Le "Tir aux Pigeons des Mariannes", ou "Great Marianas Turkey Shoot", est un épisode célèbre de la Bataille de la Mer des Philippines qui s'est déroulé les 19 et 20 juin 1944. Les pilotes de l'aéronavale américaine appeleront ainsi l'hécatombe de l'aviation embarquée du vice-amiral Jisaburo Ozawa: environ 400 avions japonais abattus au cours du plus grand combat aérien de la Guerre du Pacifique, pour le prix de seulement 29 chasseurs américains perdus.

Contexte historique.
A Tokyo, le 15 juin 1944, en prenant connaissance du débarquement américain sur Saipan (1), l'amiral japonais Soemu Toyoda, qui a remplacé l'amiral Mineichi Koga au commandement de la flotte combinée, met en route l'opération A-Go, un plan qui consiste à jeter tout ce que la marine impériale alligne encore contre la flotte américaine dans les îles Mariannes.
(1) "15 juin 1944 - Pacifique Central: opération Forager, la conquête des îles Mariannes".
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/06/15-juin-1944-pacifique-central.html
"Bataille de la Mer des Philippines" (19-20 juin 1944).
Le 15 juin 1944, la flotte combinée japonaise appareille donc de Tawi-Tawi, à Bornéo, et de Samar, aux Philippines, où elle a trouvé refuge après les attaques de la Task Force TF58 du vice-amiral Marc Mitscher sur le lagon de Truk, et fait route vers Saipan par la Mer des Philippines, pour se mesurer à la 5ème Flotte US de l'amiral Raymond Spruance.

Deux sous-marins américains en patrouille, l'Albacore et le Cavalla, repèrent l'escadre de porte-avions d'escadre du vice-amiral Jisaburo Ozawa, la "Force-A" et en avertissent Spruance, qui arrête ses opérations aériennes contre Guam et les îles Bonin le 16 juin, pour se lancer à l'assaut des porte-avions ennemis.
Le 19 juin 1944 au matin, les deux flottes aéronavales s'affrontent.

C'est la "Bataille de la Mer des Philippines". L'avant-garde japonaise d'Ozawa, composée des trois porte-avions lourds de la "Force-A", est suivie par deux autres escadres, avec deux porte-avions lourds et quatre porte-avions légers, les "Force-B" et "Force-C", commandées respectivement par le contre-amiral Takaji Yoshima et le vice-amiral Takeo Kurita. Les neufs porte-avions japonais engagés regroupent au total 373 avions embarqués A6M5c Zeke, B5N Kate, B6N Jill et D4Y Judy. L'ensemble de la flotte est commandé par l'amiral Soemu Toyoda, à Tawi-Tawi.
2ème Flotte japonaise. Amiral Soemu Toyoda.
"Force-A". Vice-amiral Jisaburo Ozawa.
- 3 porte-avions lourds: Taiho, Shokaku et Zuikaku.
- 2 croiseurs lourds: Myoko et Haguro.
- 1 croiseur léger: Yahagi.
- 8 destroyers: Asagumo, Urakaze, Isokaze, Tanikaze, Akizuki, Hazuzuki, Wakazuki et Shimozuki.

"Force-B". Contre-amiral Takaji Yoshima.
- 2 porte-avions lourds: Hiyo et Junyo.
- 1 porte-avions léger: Ryuho.
- 1 cuirassé: Nagato.
- 1 croiseur lourd: Mogami.
- 8 destroyers: Hayashimo, Akishimo, Samidare, Shigure, Harusame, Mizishio, Yamagumo et Nowaki.

"Force-C". Vice-amiral Takeo Kurita.
- 3 porte-avions légers: Zuiho, Chitose et Chiyoda.
- Aviation embarquée: 63 A6M5c Zeke, 9 B6N Jill et 18 B5N Kate.
- 4 cuirassés: Yamato, Musashi, Kongo et Haruna.
- 8 croiseurs lourds: Atago, Takao, Maya, Chokai, Chikuma, Tone, Kumano et Suzuya.
- 9 destroyers: Kishinami, Tamanami, Shimakaze II, Hamakaze, Naganami, Okinami, Asashimo, Hamanami et Fujinami.

Force de ravitaillement.
- 6 destroyers: Hibiki, Tsuga, Yunagi, Hazushimo, Yukikaze et Uzuki.
- 6 pétroliers: Hayasui, Niziei Maru, Seiyo Maru, Kokuyo Maru, Azusa Maru et Genyo Maru.
En face, les quinze porte-avions d'escadre de la Task Force TF58, sept lourds (CV) de classe Essex et huit légers (CVL) de classe Independence, avec environ 900 avions à leur bord, commandés par le vice-amiral Marc Mitscher, à bord de son navire de commandement: le porte-avions Lexington II.


Task Group TG.58.1. Contre-amiral Joseph J. "Jocko" Clark.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Yorktown II, Hornet II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Belleau Wood, Bataan.
- 3 croiseurs lourds (CA): Boston, Canberra, Baltimore.
- 2 croiseurs légers AA (CLAA): Oakland, San Juan.
- 14 destroyers (DD): Izard, Bell, Burns, Conner, Charrette, Boyd, Bradford, Brown, Cowell, Maury, Craven, Gridley, Helm, McCall.

Task Group TG.58.2. Contre-amiral Alfred E. Montgomery.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Bunker Hill, Wasp II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Monterey, Cabot.
- 3 croiseurs légers (CL): Santa Fe, Mobile, Biloxi.
- 12 destroyers (DD): Miller, Owen, Stephen Potter, The Sullivans, Tingey, Hickox, Hunt, Lewis Hancock, Marshall, MacDonough, Dewey, Hull.

Task Group TG.58.3. Contre-amiral John W. "Black Jack" Reeves.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Enterprise, Lexington II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Princeton, San Jacinto.
- 1 croiseur lourd (CA): Indianapolis.
- 3 croiseurs légers (CL): Montpelier, Cleveland, Birmingham.
- 13 destroyers (DD): Clarence Bronson, Ingersoll, Dortch, Gatling, Caperton, Healy, Cogswell, Cotten, Knapp, Anthony, Wadsworth, Terry, Braine.

Task Group TG.58.4. Contre-amiral William K. "Keen" Harrill.
- 1 porte-avions d'escadre lourd (CV): Essex.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Cowpens, Langley II.
- 3 croiseurs légers (CL): Vincennes, Miami, Houston.
- 1 croiseur léger AA (CLAA): San Diego.
- 14 destroyers (DD): Lansdowne, Lardner, McCalla, Case, Lang, Sterett, Wilson, Ellet, Charles Ausburne, Stanly, Dyson, Spence, Converse, Thatcher.

Task Group TG.58.7. Contre-amiral Willis A. Lee.
- 7 cuirassés (BB): Washington, North Carolina, Iowa, New Jersey, South Dakota, Alabama, Indiana.
- 4 croiseurs lourds (CA): Wichita, Minneapolis, New Orleans, San Francisco.
- 14 destroyers (DD): Mugford, Conyngham, Bagley, Patterson, Guest, Selfridge, Halford, Fullam, Hudson, Bennett, Yarnall, Monssen, Twining, Stockham.
Le 19 juin 1944, à 5h50 du matin, un avion de reconnaissance japonais basé sur Guam repère la Task Force TF58 de Mitscher et communique le renseignement aux porte-avions de Toyoda.
Les Japonais font décoller des porte-avions 325 bombardiers-torpilleurs, bombardiers en piquée et chasseurs d'escorte, en quatre vagues successives, pour détruire la Task Force américaine.
- 1er vague (10h): 68 avions lancés, 42 abattus.
- 2ème vague (11h): 128 avions lancés, 97 abattus.
- 3ème vague (13h): 47 avions lancés, 7 abattus.
- 4ème vague (14h): 82 avions lancés, 54 abattus.
Ozawa peut également compter sur l'appui de l'aviation navale japonaise basée à terre, sur les aérodromes de Guam et Tinian. Environ 300 avions commandés par le vice-amiral Kakuji Kakuta.
Dans cette bataille, les Américains disposent de trois atouts maîtres. D'abord la supériorité qualitative: les pilotes américains sont devenus plus expérimentés que leurs homologues japonais depuis la bataille de Midway.
Ensuite, l'avantage technologique: l'aviation embarquée américaine de 1944 n'a plus rien à voir avec celle de fin 1941. Les F4F Wildcat et TBD Devastator ont cédé leur place à de nouveaux type d'avions. Ses chasseurs Grumman F6F Hellcat surclassent dans tous les domaines les avions japonais et s'adjugent la maîtrise aérienne absolue dans le Pacifique.

Pour finir, Spruance dispose d'une arme que n'ont pas les Japonais: le radar embarqué et les destroyers-picket de veille et d'alerte, donc d'une DCA et d'une détection accrue et plus efficace.
Sans surprise, l'attaque aérienne japonaise se transforme en un véritable désastre.
Au cours du plus grand combat aérien de la guerre du Pacifique, qui dure plus de quatre heures, 343 avions embarqués et terrestres japonais sont abattus par l'aviation de chasse ou la DCA américaines.

Les Américains ne perdent eux-mêmes dans cet affrontement que 29 avions. Les pilotes de l'US Navy surnommeront cette hécatombe Marianas Turkey Shoot, le "Tir aux pigeons des Mariannes".
Les deux sous-marins américains qui ont repéré la "A-Force" coulent les trois porte-avions d'escadre d'Ozawa.
A 15h05, le porte-avions japonais Taiho est touché le premier par deux torpilles de l'Albacore du lieutenant-commander James W. Blanchard.
Puis, à 15h30, c'est le tour des porte-avions Shokaku et Zuikaku, touchés par des torpilles provenant du Cavalla, commandé par le lieutenant-commander Herman J. Kossler.
Du côté américain, les porte-avions d'escadre Bunker Hill et Wasp, ainsi que les cuirassés South Dakota et Indiana, sont les seuls navires américains à subir des dommages... très minimes.

La "Force-A" d'Ozawa est hors de combat et fait demi-tour, mais il reste encore les deux escadres de Yoshima et de Kurita, avec six porte-avions. Malgré l'heure avancée, Mitscher tente un coup de poker et lance 85 chasseurs F6F Hellcat, 77 bombardiers en piquée SBD Dauntless et SB2C Helldiver et 54 bombardiers-torpilleurs TBF Avenger, contre les navires japonais, à plus de 480km de distance de sa TF58.
Alors que le soleil se couche, les avions américains arrivent en vue des six porte-avions légers japonais. Les avions embarqués de Mitscher coulent le porte-avions léger Hiyo et le pétrolier Genyo Maru, endommagent les porte-avions légers Chiyoda et Chitose, le cuirassé Haruna, le croiseur lourd Maya, les destroyers Samidare et Shigure. Ils détruisent ce qui reste de l'aviation embarquée japonaise.
Mais après cette victoire, les avions américains sont obligés de revenir sur leurs porte-avions après la tombée du jour. Alors que les Américains n'ont perdu que 29 avions en combat aérien, 80 autres appareils s'écrasent à l'appontage, ou se perdent et tombent dans l'océan à court de carburant.
Pour tenter de guider les équipages affolés et en difficulté et arrêter l'hécatombe, Mitscher donne alors un ordre incroyable, unique dans l'histoire de la guerre navale: au mépris des attaques sous-marines ou aériennes ennemies, il fait allumer tout les feux des navires et illuminer son escadre "comme un sapin de noel".
Ce qui permet de limiter les dégâts: sur les 209 aviateurs américains disparus en mer dans la nuit du 19 au 20 juin, 160 seront récupérés et sauvés à l'aube.
Les Japonais se retrouvent désormais avec uniquement six porte-avions légers, dont trois endommagés, et plus aucune aviation embarquée. Sur les 373 avions embarqués d'Ozawa, seuls 35 survivront à cette bataille mémorable. Ainsi qu'une centaine d'avions terrestres de Kakuta, soit un tier des effectifs initiaux.
Les Américains ont perdu durant cette Bataille de la Mer de Philippines, au total, 123 avions. Les Japonais, environ 600 avions embarqués et terrestres détruits, trois porte-avions d'escadre lourds, un porte-avions léger et un pétrolier coulés, deux autres porte-avions légers, un cuirassé, un croiseur lourd et deux destroyers endommagés. Le Tir aux Pigeons des Mariannes sonne le glas de l'aéronavale japonaise.
Sources disponibles.
1° The Marianas Turkey Shoot (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Marianas_Turkey_Shoot
2° Bataille de la mer des Philippines (Wikipedia.org).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_mer_des_Philippines
Série documentaire "Les Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".
(Daniel Costelle et Henri de Turenne) - Vidéo Dailymotion.
"Bataille du Pacifique - 2ème Partie: la reconquête" (1943-1945).
7 décembre 1941. L'agression japonaise contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor entraîne les Etats-Unis dans une bataille à mort sur le plus vaste théâtre d’opérations de l'histoire. Avide de conquêtes et de matières premières, le Japon instaure sa domination sur l'Asie, jusqu'à la victoire américaine de Midway du printemps 1942, qui sonne l'heure du reflux. Les archives des forces alliées et japonaises restituent l'irrésistible ascension japonaise et cet affrontement aéronaval spectaculaire. Ce documentaire montre chaque étape de la bataille du Pacifique: de la sauvagerie des combats sur les plages et dans la jungle des îles du Pacifique à l'apocalypse nucléaire qui s'abat sur le Japon en août 1945.
Bataille du Pacifique II - Reconquête 1/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 2/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 3/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 4/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 5/5

Contexte historique.
A Tokyo, le 15 juin 1944, en prenant connaissance du débarquement américain sur Saipan (1), l'amiral japonais Soemu Toyoda, qui a remplacé l'amiral Mineichi Koga au commandement de la flotte combinée, met en route l'opération A-Go, un plan qui consiste à jeter tout ce que la marine impériale alligne encore contre la flotte américaine dans les îles Mariannes.
(1) "15 juin 1944 - Pacifique Central: opération Forager, la conquête des îles Mariannes".
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/06/15-juin-1944-pacifique-central.html
"Bataille de la Mer des Philippines" (19-20 juin 1944).
Le 15 juin 1944, la flotte combinée japonaise appareille donc de Tawi-Tawi, à Bornéo, et de Samar, aux Philippines, où elle a trouvé refuge après les attaques de la Task Force TF58 du vice-amiral Marc Mitscher sur le lagon de Truk, et fait route vers Saipan par la Mer des Philippines, pour se mesurer à la 5ème Flotte US de l'amiral Raymond Spruance.

Deux sous-marins américains en patrouille, l'Albacore et le Cavalla, repèrent l'escadre de porte-avions d'escadre du vice-amiral Jisaburo Ozawa, la "Force-A" et en avertissent Spruance, qui arrête ses opérations aériennes contre Guam et les îles Bonin le 16 juin, pour se lancer à l'assaut des porte-avions ennemis.
Le 19 juin 1944 au matin, les deux flottes aéronavales s'affrontent.

C'est la "Bataille de la Mer des Philippines". L'avant-garde japonaise d'Ozawa, composée des trois porte-avions lourds de la "Force-A", est suivie par deux autres escadres, avec deux porte-avions lourds et quatre porte-avions légers, les "Force-B" et "Force-C", commandées respectivement par le contre-amiral Takaji Yoshima et le vice-amiral Takeo Kurita. Les neufs porte-avions japonais engagés regroupent au total 373 avions embarqués A6M5c Zeke, B5N Kate, B6N Jill et D4Y Judy. L'ensemble de la flotte est commandé par l'amiral Soemu Toyoda, à Tawi-Tawi.
2ème Flotte japonaise. Amiral Soemu Toyoda.
"Force-A". Vice-amiral Jisaburo Ozawa.
- 3 porte-avions lourds: Taiho, Shokaku et Zuikaku.
- 2 croiseurs lourds: Myoko et Haguro.
- 1 croiseur léger: Yahagi.
- 8 destroyers: Asagumo, Urakaze, Isokaze, Tanikaze, Akizuki, Hazuzuki, Wakazuki et Shimozuki.

"Force-B". Contre-amiral Takaji Yoshima.
- 2 porte-avions lourds: Hiyo et Junyo.
- 1 porte-avions léger: Ryuho.
- 1 cuirassé: Nagato.
- 1 croiseur lourd: Mogami.
- 8 destroyers: Hayashimo, Akishimo, Samidare, Shigure, Harusame, Mizishio, Yamagumo et Nowaki.

"Force-C". Vice-amiral Takeo Kurita.
- 3 porte-avions légers: Zuiho, Chitose et Chiyoda.
- Aviation embarquée: 63 A6M5c Zeke, 9 B6N Jill et 18 B5N Kate.
- 4 cuirassés: Yamato, Musashi, Kongo et Haruna.
- 8 croiseurs lourds: Atago, Takao, Maya, Chokai, Chikuma, Tone, Kumano et Suzuya.
- 9 destroyers: Kishinami, Tamanami, Shimakaze II, Hamakaze, Naganami, Okinami, Asashimo, Hamanami et Fujinami.

Force de ravitaillement.
- 6 destroyers: Hibiki, Tsuga, Yunagi, Hazushimo, Yukikaze et Uzuki.
- 6 pétroliers: Hayasui, Niziei Maru, Seiyo Maru, Kokuyo Maru, Azusa Maru et Genyo Maru.
En face, les quinze porte-avions d'escadre de la Task Force TF58, sept lourds (CV) de classe Essex et huit légers (CVL) de classe Independence, avec environ 900 avions à leur bord, commandés par le vice-amiral Marc Mitscher, à bord de son navire de commandement: le porte-avions Lexington II.


Task Group TG.58.1. Contre-amiral Joseph J. "Jocko" Clark.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Yorktown II, Hornet II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Belleau Wood, Bataan.
- 3 croiseurs lourds (CA): Boston, Canberra, Baltimore.
- 2 croiseurs légers AA (CLAA): Oakland, San Juan.
- 14 destroyers (DD): Izard, Bell, Burns, Conner, Charrette, Boyd, Bradford, Brown, Cowell, Maury, Craven, Gridley, Helm, McCall.

Task Group TG.58.2. Contre-amiral Alfred E. Montgomery.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Bunker Hill, Wasp II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Monterey, Cabot.
- 3 croiseurs légers (CL): Santa Fe, Mobile, Biloxi.
- 12 destroyers (DD): Miller, Owen, Stephen Potter, The Sullivans, Tingey, Hickox, Hunt, Lewis Hancock, Marshall, MacDonough, Dewey, Hull.

Task Group TG.58.3. Contre-amiral John W. "Black Jack" Reeves.
- 2 porte-avions d'escadre lourds (CV): Enterprise, Lexington II.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Princeton, San Jacinto.
- 1 croiseur lourd (CA): Indianapolis.
- 3 croiseurs légers (CL): Montpelier, Cleveland, Birmingham.
- 13 destroyers (DD): Clarence Bronson, Ingersoll, Dortch, Gatling, Caperton, Healy, Cogswell, Cotten, Knapp, Anthony, Wadsworth, Terry, Braine.

Task Group TG.58.4. Contre-amiral William K. "Keen" Harrill.
- 1 porte-avions d'escadre lourd (CV): Essex.
- 2 porte-avions d'escadre légers (CVL): Cowpens, Langley II.
- 3 croiseurs légers (CL): Vincennes, Miami, Houston.
- 1 croiseur léger AA (CLAA): San Diego.
- 14 destroyers (DD): Lansdowne, Lardner, McCalla, Case, Lang, Sterett, Wilson, Ellet, Charles Ausburne, Stanly, Dyson, Spence, Converse, Thatcher.

Task Group TG.58.7. Contre-amiral Willis A. Lee.
- 7 cuirassés (BB): Washington, North Carolina, Iowa, New Jersey, South Dakota, Alabama, Indiana.
- 4 croiseurs lourds (CA): Wichita, Minneapolis, New Orleans, San Francisco.
- 14 destroyers (DD): Mugford, Conyngham, Bagley, Patterson, Guest, Selfridge, Halford, Fullam, Hudson, Bennett, Yarnall, Monssen, Twining, Stockham.
Le 19 juin 1944, à 5h50 du matin, un avion de reconnaissance japonais basé sur Guam repère la Task Force TF58 de Mitscher et communique le renseignement aux porte-avions de Toyoda.
Les Japonais font décoller des porte-avions 325 bombardiers-torpilleurs, bombardiers en piquée et chasseurs d'escorte, en quatre vagues successives, pour détruire la Task Force américaine.
- 1er vague (10h): 68 avions lancés, 42 abattus.
- 2ème vague (11h): 128 avions lancés, 97 abattus.
- 3ème vague (13h): 47 avions lancés, 7 abattus.
- 4ème vague (14h): 82 avions lancés, 54 abattus.
Ozawa peut également compter sur l'appui de l'aviation navale japonaise basée à terre, sur les aérodromes de Guam et Tinian. Environ 300 avions commandés par le vice-amiral Kakuji Kakuta.
Dans cette bataille, les Américains disposent de trois atouts maîtres. D'abord la supériorité qualitative: les pilotes américains sont devenus plus expérimentés que leurs homologues japonais depuis la bataille de Midway.
Ensuite, l'avantage technologique: l'aviation embarquée américaine de 1944 n'a plus rien à voir avec celle de fin 1941. Les F4F Wildcat et TBD Devastator ont cédé leur place à de nouveaux type d'avions. Ses chasseurs Grumman F6F Hellcat surclassent dans tous les domaines les avions japonais et s'adjugent la maîtrise aérienne absolue dans le Pacifique.

Pour finir, Spruance dispose d'une arme que n'ont pas les Japonais: le radar embarqué et les destroyers-picket de veille et d'alerte, donc d'une DCA et d'une détection accrue et plus efficace.
Sans surprise, l'attaque aérienne japonaise se transforme en un véritable désastre.
Au cours du plus grand combat aérien de la guerre du Pacifique, qui dure plus de quatre heures, 343 avions embarqués et terrestres japonais sont abattus par l'aviation de chasse ou la DCA américaines.

Les Américains ne perdent eux-mêmes dans cet affrontement que 29 avions. Les pilotes de l'US Navy surnommeront cette hécatombe Marianas Turkey Shoot, le "Tir aux pigeons des Mariannes".
Les deux sous-marins américains qui ont repéré la "A-Force" coulent les trois porte-avions d'escadre d'Ozawa.
A 15h05, le porte-avions japonais Taiho est touché le premier par deux torpilles de l'Albacore du lieutenant-commander James W. Blanchard.
Puis, à 15h30, c'est le tour des porte-avions Shokaku et Zuikaku, touchés par des torpilles provenant du Cavalla, commandé par le lieutenant-commander Herman J. Kossler.
Du côté américain, les porte-avions d'escadre Bunker Hill et Wasp, ainsi que les cuirassés South Dakota et Indiana, sont les seuls navires américains à subir des dommages... très minimes.

La "Force-A" d'Ozawa est hors de combat et fait demi-tour, mais il reste encore les deux escadres de Yoshima et de Kurita, avec six porte-avions. Malgré l'heure avancée, Mitscher tente un coup de poker et lance 85 chasseurs F6F Hellcat, 77 bombardiers en piquée SBD Dauntless et SB2C Helldiver et 54 bombardiers-torpilleurs TBF Avenger, contre les navires japonais, à plus de 480km de distance de sa TF58.
Alors que le soleil se couche, les avions américains arrivent en vue des six porte-avions légers japonais. Les avions embarqués de Mitscher coulent le porte-avions léger Hiyo et le pétrolier Genyo Maru, endommagent les porte-avions légers Chiyoda et Chitose, le cuirassé Haruna, le croiseur lourd Maya, les destroyers Samidare et Shigure. Ils détruisent ce qui reste de l'aviation embarquée japonaise.
Mais après cette victoire, les avions américains sont obligés de revenir sur leurs porte-avions après la tombée du jour. Alors que les Américains n'ont perdu que 29 avions en combat aérien, 80 autres appareils s'écrasent à l'appontage, ou se perdent et tombent dans l'océan à court de carburant.
Pour tenter de guider les équipages affolés et en difficulté et arrêter l'hécatombe, Mitscher donne alors un ordre incroyable, unique dans l'histoire de la guerre navale: au mépris des attaques sous-marines ou aériennes ennemies, il fait allumer tout les feux des navires et illuminer son escadre "comme un sapin de noel".
Ce qui permet de limiter les dégâts: sur les 209 aviateurs américains disparus en mer dans la nuit du 19 au 20 juin, 160 seront récupérés et sauvés à l'aube.
Les Japonais se retrouvent désormais avec uniquement six porte-avions légers, dont trois endommagés, et plus aucune aviation embarquée. Sur les 373 avions embarqués d'Ozawa, seuls 35 survivront à cette bataille mémorable. Ainsi qu'une centaine d'avions terrestres de Kakuta, soit un tier des effectifs initiaux.
Les Américains ont perdu durant cette Bataille de la Mer de Philippines, au total, 123 avions. Les Japonais, environ 600 avions embarqués et terrestres détruits, trois porte-avions d'escadre lourds, un porte-avions léger et un pétrolier coulés, deux autres porte-avions légers, un cuirassé, un croiseur lourd et deux destroyers endommagés. Le Tir aux Pigeons des Mariannes sonne le glas de l'aéronavale japonaise.
Sources disponibles.
1° The Marianas Turkey Shoot (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Marianas_Turkey_Shoot
2° Bataille de la mer des Philippines (Wikipedia.org).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_mer_des_Philippines
Série documentaire "Les Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".
(Daniel Costelle et Henri de Turenne) - Vidéo Dailymotion.
"Bataille du Pacifique - 2ème Partie: la reconquête" (1943-1945).
7 décembre 1941. L'agression japonaise contre la base aéronavale américaine de Pearl Harbor entraîne les Etats-Unis dans une bataille à mort sur le plus vaste théâtre d’opérations de l'histoire. Avide de conquêtes et de matières premières, le Japon instaure sa domination sur l'Asie, jusqu'à la victoire américaine de Midway du printemps 1942, qui sonne l'heure du reflux. Les archives des forces alliées et japonaises restituent l'irrésistible ascension japonaise et cet affrontement aéronaval spectaculaire. Ce documentaire montre chaque étape de la bataille du Pacifique: de la sauvagerie des combats sur les plages et dans la jungle des îles du Pacifique à l'apocalypse nucléaire qui s'abat sur le Japon en août 1945.
Bataille du Pacifique II - Reconquête 1/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 2/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 3/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 4/5
Bataille du Pacifique II - Reconquête 5/5



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