
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. Le 20 novembre 1943, l'opération "Galvanic" est déclenchée par la 5ème Flotte US de l'amiral Raymond Spruance et le 5ème Corps amphibie US du général Holland M. Smith [USMC]. La plus sanglante bataille de l'histoire du Corps des Marines commence...

20 novembre 1943.

La Task Force TF50 du contre-amiral Charles A. Pownall, une escadre de plus de 150 navires, dont 17 porte-avions d'escadre ou d'escorte, 13 cuirassés, 8 croiseurs lourds, 4 croiseurs légers, 58 destroyers et 30 navires de transport et de débarquement, s'est approché la nuit précédente des atolls de Tarawa et de Makin, dans les îles Gilbert.

Depuis longtemps, les Japonais ont puissamment fortifié les deux groupes d'îlots, en particulier celui de Tarawa.

Sur l'îlot de Betio, à l'extrémité sud-ouest de l'atoll de Tarawa, le contre-amiral Keichi Shibasaki a rassemblé 4836 hommes. 2619 fusiliers marins et 1247 sapeurs du génie japonais, ainsi que 970 travailleurs coréens surnommés "Termites".

Sur Makin, commandée par le lieutenant-général Seizo Ishikawa, une garnison de 560 soldats et 100 aviateurs japonais, et environ 400 "Termites" coréens.
Défenses japonaises sur Betio (Intelligence Bulletin, mars 1944):
http://www.lonesentry.com/articles/jp-betio-island/index.html
Shibasaki a proclamé qu'"une armée ennemie de cent mille hommes ne viendrait pas à bout de ses défenses en moins de cent jours". Il a transformé Betio en véritable forteresse:
• 40 pièces d'artillerie de tout calibre, couvrant tous les secteurs d'approche des forces amphibies américaines.
• 12 pièces de gros calibres pour la défense côtière, dont certaines d'entre-elles proviennent de la prise de Singapour le 15 février 1942.
• Des dizaines de fortins habilement camouflés, une centaine de batteries de mitrailleuses couvrant toute la longueur de plage, des barrages anti-débarquement, des bunkers recouverts d'une épaisseur de plusieurs mètres de terre, de sable et de tronc de cocotiers.
• Une palissade de rondins de 1.2m de hauteur tout autour des plages de débarquement.


Un objectif particulièrement difficile dont la conquête coûtera très cher aux Américains.
C'est le 5ème Corps amphibie US du général Holland M. Smith qui est chargé de la conquête des îles Gilbert.
[Photo: "Tarawa, c'est l'affaire des Smith!" A gauche, Holland Smith. A droite, Julian Smith]
A 5h07 du matin, les navires qui transportent les 35000 hommes de la 2ème Division de Marines, commandée par le général Julian C. Smith, du 8ème Régiment de Marines (colonel Elmer Hall) et du 106ème Régiment de la 27ème Division d'infanterie de l'Armée de terre (général Ralph C. Smith), ainsi que des unités auxiliaires, arrivent à faible distance de Betio, lorsqu'ils sont pris sous le feu d'artillerie des Japonais.
Ordre de bataille de la 2ème Division de Marines:
http://tarawaontheweb.org/usordbat.htm
Cette homonymie des officiers généraux impliqués dans l'opération sera à l'origine d'une réplique humoristique, devenue célèbre: "Tarawa, c'est l'affaire des Smith".
Le contre-amiral Howard F. Kingman, commandant du Task Group TG.53.4, le Fire Support Group chargé de pilonner l'atoll, s'est adressé la veille aux troupes d'assaut de la 2ème Division de Marines:
"Nous n'allons pas neutraliser Betio. Nous n'allons pas seulement le détruire. Nous allons l'effacer de la carte!" (1)
Ni les Américains ni les Japonais ne se doutent encore de ce qui les attendent.
Quelques minutes plus tard, les gros calibres des cuirassés inondent Betio sous les obus, qui font exploser les dépôts de carburant et de munitions.
Les gros navires cessent le feu à 5h42 pour laisser, selon les plans, la place à l'aviation embarquée des porte-avions, mais elle se perd en chemin et est en retard au rendez-vous.
Les défenseurs japonais en profitent pour réouvrir le feu sur les engins de débarquement avec les pièces de 203mm et de 140mm.
Devant le désorganisation qui règne, l'heure H est repoussée d'une demi-heure, de 8h30 à 9h, car ce n'est qu'à 6h30 qu'arrivent enfin les bombardiers embarqués, qui effectuent sur l'îlot des raids brefs mais meurtriers.
A 8h25, enfin, la première vague américaine se met en mouvement. Elle a à franchir la barrière de corail de l'atoll, puis parcourir les 5500 mètres du lagon à découvert pour atteindre le rivage de Betio.
Mais le niveau de la mer est trop bas, si bien que bon nombre d'engins de débarquement ne parviennent pas à franchir le corail.
Et c'est à ce moment-là que les Japonais ouvrent un feu d'enfer parmi les véhicules amphibies américains.
La première vague américaine est pratiquement anéantie sans avoir eu l'occasion de fouler la plage. Les rares survivants qui y parviennent sont cloués sur le sable par le feu des mitrailleuses et des fortins japonais.

La deuxième vague réussit à s'approcher de la plage de débarquement sans trop de problème. Il s'ensuit de furieux combats au corps-à-corps et aux lance-flammes.
Les 3ème et 4ème vagues suivantes arrivent elles aussi jusqu'à la plage, mais ne peuvent aller plus loin.
A bord de quelques engins de débarquement lourds, les chars Sherman qui doivent appuyer le débarquement peuvent arriver jusqu'à la barrière de corail, puis jusqu'à la plage en traversant le lagon aux points où l'eau est la plus basse.

Le soir, les pertes américaines sont catastrophiques.
Sur les 5000 hommes débarqués, 1500 ont été tués ou blessés. Les Marines qui ont réussi à survivre se préparent à soutenir une contre-attaque suicide nocturne, suivant la technique employée si souvant par les Japonais sur Guadalcanal.
A la tombée du jour, la 2ème Division de Marines tient une minuscule tête de pont d'environ 450m de large et 100m de profondeur.
Au large, le porte-avions léger Independence est endommagé par des bombardiers-torpilleurs japonais. Le cuirassé Mississippi est victime d'une explosion de munitions dans une de ses tourelles. Les destroyers Ringgold et Dashiel sont touchés par des batteries côtières japonaises.
La charge banzaï attendue n'aura pourtant pas lieu. A la place, des actions individuels de japonais qui s'infiltrent dans les positions américaines, chargés de se faire sauter au milieu des Américains ou de détruire des blindés ou des engins de débarquement.
Makin. Sur l'atoll de Makin, les choses se passent beaucoup plus facilement que sur Tarawa.
Le débarquement américain débute à 8h30. Le 165ème Régiment de la 27ème Division d'infanterie, commandé par le général Ralph C. Smith, avec l'aide de blindés débarqués, élimine sans problème les Japonais rencontrés, progresse très rapidement et établit de solides têtes de pont dans l'îlot principal de l'atoll, Butaritari.
Parallèlement, des détachements du même régiment d'infanterie occupent l'îlot de Kotabu, sans rencontrer la moindre opposition.
(1) "Gentlemen, we will not neutralize Betio. We will not destroyed it. We will obliterate it!"
21 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. A l'aube du deuxième jour, c'est de nouveau l'enfer pour les Marines.

Durant la nuit précédente, l'amiral Raymond Spruance, le commandant de la 5ème Flotte US qui dirige l'opération, a écouté les rapports catastrophiques des différents commandants d'unités, dont plusieurs ont suggéré le réembarquement. Mais il persiste dans ses attaques, étant donner la grande importance stratégique de l'objectif.
A 6h du matin, les réserves du 2ème Régiment de Marines du colonel David Shoup et les 1er et 3ème bataillons du 8ème Régiment de Marines, des majors Lawrence Hayes et Robert Ruud, traversent le lagon.
[Photo: les Marines du colonel Shoup franchissant le mur de rondins]
Les japonais ouvrent un feu d'enfer sur les Marines qui approchent à découvert. Shoup, dont les hommes sont à l'extrémité est du lagon, ordonne une attaque désespérée dans le but de stopper le massacre de ses hommes rejoignant la rive.
Seul 450 des 800 hommes qui débarquent y parviennent. Cependant, avec cet apport, les Marines sont désormais en mesure d'effectuer une percée à l'intérieur des terres, d'atteindre l'aérodrome japonais et de se rend maître de la rive opposée de l'île.
Pendant ce temps, la marée haute a permis aux unités de débarquement de passer le récif, de traverser le lagon et d'atteindre le rivage.
Le soutien des chars Sherman auprès des trois bataillons va s'avérer crucial dans l'issue du combat. Les blindés foncent vers les lignes japonaises, écrasant sous leurs chenilles les nids de mitrailleuses et les fortins.
Les Marines qui suivent nettoient ce qui reste aux lance-flammes et à la dynamite tout ce qui reste. Les positions japonaises tombent les unes après les autres.

L'aviation embarquée des porte-avions américains appuie plus ou moins efficacement les troupes à terre, qui ont ainsi la possibilité de mettre en place l'artillerie de campagne et de pilonner pendant toute la journée les emplacements japonais, réalisant quelques progrès.
Le soir, Shoup envoie par radio la situation suivante aux navires de commandement: "Pertes: nombreuses. Pourcentage de morts: inconnu. Efficacité du combat: nous gagnons".
Au même moment, Shibasaki envoie un dernier message à Tokyo: "Nos canons sont détruits. Chacun d'entre nous attend l'assaut final. Puisse le Japon exister dix mille ans!"
A la tombée du jour, le 6ème Régiment de Marines du colonel Maurice Holmes aborde sur la plage ouest. Il effectue la jonction avec le 3ème bataillon du 2ème Régiment de Marines du major Michael Ryan.
Durant cette journée, d'autres unités débarquent dans les autres îlots de l'atoll de Tarawa.
22 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. Durant toute la journée se poursuivent les combats sanglants au corps-à-corps.
Aviation, artillerie navale et de campagne pilonnent sans discontinuer les fortins japonais, qui succombe les uns après les autres.
Sur le terrain, les soldats japonais respectent à la lettre leur code d'honneur du Bushido, qui interdit toute capitulation, et luttent jusqu'à la mort. Les Japonais blessés qui sont trop faibles pour se battre se suicide en dégoupillant des grenades contre leur poitrine.
Tous les bataillons débarqués font maintenant mouvement vers l'intérieur des terres. Le 6ème Régiment de Marines de Holmes nettoie le rivage sud de Betio.

Avec l'infanterie et le support des lance-flammes, les chars Sherman ont anéanti les fortifications restantes sur les parties centrales et occidentales de l'îlot.
Dans la soirée, de nouvelles troupes fraîches débarquent pour renforcer les Marines à bout de force après trois jours de furieux combats sans interruption.
A la tombée de la nuit, les Marines nettoient les parties occidentale et centrale de Betio.

les 1100 survivants japonais, qui commencent à manquer de munition et privées de tout contact radio avec l'extérieur, se lancent dans une dernière charge banzaï suicidaire. Tous les Japonais encore en vie se ruent sur le 6ème Régiments du colonel Maurice Holmes, en particuliers sur la compagnie B du lieutenant Norman Thomas, débordée par le nombre.
Les Marines commencent à se replier. Par radio, Thomas prévient son supérieur, le major William Jones, patron du 1er Bataillon: "Nous les tuons aussi vite qu'ils arrivent, mais nous ne tiendrons pas longtemps. il nous faut du renfort!"
La réponse de Jones est sans appel: "Nous n'avons personne à vous envoyer. Vous devez tenir! Débrouillez-vous!"
Dans la nuit du 22 au 23 novembre, Malgré de lourdes pertes, le 1er bataillon du 6ème Régiment de Marines faiblit encaisse le choc. Au lever du jour, les Marines de Thomas tiennent toujours leurs positions.
23 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. Au petit matin, tout est fini ou presque. Le 6ème Régiment de Marines dénombre 900 cadavres japonais autour de ses positions. Il ne reste plus sur Betio que quelques petites poches de résistance japonaises.

Après un nettoyage minutieux du côté occidental de Betio, et malgré quelques tireurs isolés qui se manifesteront encore pendant plusieurs jours, l'îlot est déclaré conquis à 13h12, après 76 heures de combats acharnés. Le drapeau américain est hissé.
Sur une garnison de 4836 hommes, 17 japonais et 129 "Termites" coréens ont été fait prisonniers. De leur côté, le Corps des Marines américain enregistre sur Betio 868 tués et 2296 blessés.

Sur Makin, les Américains ont enregistré 66 morts et 152 blessés. Sur les 768 hommes de la garnison, 3 Japonais et 101 "Termites" coréens ont été capturés vivants.
Le lendemain, le 24 novembre, au large de Makin, le porte-avions d'escorte Liscombe Bay sera coulé par un sous-marins japonais et entraînera avec lui 642 marins, sur un équipage de 698 hommes.
Le prix à payer pour la conquête de Betio est très élevé mais, en quelques semaines, l'atoll de Tarawa sera transformé en base servant de point de départ à la reconquête des îles Marshall.
Série documentaire "Les Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".
(Daniel Costelle et Henri de Turenne) - Vidéo Dailymotion.
"Bataille du Pacifique - 2ème Partie: la reconquête" (1943-1945).
7 décembre 1941. L'agression japonaise contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor entraîne les Etats-Unis dans une bataille à mort sur le plus vaste théâtre d’opérations de l'histoire. Avide de conquêtes et de matières premières, le Japon instaure sa domination sur l'Asie, jusqu'à la victoire américaine de Midway du printemps 1942, qui sonne l'heure du reflux. Les archives des forces alliées et japonaises restituent l'irrésistible ascension japonaise et cet affrontement aéronaval spectaculaire. Ce documentaire montre chaque étape de la bataille du Pacifique: de la sauvagerie des combats sur les plages et dans la jungle des îles du Pacifique à l'apocalypse nucléaire qui s'abat sur le Japon en août 1945.
Bataille du Pacifique II - Reconquête 1/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 2/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 3/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 4/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 5/5
Sources disponibles:
1° HyperWar, Marines in WWII - The Battle of Tarawa
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/USMC-M-Tarawa/
2° Across the Reef, The Marines Assault of Tarawa
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/USMC-C-Tarawa/
3° The Battle of Tarawa (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Tarawa

20 novembre 1943.

La Task Force TF50 du contre-amiral Charles A. Pownall, une escadre de plus de 150 navires, dont 17 porte-avions d'escadre ou d'escorte, 13 cuirassés, 8 croiseurs lourds, 4 croiseurs légers, 58 destroyers et 30 navires de transport et de débarquement, s'est approché la nuit précédente des atolls de Tarawa et de Makin, dans les îles Gilbert.
Depuis longtemps, les Japonais ont puissamment fortifié les deux groupes d'îlots, en particulier celui de Tarawa.

Sur l'îlot de Betio, à l'extrémité sud-ouest de l'atoll de Tarawa, le contre-amiral Keichi Shibasaki a rassemblé 4836 hommes. 2619 fusiliers marins et 1247 sapeurs du génie japonais, ainsi que 970 travailleurs coréens surnommés "Termites".

Sur Makin, commandée par le lieutenant-général Seizo Ishikawa, une garnison de 560 soldats et 100 aviateurs japonais, et environ 400 "Termites" coréens.
Défenses japonaises sur Betio (Intelligence Bulletin, mars 1944):
http://www.lonesentry.com/articles/jp-betio-island/index.html
Shibasaki a proclamé qu'"une armée ennemie de cent mille hommes ne viendrait pas à bout de ses défenses en moins de cent jours". Il a transformé Betio en véritable forteresse:
• 40 pièces d'artillerie de tout calibre, couvrant tous les secteurs d'approche des forces amphibies américaines.
• 12 pièces de gros calibres pour la défense côtière, dont certaines d'entre-elles proviennent de la prise de Singapour le 15 février 1942.
• Des dizaines de fortins habilement camouflés, une centaine de batteries de mitrailleuses couvrant toute la longueur de plage, des barrages anti-débarquement, des bunkers recouverts d'une épaisseur de plusieurs mètres de terre, de sable et de tronc de cocotiers.
• Une palissade de rondins de 1.2m de hauteur tout autour des plages de débarquement.


Un objectif particulièrement difficile dont la conquête coûtera très cher aux Américains.
C'est le 5ème Corps amphibie US du général Holland M. Smith qui est chargé de la conquête des îles Gilbert.
[Photo: "Tarawa, c'est l'affaire des Smith!" A gauche, Holland Smith. A droite, Julian Smith]A 5h07 du matin, les navires qui transportent les 35000 hommes de la 2ème Division de Marines, commandée par le général Julian C. Smith, du 8ème Régiment de Marines (colonel Elmer Hall) et du 106ème Régiment de la 27ème Division d'infanterie de l'Armée de terre (général Ralph C. Smith), ainsi que des unités auxiliaires, arrivent à faible distance de Betio, lorsqu'ils sont pris sous le feu d'artillerie des Japonais.
Ordre de bataille de la 2ème Division de Marines:
http://tarawaontheweb.org/usordbat.htm
Cette homonymie des officiers généraux impliqués dans l'opération sera à l'origine d'une réplique humoristique, devenue célèbre: "Tarawa, c'est l'affaire des Smith".
Le contre-amiral Howard F. Kingman, commandant du Task Group TG.53.4, le Fire Support Group chargé de pilonner l'atoll, s'est adressé la veille aux troupes d'assaut de la 2ème Division de Marines:
"Nous n'allons pas neutraliser Betio. Nous n'allons pas seulement le détruire. Nous allons l'effacer de la carte!" (1)
Ni les Américains ni les Japonais ne se doutent encore de ce qui les attendent.
Quelques minutes plus tard, les gros calibres des cuirassés inondent Betio sous les obus, qui font exploser les dépôts de carburant et de munitions.
Les gros navires cessent le feu à 5h42 pour laisser, selon les plans, la place à l'aviation embarquée des porte-avions, mais elle se perd en chemin et est en retard au rendez-vous.
Les défenseurs japonais en profitent pour réouvrir le feu sur les engins de débarquement avec les pièces de 203mm et de 140mm.
Devant le désorganisation qui règne, l'heure H est repoussée d'une demi-heure, de 8h30 à 9h, car ce n'est qu'à 6h30 qu'arrivent enfin les bombardiers embarqués, qui effectuent sur l'îlot des raids brefs mais meurtriers.
A 8h25, enfin, la première vague américaine se met en mouvement. Elle a à franchir la barrière de corail de l'atoll, puis parcourir les 5500 mètres du lagon à découvert pour atteindre le rivage de Betio.
Mais le niveau de la mer est trop bas, si bien que bon nombre d'engins de débarquement ne parviennent pas à franchir le corail.
Et c'est à ce moment-là que les Japonais ouvrent un feu d'enfer parmi les véhicules amphibies américains.
La première vague américaine est pratiquement anéantie sans avoir eu l'occasion de fouler la plage. Les rares survivants qui y parviennent sont cloués sur le sable par le feu des mitrailleuses et des fortins japonais.
La deuxième vague réussit à s'approcher de la plage de débarquement sans trop de problème. Il s'ensuit de furieux combats au corps-à-corps et aux lance-flammes.
Les 3ème et 4ème vagues suivantes arrivent elles aussi jusqu'à la plage, mais ne peuvent aller plus loin.
A bord de quelques engins de débarquement lourds, les chars Sherman qui doivent appuyer le débarquement peuvent arriver jusqu'à la barrière de corail, puis jusqu'à la plage en traversant le lagon aux points où l'eau est la plus basse.

Le soir, les pertes américaines sont catastrophiques.
Sur les 5000 hommes débarqués, 1500 ont été tués ou blessés. Les Marines qui ont réussi à survivre se préparent à soutenir une contre-attaque suicide nocturne, suivant la technique employée si souvant par les Japonais sur Guadalcanal.
A la tombée du jour, la 2ème Division de Marines tient une minuscule tête de pont d'environ 450m de large et 100m de profondeur.
Au large, le porte-avions léger Independence est endommagé par des bombardiers-torpilleurs japonais. Le cuirassé Mississippi est victime d'une explosion de munitions dans une de ses tourelles. Les destroyers Ringgold et Dashiel sont touchés par des batteries côtières japonaises.
La charge banzaï attendue n'aura pourtant pas lieu. A la place, des actions individuels de japonais qui s'infiltrent dans les positions américaines, chargés de se faire sauter au milieu des Américains ou de détruire des blindés ou des engins de débarquement.
Makin. Sur l'atoll de Makin, les choses se passent beaucoup plus facilement que sur Tarawa.
Le débarquement américain débute à 8h30. Le 165ème Régiment de la 27ème Division d'infanterie, commandé par le général Ralph C. Smith, avec l'aide de blindés débarqués, élimine sans problème les Japonais rencontrés, progresse très rapidement et établit de solides têtes de pont dans l'îlot principal de l'atoll, Butaritari.
Parallèlement, des détachements du même régiment d'infanterie occupent l'îlot de Kotabu, sans rencontrer la moindre opposition.
(1) "Gentlemen, we will not neutralize Betio. We will not destroyed it. We will obliterate it!"
21 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. A l'aube du deuxième jour, c'est de nouveau l'enfer pour les Marines.

Durant la nuit précédente, l'amiral Raymond Spruance, le commandant de la 5ème Flotte US qui dirige l'opération, a écouté les rapports catastrophiques des différents commandants d'unités, dont plusieurs ont suggéré le réembarquement. Mais il persiste dans ses attaques, étant donner la grande importance stratégique de l'objectif.
A 6h du matin, les réserves du 2ème Régiment de Marines du colonel David Shoup et les 1er et 3ème bataillons du 8ème Régiment de Marines, des majors Lawrence Hayes et Robert Ruud, traversent le lagon.
[Photo: les Marines du colonel Shoup franchissant le mur de rondins]Les japonais ouvrent un feu d'enfer sur les Marines qui approchent à découvert. Shoup, dont les hommes sont à l'extrémité est du lagon, ordonne une attaque désespérée dans le but de stopper le massacre de ses hommes rejoignant la rive.
Seul 450 des 800 hommes qui débarquent y parviennent. Cependant, avec cet apport, les Marines sont désormais en mesure d'effectuer une percée à l'intérieur des terres, d'atteindre l'aérodrome japonais et de se rend maître de la rive opposée de l'île.
Pendant ce temps, la marée haute a permis aux unités de débarquement de passer le récif, de traverser le lagon et d'atteindre le rivage.
Le soutien des chars Sherman auprès des trois bataillons va s'avérer crucial dans l'issue du combat. Les blindés foncent vers les lignes japonaises, écrasant sous leurs chenilles les nids de mitrailleuses et les fortins.
Les Marines qui suivent nettoient ce qui reste aux lance-flammes et à la dynamite tout ce qui reste. Les positions japonaises tombent les unes après les autres.

L'aviation embarquée des porte-avions américains appuie plus ou moins efficacement les troupes à terre, qui ont ainsi la possibilité de mettre en place l'artillerie de campagne et de pilonner pendant toute la journée les emplacements japonais, réalisant quelques progrès.
Le soir, Shoup envoie par radio la situation suivante aux navires de commandement: "Pertes: nombreuses. Pourcentage de morts: inconnu. Efficacité du combat: nous gagnons".
Au même moment, Shibasaki envoie un dernier message à Tokyo: "Nos canons sont détruits. Chacun d'entre nous attend l'assaut final. Puisse le Japon exister dix mille ans!"
A la tombée du jour, le 6ème Régiment de Marines du colonel Maurice Holmes aborde sur la plage ouest. Il effectue la jonction avec le 3ème bataillon du 2ème Régiment de Marines du major Michael Ryan.Durant cette journée, d'autres unités débarquent dans les autres îlots de l'atoll de Tarawa.
22 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. Durant toute la journée se poursuivent les combats sanglants au corps-à-corps.
Aviation, artillerie navale et de campagne pilonnent sans discontinuer les fortins japonais, qui succombe les uns après les autres.
Sur le terrain, les soldats japonais respectent à la lettre leur code d'honneur du Bushido, qui interdit toute capitulation, et luttent jusqu'à la mort. Les Japonais blessés qui sont trop faibles pour se battre se suicide en dégoupillant des grenades contre leur poitrine.
Tous les bataillons débarqués font maintenant mouvement vers l'intérieur des terres. Le 6ème Régiment de Marines de Holmes nettoie le rivage sud de Betio.

Avec l'infanterie et le support des lance-flammes, les chars Sherman ont anéanti les fortifications restantes sur les parties centrales et occidentales de l'îlot.
Dans la soirée, de nouvelles troupes fraîches débarquent pour renforcer les Marines à bout de force après trois jours de furieux combats sans interruption.
A la tombée de la nuit, les Marines nettoient les parties occidentale et centrale de Betio.

les 1100 survivants japonais, qui commencent à manquer de munition et privées de tout contact radio avec l'extérieur, se lancent dans une dernière charge banzaï suicidaire. Tous les Japonais encore en vie se ruent sur le 6ème Régiments du colonel Maurice Holmes, en particuliers sur la compagnie B du lieutenant Norman Thomas, débordée par le nombre.
Les Marines commencent à se replier. Par radio, Thomas prévient son supérieur, le major William Jones, patron du 1er Bataillon: "Nous les tuons aussi vite qu'ils arrivent, mais nous ne tiendrons pas longtemps. il nous faut du renfort!"
La réponse de Jones est sans appel: "Nous n'avons personne à vous envoyer. Vous devez tenir! Débrouillez-vous!"
Dans la nuit du 22 au 23 novembre, Malgré de lourdes pertes, le 1er bataillon du 6ème Régiment de Marines faiblit encaisse le choc. Au lever du jour, les Marines de Thomas tiennent toujours leurs positions.
23 novembre 1943.
Pacifique Central. Iles Gilbert. Tarawa. Au petit matin, tout est fini ou presque. Le 6ème Régiment de Marines dénombre 900 cadavres japonais autour de ses positions. Il ne reste plus sur Betio que quelques petites poches de résistance japonaises.

Après un nettoyage minutieux du côté occidental de Betio, et malgré quelques tireurs isolés qui se manifesteront encore pendant plusieurs jours, l'îlot est déclaré conquis à 13h12, après 76 heures de combats acharnés. Le drapeau américain est hissé.
Sur une garnison de 4836 hommes, 17 japonais et 129 "Termites" coréens ont été fait prisonniers. De leur côté, le Corps des Marines américain enregistre sur Betio 868 tués et 2296 blessés.
Sur Makin, les Américains ont enregistré 66 morts et 152 blessés. Sur les 768 hommes de la garnison, 3 Japonais et 101 "Termites" coréens ont été capturés vivants.
Le lendemain, le 24 novembre, au large de Makin, le porte-avions d'escorte Liscombe Bay sera coulé par un sous-marins japonais et entraînera avec lui 642 marins, sur un équipage de 698 hommes.
Le prix à payer pour la conquête de Betio est très élevé mais, en quelques semaines, l'atoll de Tarawa sera transformé en base servant de point de départ à la reconquête des îles Marshall.
Série documentaire "Les Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".
(Daniel Costelle et Henri de Turenne) - Vidéo Dailymotion.
"Bataille du Pacifique - 2ème Partie: la reconquête" (1943-1945).
7 décembre 1941. L'agression japonaise contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor entraîne les Etats-Unis dans une bataille à mort sur le plus vaste théâtre d’opérations de l'histoire. Avide de conquêtes et de matières premières, le Japon instaure sa domination sur l'Asie, jusqu'à la victoire américaine de Midway du printemps 1942, qui sonne l'heure du reflux. Les archives des forces alliées et japonaises restituent l'irrésistible ascension japonaise et cet affrontement aéronaval spectaculaire. Ce documentaire montre chaque étape de la bataille du Pacifique: de la sauvagerie des combats sur les plages et dans la jungle des îles du Pacifique à l'apocalypse nucléaire qui s'abat sur le Japon en août 1945.
Bataille du Pacifique II - Reconquête 1/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 2/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 3/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 4/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 5/5
Sources disponibles:
1° HyperWar, Marines in WWII - The Battle of Tarawa
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/USMC-M-Tarawa/
2° Across the Reef, The Marines Assault of Tarawa
http://www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/USMC-C-Tarawa/
3° The Battle of Tarawa (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Tarawa


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire