère Division panzer-SS
Leibstandarte Adolf Hitler, 2ème Division panzer-SS
Das Reich, 12ème Division panzer-SS
Hitler Jugend, 21ème Division panzer et 272ème Division d'infanterie allemande, le 503ème Bataillon de Chars Lourds, équipés de
Tigre Royal de 68 tonnes.
Quand le 8ème Corps britannique s'élance à partir de Bénouville, il ne rencontre tout d'abord aucune résistance, la première ligne allemande a été pulvérisée par l'aviation alliée. Mais rapidement l'attaque alliée s'enlise face à la seconde ligne de défense, aux blindés et à l'artillerie antichars des divisions panzers-SS, très habilement camouflés et dissimulés.

Après de durs combats, il atteint la ligne Hubert-Folie-La Hogue-Cagny, au sud de Caen. Devant Cagny, la 7ème Division blindée et la Division blindée des Gardes se heurtent aux pièces de 88mm antiaériens de la Luftwaffe, transformées en canons antichars, qui détruisent de nombreux blindés britanniques.
De son côté, le 2ème Corps canadien a pour objectif la traversée de l'Orne de part et d'autre de Caen, dans un large mouvement de prise en tenailles de la 272ème Division d'infanterie allemande, retranchée depuis une dizaine de jour dans la partie sud de Caen, sur la rive opposée de l'Orne. La 3ème Divison canadienne enlève Colombelles et Giberville, au nord-est de la ville. Après de furieux combats avec la 12ème Division panzer-SS et la 21ème Division panzer, la 2ème Division canadienne emporte Louvigny, au sud-ouest.
Le soir, les Anglo-Canadiens ont perdu plus de 2500 hommes et 470 chars, et n'ont progressé que de 7km.
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2180 "Goodwood"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2180-goodwood.html
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2181 "Une nouvelle guerre d'attrition"
http://diberville.blogspot.com/2009/02/2181-une-nouvelle-guerre-dattrition.htmlOpération Valkyrie: putsch manqué contre Adolf Hitler (20 juillet 1944).A 12h42 précise, la
Wolfsschanze ("Tanière du loup"), le Quartie-Général du Führer à Rastenburg, dans une foret de Prusse-Orientale, est secouée par une forte explosion.
http://en.wikipedia.org/wiki/July_20_PlotDes flammes et de la fumée s'élèvent de la baraque en bois où, chaque jour, l'état-major allemand se réunit en sa présence. Au moment de l'explosion, la réunion n'a commencé que depuis douze minutes. Certains des personnes présentes sont projetés à l'extérieur par les fenêtres. Cris des blessés et appels au secours retentissent. Des corps jonchent le sol. Et Adolf Hitler?

Il est blessé très superficiellement, mais manifestement commotionné. Sa première réaction est: "
Mon pantalon neuf!" A part son visage noirci, son pantalon en lambeaux et quelques égratignures, il n'a absolument rien, si bien qu'à 16h, il sera en état de recevoir la visite de Benito Mussolini, prévue pour 13h.
Il ne s'agit pas de considérer l'épisode comme un attentat ordinaire, mais de démasquer l'auteur, ou les auteurs, qui ne peuvent être bien loin et doivent sûrement être recherchés parmi les membres présents à la conférence.
En dehors des victimes, il manque à l'appel un jeune colonel de 37 ans, le comte Claus Schenk von Stauffenberg, que l'on croit d'abord hospitalisé avec les blessés.

C'est sur lui que vont se porter les premiers soupçons des enquêteurs, lorsqu'ils s'aperçoivent qu'il a quitté la pièce où se tenait la réunion quelques minutes avant l'explosion. Leurs soupçons se transforment en certitude après le témoignage de certains officiers et soldats SS de garde à Rastenburg. L'auteur de l'attentat ne peut être que lui.
Qui est réellement ce colonel Claus Schenk von Stauffenberg? A-t-il agi seul ou est-il simplement l'exécutant d'une conspiration plus vaste destiné à éliminer Hitler?
Pour répondre, il nous faut revenir chronologiquement en arrière. Le 7 avril 1943, lorsque le colonel Claus von Stauffenberg, descendant d'une famille noble de l'Allemagne du Sud, est grièvement blessé en Tunisie en sautant avec sa voiture sur une mine. Il perd son oeil gauche et l'usage du bras droit, et est contraint à une longue convalescence durant laquelle il a tout loisir de méditer sur la situation militaire catastrophique de son pays, parvenant à des conclusions d'une extrême gravité.
"
Je sens que je dois faire quelque chose pour sauver l'Allemagne", écrit-il à sa femme. Dans une autre lettre, il se montre encore plus explicite: "
Même si l'entreprise est vouée à l'échec, il faut la tenter. L'essentiel est de prouver au monde et à l'histoire que le mouvement de Résistance allemande existe et qu'il a osé passer aux actes, au prix de sa vie."
Stauffenberg fait partie d'un groupe d'opposants qui se proposent d'éliminer le dictateur et de mettre fin à la guerre en sauvant ce qui peut encore être sauvé de l'Allemagne.

On trouve notamment parmi eux le général Ludwig Beck, le chef du groupe des conjurés, Karl Goedeler, ancien bourgmestre de Leipzig, Ulrich von Hassel, ancien ambassadeur allemand à Rome, le général Friedrich Olbricht, le maréchal Erwin von Witzleben, le général Hans Henning von Tresckow, chef d'état-major du Heeresgruppe Centre sur le front russe, le général Erich Fellgiebel, responsable des transmissions à Rastenburg, Friedrich Werner von der Schulenbourg, l'ancien ambassadeur allemand à Moscou, le pasteur Dietrich Bonhoeffer et le jésuite Alfred Delp, le social-démocrate Julius Leber, le comte Helmuth von Moltke, ainsi que d'autres jeunes descendants d'illustres maisons prussiennes.

Stauffenberg fait partie du dernier groupe, il est d'ailleurs lui-même arrière-petit-fils du comte August von Gneisenau, héros national allemand contre Napoléon Bonaparte. Erwin Rommel, l'ancien commandant du Heeresgruppe B, blessé sur le front de Normandie le 17 juillet, le maréchal Gunther von Kluge, son successeur, l'amiral Hans Wilhelm Canaris, le chef de l'Abwehr, les services secrets de l'armée allemande, font partie du complot, mais n'y prennent pas part activement.

Le général Fritz Fromm, chef des armées allemandes de l'Intérieur, comprenant l'armée territoriale et la garnison de Berlin, a quant à lui une position plus ambiguë dans cette affaire. La veille, dans l'après-midi du 19 juillet, von Stauffenberg a été convoqué par Hitler à Rastenburg pour participer, en qualité de chef d'état-major du général Fritz Fromm, à la réunion des principaux représentants militaires du Troisième Reich, dont le début était prévue pour le lendemain 20 juillet à 13h.

C'est l'occasion inespérée qu'attendait von Stauffenberg, et il en informe les autres conjurés. Le plan des conjurés, appelé opération
Walkyrie, ne doit en principe pas échoué. Il est réglé dans ces moindres détails, et les alliances et complicités sont à toute épreuve.
Dans la matinée du 20 juillet 1944, von Stauffenberg s'envole de Rangsdorf, un des aérodromes de Berlin. Il emporte avec lui une serviette bourrée de documents, au milieu desquels est cachée une bombe confectionnée par le général Helmuth Stieff avec un explosif spécial d'origine britannique, muni d'un détonateur à retardement.
Peu après 10h, l'avion atterrit à Rastenburg. La réunion, avancée d'une demi-heure, car Hitler attend l'arrivée de Mussolini, commence donc à 12h30 précise.
A 12h34, von Stauffenberg franchit le périmètre de sécurité de la Wolfsschanze. A 12h36, von Stauffenberg pénètre dans la salle de réunion en même temps que le maréchal Wilhelm Keitel. Il vient de briser la capsule du détonateur, et d'ici six minutes, sauf imprévu, la bombe explosera.
Dans la salle, mesurant environ 9m sur 4.5m, Hitler et son état-major ont pris place autour d'une longue table ovale reposant sur deux socles massifs. Adolf Hitler est assis le dos tourné à la porte, sur le grand côté de la table. Il est entouré de vingt-deux officiers supérieurs appartenant aux trois armes et à la SS. A sa gauche se tient le maréchal Wilhelm Keitel, commandant supreme de la Wehrmacht (OKW).
Von Stauffenberg prend place à droite d'Hitler, entre le général Günther Korten, chef d'état-major de la Luftwaffe, et le colonel Heinz Brandt, chef des opérations de l'OKW. En s'asseyant, von Stauffenberg pose sa serviette sur le sol, à environ deux mètres des pied d'Hitler, non loin d'un socle sur lequel repose la partie droite de la table.
Lorsque von Stauffenberg s'assoit, à 12h37, le général Adolf Heusinger, chef d'état-major adjoint de la Wehrmacht, parle de la situation militaire sur le front soviétique, en se penchant fréquemment sur la carte géographique placée sur la table. Et les minutes s'écoulent inexorablement.
A 12h40, von Stauffenberg sort de la pièce sans être remarqué. Tous sont absorbés par le speech d'Heusinger. Heinz Brandt, qui semble particulièrement interessé, se penche sur la table pour mieux voir la carte, et heurte du pied la serviette de von Stauffenberg, puis se baisse et la pousse contre le bord extrême du socle droit.
C'est ce geste qui a probablement sauvé la vie de Hitler. Lorsque la bombe explose, à 12h42, von Stauffenberg se tient à 200m de là, voit la barraque de bois littéralement "souflé en l'air" et, convaincu que l'attentat a réussi, quitte les lieux. Profitant de la confusion, il passe devant devant le batiment en bois refranchit les posts de garde en sens inverse.
A 13h, convaincu d'avoir réussi sa mission, von Stauffenberg embarque dans son avion et redécolle pour Berlin, afin d'aller y recueillir les fruits de son geste. En vol, il ignore que l'attentat a échoué et, surtout, que le général Erich Fellgiebel, chef des transmissions de Rastenburg, n'a pas exécuter l'ordre qui lui avait été donné de transmettre aussitôt la nouvelle aux conjurés à Berlin, ni celui, encore plus important, de bloquer toute communication entre le quartier général de Hitler et la capitale.
Les conjurés, qui l'attendent sur l'aérodrome de Berlin, restent donc dans l'ignorance de tout, ne sachant que faire. Entretemps, le complot est découvert, et Himmler est déjà parti pour Berlin avec ordre de tuer dans l'oeuf toute révolte éventuelle.
Lorsque von Stauffenberg, croyant toujours au succès de l'attentat, atterrit à Berlin à 15h30, la nouvelle qu'Hitler en a réchappé est déjà parvenue aux commandants militaires suprême de la ville.
Friedrich Fromm, commandant en chef de l'Armée de l'Intérieur, qui n'avait souscrit que formellement au complot, apprenant qu'Hitler est toujours en vie, se précipite dans le bureau d'Olbricht, chef de la section approvisionnements de l'armée territoriale. Il y trouve von Stauffenberg, en train de téléphoner à tous les chefs militaires allemands en Europe, et lui déclare sans ambages qu'il doit se suicider. Pour toute réponse, von Stauffenberg et Olbricht l'arrêtent.
Le ministre allemand de la Propagande, Goebbels, n'a pas été dérangé dans son bureau de la Wilhelmstrasse. Le commandant de la garnison de Berlin, Karl von Hase (autre conjuré), ordonne au Wachtbataillon Grossdeutschland, commandé par Otto Ernst Remer, de protéger les conjurés et d'encercler les ministères allemands dans la capitale.
Mais Goebbels réussit à parler au téléphone avec Remer et à le mettre en communication directe avec Hitler. Le bataillon Grossdeutschland arrive à la Bendlersblock, où se trouve le QG des conjurés, et arrête les colonel Albrecht Mertz von Quirnheim et Claus von Stauffenberg, et le général Friedrich Olbright. Le général Ludwig Beck, qui a tenté de se suicider, est achevé.
A 0h15, dans la nuit du 20 au 21 juillet, Fromm, libéré entre-temps, pour se débarasser de ces témoins dangereux, les fait fusiller dans la cour de la Bendlersblock, à la lueur des phares d'un camoin. Mais en dépit de son "zèle expiatoire", il sera lui aussi exécuté. Jugés par des "tribunaux du peuple", 5000 Allemands environ seront fusillés dans les mois à venir.
Parmi eux: le maréchal Erwin von Witzleben, les généraux Paul von Hase et Helmuth Stieff, ainsi que de nombreux autres officiers subalternes et haut fonctionnaires, d'anciens diplomates tels que Ulrich von Hassell et Friedrich Werner Graf von der Schulenburg, anciens ambassadeurs allemands à Rome et à Moscou, le conseiller de légation Adam von Trott zu Solz, des hommes politiques tel que Carl Friedrich Goerdeler, l'ancien ministre des Finances de Prusse Johannes Popitz, les sociaux-démocrates (SD) Wilhelm Leuschner et Julius Leber, les religieux Alfred Delp et Dietrich Bonhoeffer.
Soupçonnés d'avoir pris part à la conjuration, les maréchaux Günther von Kluge et Erwin Rommel seront poussés au suicide, respectivement les 18 août et 14 octobre. Les parodies de procès et les condamnations à mort se pousuivront jusqu'en avril 1945. Parmi les victimes, les généraux Eduard Wagner, Erich Fellgiebel, Hans Oster, et l'amiral Wilhelm Canaris. Henning von Tresckow se suicidera à la grenade dans un bois
de Prusse-Orientale.
En revanche, comme leur procès n'auront pas le temps de se dérouler, le ministre de l'Agriculture Andreas Hermes et Schacht, l'avocat Berthold von Stauffenberg [le frère de Claus], et les généraux Franz Halder, Alexander von Falkenhausen et Hans Speidel, futur commandant suprême de l'OTAN, se tireront d'affaire.
Liste des conjurés du 20 juillet 1944.
http://www.answers.com/topic/list-of-members-of-the-july-20-plotEmplacement des personnes présentes dans la salle lors de l'attentat.

1. Adolf Hitler.
2. Maréchal Wilhelm Keitel.
3. Général Alfred Jodl.
4. Général Walter Warlimont.
5. Franz von Sonnleithner.
6. Major Herbert Buchs.
7. Stenographe Heinz Buchholz.
8. Hermann Fegelein.
9. Colonel Nikolaus von Below.
10. Contre-amiral Hans-Erich Voss.
11. Otto Gunsche.
12. Général Walter Scherff [blessé].
13. Général Ernst John von Freyend.
14. Capitaine Heinz Assman [blessé].
15. Stenographe Heinrich Berger [tué].
16. Contre-amiral Karl-Jesco von Puttkamer [blessé].
17. Général Walther Buhle.
18. Lieutenant-Colonel Heinrich Borgmann [blessé].
19. Général Rudolf Schmundt [tué].
20. Lieutenant-Colonel Heinz Waizenegger.
21. Général Karl Bodenschatz.
22. Colonel Heinz Brandt [tué].
23. Général Günther Korten [tué].
24. Colonel Claus von Stauffenberg.
25. Général Adolf Heusinger [blessé].
Voir aussi:
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2184 "l'Utopie"
http://diberville.blogspot.com/2009/03/2184-lutopie.html
- D'Iberville: "Saviez-vous que...", 2185 "Walkyrie"
http://diberville.blogspot.com/2009/03/2185-walkyrie.htmlOpération Cobra: la percée d'Avranches (25-31 juillet 1944).Le 24 juillet 1944, dans le cadre des ultimes préparatifs de l'opération Cobra, le pilonnage intensif des positions allemandes commence par un bombardement de bombardiers lourds et moyens des 8ème et 9ème US Air Force, sur la ligne de front alliée entre St-Lo et Coutances.
Malheureusement, vu la proximité des lignes de front, plusieurs bombes tombent trop court sur les positions de la 30ème Division d'infanterie (29ème Corps US) et provoque une totale confusion. 150 soldats américains, dont le général Leslie J. McNair, chargé de coordonner l'offensive, sont tués, et plus de 340 autres blessés.
A la suite de cette bavure, le bombardement aérien est interrompu et reprendra le lendemain matin, et l'offensive terrestre est reportée dans la soirée du 25 juillet.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_CobraLe lendemain, 25 juillet, l'opération
Cobra débute par un formidable bombardement aérien des positions allemandes: 1600 B-17 Flying Fortress et B-24 Liberator de la 8ème US Air Force, accompagnés par 500 P-38 Lightning, P-51 Mustang et P-47 Thunderbolt, déversent en moins d'un quart d'heure 3500 tonnes de bombes sur un front de 6km de large et 1.5km de profondeur, dans la zone Marigny-Saint-Gilles, à l'ouest de St-Lo, sur l'axe Périers-St-Lo, devant les positions de la 1ère Armée US. C'est le plus grand bombardement en tapis allié de la Seconde Guerre mondiale.

L'offensive terrestre de la 1ère Armée US du général Omar Bradley, a pour but de réaliser une percée décisive dans le dispositif de la 7ème Armée allemande et de transformer la guerre de position en guerre de mouvement. Car depuis le 6 juin, 1.3 million de soldats alliés "étouffent" dans leur petite tête de pont normande.
La Guerre des Haies, déclenchée le 3 juillet, a déjà coûté très chère aux Américains: 31000 tués et blessés. Pour des résultats décevants ou quasi nuls: en trois semaines, ils n'ont avancé que de 11km.
Bradley a devant lui des unités aguerries et redoutables: la 2ème Division panzer-SS
Das Reich, la 17ème Division panzergrenadiers-SS
Götz von Berlichingen, la Division
Panzer Lehr, la 3ème Division de parachutistes, les 91ème, 243ème, 326ème, 352ème, 353ème et 343ème Divisions d'infanterie allemandes.

La tragique méprise de la veille se reproduit de nouveau. 46 B-26 de la 9ème US Air Force larguent leurs bombes sur des positions des 9ème et 30ème Divisions d'infanterie, tuant 113 soldats américains en blessent 494 autres.
Une nouvelle fois, les GIs sont durement éprouvés. Mais cette fois, les Allemands n'ont pas été épargnés, bien au contraire. Si bien que Bradley décide de ne rien changer à l'horaire fixé. L'intensité des bombardements aériens américains est telle que la première ligne de défense allemande, en particulier celle de la
Panzer Lehr, disparaît complètement cans ce mälstrom. Les rares survivants, ébétés et en état de choc, n'opposeront pratiquement aucune résistance.
La phase terrestre débute en fin d'après-midi. Bradley engage initialement six divisions: la 9ème Division d'infanterie, sur le flanc gauche de l'offensive américaine, doit se diriger vers le sud de Montreuil, repousser les contre-attaques des 2ème et 17ème Divisions panzers-SS. La 1ère Division d'infanterie attaquera en direction de Marigny, et poursuivra la 5ème Division de parachutistes allemands en fuite. La 3ème Division blindée se dirigera vers Cerisy-la-Salle. La 4ème Division d'infanterie vers Canisy. La 2ème Division blindée attaquera Saint-Gilles. Et la 30ème Division d'infanterie se dirigera vers le sud de Saint-Lo, attaquant la 352ème Division d'infanterie allemande.
A la tombée de ce premier jour, la pénétration maximale américaine ne dépasse pas 2.5km de profondeur, plus gênée par les destructions occasionnées par les bombardements aériens que par la résistance ennemie.
Le 26 juillet 1944, quatre divisions d'infanterie et une division blindée américaines supplémentaires passent à l'offensive: les 8ème, 79ème, 83ème et 90ème Divisons d'infanterie, et la 4ème Division blindée, du 8ème Corps US du général Troy Middleton.
Ce qui fait maintenant un total de dix divisions américaines engagées. Le 8ème Corps US attaque suivant deux axes: les routes Lessay-Coutances et Périers-Coutances. En fin de matinée, la 8ème Division d'infanterie atteint la route Lessay-Périers, sur la côte ouest de la presqu'île du Cotentin. La 90ème Division d'infanterie établit une tête de pont au-delà de la Sèves.
Dans la zone d'opération du 7ème Corps US, la 1ère Division d'infanterie s'empare de Marigny, défendue par la 2ème Division panzer-SS
Das Reich et des éléments de la 353ème Division d'infanterie allemande.
Dans la zone d'opération du 5ème Corps US, à l'est de St-Lo, la 2ème Division blindée s'empare de Saint-Gilles et de Canisy.
Le 27 juillet 1944, le front allemand s'écroule désormais un peu partout. A l'extrémité ouest du dispositif américain, dans la zone d'opération du 8ème Corps US, la 79ème Division d'infanterie libère et dépasse Lessay. La 90ème Division d'infanterie occupe Périers et traverse la Taute. La 8ème Division d'infanterie pousse au sud entre les deux localités.
Plus à l'est, le 7ème Corps US progresse également vers le sud. La 1ère Division d'infanterie et la 3ème Division blindée refoulent la 2ème Division panzer-SS
Das Reich et la 17ème Division panzergrenadiers-SS
Götz von Berlichingen jusqu'à Camprond.
Le 28 juillet 1944, après avoir balayé la veille les lignes de défense allemandes, les Américains obtiennent enfin leur percée éclair tant attendu. Bradley dispose de deux nouvelles divisions incorporées au 8ème Corps US, les 4ème et 6ème Division blindées. Ce qui fait un total de douze divisions américaines engagées dans la bataille. A 17h, la 4ème Division blindée pénètre dans les faubourgs de Coutances.

Dans la zone d'opération du 19ème Corps US, à l'est de St-Lo, la 30ème Division d'infanterie atteint la rive orientale de la Vire. Des unités allemandes entières sont encerclées, notamment dans la poche de Roncey. D'autres se débandent.
Des B-26 Marauder et A-20 Havoc du IX Bomber Command de la 9ème US Air Force harcèlent toute la journée les troupes allemandes en retraite, visent des dépôts de carburant et de munitions, des colonnes de véhicules, ponts, carrefours dans la Foret de Conches, à Dreux et dans la région du Mans.
Le poids de presque deux mois de combats d'usure s'abat brutalement sur des soldats bousculés et démoralisés. Des milliers d'Allemands sont capturés, désarmés et le plus souvent laissés sur place, faute de moyens ou de temps pour les escorter vers l'arrière.
Le général Dietrich von Choltitz, commandant du 84ème Korps, tente vainement de reconstituer de nouvelle positions de défense, la
Weisse Linie ("Ligne Blanche"). Mais elles sont systématiquement détruites par l'aviation américaine, la plupart avant même d'avoir être consolidées, ou en cours d'édification. Plus rien désormais ne peut stopper le rouleau compresseur américain.
Le 29ème juillet 1944, la 1ère Armée US du général Omar Bradley passe à la vitesse supérieure. Elle a progressé de plus de treize kilomètres à l'intérieur des lignes allemandes depuis le déclenchement de
Cobra, le 25 juillet.

Dans la zone d'opération du 7ème Corps US, trois principaux axes d'assaut se distinguent. A l'ouest, la 3ème Division blindée libère Coutances et progresse en direction du sud de la ville, atteinte la veille au soir. Au centre et à l'est, la 2ème Division blindée progresse vers Saint-Denis-le-Gest et Villebaudon.
Dans la zone d'opération du 8ème Corps US, les 4ème et 6ème Divisions blindées poursuivent leur progression sur Avranches.
Dans la zone d'opération du 19ème Corps US, la 29ème Division d'infanterie gagne la région située à l'est de Percy. La 30ème Division, malgré le feu nourri des Allemands, continue d'avancer vers le sud sur la rive occidentale de la Vire.
Le 5ème Corps US approche à vive allure de Torigni-sur-Vire, au sud-est de Saint-Lo.
Toute la 7ème Armée allemande du SS-Obertsgruppenführer Paul Hausser, le sucesseur du général Friedrich Dollmann, bat maintenant en retraite désordonnée.
Le 30 juillet 1944, le 8ème Corps US poursuit sa percée. La 6ème Division blindée traverse Bréhal et contourne Granville sans s'arrêter. La 4ème Division blindée pénètre dans les faubourgs septentrionnaux d'Avranches, enlèvant les ponts sur la Sée.
Le 7ème Corps US approche rapidement de Villedieu-les-Poêles, sur la route entre Granville et Vire. Le 19ème Corps US subit de violente contre-attaques allemandes près de Percy.
Ce même jour, sur le flanc gauche américain, le 8ème Corps britannique déclenche l'opération Bluecoat. Les Anglo-Canadiens attaquent vers Villers-Bocage et Vire, défendus par le 2ème Panzerkorps-SS du SS-Obergruppenführer Wilhelm "Willy" Bittrich. En fin de journée, ils atteignent La-Ferrière-Harang, au sud-est de St-Lo, La Morichèse-Les Mares et Les Loges, au sud de Caumont, Cahagnes et Briquessard.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_BluecoatLe soir, au sud de Caumont, la 21ème Division panzer et la 326ème Division d'infanterie allemande contre-attaquent face aux 15ème et 43ème divisions d'infanterie du 8ème Corps britannique. De durs combats s'engagent mais les deux divisions britanniques encaissent le choc et résistent.
Le 31 juillet 1944, la 4ème Division blindée du 8ème Corps US avance vers le sud, traverse la Sélune et pénètre dans les faubourgs nords de Pontaubault, défendue par la 91ème Division d'infanterie allemande.
L'objectif de l'opération
Cobra est atteint: l'accès à la Bretagne. Le 7ème Corps US se porte sur Brécey. Dans la région de Tessy-sur-Vire, les Allemands bloquent toujours l'avance du 19ème Corps US.
En moins d'une semaine, les troupes de Bradley ont réalisé une percée de 60 kilomètres, au prix de 1800 tués et blessés. Les Allemands ont perdu 3200 tués, 27000 blessés et 12800 prisonniers.
Depuis le Jour J, les pertes alliées s'élèvent à 122000 tués, blessés et disparus, contre 114000 tués et blessés, et 40000 prisonniers du côté allemand.
Percée fulgurante de George Patton en Bretagne (1er-7 août 1944).Le 1er août 1944, les Américains réorganisent complètement leurs forces. La nouvelle 3ème Armée US est activée en Normandie. Le général George Patton, Jr en prend le commandement.
Activation également des 12ème Corps US (Manton Eddy), 15ème Corps US (Waddet Haislip) et 20ème Corps US (Walton Walker). Et le 8ème Corps US (Troy Middleton) de la 1ère Armée US passe désormais sous l'autorité de Patton.
Les divisions de
Blood and Guts ("Sang et Tripes"), surnom de Patton depuis la campagne de Sicile en juillet 1943, vont donner une nouvelle et phénoménale impulsion à la bataille de Normandie. En moins de trois jours, sept divisions, plus de 150000 Américains et 12000 véhicules, vont franchir l'étroit goulet ouvert au sud d'Avranches, avant de se déployer en éventail.

Le 8ème Corps US a infléchit sa course et avance désormais vers l'ouest et le sud-ouest, direction Brest et Lorient, le 20ème Corps US vers le sud et la Loire, direction Nantes et Angers. Enfin, le 15ème Corps US pivote vers le sud-est et l'est, direction Le Mans et Alençon.
Pendant ce temps, la 1re Armée US progresse plus difficilement vers l'est, en remontant les vallées de la Sée et de la Sélune. Son offensive est coordonnée avec celle du 8ème Corps britannique, qui attaque à partir de Caumont-l'Eventé, en direction du sud-est, puis pivotant vers l'ouest dans le cadre de l'opération
Bluecoat.
Le relief tourmenté du Bocage, ses routes étroites et tortueuses, savégétation épaisse, ralentissent l'avance des Alliés. Les Allemands ne reculent que lentement, disputant le terrain avec acharnement.
Le 2 août 1944, dans le secteur de la 1ère Armée US, le 7ème Corps entre dans Percy, libère Villedieu, Saint-Hilaire-du-Harcouët, et progresse en direction de Mortain, où des éléments du 84ème Korps fortifient leurs positions. Sur son flanc gauche, le 19ème Corps US, parti de la région de Tessy-sur-Vire, progresse rapidement vers le sud-est.
En Bretagne, dans le secteur de la 3ème Armée US, la 6ème Division blindée (8ème Corps) libère le Mont-Saint-Michel et parvient aux portes de Dinan. La 4ème Division blindée US pénètre dans les faubourgs de Rennes. Le 15ème Corps US poursuit son avance en direction de la route Vire-Argentan.
La 2ème Armée britannique poursuit l'opération
Bluecoat, face aux divisions allemandes situées entre Villers-Bocage, au nord-est, et Vire, au sud-est. De farouches combats ont lieu dans les environs de la Forêt du Homme et au sud-est de la Forêt-l'Evêque.
Dans la zone d'opération du 8ème Corps britannique, la 21ème Division panzer, épaulée par la 326ème Division d'infanterie allemande, contre-attaque vers le nord et l'ouest, face aux 15ème et 43ème Divisions d'infanterie et à la 11ème Division blindée britanniques, qui progressent vers le sud en direction de Vire.
Le 2ème Panzerkorps-SS de Wilhelm Bittrich, avec les 9ème et 10ème Divisions panzer-SS
Hohenstaufen et
Frundsberg, livrent de violents combats pour stopper la 11ème Division blindée, et malgré de sévères pertes infligées aux Britanniques, les panzers-SS sont obligés de se replier au Sud.
Leclerc et la 2ème Division blindée française (1er août 1944).Le 1er août 1944, les premiers éléments de la 2ème Division blindée française, commandée par le général Phillipe Leclerc de Hauteclocque, débarquent à l'aube à Saint-Martin-de-Varreville, sur Utah Beach. Les "Frenchies" sont incorporés d'office au 15ème Corps US (Waddet Haislip), qui vient juste d'être constituée, au sein de la nouvelle 3ème Armée US du général George Patton.
http://en.wikipedia.org/wiki/2nd_Armored_Division_(France)
Après son regroupement à La-Haye-du-Puits, les 2 et 3 août, la Division Leclerc reçoit l'ordre d'avancer plein sud sur les routes du Cotentin, puis vers le Mans. Elle connaîtra son baptême du feu à Granville le 10 août, et se distinguera par l'héroïsme et la détermination de ses hommes, surtout ceux des M10 Tanks Destroyers menés par des équipages du RBFM, le Régiment blindé des Fusiliers Marins, constitué à partir des équipages de la flotte française sabordée à Toulon, et des chars Sherman du Régiment de Marche du Tchad, avec des volontaires espagnols.
En principe, les blindés allemands surclassent tous les chars alliés. Mais les Sherman et les Tank Destroyer M10 français vont bouleverser toute logique et se payer des Panther et Tiger les uns après les autres, à un rythme d'enfer. Profitant de la percée d'Avranches que la 1ère Armée US vient juste de réaliser, Leclerc s'ébranle vers Vitré et Chateau-Gonthier.
A la fin de la bataille de Normandie (31 août), la division française sera crédité d'un tableau de chasse impressionnant: 117 chars, 79 canons et 750 véhicules motorisés ennemis détruits, 4500 Allemands tués et 8800 prisonniers capturés. En contre-partie, elle aura perdu 76 chars, 7 canons, 27 half-tracks et 133 autres véhicules, 133 tués, 648 blessés et 85 disparus.
Opération Luttich: contre-offensive allemande à Mortain (7 août 1944).Le matin du 7 août 1944, survient un véritable coup de tonnerre. Les Allemands lancent de part et d'autre de Mortain une contre-attaque blindée d'envergure. C'est l'opération
Luttich, montée de toutes pièces par Adolf Hitler, à Berlin, et décidée contre l'avis de tous ses chefs militaires sur le terrain.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_LuttichL'objectif, défini par le Führer en personne, est de percer les lignes américaines pour atteindre la baie du Mont-Saint-Michel, à 30km de là, en cisaillant au passage le goulot d'Avranches. Selon lui, "
coupées de leur ravitaillement, les troupes de Patton seront isolées et tomberont comme des fruits mûrs."
Pour ce faire, quatre Divisions panzers ont été déplacées dans le plus grand secret, renforcées par de l'infanterie. Bénéficiant de l'effet de surprise et du brouillard matinal, les blindés allemands balaient les positions avancées américaines et avancent dans certains secteurs sur une dizaine de kilomètres.
Mortain, sévèrement bombardée dans la nuit précédente par la Luftwaffe, est momentanément reprise. La 30ème Division d'infanterie du 19ème Corps US reçoit le choc de plein fouet et doit refluer en désordre. Certaines de ses unités se retrouvent ainsi encerclées, comme le fameux 2ème Bataillon du 120ème Régiment, le
Lost Battalion ("Bataillon Perdu"). Assiégé au sommet de la cote 314, une colline à l'est de la ville, le bataillon américain résistera héroïquement durant six jours aux assauts répétés des Panzer-SS. Dégagé le 13 août, il aura perdu 300 tués, sur un effectif initial d'environ 700 hommes.

Plus au nord, la 2ème Division panzer attaque la 35ème Division d'infanterie US et pénètre de quelques kilomètres dans le dispositif américain, avant d'être stoppé par les chars de la 3ème Division blindée US.
Mais c'est la réaction de l'aviation tactique alliée qui sera vraiment déterminante dans cette bataille. Elle est presque immédiate et sera dévastatrice: en début d'après-midi du premier jour, le brouillard se lève enfin et la bataille change de visage. Les 9ème US Tactical Air Force et 2ème RAF Tactical Air Force vont s'en donner à coeur joie. Des nuées de chasseurs-bombardiers P-38, P-47, P-51, Spitfire, Tempest et Typhoon fondent vague après vague sur les colonnes blindées allemandes, attaquant au canon et à la roquette. Les divisions allemandes sont clouées sur place, perdant plus de 150 chars en quelques heures.
Le soir du 7 août 1944, l'échec des Allemands est consommé. Hitler vient de jouer son dernier coup de dé en Normandie. Et il a perdu! Cette contre-attaque désastreuse à Mortain va précipiter l'écroulement du front allemand et la fin de la bataille de Normandie.
Bradley et Montgomery ont en effet décidé d'exploiter sans retard la situation nouvelle et inespérée qui s'offrent à eux. Ils prendront au piège les divisions divisions imprudemment avancées vers l'ouest, par un large mouvement d'encerclement. La réduction de la poche de Falaise, deux semaines plus tard, vera l'anéantissement d'une vingtaine de divisions allemandes.
Opération Totalize: offensive anglo-canadienne vers Falaise (8 août 1944).Une semaine après l'opération
Bluecoat de la 2ème Armée britannique, c'est maintenant au tour de la 1ère Armée canadienne du général Henri Crérar de déclencher une offensive foudroyante au sud et au sud-est de Caen, vers Falaise.
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Totalize614 Lancaster, 392 Halifax et 13 Mosquito du RAF Bomber Command pilonnent la ligne de front allemande de part et d'autre de la route Caen-Falaise.
Le 2ème Corps canadien, après cette puissante préparation aérienne, déclenche son attaque terrestre à partir de May-sur-Orne et Fontenay à l'ouest, et La Hogue et Secqueville à l'est, vers Falaise, qui est déjà l'objectif final de
Bluecoat.
Quatre divisions participent à l'attaque: 2ème Division d'infanterie et 4ème Division blindée canadiennes, 1ère Division blindée polonaise et 51ème Division d'infanterie britannique. La 2ème Division d'infanterie canadienne attaque à l'ouest de la route Caen-Falaise. La 51ème Division britannique, à l'est. Les deux divisions blindées interviendront ultérieurement, en second échelon, pour l'exploitation de la percée.

En fin de journée, les Anglo-Canadiens, plus gênés par la fumée des bombardements, les obstacles et les cratères de bombes que par la résistance allemande, ont progressé de près de 9km et atteint Saint-Aignan-de-Cramesnil. La 5ème Panzerarmee est bousculée et doit se replier vers le sud.
Elimination de la poche allemande de Falaise (14-21 août 1944).La contre-attaque désastreuse de Mortain, le 7 août 1944, imposée par Adolf Hitler, va précipiter l'écroulement définitif du front allemand et la fin de la bataille de Normandie. Omar Bradley et Bernard Montgomery décidèreront d'exploiter sans retard cette situation inespérée.
L'Américain et l'Anglais comptent prendre au piège les divisions panzers allemande qui se sont imprudemment avancées vers l'ouest, par un large mouvement d'encerclement, à laquelle participeront quatre armées alliées: les 1ère et 3ème Armées US, la 1ère Armée canadienne et la 2ème Armée britannique.
Des instructions sont immédiatement données aux forces alliées des XIIème et XXIème Groupes d'armées alliées.
http://en.wikipedia.org/wiki/Falaise_Gap
Le 15ème Corps de la 3ème Armée US, auquel est rattâchée la 2ème Division blindée française, après avoir libéré Le Mans le 9 août 1944, reçoit l'ordre de remonter rapidement vers le nord, direction Alençon avec en pointe, la Division Leclerc, débarquée sur Utah Beach le 1er aout.
Le 12 août 1944, les Français s'empare d'Alençon, avant de foncer plein nord vers Ecouché et Argentan.
Dans le secteur de la 1ère Armée US, à l'ouest, le 7ème Corps US franchit la Sélune et se dirige au sud-est vers la Mayenne. Les 5ème et 19ème Corps US assurent avec la 2ème Armée britannique la branche nord-ouest de l'étau et s'installent sur des positions à l'est de Tinchebray.
Au nord, entre l'Orne et la Dive, dans le secteur de la 1ère Armée canadienne, le 2ème Corps canadien constituera la mâchoire nord de l'étau. La 1ère Division blindée polonaise libèrera les ruines de la ville de Falaise le 17 aout 1944.
Le 14 août, les restes de la 7ème Armée et de la 5ème Panzerarmee (Armée blindée), soit une vingtaine de divisions et 200000 Allemands, se retrouvent menacée dans une poche de 60km sur 20km, délimitée par Falaise au nord, Tinchebray à l'ouest et Argentan au sud.
Des unités allemandes refluent en désordre en essayant de se frayer un chemin vers la Seine, à l'est et au nord-est. Le commandement allemand s'efforce surtout de sauver ce qui reste de ses divisions panzer. Le gros de l'infanterie, dispersée dans le Bocage et livrée à elle-même, se précipite dans un désordre croissant vers l'étroit passage restant ouvert entre Argentan et Falaise qui s'amenuisera les jours suivants.

Le 16 août 1944, Adolf Hitler lui-même, devant la gravité de la situation, donnera l'ordre de repli général, d'ailleurs déjà largement entamé depuis 48 heures sur le terrain.
Le 17 août 1944, dans le secteur de la 1ère Armée canadienne, la conquête de Falaise par la 2ème Division d'infanterie (2ème Corps canadien) réduit la largeur du couloir par où les restes des 5ème Panzerarmee (Armée blindée) et 7ème Armées allemandes tentent d'échapper à l'encerclement. La 1ère Division blindée polonaise livre de durs combats dans la région de Chambois.

Dans le secteur de la 1ère Armée US, la 2ème Division blindée française, restée dans la région au nord d'Ecouché et maintenant intégrée temporairement au 5ème Corps US du général Leonard T. Gerow, participe également à la liquidation de la poche allemande de Falaise, face à la 116ème Division panzer. Ce 17 août, le "Chaudron de Falaise" poche ne mesure plus que 32 kilomètres de long sur 16 kilomètres de large.
Sous la pression conjuguée des Américains et des Français de la 3ème Armée US au sud, de la 2ème Armée britanniques à l'ouest, de la 1ère Armée canadienne et des Polonais au nord, l'étau se resserre inexorablement entre Argentan et Trun, où se déroulera le dernier acte de la tragédie.
Les longues colonnes de véhicules et de blindés allemands sont bombardés de tous les côtés par l'artillerie et l'aviation tactique alliée, sans interruption, de jour et de nuit. Les Alliés pilonnent un ennemi pris au piège et désemparé. La retraite, peu à peu, se transforme en fuite éperdue dans le "Couloir de la mort", entre les villages de Chambois, Saint-Lambert, Trun et Tournai-sur-Dives, où des meutes de chasseurs-bombardiers P-47, P-51, Spitfire et Typhoon se livrent à un impitoyable carnage.
Et malgré cela, le piège tardant à se refermer en raison d'une série de mésententes entre alliés américains, anglais, canadiens, français et polonais, un tier des forces allemandes encerclées réussit à sortir du
Chaudron, en abandonnant le matériel sur place. Günther von Kluge, suspecté d'avoir participé à l'opération Valkyrie et à l'attentat du 20 juillet contre Hitler, est limogé et remplacé par le maréchal Walter Model au commandant du Heeresgruppe (Groupe d'armées) B.
Le 18 août 1944, von Kluge se suicide. Dans une lettre adressée à Hitler, il a écrit: "
Je ne sais si le maréchal Model sera en mesure de rétablir la situation. Je l'espère de tout mon coeur. Mais s'il en était autrement et si les nouvelles armes, en lesquelles tant d'espoirs sont mis, ne mènent pas au succès, alors, mon Führer, prends la décision de mettre fin à cette guerre. Le peuple allemand a souffert des maux si indicibles qu'il est temps maintenant d'en finir avec ces horreurs."
Le 19 août 1944, le 15ème Corps US, venant d'Argentan au sud, et la 1ère Division blindée polonaise, venant de Trun au nord, font leur jonction dans Chambois. La poche allemande de Falaise est désormais totalement verouillée.
Dans le "Couloir de la mort", la 1ère Division blindée polonaise prend position sur la colline 262. L'artillerie et les chars polonais tirent sans relâche sur les colonnes allemandes qui tentent de traverser entre Trun et Chambois.
L'aviation tactique alliée bombarde également les colonnes de véhicules et soldats allemands se repliant vers la Seine. Pour l'Armée allemande de Normandie, c'est désormais la déroute totale et la course éperdue salvatrice vers la Seine.
Dans le secteur de la 1ère Armée US, la 2ème Division blindée française libère Exmes, à l'est d'Argentan. La 3ème Armée US poursuit les Allemands en retraite vers la Seine, et atteint sa rive gauche, dans la soirée, à Rosny.
Le 20 août 1944, une contre-attaque allemande est effectuée par des éléments des 2ème et 9ème Division panzer-SS
Das Reich et
Hohenstoffen, venant de l'est, contre les positions polonaises sur la colline 262. Les Allemands parviennent temporairement à réouvrir le couloir, et en fin de soirée, 10000 hommes supplémentaires parviennent à s'échapper du
Chaudron.
Dans la nuit du 20 au 21 août 1941, la poche de Falaise est définitivement éliminée. Quelques unités survivantes des 2ème et 116ème Divisions panzers, et de la 10ème Division Panzer-SS
Frundsberg parviennent encore à traverser la Dives à hauteur de Saint-Lambert, échappant ainsi à leur anéantissement. Ce seront les dernières. Elles parviendront à rejoindre la Seine, malgré les attaques aériennes continuelles des Alliés.
Près de 20000 Allemands, sur les 150000 encerclés, réussirent à s'échapper du
Chaudron entre le 12 et le 21 août. Les 5ème Panzerarmee et 7ème Armée allemandes y laissent la presque-totalité de leur matériel: 344 chars, 2447 véhicules motorisés et 252 pièces d'artillerie abandonnés ou détruits. Les pertes humaines de la Wehrmacht sont difficiles à estimer avec précision: 10000 à 15000 tués, entre 45000 et 50000 prisonniers capturés, et environ 60000 blessés.

Visitant le champ de bataille ou s'entassent, pêle-mêle, cadavres d'hommes ou d'animaux et débris de véhicules carbonisés, le général Dwight D. Eisenhower écrira: "
C'est une des plus grandes tueries de la guerre".
Photos ci-dessous: 1° Soldats polonais inspectant les carcasses de véhicules allemands dans le "Couloir de la Mort". 2° Dwight Eisenhower devant la carcasse d'un char Panther retourné à Chambois.

Plan d'ensemble et chronologie des évenements:- Début du Red Ball Express (18 août 1944).
- Soulèvement de la population parisienne (18-25 août 1944).
- Opération Paddle: combat de la Brigade belge Piron en Normandie (20 août 1944).
- Omar Bradley à Philippe Leclerc: "C'est d'accord! Foncez sur Paris!" (22 août 1944).
- 2ème Division blindée française de Leclerc (22 août 1944).
- Entrée des premiers véhicules alliés dans Paris (24 août 1944).
- Libération de Paris (25 août 1944).
- Opération Astonia: siège et calvaire du Havre (26 août - 12 septembre 1944).
- Bilan de la bataille de Normandie (6 juin - 12 septembre 1944).
Sources disponibles.
1° ""Saviez-vous que..." (Blog D'Iberville).
http://diberville.blogspot.com/
2° "D-Day Normandie 1944 - Débarquement et bataille de Normandie".
http://www.6juin1944.com/
3° "Operation Overlord" (Wikipedia.org) [en français et en anglais].
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Overlord
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Overlord