Guerres indiennes (1775-1918)

"Guerres indiennes" (Indian Wars) est le terme usuel employé aux Etats-Unis pour désigner une longue série de conflits ou d'affrontements entre, d'une part, les colons blancs soutenus par l'armée américaine, et d'autre part, les populations natives d'Amérique du Nord. Ces guerres sont le résultat de l'arrivée sans cesse croissante de colons ou de vagues d'immigrants venant d'Europe, s'installant toujours plus loin vers l'Ouest sur les terres amérindiennes. Cette politique de colonisation est le fruit en particulier de l'idéologie prônée par le "Manifeste de la Destinée", qui encourage l'expansion anglo-saxonne jusqu'aux côtes de l'Océan Pacifique, et de l'Indian Removal Act de 1830.

Les historiens et anthropologistes scientifiques actuels estiment qu'à l'arrivée de Christophe Colomb, les populations amérindiennes d'Amérique du Nord se chiffrent entre 2.1 millions (Douglas H. Ubelaker, 1976) à 7 millions (Russell Thornton) ou un maximum de 18 millions (Henry F. Dobyns, 1983) d'individus. Au début du 20ème siècle, les Amérindiens ne sont plus que 250,000. Mais plus que les guerres, la première cause de mortalité dans ces populations (85%-90% du total) reste les maladies infectieuses et les épidémies (variole, tuberculose, rubéole, ...) provenant du Vieux Continent, et les luttes et conflits internes entre tribus. Aujourd'hui, en comptant la population métissée, les Amérindiens des Etats-Unis sont un peu plus de quatre millions de personnes, et représentent 1.37% de la population nationale.

Entre 1775 et 1918, date des derniers affrontements et tueries, un total de soixante-cinq guerres ou conflits se sont succédés entre les Amérindiens et les Blancs d'Amérique du Nord. Le 2 juin 1923, le président Calvin Coolidge ratifie l'Indian Citizen Act. Les Amérindiens vivant aux Etats-Unis deviennent officiellement citoyens américains.




Guerres indiennes à l'est du Mississippi (1775-1843).

1° Guerre d'indépendance (1775-1783).

Au cours de la Guerre d'indépendance, pour les "rebelles" américains, les combats revêtent deux aspects: le conflit contre le pouvoir colonialiste britannique sur le front Est, le long des côtes atlantiques, et le conflit contre les tribus amérindiennes alliées des Anglais, sur le front de l'ouest, plus à l'intérieur du continent. Avant 1775 le besoin de disposer de nouvelles terres cultivables, pour faire face à l'arrivée des nouveaux immigrés d'Europe, est justement l'une des causes du mécontentement populaire, en raison de la "Proclamation Royale de 1763" (1).

Pour les Natifs américains, la Guerre d'indépendance est la plus intense et la plus destructrice des guerres indiennes. Plusieurs communautés indiennes, telle la Confédération iroquoise, ou "Six Nations", se retrouve en effet divisées en deux camps ennemis: les Oneidas et les Tuscaroras du côtés des Colons américains, les Mohawks, Onondagas, Cayugas et Seneca du côté britannique. Les Iroquois endurent leur propre guerre civile.

Les Cherokees éclatent également en deux factions rivales. L'une alliée des Colons américains. L'autre, les Chickamaugas dirigés par Dragging Canoe, soutient l'Empire britannique.

Les "non-combattants" blancs et indiens ont également beaucoup souffert lors de ce conflit, les villages et les batîments de stockage de nourriture ou d'approvisonnement étant fréquemment détruits ou mis à sac, lors des opérations militaires. Un des exemples les plus connus est l'"Expédition de Sullivan" de 1779, qui pille ainsi plus de 40 villages iroquois.

Lorsque les Britanniques signent le Traité de Paix de Paris en 1783 (2), ils cèdent aux Américains les vastes territoires indiens qu'ils administraient jusqu'alors, sans le consentement des populations indigènes qui y vivent.

Ci-dessous: reconstitution de Fort Randolph en 2005, un des nombreux forts établis le long du fleuve Ohio en 1776. Ce fort est assiégé par les Shawnees en mai 1778, pendant la "Guerre de Lord Dunmore" avec la Milice de Virginie.


Après la fin de la guerre d'indépendance, dans l'intention de s'étendre, le gouvernement fédéral américain engage des pourparlers avec les tribus indiennes qui étaient alliés à la Grande-Bretagne, pour acheter des terres cultivables.


(1) Blogosphère Mara, Guerre d'indépendance - introduction: origines de la Révolution américaine.

(2) Blogosphère Mara, Guerre d'indépendance - bilan et conséquences du conflit.



2° Guerre des Chickamaugas (1776-1794).

Les conflits frontaliers entre les Américains et les Cherokees Chickamaugas, qui avaient débuté pendant la guerre d'indépendance, se poursuivront jusqu'à la fin de 1794. D'abord dans des territoires au sud-est des Etats-Unis, dans ce qui est aujourd'hui le Tennessee, puis dans les Lower Towns, Valley Towns et Middle Towns, et finalement dans la région de Chattanooga.

Les Chickamaugas, dirigés par le chef de guerre Cherokee Dragging Canoe, sont soutenus par les Muskogees (Creeks), des Tories blancs venant du Canada, des renégats Chickasaws, et d'anciens esclaves noirs affranchis.

Les premières cibles des attaques des Cherokees Chickamaugas sont les colonies implantées le long des fleuves Watauga, Holston et Nolichucky, et la vallée de Carter, dans le nord-est du Tennessee. Puis à partir de 1780, le long du fleuve Cumberland (Fort Nashborough), et jusque dans le Kentucky, en Virginie, dans les deux Caroline et en Géorgie. Ces incursions (ou raids) sont menés généralement par des forces de 400 à 500 guerriers, qui n'excèdent presque jamais un millier de cavaliers.

Les raids des Chickamaugas de Dragging Canoe (puis de son successeur John Watts) sont souvent menés en coopération avec d'autres attaques indiennes, dans les Territoires du Nord-Ouest. La réponse des coloniaux consiste bien souvent en des représailles contre des villages Cherokees neutres qui se tiennent en dehors du conflit, villages qui sont détruits ou pillés, avec heureusement peu de pertes humaines de chaque côté. La "Guerre des Chickamaugas" se poursuivra ainsi jusqu'à la signature du Traité de Tellico Blockhouse, en novembre 1794.

Ci-dessous: site de Tellico Blockhouse (25 juin 2007), au confluent des fleuves Nine Mile Creek (à gauche) et Little Tennessee (à droite), où fut signé le Traité de Paix avec les Cherokees Chickamaugas.



3° Guerre du Nord-Ouest (1787-1795).

En 1787, l'"Ordonnance du Nord-Ouest" fonde officiellement les "Territoires du Nord-Ouest". L'implantation de colonies blanches dans cette région, où vivent les Shawnees, Ottawas et Miamis, commence. Ces tribus s'unissent et organisent des raids de représailles contre les colonies américaines.

Ce qui pousse le président George Washington à envoyer un corps expéditionnaire pour y mettre fin. La "Confédération de l'Ouest" indienne, menée par Blue Jacket (Shawnee), Buckongahelas (Lenape) et Little Turtle (Miami), avec 1,000 guerriers, affronte une force équivalente commandée par le général Arthur St. Clair, sur les rives du fleuve Wabash (Ohio) le 4 novembre 1791.

Cette bataille, appelée "Massacre de Columbia", "Défaite de St. Clair" ou encore "Bataille de la Wabash", est une des pires et humiliantes défaites de l'US Army face aux Amérindiens. La Confédération enregistre 21 guerriers tués et 50 blessés, alors que 623 soldats, ainsi que 57 civils américains, sont tués ou capturés, et 258 autres blessés.

George Washington envoie une seconde armée, mieux entraînée, dirigée par le général Antony Wayne. Cette fois, les Américains sont victorieux, lors de la Bataille de Fallen Timbers, le 20 août 1794. Battue, la Confédération de l'Ouest doit se résigner à signer le "Traité de Greenville" le 2 août 1795, et céder aux Etats-Unis les territoires qui correspondent aujourd'hui à l'Ohio et à une partie de l'Indiana.



4° Tecumseh, la Guerre des Creeks et la Première Guerre des Séminoles (1800-1818).

En 1800, William Henry Harrison devient gouverneur du Territoire de l'Indiana et, avec la bénediction du président Thomas Jefferson, poursuit la politique d'expansion américaine dans les terres indiennes. Deux frères Shawnees, Tecumseh et Tenskwatawa, s'opposent à cette politique et organisent la résistance, face aux colons blancs et à l'US Army.

Pendant que Tecumseh est parti dans le sud pour tenter de recruiter des guerriers Creeks, Cherokees et Choctaws, Harrison organise une expédition militaire contre Tenskwatawa. Une force américaine composée de 470 fantassins, 370 cavaliers et 360 miliciens de l'Ohio affronte et inflige une défaite à 700 guerriers de la "Confédération de Tecumseh", le 7 novembre 1811, lors de la bataille de Tippecanoe, dans la vallée du fleuve Wabash.


Les Américains espèrent que leur victoire marque la fin de la rebellion indienne, mais Tecumseh choisit de s'allier à la Grande-Bretagne lors de la Guerre de 1812-1815. Encouragés par lui, les Creeks entament à leur tour une campagne militaire (1813-1814) contre les Etats-Unis.

Tecumseh est tué lors de la "bataille de la Tamise" ou "Bataille de Moraviantown", le 5 octobre 1813, dans la province canadienne de l'Ontario, où 500 guerriers Creeks et Shawnees, alliés à 800 soldats britanniques commandés par le major-général Henry Procter, se mesurent à une force américaine composée de 2,380 miliciens, 1,000 volontaires civils, 120 fantassins réguliers et 260 auxiliaires indiens loyalistes. 33 rebelles indiens sont tués et 579 soldats britanniques capturés, lors de cet affrontement, pour le prix de 27 tués et 57 blessés du côté américain.

Ci-dessous: le chef indien Tecumseh, tué lors de la Bataille de Moraviantown (5 octobre 1813).


La "Première Guerre des Séminoles", en 1817-1818, est en quelque sorte la prolongation de la Guerre des Creeks de 1813-1814, et résulte de la cession de la Floride aux Etats-Unis par l'Espagne.

En décembre 1817, le général américain Andrew Jackson, un vétéran de la guerre de 1812-1815, envahit la Floride espagnole et se mesure aux Creeks Séminoles qui y vivent. Après ce conflit, la Grande-Bretagne abandonne définitivement ses alliés indiens, et cette période marque un tournant décisif des guerres indiennes. C'est en effet la dernière fois que les Natifs-Américains bénéficient de l'aide d'une puissance étrangères dans leur lutte contre les Etats-Unis.


5° Guerres du retrait indien.

Divers traités sont signés (ou plutôt imposés) aux tribus indiennes, qui doivent céder leurs territoires au profit des colons blancs. Cependant, divers groupes résistent encore à ces traités, ce qui entrainent deux conflits mineurs, la "Guerre de Black Hawk" de 1832 et la "Guerre des Creeks" de 1836.

La "Guerre de Black Hawk" est un conflit de courte durée entre les Indiens Sauks, dirigés par le chef Black Hawk, et l'US Army. En avril 1832, après l'Indian Removal Act (3) d'Andrew Jackson, un groupe de Sauks, de Meswakis et de Kickapoos traverse le fleuve Mississippi pour se réimplanter dans l'Etat de l'Illinois, en avril 1832. Les Américains, convaincus de l'hostilité de ces Indiens, mobilisent une force militaire pour les repousser au-delà du Mississippi.

Les hostilités débutent le 14 mai 1832, lorsque des miliciens américains ouvrent le feu sur une délégation indienne venue parlementer. Black Hawk répond à cet acte en attaquant les forces de la milice. Lors de la "Bataille de Stillman's Run", ou "Bataille de Sycamore Creek", 275 miliciens de l'Illinois commandés par le major Isaiah Stillman paniquent devant ce qu'ils croient être une force supérieure en nombre, alors que les Indiens ne sont en réalité qu'une cinquantaine, et prennent honteusement la fuite.

Les guerriers de Black Hawk prennent ensuite le contrôle de terres dans ce qui est aujourd'hui le sud du Wisconsin, et lancent une série de raids contre les colonies américaines. Ils sont rejoint dans leur luttes par des Ho-Chunk et des Potawatomi, également en guerre contre les Etats-Unis.

Les troupes américaines envoyées pour s'opposer à ces Indiens sont commandés par le général Henry Atkinson. Les forces de la Milice par le colonel Henry Dodge, qui deviendra un des officiers américains les plus compétent de ce conflit.

Le 21 juillet 1832, les Américains battent les Indiens à la "Bataille de Wisconsin Heights". Les guerriers de Black Hawk, décimés par la faim, les pertes au combat et les désertions, doivent finalement abandonner leurs conquêtes et retraverser le Mississippi. Le 2 août suivant, les Américains capturent ce qui restent des Indiens Sauk encore hostiles lors de la "Bataille de Bad Axe". Ce qui met fin à la "Guerre de Black Hawk".

Au cours de ce conflit se sont illustrés des militaires américains comme Abraham Lincoln (carrière très brève), Jefferson Davis, Winfield Scott et Zachary Taylor.

La "Guerre des Creeks" de 1836 est une série d'affrontements entre les Creeks Muskogees et des colons ou fermiers blancs en Alabama. Pour mettre fin aux violences entre les colons blancs et les Muskogees, le Secrétaire à la Guerre Lewis Cass envoit le général Winfield Scott à la tête d'une petite armée.


(3) Blogosphère Mara, Période d'expansion à l'ouest (1789-1849).


6° Seconde Guerre des Séminoles (1835-1842).

Durant les années 1820, les colons blancs commencent à s'installer en Floride, et pour écarter la menace des raids indiens (réelle ou imaginaire), ils sont décidés à chasser les Séminoles de l'Etat. Le président Andrew Jackson facilite cette vision des choses en signant l'Indian Removal Act, en 1830, qui signifie la relocalisation, volontaire ou forcée, des tribus indiennes à l'ouest du Mississippi.

Mais les Séminoles de Floride, dirigés par des chefs de guerre talentueux comme Aripeka, Micanopy, et surtout Osceola, n'ont pas du tout l'intention d'abandonner leurs terres ancestrales, et organisent des défenses pour s'opposer aux raids et aux pilleurs blancs contre leurs villages. Ainsi débute la "Seconde Guerre des Séminoles", la plus longue et la plus coûteuse de toutes les guerres indiennes.

Prenant conscience que les Séminoles sont déterminés à rester et à combattre, les autorités floridiennes se préparent aux hostilités, et le Département de la Guerre finance l'armement et la préparation des forces de milice de cet Etat. 500 volontaires sont rassemblés sous le commandement du brigadier-général Richard K. Call pour porter assistance aux miliciens.

Pendant ce temps, les Séminoles organisent une série d'attaques contre des fermes et des colonies blanches, forçant leurs occupants à trouver refuge dans les forts ou à quitter la Floride. Un raid séminole parvient même à s'emparer d'une colonne de ravitaillement de la milice, en tuant huit des sentinelles et en en blessant six autres. Les approvisionnements volés seront ensuite repris, au cours d'un second affrontement, quelques jours plus tard. Osceola organise également des raids contre les plantations sucrières le long de la côte atlantique, et de nombreux esclaves noirs rejoignent ses rangs.

A la fin de 1835, l'US Army dispose de onze compagnies de réguliers, environ 550 soldats, stationnées en Floride. Fort King (Ocala), une position hautement stratégique, n'est cependant occupé que par une de ces compagnies, et bientôt menacé par les Séminoles. Les Américains décident donc de renforcer sa garnison et d'y envoyer deux autres compagnies en renfort, à partir de Fort Brooke (Tampa).

Le 23 décembre 1835, ces deux compagnies, totalisant 110 hommesn se mettent en route pour rejoindre Fort King, sous le commandement du major Francis L. Dade. 180 Séminoles suivent la colonne américaine à la trace pendant cinq jours, puis le 28 décembre, finissent par tendre une embuscade et anéantissent la colonne. Seuls trois Américains survivent à ce massacre, et l'un d'entre-eux, Edwin De Courcey, est traqué comme du gibier et tué la journée suivante. Les deux autres, Ransome Clarke (qui succombera par la suite à ses blessures) et Joseph Sprague parviennent à regagner Fort Brooke.

Au cours de cet embuscade, les Séminoles n'ont perdu que 3 tués et 5 blessés. Le même jour, un autre groupe d'indiens, dirigés par Osceola, tend une seconde embuscade contre une patrouille à l'extérieur de Fort King, tuant 6 autres soldats américains.

Ci-dessous: cimetierre national de Saint-Augustine, où sont inhumés les soldats américains tués lors du "Massacre de Dade".


Le 29 décembre 1835, le général Duncan L. Clinch quitte Fort Drane, récemment établit sur sa plantation, à 32km au nord-ouest de Fort King, avec 750 hommes, dont 500 miliciens dont la période d'engagement prend fin le 1er janvier. Ils se dirigent vers un bastion séminole appelé la "Baie de Withlacoochee" (Lac Tsala Apopka), dans une région couverte de nombreux lacs le long de la rive sud-ouest du fleuve Withlacoochee. Lorsqu'ils atteignent le fleuve, ils ne peuvent cependant pas le traverser à gué, et Clinch doit faire traverser ses troupes par petit groupe, à bord d'une unique embarcation, en faisant la navette.

Lorsque les Américains se reforment sur l'autre rive, ils sont soudainement attaqués par des Séminoles, et les repoussent grâce à une charge à la baïonnette. Ils mettent les Indiens en déroute au prix de 4 tués et 59 blessés.

Un autre engagement est connu sous le nom de "Bataille du lac Okeechobee". le colonel Zachary Taylor quitte Fort Gardiner, le long du fleuve Kissimmee, avec environ 1,100 hommes le 19 décembre 1937, et se dirige vers le lac Okeechobee. Les deux premiers jours, les soldats américains captures 90 prisonniers séminoles. Le troisième jour, Taylor s'arrête pour reconstruire Fort Basinger, où il laisse ses hommes malades et un petit groupe pour garder les indiens prisonniers, puis reprend sa route. Le jour de Noel 1837, la colonne de Taylor établit le contact avec le principal corps de bataille ennemi, sur la rive nord du lac Okeechobee.

Les Séminoles sont dirigés par les chefs Alligator, Abiaca (Sam Jones) et Billy Bowlegs. Au nombre de 400 à 500, en infériorité numérique, ils ont cependant parfaitement choisit leur position de défense: une zone partiellement boisée, avec d'un côté le lac, et de l'autre un marais où ils ont dégagé une ligne de tir en coupant les hautes herbes.

Un peu trop sûr de lui, avec 800 hommes réguliers et 132 volontaires du Missouri, Taylor choisit l'assaut frontal à travers les marécages. C'est la plus grande bataille de la Seconde Guerre des Séminoles. Les Séminoles ouvrent le feu lorsque les Américains arrivent à porter, et cause de lourdes pertes, surtout parmis les volontaires du Missouri, commandés par le colonel Richard Gentry. Les hommes de Taylor submergent finalement la position séminoles au corps-à-corps et à la baïonnette, les Indiens se replient et disparaissent dans le bois, en abandonnant leur matériel, 100 poneys et 600 têtes de bétail.

Au cours de ce combat, qui a duré deux heures et demie, les Américains perdent 26 tués, dont les deux colonels Richard Gentry et Alexander Thompson, et 112 blessés. Zachary Taylor est promu au grade de major-général, bien que cette bataille se termine par un résultat plutôt mitigé. les Séminoles, de leur côté, enregistrent 11 tués et 14 blessés.

1842 marque les derniers affrontements, et les Séminoles, exceptés une centaine d'irréductibles, ont quitté la Floride pour l'Oklahoma. La seconde guerre des Séminoles est pour les Etats-Unis le conflit le plus coûteux des guerres indiennes, avec entre 30 et 40 millions de dollars investit. Le nombre de troupes régulières (US Army, US Navy et Marines) qui ont servit en Floride entre 1835 et 1842 s'élève à 10,169 hommes. Environ 30,000 miliciens et volontaires ont également servi durant cette même période.

L'US Army enregistre officiellement la perte de 1466 tués durant cette guerre, une majorité du fait des maladies. Le nombre de civils américains ou de Séminoles tués est inconnu. En 1962, la population séminole vivant en Oklahoma s'élevait à 2,343 individus, et en Floride, environ 1,500. Aujourd'hui encore, la présence des Séminoles a laissé de nombreuses traces en Floride, notamment dans le nom des lieux: Seminole County, Osceola County, Seminole City, Pinellas County, Okaloosa County, etc., et leur culture y est encore très présente dans certains endroits.


Guerres indiennes dans l'Ouest (1823-1890).

La plupart des guerres indiennes se sont déroulées à l'Ouest du Mississippi, principalement pendant et après la Guerre de Sécession. De nombreuses statistiques fort variées, quant aux bilan des pertes et des destructions occasionnées, ont été publiées. Celle de Gregory Michno estime un bilan total des pertes humaines à 21586 tués, blessés ou disparus/capturés, pour la période allant de 1850 à 1890: les Etats-Unis enregistrent 6,596 pertes (31%), civils ou militaires, et les Indiens, 14,990 (69%).

Les "Grandes Plaines", également surnommées "les Prairies", désignent des zones géographiques couvertes de prairies, de steppes, de désert et de terres cultivables, s'étendant entre les Montagnes rocheuses, à l'Ouest, le Mississippi, à l'Est, le Rio Grande et la frontière mexicaine, au Sud, jusqu'aux provinces canadienne de l'Alberta, du Manitoba et du Saskatchewan, au nord. Ces immenses territoires couvrent les Etats actuels du Colorado, du Kansas, du Montana, du Nebraska, du Nouveau-Mexique, du Texas, de l'Oklahoma, du Dakota du Nord, du Dakota du Sud et du Wyoming.


Les batailles dans les Grandes Plaines sont menées contre les tribus Kiowas, Comanches, Sioux, Cheyennes et Arapahoes. Dans les montagnes Rocheuses contre les Utes. Lors de la Guerre du Serpent (1864-1868) contre les Shoshones, les Paiutes et les Bannocks. Au Nouveau-Mexique et en Arizona, contre les Navajos et les Apaches. En Californie, contre les Modocs. Sur la côte nord-ouest du Pacifique, contre les Nez-Percés. Au Texas (Guerres indo-texanes, 1820-1875) essentiellement contre les Comanches et les Kiowas. La Guerre du Dakota, qui oppose l'US Army aux Sioux, joue également un rôle majeur.


1° Contexte.

L'Ouest des Etats-Unis est colonisé progressivement depuis la guerre d'indépendance (4) par des colons, des vagues de nouveaux immigrants, venus essentiellement d'Europe. Les Relations entre Blancs (colons, trappeurs, ouvriers, militaires) et Indiens sont généralement assez pacifiques. Dans le cas de la "Piste de Santa Fe" (Santa Fe Trail), le "Fort de Bent's Old" (aujourd'hui site historique) sert de comptoir commercial et de lieu d'échange entre les Blancs, les Cheyennes et les Arapahoes. Dans le cas de la "Piste de l'Oregon" (Oregon Trail), la paix est établit grâce au "Traité de Fort Laramie". Celui-ci, signé le 17 septembre 1851, entre les Etats-Unis et les tribus vivant dans le nord des Montagnes Rocheuses (Rocky Mountains), permet le passage sur les terres indiennes, des ouvriers du chemin de fer et du télégraphe, des immigrants se rendent sur la Côte Pacifique, et le stationnement de troupes américaines le long de la Piste de l'Oregon.

La "Fièvre de l'Or" (1858-1861) provoque un afflux massif et soudain de colons et de chercheurs dans les Rocheuses et les Grandes Plaines, et met en péril la paix fragile qui règne. La Loi Homestead (1862), qui accorde des parcelles de terres cultivables aux fermiers de l'Est sur les terres indiennes, et la découverte de gisements aurifères dans les "Montagnes Noires" (Black Hills), terres considérées comme sacrées par les Sioux, finissent par mettre le feu aux poudres, et pousse le chef Red Cloud sur le "sentier de la guerre" avec les Etats-Unis, ce qui entraîne la "Grande Guerre des Sioux" de 1876-1877 dans le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Wyoming.

Ci-dessous: la "Ruée vers l'Or" qui provoque un afflux massif et soudain de colons, de chercheurs et d'immigrés dans les Rocheuses et les Grandes Plaines, est la principale cause des conflits entre Blancs et Indiens pendant et après la Guerre de Sécession.



(4) Blogosphère Mara, Période d'expansion à l'ouest (1789-1849).


2° Guerre indo-texane (1821-1875).

Au 18ème siècle, les colons espagnols du Texas entrent en conflit avec les Apaches, les Comanches, les Karankawas et divers autres tribus indiennes. Un grand nombre de colons anglo-saxons s'installent dans la province mexicaine à partir des années 1820. Entre cette date et le milieu des années 1870, cette période voit une série d'affrontement entre les colons texans et les Indiens, principalement des Comanches.

La première bataille notable est le "Massacre de Fort Parker", en mai 1836, lorsqu'un groupe de guerriers comanches, kiowas, Witchitas et Delawares attaquent des colons blancs vivant à l'extérieur du fort. Le kidnapping de Cynthia Ann Parker, alors âgée de 9 ans, et le massacre de sa famille provoquent un fort sentiment de vengence de la part des Texans. Devenue adulte, elle sera reprise 25 ans plus tard par les Texas Ranger, et passera les dix dernières années de sa vie (1860-1870) et s'évader et tenter de rejoindre les "siens". Durant sa "captivité", elle a donné naissance au futur et dernier grand chef de guerre comanche, Quanah Parker.

Ci-dessous: chef Quanah Parker, fils d'un chef commanche et d'une femme blanche.


Une fois la République du Texas proclamée, en 1836, le gouvernement du président Samuel Houston poursuit une politique de guerre avec les Comanches et les Kiowas. Ironiquement, depuis que Houston a vécu avec les Cherokees, le Texas fait face à un conflit appelé "la Rebellion de Cordova" (1838), au cours de laquelle des Cherokees se battent aux côtés de l'armée mexicaine dans ses projets de reprendre l'ancienne province rebelle. Houston réussit à résoudre ce conflit sans effusion de sang, refusant de croire que les Cherokees puissent se rebeller contre son gouvernement.

Son successeur, Mirabeau B. Lamar, se montre beaucoup moins complaisant envers les Cherokees. Il les fait déporter dans l'ouest du Texas, puis tente une manoeuvre similaire avec les Comanches et les Kiowas, ce qui provoque une série d'affrontements: bataille de Bird's Creek (26 mai 1839), de Plum Creek (12 août 1840). Lors du "Combat de Council House", le 19 mars 1840, les Rangers du Texas tentent, sans succès, de capturer 33 chefs comanches, venus négocier un traité de paix à San Antonio. Mais l'affaire tourne à la confusion et au bain de sang, plusieurs membres des familles des chefs indiens, dont des femmes et des enfants, étant tués.

L'administration Lamar est connue pour son échec final pour résoudre le conflit contre les Indiens, les coûts engendrés étant supérieurs aux revenus annuels de la République, au cours des quatre années de son mandat (1836-1842).

La seconde administration de Houston (1842-1846) doit ensuite résoudre le conflit diplomatiquement. Le Texas signe une série de traité avec les tribus indiennes, dont les Comanches.

Cependant, après l'admission du Texas au sein de l'Union (1846), les affrontements entre les Texans, soutenus par le gouvernement fédéral américain, et les Indiens reprennent. Les années 1856-1858 seront particulièrement sanglantes, avec l'installation de nouveaux colons blancs sur les terres comanches, le "Comancheria".

Carte ci-dessous: "Comancheria", le "pays comanche", en 1850.


1858 marque la première incursion des Texans au coeurs du Comencheria. C'est l'"Expédition des montagnes de l'Antilope" (Antelope Hills Expedition), marquée par la "Bataille de Little Robe Creek" (12 mai). La victoire des Texans marque le début de la fin pour le pays comanche.

Les batailles entres les Texans et les Indiens se poursuivent et, en 1860, lors de la "Bataille de Pease River", les Texas Rangers détruisent un village indien et recapture Cynthia Ann Parker, la petite fille blanche kidnappée en 1836, et devenue la femme du chef Peta Nocona, ainsi que la mère du futur (et dernier) chef comanche, Quanah Parker.

Pendant la Guerre de Sécession, le 16 novembre 1864, les Comanches, les Kiowas et les Apaches des Plaines, regroupant 3,000 à 5,000 guerriers, affrontent une force expéditionnaire américaine de 372 hommes (fantassins, cavaliers et artilleurs) et 75 éclaireurs indiens, venue pour mettre fin aux raids indiens contre les colons, et commandées par le colonel Christopher "Kit" Carson. C'est la "Première Bataille d'Adobe Falls". Les Américains, qui se sont battus à un contre dix, ont résisté aux assauts indiens, grâce à l'intervention de leurs pièces d'artillerie. Mais Carson doit cependant ordonner le retrait de sa force expéditionnaire. La bataille se conclut donc par une victoire stratégique des Indiens, mais pour eux, c'est désormais le début de la fin.

Au cours de la "Seconde Bataille d'Adobe Falls", une décennie plus tard, le 27 juin 1874, 700 Comanches commandés par Quanah Parker attaquent un groupe de 28 miliciens défendant la colonie blanche d'Adobe Falls. Après quatre jours, les Indiens doivent cependant rompre leur siège. Battu, Quanah Parker doit se résoudre à capituler et, en 1875, les Comanches doivent s'installer dans une réserve au sud-ouest de l'Oklahoma.


3° Grand Bassin.

Les tribus indiennes du "Grand Bassin", en majorité des Shoshones, sont grandement influencés et affectés par la présence des Blancs le long des pistes de l'Oregon et de Californie, ainsi que par l'immigration des Mormons dans l'Utah. Ayant commencer à fréquenter les Blancs depuis l'expédition Lewis & Clark, les Shoshones entretiennent d'assez bonnes relations avec les trapeurs et commerçants américains ou britanniques. Mais au fil du temps, le volume sans cesse plus important de l'immigration en provenance de l'Est des Etats-Unis entraîne de facheuses conséquences pour les ressources naturelles de ces régions.


Les indiens, leur mode de vie étant menacé par l'afflux constant de nouveaux immigrants et par l'expansion mormone, organisent des raids contre les villages des colons ou les fermes isolées. Les représailles de la milice de Californie, stationnée dans l'Utah pendant la Guerre de Sécession, sont sanglantes et ont pour conséquence le "Massacre de Bear River".

Le 29 janvier 1863, une force de miliciens de 280 cavaliers et fantassins, soutenus par de l'artillerie et commandée par le colonel Patrick Edward Connor, attaque un village shoshone défendu par environ 300 guerriers dirigés par le chef Bear Hunter, au confluent des fleuves Bear River et Beaver Creek. Le site de la bataille est situé aujourd'hui près de la ville de Preston, dans l'Idaho.

En raison des conditions météorologiques (il fait -30°C), il faut un certain temps pour que Connor organise ses troupes pour un assaut frontal. Il attaque vers 6h du matin, mais les miliciens sont repoussés par le tir défensif des Shoshones. Connor ordonne alors de mener des attaques sur les arrières et les flancs ennemis. Après deux heures d'affrontements, les Shoshones sont à court de munitions et doivent en revenir à leurs vieux tomahawks et arcs, ce qui évidement ne pèsent pas lourds contre des fusils, des pistolets et des canons.

Les Américains tuent la grande majorité des guerriers puis, perdant toute retenue et tout sens de la discipline, se vengent sur les enfants et les femmes du camp indien, qui sont violées ou tuées. Les hommes de Connor perdent au cours de cette bataille 21 tués et 46 blessés. Les Shoshones enregistrent au total 246 tués, dont leur chef Bear Hunter ainsi que 90 femmes et enfants, et 164 prisonniers capturés.

Photo ci-dessous: le site du massacre de Bear River aujourd'hui.


Après ce massacre, une série de traités sont signés entre les Etats-Unis et les tribus Shoshones.


4° Pacifique Nord-Ouest.

Une série de guerres se déroulent à la suite du Traité de l'Oregon de 1846 et de la création des Territoires de l'Oregon et de Washington. Les causes de ce conflits sont l'arrivée massive d'immigrées et la "Ruée vers l'Or", vers les cotes du Pacifique Nord-Ouest.

Lors du "Massacre de Whitman", le 29 novembre 1847, près de la ville de Walla Walla, dans le Territoire de l'Oregon, un groupe de missionnaires américains, dont fait partie les époux Marcus et Narcissa Whitman, sont massacrés par des Indiens Cayuses et Umatillas. Ce qui provoque des représailles des Blancs et la "Guerre des Cayuses", qui voit les combats s'étendre de la Chaine de montagne des Cascades (Cascade Range), au sud de la Colombie britannique, jusqu'aux Montagnes Rocheuses (Rocky Mountains). Les Cayuses sont défaits en 1855, mais des combats se poursuivent pendant ce qu'on appelle la "Guerre des Yakimas" (1855-1858).

La cause principale de ce conflit est la création du Territoire de Washington, suite au Traité de Medecine Creek de 1855, et des efforts de son premier gouverneur, Isaac Stevens, pour forcer les Indiens à signer des traités pour céder leurs terres et s'installer dans des réserves.

Les Yakimas signent un de ces traités durant le "Conseil de Walla Walla" de 1855, qui créé la réserves indienne Yakima. La découverte de gisements aurifères près de Fort Colville pousse de nombreux chercheurs et mineurs blancs à traverser les terres indiennes vers le Pacifique, et les affrontements reprennent. Il faudra à l'US Army plusieurs années pour venir à bout de la "Rebellion Yakima".

En 1858, les combats se déroulent sur le côté oriental des Cascades. Cette seconde phase de la Guerre des Yakimas est désignée "Guerre des Coeurs d'Alene". Les Yakimas, Palouses, Spokanes et Coeurs d'Alene sont finalement défaits lors de la "Bataille des Quatre Lacs (Battle of Four Lakes), le 1er septembre 1858.

Dans le sud-ouest de l'Oregon, les affrontements et escarmouches entre colons blancs et indiens Rogue River, entamés en 1850, atteignent leur paroxysme lors de la "Guerre des Rogue River" (1855-1856).

Débutée en 1858, la "Rue vers l'Or du Canyon Fraser", dans la Colombie britannique, pousse de nombreux chercheurs et mineurs, originaires de l'Oregon, de Washington et de Californie, à s'y installer. Ce qui provoque la "Guerre du Canyon Fraser" avec les Indiens Nlaka'pannux du Canada.

A la fin des années 1870, une autre série de conflits armés se déroule dans l'Oregon et l'Idaho, puis s'étend au Wyoming et au Montana. La "Guerre des Nez-Percés" de 1877 est provoquée par le refus du jeune chef Joseph de reconnaitre le traité délimitant les terres des Nez-percées, signés en 1855, jusqu'à l'ultimatum du général Oliver Howard, le 3 mai 1877. Les Nez-Percés n'ont alors d'autres choix que de rejoindre la "Réserve des Nez-Percés" ou de s'exiler au Canada.

L'année suivante, la "Guerre des Bannocks" est déclenchée pour des raisons similaires.

Ci-dessous: Chef Joseph et des guerriers Nez-Percés en 1877.



5° Guerre du Dakota ou "Soulevement des Sioux" (1862-1864).

La "Guerre du Dakota" de 1862, plus communément appelée "Soulèvement des Sioux", est le premier affrontement majeur entre l'US Army et ces tribus. Après six semaines de combats dans le Minnesota, ce conflit ou soulèvement a fait plus d'un millier de victimes, dont environ 800 Sioux et 350 militaires ou colons américains.

Les hostilités débutent le 17 août 1862, lorsque des Sioux tuent cinq colons blancs pendant une partie de chasse. Quatre jours plus tard, les Indiens attaquent l'Agence de Lower Sioux (ou de Redwood). 46 miliciens du minnesota envoyés pour mettre fin au soulevement indien, se mesure à 350 guerriers Sioux et sont défaits à la bataille de Redwood Ferry. Au cours de cet affrontement, 25 Américains sont tués, dont leur commandant, le capitaine John S. March, et 5 autres soldats blessés.

Les 20 et 22 août, les Sioux attaquent sans succès New Ulm et Fort Ridgely. Le 23 août, ils attaquent une seconde fois New Ulm et tuent 36 Américains. Les miliciens contre-attaquent mais subissent une défaite majeure lors de la "Bataille de Birch Coulee", le 2 septembre, lorsqu'environ 200 Sioux se mesure à 150 Américains. 13 miliciens sont tués et 47 autres blessés, pour seulement 2 tués du côté indien, au cours d'un combat qui dure trois heures. Dans la soirée, les miliciens sont relevés par une seconde colonne de 240 soldats partis de Fort Ridgely.

Ci-dessous: colons blancs rescapés des attaques et massacres perpétrés par les Sioux, en 1862, lors de la Guerre du Dakota.


En raison de la Guerre de Sécession, la présence militaire américaine est minime dans ces Territoires, mais le président Abraham Lincoln désigne bientôt le général John Pope pour mater le soulèvement indien et mettre fin aux violences. Après l'arrivée de renforts substanciels de l'US Army, la "Bataille finale du Lac Wood" (Battle of Wood Lake) se déroule le 23 septembre 1862. Après un bref combat, les Américains remportent la victoire. Le chef Sioux Mankato est tué au cours de cet engagement.

Suite à cela, le soulèvement des Sioux prend fin. 2,000 Indiens sont capturés et passent en jugement. Ils sont accusés de meurtres et de viols par des tribunaux militaires. 303 d'entre-eux sont condamnés à morts. Le 26 décembre 1862, à Mancato, dans le Minnesota, 38 Sioux sont pendus en place publique, au cours de ce qui est aujourd'hui la plus grande exécution en groupe de l'histoire judiciaire des Etats-Unis. Le 28 juin 1863, Lincoln fait commué la condamnation des autres condamnés à mort en peine de prison. La même année, le chef Sioux Petit Corbeau est tué par un colon.


Après leur expulsion du Minnesota, les Sioux Dakota gagnent les territoires Lakotas, dans ce qui est aujourd'hui le Dakota du Nord. Les batailles se poursuivent entre les unités de la Milice du Minnesota et les forces combinées des Sioux Dakotas et Lakotas, jusqu'en 1864, lorsque le colonel Henry Sibley poursuit les Sioux et envahit leur territoire.

Au cours de l'année 1863, Sibley bat les Sioux au cours de trois engagements majeurs: la "Bataille du Lac des Buffles Morts" (Battle of Dead Buffalo Lake), le 26 juillet, la "Bataille du Lac de Pierres" (Battle of Stony Lake), le 28 juillet, et la "Bataille de la Colline de la Pierre Blanche" (Battle of Whitestone Hill), le 3 septembre.

Les Sioux entament une retraite, mais se mesureront encore à l'US Army au cours de l'année suivante. Cette fois, les troupes américaines (2500 hommes), commandées par le général Alfred Sully, défont, dans un engagement décisif, une force de 5000 à 6000 guerriers Sioux Dakotas, Lakotas et Nakotas, dirigée par le chef Inkpaduta, lors de la "Bataille de la Montagne de Killdeer" (Battle of Killdeer Mountain), le 28 juillet 1864.



6° Massacre de Sand Creek et Guerre des Sioux de 1865.

Le 29 novembre 1864, un groupe de 800 miliciens des 1er et 3ème Régiments de cavalerie du Colorado et d'une compagnie de volontaires du Nouveau-Mexique, commandé par le colonel John M. Chivington, attaque le village pacifique de Cheyennes et d'Arapahoes à Sand Creek, dans le sud-est du Colorado.

La veille, les soldats américains se sont énivrés, et Chivington a donné l'ordre de ne pas faire de prisonniers. Deux officiers américains, le capitaine Silas Soule et le lieutenant Joseph Cramer, respectivement des compagnies D et K du 1er Régiment, refusent d'y obéir et ordonne à leurs hommes de ne pas attaquer.

Sans égard pour le drapeau américain qui flotte dans le camp, les autres miliciens et volontaires donnent l'assaut au village, occupé par 500 Indiens, guerriers, femmes et enfants, du chef Cheyenne Black Kittle. C'est le "Massacre de Sand Creek" ou "Massacre de Chivington": les Américains tuent entre 100 et 200 personnes, dont deux tiers de femmes et d'enfants (5). Ils perdent eux-mêmes au cours de cette attaque 24 tués et 52 blessés.

Après le massacre, les hommes de Chivington achèvent les blessés qu'ils rencontrent, violent et/ou mutilent les femmes et les cadavres. Le camp indien de Sand Creek avait pourtant reçu l'assurance du gouvernement fédéral qu'il ne serait pas attaqué, mais les sentiments de haine et de revanche des colons et des miliciens, amplifiés sans doute par l'alcol distribué la veille de l'attaque, ont fini par l'emporter.

Pour se justifier, Chivington déclare que ses troupes ont combattu dans une bataille contre des Indiens hostiles. Si bien que son attaque est d'abord célébrée comme une victoire, quelques soldats arborant avec cynisme des scalps ou d'autres parties de corps humain comme trophées.

Cependant, le témoignage de Soule et de ses hommes oblige l'ouverture d'une enquête du Congrès sur l'"incident". Celle-ci conclut que Chivington a mal agi. Soule et les hommes qui ont refusé de participer à l'attaque témoignent contre Chivington devant la cour martiale. Chivington dénonce Soule comme un menteur, et celui-ci est assassiné plus tard par un homme qui a servi sous le commandement de Chivington à Sand Creek. Certaines rumeurs de l'époque impliquent Chivington dans la réalisation de cet assassinat.

Chivington est finalement condamné par un tribunal militaire pour sa participation à ce massacre, mais entretemps, il a quitté l'armée, et l'amnistie générale de Lincolon qui succède à la Guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui.

Toutefois, un juge de l'armée déclare publiquement que Sand Creek est "une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l'indélébile infamie, et de honte et d'indignation le visage de chaque américain." Dans l'opinion publique américaine, l'indignation est à son comble au sujet des massacres d'Indiens.

Anecdote: le Massacre de Sand Creek est relaté dans le film de Ralph Nelson Soldier Blue (1970), avec Candice Bergen, Peter Strauss et Donald Pleasance, et dans la mini-série de Steven Spielberg Into The West (2005)


Après le massacre, les Indiens survivants rejoignent les villages Cheyennes de Smokey Hill et le long du fleuve Republican. La nouvelle du massacre fait bientôt le tour de tous les camps indiens de la région, et la hache de guerre est déterrée contre les Etats-Unis.

En janvier 1865, des guerriers Sioux, Cheyennes et Arapahoes attaquent en représaille le centre ferroviaire et le centre postal du Poney Express de Julesburg, dans le Colorado. Cette incursion est suivie par des raids indiens le long du fleuve South Platte, et par une seconde attaque contre Julesburg, en février suivant. Un grand nombre de civils blancs sont tués au cours de ces attaques. Les Indiens gagnent ensuite le Nebraska et les Black Hills.

Au printemps 1865, les incursions et les raids indiens le long la "Piste de l'Oregon" se poursuivent. En juillet, les guerriers Cheyennes, Sioux et Arapahoes attaquent un train transportant des troupes américaines sur un pont du fleuve North Platte, sur le site aujourd'hui occupé par la petite ville de Caspar, dans le Wyoming. C'est la "Bataille du Pont de la North Platte" (Battle of the Platte Bridge Station), ou "Bataille des Buttes Rouges" (Battle of Red Buttes). 22 soldats américains et 8 guerriers indiens sont tués au cours de cet affrontement, et la plupart des autres assaillants indiens blessés.


(5) Le nombre d'Indiens massacrés varie fortement suivant les sources. John Chivington annonce avoir tué entre 500 et 600 Indiens. L'historien Alan Brinkley publie un bilan de 133 Indiens tués, dont 105 femmes et enfants. Le soldat John S. Smith, un témoin du massacre, annonce entre 70 et 80 Indiens massacrés, dont 20 à 30 guerriers. George Bent, un métis d'un père blanc (William Bent) et d'une mère Cheyenne, présent dans le camp, donnera deux estimations différentes: le 15 mars 1889, il écrit à Samuel F. Tappan que 137 Indiens ont été tués: 28 hommes et 109 femmes ou enfants. Cependant, le 30 avril 1913, soit presque cinquante ans après les faits, il écrit que 53 hommes et 110 femmes et enfants ont été massacrés, et des dizaines d'autres blessés.


7° Guerres des Black Hills ou "Grande Guerre des Sioux", et bataille de Little Big Horn (1876-1877).

En 1875, la "Grande Guerre des Sioux", le dernier conflit opposant l'US Army à ces tribus indiennes, s'amorce lorsque des chercheurs d'or pénètrent dans les "Montagnes Noires" (Black Hills), des terres considérées comme sacrées par les Sioux Lakotas. Le gouvernement américain envoit le lieutenant-colonel George Armstrong Custer pour protéger les chercheurs d'or et mettre fin aux violences entre Blancs et Indiens.

Le 2 juillet 1874, Custer et son unité quittent Fort Abraham Lincoln, dans le Territoire du Dakota (aujourd'hui Dakota du Sud), et font mouvement vers les Black Hills. C'est l'"Expedition de Custer dans les Black Hills en 1874" (Custer's 1874 Black Hills Expedition). Il y arrive le 22 juillet, et entreprend la construction d'un fort, sur le site aujourd'hui occupé par la petite ville de Custer. Custer, pour ménager les Sioux, fait tout son possible pour tenir les chercheurs et les colons blancs en dehors des Black Hills.

Ci-dessous: chercheurs d'or dans les Black Hills, en 1874.


En décembre 1874, un groupe de chercheurs d'or et de mineurs, dirigé par John Gordon, après avoir quitté Sioux City dans l'Iowa, parvient à éviter les cordons de sécurité de l'US Army et à pénétrer dans le sanctuaire indien. Mais ils en sont expulsés manu militari par les hommes de Custer trois mois plus tard. Ces expulsions, cependant, accroissent les pressions politiques sur l'administration du président Ulysse S. Grant pour nettoyer les Black Hill's de la présence des Sioux Lakotas.

En mai 1875, les Sioux envoient une délégation dirigée par Spotted Tail, Red Cloud et Lone Horn à Washington DC, pour persuader Grant de respecter les traités existants et maintenir les chercheurs d'or en dehors des Black Hills. Grant, avec le Secrétaire de l'Intérieur Columbus Delano et le Commissaire aux Affaires Indiennes, Edwards Smith, proposent aux Sioux 25000 dollars pour abandonner les Black Hills et les reloger dans une réserve de l'Oklahoma, mais la délégation indienne rejette l'offre. Les Sioux et Américains étant incapables de trouver une solution pacifique, les chefs Crazy Horse et Sitting Bull se préparent à la guerre.

Ulysse Grant et son administration commencent à envisager d'autres alternatives à l'échec des négociations avec les Sioux. Au débutr de novembre 1875, le major-général Philip Sheridan, commandant des troupes américaines dans le Missouri, et le brigadier-général George Crook, commandant du Département de la Platte, sont rappelés à Washington DC pour s'entretenir avec Grant et trouver une solution au "problème" des Black Hills. Ils se mettent finalement d'accord pour lever l'interdiction faite aux chercheurs d'or de pénétrer dans le sanctuaire indien, et envisage de plus en plus l'option militaire contre les indiens "rebelles qui refusent de quitter leurs terres pour l'Oklahoma", avec comme date d'expiration de l'ultimatum fixée au 31 janvier 1876.

Le 8 février 1876, le général Philip Sheridan télégraphie aux majors-généraux George Crook et Alfred Terry, ce dernier commandant militaire du Territoire du Dakota, l'ordre d'entamer "leur campagne d'hiver contre les insoumis". La "Grande Guerre des Sioux de 1876-1877" commence.

Tandis que Terry se maintient en position défensive et se prépare, Crook réagit sans tarder, en lançant la première offensive américaine de la guerre. Le 1er mars 1876, il expédie le colonel Joseph J. Reynolds, avec six compagnies des 2ème et 3ème Régiments de cavalerie (300 hommes), pour localiser et attaquer un village Sioux, dans la matinée du 17 mars 1876. C'est la "Bataille de Powder River". L'US Army pense à tort qu'il s'agit du camp Sioux de Crazy Horse et de Sitting Bull, alors que le village est habité par 600 Cheyennes, dont 225 guerriers commandés par Little Wolf.

Les Cheyennes décident d'abandonner le village et de s'installer sur une position en hauteur, moins exposées. Les troupes de Reynolds s'emparent du camp et l'incendie, mais sous le feu constant de l'ennemi, il ordonne ensuite le retrait, perdant une dizaine d'hommes, alors que les Indiens n'ont aucune perte. Ce qui vaudra à Reynolds de passer en cour martial pour lâcheté devant l'ennemi. Au cours de cet affrontement, les Américains se sont emparé du troupeau de poneys des Cheyennes, mais le jour suivant, les Sioux Lakotas organisent un raid réussi pour les reprendre.

A la fin du printemps 1876, une seconde expédition, plus importante, est lancée. Les troupes américaines sont réparties en trois colonnes. La colonne du Dakota, commandées par Terry, est composée de 15 compagnies (570 soldats), dont fait partie le 7ème Régiment de cavalerie de Custer. La colonne du Montana, commandée par le colonel John Gibbon, quitte Fort Ellis. La troisième colonne (970 hommes), commandée par le brigadier-général George Crook en personne, quitte Fort Fetterman et prend la direction du nord.

Au confluent des fleuves Tongue et Rosebud, le 23 mai 1876, Terry et Gibbon établissent leur contact. Terry donne ses ordres à Custer: il devra établir sa jonction avec Crook, au sud vers le fleuve Little Big Horn, tandis que lui et Gibbon, avec le 7ème Régiment d'infanterie, arriveront par le nord-est et le nord-ouest, et prendront ainsi le camp ennemi en tenaille.

Le 17 juin 1876, la colonne Crook est attaquée dans la vallée de la Rosebud par environ 750 guerriers Sioux Oglala dirigés par Crazy Horse. C'est la "Bataille de la Rosebud": les pertes sont minimes des deux côtés (10 tués et 21 blessés américains, 32 tués et 21 blessés sioux), mais Crook décide de rebrousser chemin et de rentrer à Fort Fetterman, sans toutefois en avertir Custer.


D'après le Bureau des Affaires Indiennes de Washington DC, il y aurait 500 Indiens dans cette zone. Mais les Sioux Lakotas de Sitting Bull ont reçu les renforts d'autres tribus, comme les Sioux Oglalas, Cheyennes, Arapahoes, Pieds Noirs, Arikaras, Hung Papas, Santee et Brûlés, avec des guerriers célèbres et valeureux comme Gall ou Crazy Horse. Ces tribus se regroupent et s'apprêtent à recevoir les hommes de Custer. Ils ne sont plus 500, comme le pense Custer, mais près de 15,000, dont 3,000 à 5,000 guerriers.

Custer établit son camp de base et veut attendre Gibbon qui doit arriver le 27 juin 1876, et Crook qui doit arriver le lendemain, mais qui, comme nous l'avons vu, n'arrivera jamais. A ce moment de la campagne, il ignore toujours le nombre exact d'Indiens qu'il a devant lui. Mais un incident commence à le faire douter: la cantine de la compagnie C, perdue durant le trajet, est découverte par des Sioux et les Américains qui devaient aller la chercher ont échangé des coups de feu avec les Indiens.

Custer décide alors d'attaquer le camp ennemi le 25 juin 1876, de peur que les Indiens s'enfuient. Il ne sait pas encore qu'ils sont vingt fois supérieurs aux effectifs du 7ème Régiment de cavalerie. Il divise donc ses forces en trois parties. Le premier groupe (compagnies B, C, E, F et I., 212 hommes), qu'il commande personnellement, progressera au nord, sur la rive droite du fleuve Little Big Horn. Les 2ème (major Marcus Reno, compagnies A, G et M, 176 hommes) et 3ème (capitaine Frederick Benteen, compagnies D, H, K et L, 191 hommes) groupes attaqueront au sud.

Reno arrive bientôt au sud du camp indien et est attaqué par des milliers de guerriers dirigés par Crazy Horse et Red Cloud. Submergé, il donne finalement l'ordre de la retraite et repasse le Little Big Horn en amont. Les Indiens ne font pas de prisonniers. Ils massacrent un par un tous les blessés que Reno laisse sur le champ de bataille, les scalpent puis les mutilent, au point que les cadavre sont méconnaissables.

Avec 50% de pertes, Reno se replie sur une colline (Reno Hill). Les éclaireurs Indiens de Reno fuient le combat et rejoignent les Sioux. Les armes des cavaliers américains (Springfield Model 1873) sont moins précises et ne tirent qu'un coup de feu à la fois, alors que les Indiens ont des fusils modernes Springfield et Spencer. C'est un massacre, mais Reno tient bon.


Pendant ce temps, Custer arrive en vue de la face nord du village indien. Croyant être en face du plus gros du village ennemi. En fait, le camp indien géant s'étale sur 5km et Custer n'en voit qu'une infime partie, il envoie un messager, Daniel Kanipe, pour avertir Benteen qu'il est en vue du village.

De sa position, il peut voir les hommes de Reno se battre desespérement et avec acharnement et les Indiens momentanément stoppés, alors que dans le village la panique semble régner. Les 212 hommes de Custer pensent à ce moment-là que leur victoire est certaine.

Ci-dessous: "A": Custer. "B": Reno. "C": Benteen. "D": Yates. "E": Weir.


Parallèlement, Custer envoie un second messager, John Martin (de son vrai nom Giovanni Martini) avec le célèbre message rédigé par le lieutenant William W. Cooke: "Benteen, gros Village. Soyez rapide. Apportez les munitions W.W. Cooke. P.S. Apportez les munitions" La retraite desespérée de Reno permet à Sitting Bull de rassembler toutes ses forces contre le groupe de Custer. Ce dernier traverse la Medicine Tail et aborde la limite nord du village.


Et c'est le choc! Au lieu de quelques tentes et des 500 guerriers qu'il pensait devoir afronter, il en voit des milliers. Jamais il n'avait pensé trouver un tel camp. A cet instant, une force estimée entre 3,000 et 4,000 guerriers Sioux débouchent de tous les côtés et leur tombe dessus. C'est la panique parmi ses hommes. Custer doit faire retraite vers la colline, qui s'appelle aujourd'hui Custer Hill, au nord-ouest du camp, talonné par les Sioux. Les Indiens se cachent dans les hautes herbes, les imperfections du sol et tirent à vue. Leurs tirs sont terriblement efficaces.

Kanipe avertit Benteen que les Indiens, comme il l'a constaté quand il était auprès de Custer, sont en fuite. Puis arrive le second messager, Giorgio Martini. Il ne parle que très peu l'anglais. Il dit à Benteen: "Indiens. Décamper". Benteen pense probablement que les Indiens se sont enfuis et n'accélère pas l'allure de la colonne. Martini lui donne le message de Custer. La haine viscérale qu'il éprouve à l'égard de Custer prend le dessus. Cette haine est sûrement pour beaucoup dans sa décision: il n'accélère pas l'allure de la colonne. Custer est condamné.

Le combat desespéré de Custer ne dure que 45 minutes. Les Indiens, équipés de fusils modernes, font un carnage dans les rangs des soldats encore vivants de Custer. Crazy Horse contourne les hommes du capitaine Miles Koegh, commandant la compagnie I, et les massacre sur place, alors que les troupes de Gall, Two Moon et Low Dog écrasent les survivants du 1st lieutenant James Calhoun, de la compagnie L, le beau-frère de Custer, puis donnent l'assaut aux positions du capitaine George W. Yates, de la compagnie F.

C'est le coup de grâce pour la défense des Américains. Les Indiens chargent à pieds et commence leur sinistre besogne: ils scalpent et mutilent tous les corps, sauf celui de Custer. Puis se dirigent vers la colline qui domine le dernier groupe indemne de la bataille, celui de Benteen.

Mais ce dernier, tranquillement et sans se faire inquiéter, a rejoint Reno sur sa colline au sud-est. Il a les mules et les munitions du train d'équipage dont le major Reno a désespérément besoin: 24,000 cartouches. La colline où s'accrochent les survivants de Reno est jonchée de cadavres et de blessés. Exceptée une tentative du capitaine Thomas Weir, de la compagnie D, rien n'est entrepris pour sauver Custer et ses hommes.

Le lendemain, le 26 juin 1876, les Indiens se retirent après plus de vingt-quatre heures de combats. Ils font brûler toute la plaine pour couvrir leur retraite et abandonnent le terrain aux Américains. Terry et Gibbon arrivent le jour suivant, 27 juin, pour constater le désastre de Custer. La totalité des cadavres blancs, excepté celui de Custer, ont été scalpés et ont le crâne ouvert. Ils sont si mutilés qu'ils sont difficilement identifiables. Le corps du capitaine Tom Custer, de la compagnie C, le propre frère du George, et William W. Cooke, sont parmi ceux sur lesquels les Indiens se sont le plus acharnés.

Photo ci-dessous: le champ de bataille de Little Big Horn aujourd'hui.


A la suite de cette défaite, le 9 septembre 1876, les 2ème et 3ème Régiment de cavalerie (2,000 hommes) de Crook, poursuivant les Indiens victoriaux de Little Big Horn, assiègent 600-800 guerriers Sioux retranchés dans le camp du Chef American Horse. C'est la "Bataille des Slim Buttes", au cours de laquelle American Horse est tué.

En octobre 1876, l'US Army encercle les villages de Red Cloud et de Red Leaf, et finissent par les capturer. Les Sioux sont finalement forcés de signer un nouveau traité cédant les Black Hills aux Etats-Unis.

Le 8 janvier 1877, les guerriers de Crazy Horse livrent leur dernier combat contre la cavalerie américaine, à Wolf Mountain, dans le Territoire du Montana. Sa tribu souffrant du froid de l'hiver et de la faim, le chef Sioux accepte de capituler et est placé en résidence surveillée à Fort Robinson, dans le Nebraska. Le 5 septembre, il est mortellement blessé au cours d'une altercation, en résistant aux soldats venus l'arrêter, et succombe durant la nuit suivante.

Pendant que la plupart des chefs Sioux se rendent, Sitting Bull prend la tête d'un grand contingent de guerriers et se réfugie au Canada. Terry envoit une délégation pour négocier sa reddition, mais l'Indien refuse.

En 1880-1881, avec la disparition des troupeaux de bisons, la plupart des Sioux Lakotas vivant au Canada acceptent de se livrer et de revenir aux Etats-Unis. C'est le dernier acte de la "Grande Guerre des Sioux" de 1876-1877.


8° Guerres indiennes du Sud-Ouest (1846-1895).

Ces conflits se déroulent sur un vaste territoire, et impliquent les tribus Pueblos, Apaches et Navajos. La dernière campagne de l'US Army contre les Amérindiens dans cette zone est menée par 5,000 soldats américains, et se conclut par la reddition du chef Geronimo, de 24 guerriers, femmes et enfants, en 1886.

Ci-dessous: le prisonnier Geronimo (76 ans) placé en résidence surveillée, en 1905.


Le 3 mars 1871, l'Indian Appropriation Act est voté: le Congrès met fin aux traités signés avec les tribus indiennes indépendantes, et ne reconnaît plus que les individus. Cependant, les 371 traités signés depuis 1776 (plus 175 entre 1607 et 1775) sont toujours reconnus. Les règlements adoptés dans les années suivantes les vident de toute substance.

Le 8 février 1887, le General Allotment Act ou Dawes Severalty Act est voté par le Congrès, autorisant le président à vendre les terres indiennes à des particuliers, en petites parcelles. Ce lotissement sera par la suite renforcé par le Burke Act de 1906. Il vise à supprimer la propriété collective des terres, et à transformer les Indiens en fermiers.


9° Massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890).

Un Chaman Païute, au cours d'une "Danse des Esprits" (Ghost Dance) dans le Nevada, annonce une nouvelle qui se répand aussitôt dans les réserves indiennes: le "Grand Esprit" allait lui-même chasser les blancs et redonner la terre aux Indiens. Ceux-ci n'auraient plus jamais faim ni froid et leurs ancêtres retourneraient dans le monde des vivants.

L'US Army s'inquiète de ce qu'elle pense être le début d'une révolte, alors qu'en fait la prophétie ne demande pas aux Indiens de prendre les armes, mais de laisser faire le Grand Esprit. Des renforts militaires arrivent dans les réserves, ce qui inquiète cette fois les Indiens. Dans ce climat tendu, il est décidé d'arrêter les grands chefs indiens, prétendus meneurs de la soi-disante révolte.

Le 15 décembre 1890, une quarantaine d'agents de la police tribale indienne pénétrent chez Sitting Bull, dans la réserve Sioux de Standing Rock. Mais celui-ci refuse de les suivre. Une bagarre s'ensuit, au cous de laquelle un coup de feu éclate. Sitting Bull s'écroule, mortellement blessé. Dès lors, la panique s'empare des autres Sioux, pensant que l'armée américaine va effectuer des représailles contre eux.

Les Sioux s'enfuient en masse de la réserve. Une partie d'entre-eux la réintégrera dans les jours qui suivent. Les autres rejoignent en maquis le chef Big Foot, dont l'arrestation est également prévue. Mais il quitte sa réserve avant que l'on vienne le chercher, avec 400 autres Sioux, dans le but de gagner Pine Ridge où se trouve Red Cloud.

Le 28 décembre 1890, en cours de route, les rebelles croisent le 7ème Régiment de cavalerie, commandé par le colonel James W. Forsyth, et sont capturés. Un camp d'internement temporaire est établi à Wounded Knee.

Le lendemain, les soldats américains veulent confisquer les armes aux Indiens et leurs tentes sont fouillées. Un sioux, qui avait payer cher son fusil, ne veut pas le rendre. Une altercation puis un coup de feu éclatent. Les Indiens veulent dès lors reprendre leurs armes et les mitrailleuses Hotchkiss qui cernent le camp entrent en action et tuent sans distinction environ 150 Sioux, hommes, femmes et enfants.

Certains Américains présents sont des survivants du 7ème Régiment de cavalerie de Georges Custer à Little Big Horn, et, par vengeance, auraient parait-il ouvert le feu les premiers. Les honneurs militaires sont ensuite rendus aux 25 soldats tués durant l'affrontement.

Le 3 janvier 1891, les corps indiens sont inhumés dans des fosses communes. Le soir même, la neige tombe et recouvre le lieu du massacre, efface ses traces. Ce évènement met un terme définitif aux guerres indiennes.



Ultimes actes et affrontements (1898-2003).

  • 5 octobre 1898, Leech Lake, Minnesota. Bataille de Sugar Point, entre des Indiens Chippewas et le 3ème Régiment d'infanterie. La dernière Médaille d'Honneur (Medal of Honor) des guerres indiennes est décernée au soldat Oscar Burkard.
  • 21 septembre 1904, Nespelem, Etat de Washington. Décès du Chef (Nez-Percés) Joseph (64 ans).
  • 1907, Four Corners, Arizona. Deux soldats du 5ème Régiment de cavalerie se bagarrent avec une bande d'indiens Navajo. Un Navajo est tué et les autres prennent la fuite.
  • 17 février 1909, Lawton, Oklahoma. Mort du Chef (Apache) Géronimo (80 ans), après avoir contracté une pneumonie.
  • 10 décembre 1909, Réserve de Pine Ridge, Dakota du Sud. Décès du Chef (Sioux Oglala) Red Cloud (88 ans).
  • 1911, Chaco Canyon, Nouveau-Mexique. Une compagnie de cavalerie venant de Fort Wingate est envoyée pour mater un soulèvement éventuel des Navajos.
  • 19 janvier 1911, Washoe County, Nevada. Le dernier massacre perpétré. Douze Shoshones assassinent quatre fermiers blancs. En représaille, le 26 février, huit des Shoshones impliqués dans ce massacre sont tués par une bande de blancs. Les quatre autres sont arrêtés, jugés et condamnés par la police.
  • 23 février 1911, Fort Worth, Texas. Décès du Chef (Comanche) Quanah Parker (59 ans).
  • 9 janvier 1918, Bear Valley, Arizona. Dernier affrontement. Des militaires du 10ème Régiment de cavalerie engagent et capturent un groupe de Yaquis, après un bref combat.
  • 2 juin 1924, Washington DC. Signature de l'Indian Citizen Act. Les Amérindiens deviennent officiellement "citoyen américain".
  • 18 juin 1934, Washington DC. Signature historique de l'Indian Reorganization Act. L'Etat fédéral américain met fin au processus de parcellisation des terres indiennes (General Allotment Act de 1887), et reconnaît aux tribus indiennes le droit à l'autonomie.
  • 1941-1945, Seconde Guerre mondiale. De nombreux Amérindiens ont servis et combattu dans les unités de l'US Army, de l'US Navy ou de l'US Marine Corps, en tant que Code Talkers dans les unités de transmissions, ou bien comme éclaireurs baliseurs Pathfinders, essentiellement dans les divisions aéroportées en Europe.

    Photo ci-dessous: 1° Code Talkers Commanches du 22ème Régiment de la 4ème Division d'infanterie, qui ont participé à l'opération Overlord et débarqué sur Utah Beach le 6 juin 1944. 2° Les éclaireurs Pathfinders Mohawk chargés de baliser les zones de parachutages et d'atterrissage de planeurs, sont les premiers parachutistes américains à s'envoler pour la Normandie, dans la soirée du 5 juin. 3° Code Talkers Navajos de l'USMC dans la Guerre du Pacifique. 4° Greg "Pappy" Boyington, de la Nation Sioux, était le doyen des pilotes de chasse et un des militaires américains les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale. Abattu au cours d'une mission d'escorte de bombardiers lourds contre la base navale japonaise de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne, il termine le conflit dans un camp de prisonniers au Japon, puis libéré le 2 septembre 1945 et rapatrié aux Etats-Unis.

    Code-Talkers-Comanches-10



    Code-Talkers-Navajos-USMC

    Pappy_Boyington-Sioux
  • 15 août 1953, Washington DC. Signature du Termination Act, visant à la suppression des Réserves indiennes.
  • 1968, Washington DC. Fondation de l'American Indian Movement (AIM), par Dennis Banks, George Mitchell, Herb Powless, Clyde Bellecourt, Harold Goodsky, Eddie Benton-Banai, et un certain nombre d'autres membres de la Native American community de Minneapolis.
  • 27 février 1973: Wounded Knee, Dakota du Sud. Des militants extrémistes armés de l'AIM occupent Wounded Knee, le site où des Sioux ont été massacrés en 1890. L'armée, le Bureau des Marshals et le FBI les assiègent pendant 73 jours. Ce siège fait trois morts: deux membres de l'AIM et un Marshal fédéral. Pendant les mois qui suivent, la répression du FBI et le terrorisme des paramilitaires amérindiens feront 65 autres victimes.
  • 23 mars 2003: Nasiriyah, Irak. Mort au combat de Lori Ann Piestewa, de la tribu des Hopi-Navajo (Nord-est de l'Arizona).



Photos ci-dessous: 1° un jeune Navajo en 2007. 2° Tombe de Geronimo, à Fort Sill dans l'Oklahoma, en 2005.





Vidéos ci-dessous: 1° Pow-Wow Navajo à Bagdad, 2003. 2° Traditions guerrières indiennes dans l'Armée américaine, 2007. 3° Peyote Songs. 4° Amazing Grace in Cherokee. 5° Sioux-Lakota.











Quelques liens url intéressants:

Site web de la Nation Sioux
Site web de l'American Indian Movement
Amerindiens dans les forces armées des Etats-Unis


Article modifié le 9 juillet 2016.


Sources principales:
American Indian Wars (Wikipedia.org)
Guerres indiennes (Wikipedia.org)
Demographic History of Amerindian People (Wikipédia.org)

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