Guerre de Sécession (1861-1865) - Bilan et conséquences du conflit

La guerre de Sécession, un siècle et demi plus tard, est encore très présente dans la mémoire collective américaine. Sur une population de 31 millions d'habitants, 620,000 hommes ont été tués au combat, de maladies ou par suite de leurs blessures. C'est le conflit le plus meurtrier et le plus coûteux de l'histoire des Etats-Unis. Ses conséquences politiques, économiques, sociales et raciales ont perduré longtemps après la fin des hostilités. Celles-ci peuvent se résumer en trois points principaux. 1° Le renforcement de l'Union et de l'intégrité territoriale. 2° L'abolition de l'esclavage dans le Sud. 3° La période dite "de Reconstruction".



Bilan humain et matériel du conflit.

En termes de destructions et de pertes humaines, la guerre civile américaine est la plus coûteuse de l'histoire des Etats-Unis. En avril 1865, 620,000 hommes, dans une nation de 31 millions d'habitants, ont été tués, soit 8% de la population blanche masculine entre 13 et 43 ans, c'est-à-dire davantage que dans toutes les autres guerres réunies auxquelles les Etats-Unis prendront part par la suite! 412,000 autres ont été blessés ou mutilés.

Le Nord enregistre au total 360,000 tués et 275,000 blessés, sur 2.8 millions d'hommes enrôlés, soit presque un quart des effectifs engagés (22.7%). Le Sud, 260,000 tués et 137,000 blessés, sur un peu plus d'un million d'enrôlés. Soit un tier des effectifs engagés!


Statistiquement, deux fois plus d'hommes sont morts de blessures, d'épidémies ou de maladies, que directement sur le champ de bataille. Pour le Sud, 167,000 tués sur 260,000. Pour le Nord, 250,000 morts sur 360,000.

Les villes et les industries nordistes sortent pratiquement intactes de la guerre. Les ravages sont limités dans le Sud, où pratiquement tous les combats ont eu lieu. Le montant des dégâts matériels et le coût de l'émancipation des esclaves se chiffrent à plus de 3.3 milliards de dollars pour la Confédération. Richmond, Charleston, Atlanta, Mobile et Vicksburg sont devenus des champs de ruines. Dans la campagne par laquelle sont passées les armées de Grant, de Sherman et de Sheridan, il ne reste plus que les murs des domaines de plantations, des fermes et des ponts brûlés, et des lignes de chemin de fer arrachées. De nombreuses récoltes ont été détruites ou confisquées et le bétail massacré.

Ci-dessous: Broad Street à Charleston, Caroline du Sud, en mai 1965.


Ce conflit tranche la question de la permanence de l'Union. La "doctrine de la sécession" est discréditée et, après 1865, les Etats trouveront d'autres moyens pour manifester leurs doléances. Il accroît l'autorité du gouvernement fédéral. L'exécutif, en particulier, exerce une juridiction et des pouvoirs plus grands qu'à aucun autre moment de l'histoire de la nation.

Le Congrès des Etats-Unis adopte la plupart des lois contre lesquelles le Sud s'était si fortement opposé avant la guerre, notamment la loi agraire sur le Homestead, les amples crédits budgétaires pour la modernisation de l'équipement et les droits de douane les plus élevés de l'histoire américaine à cette date.

Du point de vue économique, la Guerre de Sécession encourage la mécanisation de la production et l'accumulation du capital dans le Nord. L'équipement des armées ont nécessité la production de masse d'aliments industriels, de prêt-à-porter, de chaussures et, après la guerre, l'industrie reconvertit ce type de production à l'utilisation civile.

Au niveau scientifique, elle marque également un formidable bon en avant technologique. Le 17 février 1864, le premier sous-marin du monde, le CSS Hunley, du nom de son inventeur Horace L. Hunley, sous les ordres du lieutenant George Dixon, effectue sa première sortie opérationnelle sous la bannière confédérée, et coule l'USS Houssatonic dans la baie de Charleston. Maleureusement, le sous-marin disparait corps et bien après son exploit. De toute façon, c'est trop tard et sans incidence sur la suite des opérations militaires.

Ci-dessous: épave du CSS Hunley renflouée en 2000.


L'Union met en application les avancées révolutionnaires dans le domaine de l'aérostat et créa le premier "Corps aérien d'observation" de l'histoire. Pour la première fois dans l'Histoire, la guerre entre dans sa troisième dimension.


L'armement n'est pas oublié: les premières carabines à répétition Spencer et les premiers obusiers à chargement par culasse (breech-loading) et à canon raillé commencent à remplacer les mousquets et pièces d'artillerie à canon lisse se chargeant par la gueule (muzzle-loading). En 1861, au Nord tant qu'au Sud, les billes des mousquets cédent peu à peu leur place à un nouveau projectile profilé, encore pratiquement inconnu de la troupe: la balle Minie (ou Minié en français). Les cartouches et obus modernes viennent de naître.

Ci-dessous: 1° Carabine à répétition Spencer de 13mm (1865). 2° cartouche 44-40 Winchester destinée à la Cavalerie de l'Union (1864). 3° Balle Minie, nouveau projectile inspiré de la Minié française (1859). 4° Obusier de 8 pouces (203mm) Parrott utilisé par l'artillerie de siègle confédérée (1862).








Idem pour l'artillerie de siège: les premiers obusiers alimentés par culasse commencent à remplacer les canons se chargeant par la gueule.

La télégraphie électrique et le code Morse font leur apparition partout sur le territoire américain et révolutionnent à tout jamais les communications. L'Union crée le "Signal Corps" et les premières unités de transmission de l'histoire militaire.

En 1865, les Etats-Unis sont devenus la plus grande puissance industrielle du monde.

La guerre de Sécession donne la liberté, théorique, à environ quatre millions de Noirs dans le Sud. Toutefois, les mentalités qui avaient accepté l'esclavage pendant trois cent ans ne disparaissent pas avec la guerre. Les questions non résolues pendant la période de Reconstruction recréent des tensions et des problèmes qui persisteront tout au long de la première moitié du vingtième siècle, jusqu'à la fin de la ségrégation raciale, en 1957.


Relation internationales des deux belligérants.

Pour rendre son choix d'indépendance plus crédible, en matière de politique extérieure, la Confédération cherche avant tout la reconnaissance et le soutien de pays étrangers, en particulier des deux puissances européennes d'alors, la Grande-Bretagne et la France. Cette confiance repose, pour une grande partie, sur le fait que ces deux nations dépendent fortement des exportations du coton sudiste, nécessaire pour leurs industries textiles.

L'Angleterre, par exemple, importe 75% de son coton du Sud des Etats-Unis. Alors que ce commerce est mis en péril par le blocus naval de l'Union, les Confédérés comptent sur une intervention européenne en leur faveur. En 1861, la déclaration officielle de neutralité de la France et de la Grande-Bretagne dans la guerre de Sécession signifie implicitement que la Confédération est reconnue comme puissance belligérante. Cette déclaration encourage le Sud, alors qu'elle entraîne une vive réaction du Secrétaire d'Etat William Seward et des protestations de l'administration Lincoln, dans le Nord.

"Scandale du Trent". Le 8 novembre 1861, dans l'Atlantique nord, une frégate nordiste, l'USS San Jacinto commandé par le capitaine Charles Wilkes, intercepte et araisonne le navire à vapeur britannique RMS Trent, qui transporte deux diplomates confédérés, James Murray Mason et John Slidell, vers l'Europe. Cet "incident" provoque de vives protestations de Londres et la rupture des relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne et l'Union. Finalement, la crise est résolue quand Lincoln les fait relâchés et désavoue publiquement Wilkes, quelques semaines plus tard.

Après la victoire nordiste d'Antietam Creek et la "Proclamation d'émancipation" des Noirs prononcée par Lincoln en septembre 1862, l'ancienne puissance coloniale, qui s'était montrée jusqu'alors favorable à la Confédération, prend désormais ses distances. En 1863, elle interdit la construction de navires de guerre sudistes dans ses chantiers navals. Un des plus célèbres raiders de la marine confédérée, le CSS Alabama, a d'ailleurs été construit (secrètement) en 1862 dans le chantier naval de Birkenhead, en Angleterre.


Pour diverses raisons, les sympathies de la France penchent nettement du côté de la Confédération, bien que celle-ci demeure officiellemnt neutre. L'intervention d'un corps expéditionnaire français au Mexique, en janvier 1862, dans l'intention de placer l'empereur Maximilien Ier à la tête de ce pays, provoque de vive protestations et une réaction de Washington (cf Doctrine Monroe), et l'Union est à deux doigts de déclarer la guerre à la France.

Dans la seconde moitié du conflit, la Grande-Bretagne et l'Union sont engagés dans un commerce réciproque très profitable, l'Union acquérant des armes et des produits manufacturés en Grande-Bretagne, et le Royaume-Uni achetant le blé nordiste.

Finalement, avec la proclamation d'émancipation de septembre 1862, l'opinion publique à l'étranger soutint fermement la cause de l'Union. Tout cela, ajouté au tournant que prend la guerre après Gettysburg, voue à l'échec la demande de reconnaissance et d'intervention étrangères qu'entretenait la Confédération.


Abolition de l'esclavage (1865).

Tout au long du conflit, Lincoln et le Congrès ont déclaré à plusieurs reprises que leur principal soucis était la préservation de la Constitution et de l'Union. Conscient du besoin de conserver la loyauté des Etats frontaliers esclavagistes, Lincoln fait preuve de beaucoup de prudence pour régler la question épineuse de l'esclavage, mais il ne peut finalement pas l'éviter.

Les esclaves libérés ou fugitifs rejoignent les rangs de l'Union et réclament leur émancipation. De plus, dans le Sud, la main d'oeuvre des Noirs représente une valeur essentielle pour l'effort de guerre confédéré.

Les esclaves affranchis ont le droit de s'enrôler dans l'armée de l'Union. A la fin de la guerre, 178,000 Noirs regroupés au sein de 175 régiments "colorés", généralement recrutés ou conscrits dans les Etats du Sud, ont été enrôlés dans les rangs de l'Union. La Confédération, de son côté, après la déclaration d'émancipation de Lincoln, à partir de septembre 1862, fait de même et enrôlera 113,000 Noirs dans son armée jusqu'à la fin des hostilités.

Dans l'Union, la première unité noire constituée, le 54ème Régiment d'infanterie du Massachussetts commandée par le Colonel Robert Gould Shaw, est activée le 13 mars 1863. Ce régiment est officiellement reconnu après l'assaut contre Fort Wagner, en Caroline du Sud, le 18 juillet suivant, attaque au cours de laquelle l'unité est décimée et son commandant tué (1).

Photo ci-dessous: 1° Assaut du 54th (Colored) Regiment de l'Union contre Fort Wagner, le 18 juillet 1863. 2° Compagnie E du 4ème Régiment d'infanterie (coloré), le 17 novembre 1865, à Fort Lincoln.






Le 6 août 1861, le Congrès américain adopte un projet de loi sur la confiscation, qui demandait la saisie de tous les biens, esclaves compris, utilisés "en faveur de la rébellion". Néanmoins, le statut juridique de ces esclaves reste incertain et la politique fédérale tergiverse pendant les dix-huit premiers mois de la guerre.

La proclamation d'émancipation, prononcée par Lincoln en septembre 1862, après la bataille d'Antietam Creek, stipule que, dès le 1er janvier 1863, dans les Etats ou portions d'Etats toujours engagés dans la rébellion, les esclaves seraient "pour toujours libres".

Malgré le sursis accordé au Sud, Lincoln pense qu'il serait fort improbable que les Etats confédérés rejoignent l'Union. Néanmoins, en partie pour apaiser un public nordiste sceptique, Lincoln déclare clairement que son principal objectif est la préservation de l'Union, et non l'abolition de l'esclavage. Lorsque, par la suite, il émet la proclamation d'émancipation, Lincoln la défent par des arguments de nécessité militaire.

"L'émancipation, déclara-t-il, affaiblirait les forces productives de la Confédération et, ainsi, accélérerait la fin de la guerre". Le Tennessee et les Etats frontaliers loyaux et esclavagistes sont exclus de cette proclamation au contraire des territoires de la Louisiane, de la Virginie et de la Virginie-Occidentale occupés par l'Union.

Après les hostilités, le Treizième Amendement à la Constitution, qui abolit officiellement l'esclavage sur l'ensemble du territoire américain, est ratifié en décembre 1865.


(1) Voir le film "Glory" (1989) d'Edward Zwick, avec Matthew Broderick (Shaw), Denzel Washington, Morgan Freeman, Cary Elwes, Jihmi Kennedy et Andre Braugher.


Plan d'amnistie de Lincoln (1863).

Lorsque le Tennessee, la Louisiane et la Caroline du Nord sont quasiment sous le contrôle des armées nordistes, Lincoln nomme des gouverneurs militaires pour ramener ces Etats dans l'Union.

Le 8 décembre 1863, il émet une "Proclamation d'amnistie et de reconstruction". A l'exception des hauts dignitaires militaires et civils de la Confédération ou de ses Etats, tous les Sudistes qui prêteraient un serment de loyauté à la Constitution et jureraient d'obéir à la législation de temps de guerre et aux proclamations relatives à l'esclavage seront amnistiés.

Dès que 10% de l'électorat de 1860 d'un Etat auraient respecté ces clauses, cet Etat serait en mesure de rédiger une nouvelle Constitution, d'élire de nouveaux officiers d'Etat et d'envoyer des représentants au Congrès.

Ce plan devient la base du "Programme présidentiel de la Reconstruction", qui fait se confronter durement au Congrès Lincoln avec les Républicains, ceux-ci réclamant une protection pour les esclaves affranchis et une reconstruction plus ambitieuse.


Que deviennent les généraux nordistes et sudistes après la guerre?

En bénéficiant du plan d'amnistie de Lincoln, la plupart des militaires sudistes survivants réintègrent l'Armée de l'Union. Après sa capture par les troupes de l'Union, Jefferson Davis est poursuivit par la justice américaine pour "Haute trahison". Bien que les charges soient finalement abandonnées, il est déclaré inéligible à toute fonction publique en vertu du 14ème Amendement à la Constitution des Etats-Unis, qui stipule "que nul ne sera sénateur ou représentant au Congrès celui qui aura pris part à une insurrection ou à une rébellion contre le gouvernement américain". Cette décision sera annulée à titre posthume par le président Jimmy Carter en 1978, soit 89 ans après la mort de Davis.

Davis, libéré en mai 1867, s'établit dans les affaires en tant que président d'une compagnie d'assurances à Memphis, dans le Tennessee. Il présidera à Richmond la cérémonie funéraire pour le général Robert E. Lee, décédé en 1870. En 1871, à Atlanta, il réitère son soutien au principe du droit des Etats à faire sécession et de leur souveraineté.


Agé de 81 ans, il s'éteint paisiblement à La Nouvelle-Orléans le 6 décembre 1889. Ses funérailles attirent une foule considérable tout au long du cortège ferroviaire entre La Nouvelle-Orléans et Richmond, où il est inhumé. Au-dessus de sa tombe, dans le Cimetierre d'Hollywood, se dresse sa statue où flotte en permanence le drapeau confédéré.


Robert E. Lee, considéré comme le plus brillant stratège de la Guerre de Sécession, après sa reddition à Appomatox, devient le 2 octobre 1865 président du Washington College, jusqu'à sa mort le 12 octobre 1870, à l'âge de 67 ans. Pendant sa présidence, cet établissement, à peine connu localement, connaîtra une renommée"' nationale. Après sa disparition, le campus est renommé "Washington and Lee College".

En politique, Lee s'implique dans le programme fédéral de Reconstruction du président Andrew Johnson. Il s'oppose cependant à l'octroi immédiat du droit de vote aux anciens esclaves, au motif que ceux-ci ne sont pas assez éduqués pour voter intelligemment et seraient ainsi la proie des candidats démagogues.

En 1867, il s'oppose au programme des Républicains radicaux, qu'il estime incompatible avec toute politique de réconciliation nationale entre le Nord et le Sud. L'année suivante, Lee et 31 autres anciens officiers confédérés signent un manifeste de soutien à Horatio Seymour, candidat démocrate à l'élection présidentielle, opposé au candidat républicain Ulysses S. Grant.

Photos ci-dessous: la statue de Lee devant le Bois du Séminaire, et la ville de Gettysburg aujourd'hui.



Ulysses S. Grant, commandant en chef de l'armée de l'Union en 1864 et 1865, se présente aux élections de 1868 et devient le dix-huitième président des Etats-Unis. Il est ensuite réélu le 5 novembre 1872 pour un second mandat. Atteint d'un cancer du larynx probablement lié à sa consommation de cigares, il s'éteint le 23 juillet 1885 à Mount McGregor, dans l'Etat de New York.


Après la guerre, Pierre Gustave Toutant Beauregard défend la cause des esclaves affranchis et leur droit de vote, ce qui est très rare parmi les généraux confédérés. Il décline les offres de la Roumanie et de l'Egypte qui lui proposent de prendre le commandement de leurs armées. Il devient gouverneur de la Louisiane et commandant de sa milice. Beauregard meurt à la Nouvelle-Orléans le 20 février 1893, à l'âge de 74 ans. Il est inhumé dans le Cimetierre de la Metairie.


Simon Bolivar Buckner, Sr, qui a commandé la garnison sudiste de Fort Donelson en 1862, devient gouverneur du Kentucky. Son petit-fils, Simon Bolivar Buckner, Jr, commandant la 10ème Armée US, sera tué à Okinawa le 20 juin 1945, et deviendra un des plus célèbres généraux de la Seconde Guerre mondiale.

James Longstreet est l'un des plus célèbres généraux confédérés, avec Robert Lee et Joseph Johnson. Il s'engage après le conflit dans une carrière politique, s'inscrit au Parti Republicain d'Ulysses Grant et devient l'ambassadeur américain auprès de l'Empire Ottoman, puis finalement Commissaire aux Chemins de Fer de 1897 à 1904. Il publie ses mémoires From Manassas to Appomattox en 1896, et l'année suivante épouse en seconde noce, à l'âge de 76 ans, Helen Dortch, une bibliothécaire de 34 ans. Il s'éteint après avoir contracté une pneumonie à Gainesville, en Géorgie, le 2 janvier 1904, une semaine avant son 83ème anniversaire.


Joseph E. "Joe" Johnson, l'ancien commandant en chef de l'Armée confédérée du Tennessee, devient après la guerre le président d'une petite compagnie ferroviaire en Alabama, de mai 1868 à novembre 1867, jusqu'à ce qu'elle fasse faillite. L'année suivante, il est agent d'assurance à Savannah, en Géorgie. Il s'interesse ensuite à la politique, et devient membre du Congrès à Washington, en tant que Représentant démocrate de 1879 à 1881. Sous l'administration de Grover Cleveland (22ème et 24ème Président des Etats-Unis, 1885–1889 et 1893–1897), il est nommé "Commissaire aux Chemins de Fer".

Johnson devient un des plus proches et meilleurs amis de William T. Sherman, et à la mort de ce dernier, il préside sa cérémonie funéraire, le 19 février 1891. Après avoir contracté une pneumonie lors de cette cérémonie, il s'éteint le 21 mars suivant, à l'âge de 84 ans. Une statue en son honneur est érigée à Dalton, en Géorgie.


Braxton Bragg devient en 1868 superintendant du réseau de distribution d'eau à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Il supervise la reconstruction du port de Mobile et devient chef ingénieur en Alabama, puis finalement inspecteur aux Chemins de Fer. Fort Bragg, en Caroline du Nord, qui abrite aujourd'hui les 82ème et 101ème Divisions aéroportées et les forces spéciales de l'US Army, a été baptisé en son honneur le 4 septembre 1918.

George G. Meade, le vainqueur de Gettysburg, est nommé commissaire de Fairmount Park en Pennsylvanie, de 1866 jusqu'à sa mort. Il décède le 6 novembre 1872 des suites de ses vieilles blessures reçues durant la guerre, combinées avec une pneumonie. Il est inhumé dans le cimetierre Laurel Hill de Philadelphie, en Pennsylvanie. Fort Meade, dans le Maryland, est baptisé en son honneur, et une statue équestre est érigée sur le champ de bataille de Gettysburg, à l'endroit même où il repoussa la Charge de Picket.


Quand Grant devient président, William T. Sherman, l'artisan de la "Guerre totale contre le Sud" en Géorgie, lui succède au poste de commandant en chef de l'US Army. Son rôle le conduit à mener les Guerres indiennes dans l'Ouest. Sa carrière est marquée par un refus constant de s'engager en politique et, en 1875, il publie Memoirs, un des témoignages directs les plus connus de la guerre civile américaine. Analysant le parcours militaire de Sherman, l'historien militaire Liddell Hart affirme qu'il est "le premier général moderne".

Sherman s'éteint à New York, le 14 février 1891, à l'âge de 71 ans. Il est inhumé au Cimetierre du Calvaire de Saint-Louis. En son honneur, un monument équestre est érigé à Washington DC. Et un des plus célèbres chars de la Seconde Guerre mondiale portera son nom.


Après la guerre, Philip Sheridan poursuit également une carrière militaire et s'implique dans les guerres indiennes de l'Ouest. En raison de sa politique controversée envers les Amérindiens, certains l'accuseront par la suite de racisme et de génocide, notamment pour l'abattage de millions de bisons. Les historiens sont divisés en ce qui concerne la paternité de la célèbre citation: "Un bon indien est un indien mort!", certains d'entre-eux l'attribuant au chef comanche Tosawa en 1869.

En 1871, lors du "Grand Incendie" de Chicago, il coordonne les moyens et les secours des militaires à apporter aux civils. Sheridan s'implique activement dans la protection du Parc national de Yellowstone, dans le Wyoming, en en faisant sa "croisade personnelle". Le 1er novembre 1883, il succède à William Sherman en tant que commandant en chef de l'US Army, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort, le 5 août 1888, à l'âge de 57 ans.



Période de Reconstruction (1865-1877).

Dans l'histoire de l'après-guerre de Sécession, la "Reconstruction" (Reconstruction Era) désigne la période de reconstruction des Etats dévastés par le conflit. Cette période débute en 1863 dans le Sud, et en 1865 en ce qui concerne l'ensemble du territoire américain. Elle prend fin avec le "Compromis de 1877".

Durant douze ans, les anciens Etats confédérés sont "occupés" et administrés de fait par l'US Army. Les Carpetbaggers, des hommes d'affaire ou "profiteurs" nordistes, ainsi désignés péjorativement par la population locale, avec l'aide de Sudistes favorables aux plans de reconstruction (Scalawags), coopèrent avec les autorités militaires, les Républicains et le gouvernement fédéral pour "rebâtir le Sud". Ils lancent une série de programmes ambitieux et engloutissent plusieurs milliards de dollars pour reconstruire les chemins de fer, les plantations, les écoles publiques, les villes dévastées, les ports, les batiments officiels, les industries, le commerce, les entrepôts, etc.


Mais les Nordistes et les Sudistes qui travaillent à ces programmes ne s'attirent pas que la sympathie. Surtout en ce qui concerne le nouveau droit des anciens esclaves au droit de vote en 1867. Ainsi cette situation favorise la création et l'émergence du Ku Klux Klan (KKK), jusqu'à ce que le président Ulysses Grant le déclare illégal, en 1871. La même année, pour armer les Noirs et les aider à s'opposer aux exactions du KKK, les Républicains fondent la National Rifle Association (NRA).

Ci-dessous: dessin symbolisant l'alliance entre le Ku Klux Klan et les Blancs extrémistes de la White League, farouchement opposés aux libertés accordés aux anciens esclaves et aux programmes de la Reconstruction.


Peu à peu, les Démocrates sudistes, désignés "Redeemers", reprennent les leviers de commande et le contrôle de leurs Etats. Avec le "Compromis de 1877", la présence armée (Occupation) et la gestion de la Reconstruction par l'US Army prennent officiellement fin, les Etats sudistes recouvrant leur autonomie. Près de quatre milliards de dollars auront été investis par le Nord dans la Reconstruction.


Article modifié le 9 mars 2013.


Sources principales:
History of the United States (1849-1865) (Wikipedia.org)
American Civil War (Wikipedia.org)

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