Films - Seconde Guerre mondiale: Memphis Belle

"Memphis Belle" est un film de guerre réalisé par Michael Caton-Jones en 1990. Avec Matthew Modine, Eric Stoltz, D.B. Sweeney, Billy Zane et Harry Connick, Jr. L'histoire retrace la 25ème et dernière mission du B-17F-10-BO baptisé "Memphis Belle", Serial No. 41-24485, surnom de la petite amie du véritable pilote, le capitaine Robert T. Morgan. L'avion appartient au 324th Bomb Squadron, 91st Heavy Bombardment Group de la 8th Air Force, basé à Bassingbourn, dans le Cambridgeshire en Angleterre.



1° Casting principal.

  • Matthew Modine: Capitaine Dennis Dearborn, Pilote.
  • Tate Donovan: 1st Lieutenant Luke Sinclair, Copilote.
  • Daniel "D.B." Sweeney: 1st Lieutenant Phil Lowenthal, Navigateur.
  • Billy Zane: 1st Lieutenant Val Kozlowsky, Bombardier.
  • Eric Stoltz: Staff Sgt. (T/3) Danny "Danny Boy" Daly, Opérateur Radio.
  • Reed Diamond: Staff Sgt. (T/3) Virgil "Virgin" Hoogesteger, Mitrailleur de tourelle dorsale et Ingénieur de vol.
  • Sean Astin: Staff Sgt. (T/3) Richard "Rascal" Moore, Mitrailleur de tourelle ventrale.
  • Courtney Gains: Staff Sgt. (T/3) Eugene "Genie" McVey, Mitrailleur de sabord droit.
  • Neil Giuntoli: Staff Sgt. (T/3) Jack Bocci, Mitrailleur de sabord gauche.
  • Harry Connick, Jr.: Staff Sgt. (T/3) Clay Busby, Mitrailleur de queue.


2° Synopsis.

Le 17 mai 1943, l'équipage de la Forteresse Volante B-17 Memphis Belle a accomplit 24 missions. Il ne lui en reste plus qu'une à effectuer, pour boucler son "Tour of Duty", un tour d'opération de vingt-cinq missions (1) et rentrer aux Etats-Unis. Pour cette dernière mission, l'équipage espère une mission courte et facile en France, mais l'objectif est une usine d'armement bien protégée à Brême, en Allemagne (2). La mission est tout d'abord retardée en raison de la couverture nuageuse au-dessus de la cible.

Durant le vol, les Windy City et Sea Cup ayant été abattus, Memphis Belle se retrouve en tête de la formation. Et lorsque celui-ci approche de l'objectif, la couverture nuageuse masque la cible et force le pilote (Matthew Modine) à faire demi-tour et effectuer un second passage, malgré la forte opposition de la FlaK.

Au cours du vol de retour, l'avion est endommagé par la DCA ennemie. Avec deux moteurs hors d'état, l'équipage survole les flots de la Mer du Nord à très basse altitude et doit s'alléger au maximum, en se débarassant des mitrailleuses, des munitions, des radios, des plaques de blindages, etc. Finalement, avec seulement deux moteurs, Memphis Belle arrive à rentrer à sa base et l'équipage peut sabrer le champagne: il a accomplit son tour d'opération et va rentrer au pays.

Dans l'histoire de l'aviation américaine durant la Seconde Guerre mondiale, Memphis Belle est le premier bombardier lourd américain qui réussit à boucler un tour d'opération et à rentrer au pays.

Photos ci-dessous: le B-17G-105 "Sally B" qui interprète dans le film le "Memphis Belle". Pour représenter dans le film un B-17F, la variante du "Memphis Belle", la tourelle de nez est démontée, et l'avion, originellement en couleur uniforme métallique, repeint en Olive Drab sur le dessus, et Light Grey (Gris clair) sur le dessous.



(1) Dans le RAF Bomber Command anglais, un tour d'opérations complet équivaut à 30 missions.

(2) Le véritable "Memphis Belle" accomplit sa dernière mission au-dessus de Lorient, en France.



3° Liste des missions du véritable B-17F-10 "Memphis Belle".
  1. 07/11/1942. Base U-Boote de Brest, France. 56 B-17 et 12 B-24.
  2. 09/11/1942. Base U-Boote de Saint-Nazaire, France. 33 B-17 et 14 B-24.
  3. 17/11/1942. Base U-Boote de Saint-Nazaire, France. 49 B-17 et 14 B-24.
  4. 06/12/1942. Ateliers ferroviaires "Hellemmes" de Lille, France. 60 B-17.
  5. 20/12/1942. Aérodrome Luftwaffe de Romilly-sur-Seine, France. 80 B-17 et 21 B-24.
  6. 30/12/1943. Base U-Boote de Lorient, France. 77 B-17.
  7. 13/01/1943. Gare ferroviaire de Lille, France. 72 B-17.
  8. 23/01/1943. Base U-Boote de Lorient, France. 73 B-17.
  9. 04/02/1943. Gare ferroviaire d'Emden, Allemagne. 65 B-17 et 21 B-24.
  10. 14/02/1943. Gare ferroviaire d'Hamm, Allemagne. 74 B-17.
  11. 16/02/1943. Base U-Boote de Saint-Nazaire, France. 71 B-17 et 18 B-24.
  12. 26/02/1943. Base navale de Wilhelmshaven, Allemagne. 76 B-17 et 17 B-24.
  13. 27/02/1943. Base U-Boote de Brest, France. 63 B-17 et 15 B-24.
  14. 06/03/1943. Centrale électrique et port de Lorient, France. 71 B-17.
  15. 12/03/1943. Gare ferroviaire de Rouen/Sotteville, France. 72 B-17.
  16. 13/03/1943. Gare ferroviaire d'Amiens, France. 80 B-17.
  17. 22/03/1943. Base U-Boote de Wilhelmshaven, Allemagne. 76 B-17 et 26 B-24.
  18. 28/03/1943. Gare ferroviaire de Rouen/Sotteville, France. 79 B-17 et 24 B-24.
  19. 05/04/1943. Usine aéronautique Erla d'Anvers, Belgique. 104 B-17.
  20. 16/04/1943. Base U-Boote de Lorient, France. 83 B-17.
  21. 17/04/1943. Usine aéronautique Focke-Wulf de Brême, Allemagne. 115 B-17.
  22. 01/05/1943. Base U-Boote de Saint-Nazaire, France. 78 B-17.
  23. 04/05/1943. Usines Ford et General Motors, Anvers, Belgique. 79 B-17.
  24. 15/05/1943. Base U-Boote de l'Ile d'Helgoland, Allemagne. 113 B-17.
  25. 17/05/1943. Base U-Boote de Lorient, France. 159 B-17.

Photo ci-dessous: 1° Le véritable "Memphis Belle", ici photographié le 9 juin 1943, après sa dernière mission en Angleterre. L'avion s'apprête à retourner aux Etats-Unis. 2° Célébration de leur dernière mission, le 17 mai 1943.





4° Véritables membres d'équipage.

  • Pilote: Capitaine Robert K. Morgan (Ashville, Caroline du Nord).
  • Copilote: Capitaine Jim Verinis (New Haven, Connecticut).
  • Bombardier: Capitaine Vincent B. Evans (Henderson, Texas).
  • Navigateur: Capitaine Charles B. Leighton (Lansing, Michigan).
  • Opérateur Radio: Sergent Robert J. Hanson (Walla Walla, Washington).
  • Mitrailleurs de tourelle dorsale: Sergent Leviticus Dillon (Providence, Virginie), puis sergent Eugene Adkins (Johnson City, Tennessee), et enfin sergent Harold P. Loch (Green Bay, Wisconsin).
  • Mitrailleur de sabord gauche: Sergent Clarence E. Winchell (Oak Park, Illinois).
  • Mitrailleurs de sabord droit: Sergent E. Scott Miller (Kingswood, Virginie Occidentale), puis sergent Casimir A. Nastal (Detroit, Michigan).
  • Mitrailleur de tourelle ventrale: Sergent Cecil H. Scott (Altoona, Pennsylvanie).
  • Mitrailleur de queue: Sergent John P. Quinlan (Yonkers, New York).

Photo ci-dessous: De gauche à droite... Tech. Sgt. Harold P. Loch (Mitrailleur de tourelle dorsale), Staff Sgt. Cecil H. Scott (Mitrailleur de tourelle ventrale), Tech. Sgt. Robert J. Hanson (Opérateur radio), Capt. James A. Verinis (Copilote), Capt. Robert K. Morgan (Pilote), Capt. Charles B. Leighton (Navigateur), Staff Sgt. John P. Quinlan (Mitrailleur de queue), Staff Sgt. Casimer A. Nastal (Mitrailleur de sabord droit), Capt. Vincent B. Evans (Bombardier), et Staff Sgt. Clarence E. Wichell (Mitrailleur de sabord gauche).



5° Au cours du tournage.

Au total, cinq B-17 War Birds réels différents sont utilisés en 1990 pour le tournage du film "Memphis Belle", qui sont censés en représenter huit. Deux sont situés aux Etats-Unis (N3703G et N17W), deux en France (F-BEEA et F-AZDX "The Pink Lady"), et un en Angleterre (G-BEDF "Sally B"). Ils sont pilotés par des pilotes confirmés, amateurs de War Birds, des véritables avions de la SGM restaurés et remis en état de vol. Le "Memphis Belle" d'origine étant un modèle B-17F, presque tous les B-17 utilisés pour ce film doivent être profondément modifiés pour lui ressembler. La tourelle de nez et ses deux mitrailleuses sont démontées, la tourelle de queue du B-17G est remplacée par celle du B-17F. Et enfin les marquages et la surface non peinte couleur metallique, sont repeints avec les couleurs caractéristiques de la 8th Air Force en 1943: Olive Drab sur les surfaces supérieures, et Light Gray sur les surfaces inférieures.

Durant le tournage, deux B-17 représentent le "Memphis Belle". Le N3703G pour les prises de vues en générale, au sol ou en vol, et le G-BEDF "Sally B" pour montrer les effefs pyrotechniques, les fumées et les dommages subis. Les scènes se déroulant au sol sont filmés sur l'ancienne base de la RAF de Binbrook, dans le Lincolnshire en Angleterre. La scène du décollage des B-17 étant filmée sur le site du Musée Impérial de la Guerre de Duxford. Les scènes d'intérieur de l'avion sont pour leur part filmés, soit dans les B-17 existants, soit dans les studios Pinewood d'Iver Heath (uckinghamshire), dans la banlieue londonienne. Les prises de vue aériennes sont réalisés à partir d'un North American B-25 Mitchell.

A l'exception des noms des B-17, le film est basé en grande partie sur la fiction, même s'il retrace un épisode authentique de la Seconde Guerre mondiale. Le dessin Nose Art ou Pin-up Art et les inscriptions diffèrent quelque peu par leur emplacements, de celle du bombardier d'origine de 1943. De même, la nature et l'objectif de cette 25ème et dernière mission diffèrent. Dans la réalité, le "Memphis Belle" accomplit sa 25ème mission au-dessus de la base U-Boot de Lorient, en France.

Un des B-17 français utilisés, le F-BEEA, est détruit par le feu lorsque celui-ci râte son décollage et s'écrase en lisière de piste. Sur les dix membres d'équipage, deux sont sérieusement blessés, et trois autres atteints plus légèrement.


6° Bandes sonores musicales du film.

"The Chestnut Tree", écrit par Tommie Connor, Jimmy Kennedy et Hamilton Kennedy, apparaît au début du film, mais n'est pas repris sur le CD musical officiel. De même que la chanson "Danny Boy" interprétée par Harry Connick, Jr. dans le film, est présente sur le CD mais en version écourtée et interprétée par Mark Williamson. Les pistes audio du CD sont enregistrées et mixées dans les Studios Abbey Road de Londres. Elles incluent Glenn Miller et son Orchestre interprétant "I Know Why (And So Do You)".

  1. "Londonderry Air" / "Front Titles: Memphis Belle" (traditional / George Fenton) - 3:50
  2. "Green Eyes" (Nilo Menendez, Eddie Rivera, Eddie Woods) - 3:25
  3. "Flying Home" (Benny Goodman, Lionel Hampton, Sydney Robin) - 2:57
  4. "The Steel Lady" (Fenton) - 1:44
  5. "Prepare For Take Off" ("Amazing Grace") (traditional) - 2:39
  6. "The Final Mission" (Fenton) - 3:51
  7. "With Deep Regret..." (Fenton) - 2:02
  8. "I Know Why (And So Do You)" (Mack Gordon, Harry Warren) - 2:55 - performed by Glenn Miller and His Orchestra
  9. "The Bomb Run" (Fenton) - 1:30
  10. "Limping Home" (Fenton) - 2:25
  11. "Crippled Belle: The Landing" (Fenton) - 3:26
  12. "Resolution" (Fenton) - 1:06
  13. "Memphis Belle" (End Title Suite) (Fenton) - 7:37
  14. "Danny Boy" (Theme from Memphis Belle) (Frederic E. Weatherly) - 3:20 - performed by Mark Williamson

Photo ci-dessous: illustration de pochette du CD musical "Memphis Belle".



7° Extraits vidéos du film.

















Article modifié le 8 mai 2016.

Moyen-Orient: Israel et les mensonges de la presse française

On se disait qu'après tous les dérapages journalistiques de la Seconde Intifada (2000-?), ou "Intifada Al-Aqsa", les médias auraient rectifié leur propension au matraquage anti-israélien. Hélas! Sous l'apparence de davantage de rigueur, ce matraquage n'a à nouveau pas manqué depuis le début du conflit opposant le Hezbollah à Israel (2006).



Israel: la désinformation de la presse française.

Nous ne parlerons même pas du drame de la plage de Gaza (1) où nos médias ont rapporté tête baissée un soi-disant massacre israélien, avec mise en scène en bonne et due forme devant les caméras, quand il s'agissait d'une tragédie [réelle] palestino-palestinienne...

Il est un fait hélas, semble-t-il irréversible: nos journalistes gobent autant qu'ils peuvent les mensonges des djihadistes pour les refourguer à l'opinion occidentale (2), et mettent systématiquement en doute les explications et les arguments israéliens, qui pourtant se révèlent fiables.


Certes, les grosses ficelles de la propagande arabe de la Deuxième Intifada, telles l'affaire Al Dura, Jénine, la Basilique de la nativité, ..., n'ont pas eu lieu au Liban, sauf à Cana où nos médias occidentaux se sont faits quelque peu berner par un Hezbollah à la recherche d'un gros scoop capable d'arrêter l'armée israélienne.

Cette fois, la propagande anti-israélienne s'est montrée plus subtile.

Tout d'abord, la caisse de résonance a développé l'idée d'une réponse israélienne disproportionnée. Assurément, la question mérite d'être débattue. La politique israélienne peut, doit être critiquable et critiquée. Mais en l'occurrence, point de débat.

L'information a, insensiblement, transformé la volonté d'Israel d'empêcher le Hezbollah de nuire, en une guerre d'agression. Il n'est plus question, dès lors, que d'une offensive israélienne... même pas capable d'arrêter les tirs de roquettes des "résistants" chiites libanais. Tout ça juste pour deux soldats kidnappés, nous répète-t-on avec une cécité consternante.

Il n'est pas exagéré de dire qu'aujourd'hui, c'est bien ainsi que la plupart de nos médias présentent l'actualité. L'enjeu, les tenants et aboutissants du conflit sont évacués. L'agresseur est devenu l'agressé et vice-versa. Un agresseur qui surprend par sa volonté obscure, gratuite, de nuire.


Et puis paradoxalement, ces mêmes médias, dans le même temps, exposent, en fins analystes, la faiblesse de l'armée israélienne, coupable d'être inefficace, mal préparée, mal renseignée, etc...

Cette sorte de contradiction révèle une chose: quand Tsahal gagne [facilement] face à ses ennemis bien plus faibles qu'elle, elle est coupable d'être trop forte et de gagner de façon déloyale. Mais si elle montre des difficultés face à ses ennemis, elle est coupable de ne pas être à la hauteur.

Pour nos journalistes, Tsahal ne devrait avoir que deux alternatives: ne pas se défendre et rester passive, ou avoir une baguette magique et remporter la victoire en faisant guili-guili à ses ennemis.

Mais le plus grave, sur cette question, c'est la quasi absence, dans le discours, du grave problème que représente le fait qu'une armée, celle du Hezbollah, défile armée et en uniforme pour parader, et lors d'un conflit, se mette en civil pour combattre, et impose à des civils [des vrais] de leur servir de boucliers humains.

Comment se fait-il que cet aspect du conflit, aussi déterminant pour son déroulement que pour son bilan, soit si absent de tout ce dont on nous rebat chaque jour à la TV, à la radio, dans les journaux?

Dans ce traitement médiatique, nous n'aurons donc pas eu droit aux grosses ficelles de la Seconde Intifada, mais davantage à une accumulation de petites choses.

En voici quelques exemples parmi tant d'autres.

D'abord l'inévitable décompte des civils libanais tués. Décompte répété quotidiennement, détaillé, sorte d'antienne quasi obsessionnelle.

Mais quelle crédibilité accorder à ces chiffres, quand les combattants du Hezbollah sont en civil, quand le camp ennemi d'Israel emploie le mensonge sans vergogne pour sa "bonne" cause? Comme à Cana où le nombre de victimes a été finalement divisé par deux.

Comme à Houla où le massacre de quarante civils est devenu un unique décès. Et combien d'autres mensonges non dévoilés?

Le problème n'est pas de savoir s'il y a minimisation ou surestimation du nombre de morts libanais. Ils sont de toute façon trop nombreux et ne peuvent qu'inspirer désolation et colère. Le problème est la façon dont nos médias, au lieu d'informer, s'acharnent à enfoncer le clou de la culpabilité de l'Etat d'Israel. Sinon, pourquoi n'y a-t-il pas ce même acharnement pour le Darfour ou tout autre conflit?

Autre exemple. Nous avons pu entendre à la radio que "le village de Kiriat Shmona" allait être évacué par Israel. Un village de 24000 habitants!... Comment ne pas voir là une façon de minimiser les préjudices causés par ce conflit à la population israélienne?

Sur France Culture, le 10 août [2006], était proposé un reportage sur le bombardement d'un camp palestinien au Liban. Le propos du côté israélien, très peu présent, fut inévitablement mis en doute. Du côté arabe, l'interviewé déclara que le bombardement était sans raison, puisqu'"avec Israel, il faut s'attendre à tout et n'importe quoi." Telle était bien la conclusion de ce reportage, conclusion banale dans la caisse de résonance médiatique.

Sur France Info, le même jour, une revue de presse nous rapportait un texte du Figaro. Au Figaro, quand un journaliste est à cours d'argument, il fait parler les morts. Ici, il fit parler Itzhak Rabin. Il prêta à l'ancien premier ministre israélien, face à l'actualité, le fait d'être "désespéré d'avoir lutté pour une cause aussi perdue".

Quel poids, n'est-ce pas Monsieur le journaliste du Figaro et Monsieur le journaliste de France Info! C'est Itzhak Rabin lui-même qui le pense: Israel est une cause perdue... qui n'inspire que désespérance à ceux qui y ont consacré leur vie.

Que signifie toute cette accumulation de "petites" choses?

Nous savons bien que l'on dit généralement ce que l'on souhaite. On oriente ce qu'on rapporte dans le sens que l'on souhaiterait. C'est humain.


A l'évidence, chez de trop nombreux journalistes, non seulement Israel est un pays barbare, mais en plus, il se bat pour une cause perdue. A l'évidence, un trop grand nombre de journalistes n'aiment pas Israel, et souhaitent sa défaite.

Et puis force est de constater que, dans ce matraquage quotidien, sont beaucoup trop souvent oubliés le fondement théocratique intégriste du Hezbollah politique, le fanatisme religieux d'un islam chiite obscurantiste et suicidaire, et le fond culturel haineux d'un mouvement qui laisse libre cours à l'antisémitisme le plus débridé.

Bien sûr, comme tous les Etats, Israel a sa part d'ombre et n'incarne pas la perfection. Quant aux membres du Hezbollah, seul Dieu sonde les coeurs et les reins.

Mais ces journalistes occidentaux, trop nombreux, qui s'évertuent à maquiller le Hezbollah en mouvement respectable et à grimer Israel en despote barbare, ceux-ci ont choisi leur camp.

Mais alors, qu'ils le disent clairement! Qu'ils assument leur choix, au lieu de feindre une objectivité et une honnêteté en trompant leur public.

Maintenant, ce conflit nous amène à une autre question, qui dépasse la simple dimension médiatique.

Il y a septante ans, un pays européen a développé sans entrave une idéologie meurtrière, raciste et barbare. Il l'a fait dans l'indifférence européenne quasi-générale. Il l'a fait alors que ses voisins et les grandes puissances de l'époque [politiques et spirituelles] ont fait preuve de laxisme et de faiblesse.

Il s'en est suivi la pire tragédie de l'histoire humaine, la guerre sur tous les continents, et près de soixante millions de morts.

Aujourd'hui, des pays, dont le Liban, ont laissé, et laissent encore se développer sans entrave, sur leur territoire, une idéologie meurtrière, raciste et barbare qui n'a guère à envier au nazisme. Cela se passe une nouvelle fois dans l'indifférence quasi-générale.

Qui est surpris de ce qui se passe actuellement au Liban?

La faiblesse coupable vis-à-vis de l'Allemagne nazie va-t-elle se reproduire aujourd'hui avec l'Iran des ayatollahs et les terroristes djihadistes des Hezbollah, Hamas et Cie?

Nous entendons déjà les bonnes âmes dire que tout cela est de la faute d'Israel, la faute à ce conflit israélo-arabe, israélo-palestinien, conflit non résolu à cause des Juifs, bien sûr, conflit source de tant d'injustices pour les Arabes palestiniens...

Ben voyons! Mais les Nazis et autres antisémites avaient eux aussi, par le passé, leurs bonnes raisons de croire ce qu'ils croyaient, et de faire ce qu'ils faisaient. Et l'Allemagne, à l'issue de la 1ère guerre mondiale, n'était-elle pas victime d'une grave injustice, avec un Traité de Versailles qui en faisait un perdant humilié et écrasé de dettes?

Bien sûr qu'il est urgent de résoudre ce conflit dans lequel, évidemment, Israel a sa part de torts. Mais sans aucune concession et sans aucune faiblesse avec ceux qui nient à Israel le droit d'exister, notamment dans un Etat souverain. Car il en va de l'avenir du monde libre, et pas seulement de façon symbolique.

Il nous faut espérer que la différence de situation avec les années 1930-1940 ne se trouve pas uniquement dans le fait que les Juifs, aujourd'hui, ont une armée pour se défendre.

[Jean-Daniel Chevalier, Primo Europe, 15 août 2006]


(1) Le 13 juin 2006, une mine antipersonnelle du Hamas tue 8 personnes d'une même famille venue pique-niquer sur une plage de Gaza. Les agences de presse, et en particulier l'Agence France-Presse (AFP), reprises par pratiquement tous les médias d'information français, écrits ou audiovisuels, rejettent immédiatement la responsabilité de ce drame sur Israel, accusée en outre de chercher à maquiller sa "bavure".

http://agonist.org/20060609/seven_dead_as_israel_shells_packed_gaza_beach

http://www.canoe.com/archives/lcn/infos/lemonde/2006/06/20060613-214613.html

Prises en flagrant délit de désinformation et de diffâmations, aucune d'entre-elles ne daignera pourtant présenter des excuses à l'Etat hébreu.

(2) l'opinion arabe, elle, en est gavée quotidiennement, 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Article modifié le 19 juillet 2014.

29-30 septembre 1938 - Allemagne: paix honteuse de Munich

Les Accords de Munich, signés le 30 septembre 1938 à 1h30 du matin par l'Allemagne, l'Italie, la France et la Grande-Bretagne, permettent au Troisième Reich d'annexer purement et simplement la région des Sudètes, une zone du territoire tchécoslovaque à forte minorité germanophone. La France et la Grande-Bretagne, partisans de la "Paix à tout prix", cèdent sur tous les points aux exigences d'Adolf Hitler. La Conférence de Munich brille dans l'Histoire par sa brièveté: les Accords sont signés seize heures après son ouverture. C'est ce que l'on appelle la "Paix honteuse de Munich".


Paix honteuse de Munich et "réglement" des Sudètes.

Le 29 septembre 1938 à 10h s'ouvre à Munich la Conférence "de la dernière chance". Le Président du Conseil des ministres (Premier ministre français) Edouard Daladier et son homologue britannique, Neville Chamberlain, recontre le Chancelier allemand Adolf Hitler pour tenter de trouver une solution au "problème des Sudètes".


1° Crise des Sudètes.

Le 18 octobre 1919, avec la défaite de l'Allemagne et la chute de l'Empire Austro-Hongrois, la Tchécoslovaquie accède à l'indépendance grâce au Traité de Saint-Germain-en-Laye, au nom du principe wilsonien du "droit des peuples à disposer d'eux mêmes". Ce traité octroit à la Tchécoslovaquie des territoires où vivent des fortes minorités: Bohême, Moravie, Ruthénie et Silésie. La population germanophone vit dans la Région surnommée "les Sudètes".

Carte ci-dessous: différentes régions linguistiques de la Tchécoslovaquie en 1930. Répartition ethnique: Tchèques (51%), Slovaques (16%), Allemands (22%), Hongrois (5%) et Ruthènes (4%).

Après l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne, le chef pro-nazis des Sudètes Konrad Heinlein fonde le "Parti Nazi sudète" (SdP). En 1935, le SdP représente en importance le deuxième parti politique tchécoslovaque.

Après l'annexion de l'Autriche au Troisième Reich, Heinlein rencontre Hitler à Berlin le 28 mars 1938, pour recevoir de nouvelles instructions, et émet une série de revendications transmises au président Edvard Benes, le 24 avril suivant. Ces exigences sont connues sous le nom de "Programme Carlsbad". Heinlein demande surtout une "complète autonomie" des Allemands vivant en Tchécoslovaquie. Benes est d'accord pour accorder plus de droit aux germanophones, mais refuse catégoriquement de leur accorder l'autonomie. Dès lors, la situation politique entre l'Allemagne et la Tchécoslovaquie se détériore.

Ci-dessous: les principaux protagonistes de la Crise des Sudètes en 1938. De gauche à droite... Konrad Heinlein, chef du Parti Nazi des Sudètes. Edvard Benes, président tchécoslovaque. Adolf Hitler, chancelier du Troisième Reich.

Pour tenter de régler cette crise, la France et la Grande-Bretagne servent de médiateur. Le président du Conseil français, Edward Daladier, pense que les revendications des Sudètes sont justifiés, et avec son homologue britannique, Neville Chamberlain, fait pression sur le gouvernement de Bénès pour qu'il acceptent les revendications allemandes. Mais Bénès résiste et le 20 mai, décrète une mobilisation partielle de l'armée, face à une invasion allemande de plus en plus probable.

Le même jour, Hitler demande à ses généraux de mettre sur pied un plan d'attaque de la Tchécoslovaquie, le "Plan Vert" (Fall Grün). Le 28 mai, il fait accélérer la production navale, notament du premier des deux cuirassés Bismarck et Tirpitz (qui doit être lancé en 1940), et des deux cuirassés de poche (ou croiseurs de bataille) Scharnhorst et Gneisenau. Dix jours plus tard, Hitler signe une directive secrète pour l'invasion de la Tchécoslovaquie, avec comme date butoir le 1er octobre. Mais son principal conseiller, Fritz Wiedemann, craint que cette attaque ne fassent entrer la France et la Grande-Bretagne en guerre contre l'Allemagne.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne envoit un médiateur à Prague, Lord Runciman, pour tenter de persuader Benès d'accepter les demandes des Sudètes.

En août, la presse allemande commence une campagne de désinformation, alléguant de prétendues attrocités commises par les Tchécoslovaques contre les Allemands des Sudètes, dans l'espoir de forcer la France et la Grande-Bretagne à faire pression sur Bénès pour qu'il acceptent les revendications allemandes. Hitler fait masser 750,000 soldats à la frontière germano-thécoslovaque, sous le couvert officiel de "manoeuvres".


2° La conférence de la "Dernière Chance".

Le 12 septembre 1938, à Nuremberg, Hitler annonce publiquement lors d'un grand rassemblement du Sportpalace, qu'il condamne fermement les "brutalités" du gouvernement tchécoslovaques envers les Allemands des Sudètes. Il accuse directement le président Bénès de vouloir "exterminer" les 600,000 Germanophones des Sudètes, et dénonce la tchécoslovaquie comme un "Etat inféodé à la France".

Le 13 septembre 1938, Chamberlain demande à Hitler la tenue en Allemagne d'une Conférence pour trouver une solution à la crise des Sudètes. Deux jours plus tard, une première entrevue se tient à Berchtesgaden. La rencontre dure trois heures, mais ne débouche sur rien et est ajournée, les protagonistes étant restés sur les positions.

Le 16 septembre 1938, Daladier se rend à Londres pour discuter avec Chamberlain sur une ligne de conduite commune à adopter. La situation politique en Tchécoslovaquie se dégrade et se complique encore, lorsque le gouvernement émet un mandat d'arrêt à l'encontre du chef des Sudètes, Heinlein. A Londres, les discussions entre Daladier et Chamberlain débouchent sur un plan d'action. Les deux ministres demandent au gouvernement de Bénès de céder le territoire des Sudètes à l'Allemagne, en échange de quoi ils garantissent la sécurité et l'intégrité du reste de la Tchécoslovaquie, face à d'éventuelles menaces futures de l'Allemagne.

Photo ci-dessous: en septembre 1938, l'armée tchécoslovaquie stationnée dans les Sudètes est mise en état d'alerte et patrouille dans les rues des villes.

Le 21 septembre 1938, le gouvernement tchécoslovaque cède finalement aux demandes formulées par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. Mais suite à cela, Hitler formule de nouvelles exigences, demandant que les griefs des minorités germanophones de Pologne et de Hongrie soient également satisfaites.

Le 22 septembre 1938, Chamberlain se rend à Cologne pour essayer de clarifier les choses, Hitler menace quant à lui de "détruire la Tchécoslovaquie" et de rattacher les Sudètes à l'Allemagne. Bref c'est l'impasse totale.

Le 26 septembre 1938, Chamberlain envoit Sir Horace Wilson porter une lettre à Hitler, déclarant que la Grande-Bretagne et la France cherchent une solution diplomatique pour régler définitivement le problème des Sudètes. Plus tard, au cours de l'après-midi, Hitler réponde à cette lettre en tenant un discours au SportPalace de Nuremberg dans lequel il annonce qu'il va envoyer un ultimatum à la Tchécoslovaquie: celle-ci à jusqu'au 28 septembre à 14h pour annoncer son intention de céder les Sudètes à l'Allemagne. Faute de quoi, ce sera la guerre!

Le 28 septembre 1938, à 10h, quatre heures avant l'expiration de l'ultimatum allemand, l'ambassadeur britannique en Italie demande au Ministre des Affaires étrangères, Galeazzo Ciano, la tenue d'une réunion d'urgence. L'ambassadeur annonce à Ciano l'intention de Chamberlain de demander la médiation de Mussolini pour relancer les négociations et retarder l'ultimatum d'Hitler. A 11h, Ciano relaie la demande britannique au Duce, lequel la transmet sans tarder au Chancelier allemand. Hitler répond qu'il est d'accord, mais pose comme condition que l'Italie soit présente à cette Conférence.

La Conférence de Munich s'ouvre le 29 septembre 1938 vers 10h. Y participent donc le Président du Conseil des ministres français, Edouard Daladier, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain, le Chancelier allemand Adolf Hitler, et l'Italien Benito Mussolini accompagné de son ministre des Affaires étrangères Galeazzo Ciano.

Photo ci-dessous: au premier plan de gauche à droite: Neville Chamberlain, Edouard Daladier, Adolf Hitler, Benito Mussolini et le comte Galeazzo Ciano.

La Conférence de Munich entre dans l'Histoire en brillant par sa brieveté: la signature des "Accords de Munich" s'effectue dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938 à 1h30 du matin. Moins de seize heures après le début de la conférence!


3° Réactions internationales.

Par ces accords, la France et la Grande-Bretagne prétendent se justifier par "le profond réalisme avec lequel elles voient la situation allemande". En résumé, la France et la Grande-Bretagne cèdent sur tous les points aux prétentions d'Hitler. Et selon une des clauses des accords, l'Allemagne occupera militairement les Sudètes dans une date entre les 1er et 10 octobre, à une seule condition: qu'Hitler renonce à toute demande d'extension territoriale ultérieure.

Photo ci-dessous: A Munich, le 30 septembre, le président du Conseil des ministres français, Edouard Daladier, sert la main du ministre allemand des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop.

La Tchécoslovaquie, à qui la France avait promis de protéger son intégrité territoriale, se retrouve seule, incapable militairement de résister à l'Allemagne, et est forcée d'accepter cet état de fait. Chamberlain et Daladier sont convaincus d'avoir mis en terme à l'expansionnisme allemand et surtout d'avoir "sauver la paix"! Leurs illusions et leur naïveté seront très rapidement démenties par les faits.

Photo ci-dessous: le 1er octobre 1938, les Germanophones des Sudètes accueillent en libérateur l'entrée des troupes allemandes en Tchécoslovaquie.

Abandonnée par ses alliés, la Tchécoslovaquie doit céder à l'Allemagne presque 30,000 km² de son territoire, avec 3.5 millions d'habitants, dont 2.8 millions de germanophones. Comme prévu par les accord, les Sudètes seront occupés presque aussitôt par Hitler, le 1er octobre, et annexé au Troisième Reich.

Et ce n'est pas tout! L'infortunée Tchécoslovaquie, après un second partage qui sera ratifié le 20 novembre, perdra d'autres territoires au profil de la Pologne (1,700 km² et 228,000 habitants) et de la Hongrie (20,000 km² et 772,000 habitants).

  1. Régions des Sudètes avec population germanophone: 30,000 km², 3.5 millions d'habitants dont 2.8 millions de germanophones.
  2. La Pologne annexe la région de Zaolzi: 1,700 km² et 228,000 habitants.
  3. La Hongrie occupe la région transfrontalière au sud de la Slovaquie.
  4. La Hongrie récupère également la région des Carpathes Ruthéniques. Au total: 20,000 km² et 772,000 habitants.
  5. Ce qui reste de la Tchécoslovaquie sera occupé à son tour par l'Allemagne le 15 mars 1939 et formera le "Protecterat de Bohême-Moravie".
  6. La Slovaquie proclamera son indépendance de la Tchécoslovaquie et deviendra un état pro-nazi le 14 mars 1939, avec à sa tête le germanophile Jozeph Tiso. Le SS Oberst-Gruppenführer Reinhard Heydrich, qui est déjà le chef suprême de la Gestapo et des forces de police allemandes, dirigera le Protectorat de Bohême-Moravie [Tchécoslovaquie] d'une main de fer du 27 septembre 1941 jusqu'au 27 mai 1942.

De telles cessions territoriales font perdre à l'économie tchécoslovaque une part importante de ses ressources minières et de son industrie.

Texte des Accords de Munich 1938 (en anglais)

"Germany, the United Kingdom, France and Italy, taking into consideration the agreement, which has been already reached in principle for the cession to Germany of the Sudeten German territory, have agreed on the following terms and conditions governing the said cession and the measures consequent thereon, and by this agreement they each hold themselves responsible for the steps necessary to secure its fulfilment:

  1. The evacuation will begin on 1st October.

  2. The United Kingdom, France and Italy agree that the evacuation of the territory shall be completed by the 10th October, without any existing installations having been destroyed, and that the Czechoslovak Government will be held responsible for carrying out the evacuation without damage to the said installations.

  3. The conditions governing the evacuation will be laid down in detail by an international commission composed of representatives of Germany, the United Kingdom, France, Italy and Czechoslovakia.

  4. The occupation by stages of the predominantly German territory by German troops will begin on 1st October. The four territories marked on the attached map will be occupied by German troops in the following order:
    • The territory marked No. I on the 1st and 2nd of October,
    • The territory marked No. II on the 2nd and 3rd of October,
    • The territory marked No. III on the 3rd, 4th and 5th of October,
    • The territory marked No. IV on the 6th and 7th of October.
    • The remaining territory of preponderantly German character will be ascertained by the aforesaid international commission forthwith and be occupied by German troops by the 10th of October.

  5. The international commission referred to in paragraph 3 will determine the territories in which a plebiscite is to be held. These territories will be occupied by international bodies until the plebiscite has been completed. The same commission will fix the conditions in which the plebiscite is to be held, taking as a basis the conditions of the Saar plebiscite. The commission will also fix a date, not later than the end of November, on which the plebiscite will be held.

  6. The final determination of the frontiers will be carried out by the international commission. The commission will also be entitled to recommend to the four Powers, Germany, the United Kingdom, France and Italy, in certain exceptional cases, minor modifications in the strictly ethnographical determination of the zones which are to be transferred without plebiscite.

  7. There will be a right of option into and out of the transferred territories, the option to be exercised within six months from the date of this agreement. A German-Czechoslovak commission shall determine the details of the option, consider ways of facilitating the transfer of population and settle questions of principle arising out of the said transfer.

  8. The Czechoslovak Government will within a period of four weeks from the date of this agreement release from their military and police forces any Sudeten Germans who may wish to be released, and the Czechoslovak Government will within the same period release Sudeten German prisoners who are serving terms of imprisonment for political offences.

"Munich, September 29, 1938.

ADOLF HITLER,

NEVILLE CHAMBERLAIN,

EDOUARD DALADIER,

BENITO MUSSOLINI."

Le 30 septembre 1938, les conséquences des Accords de Munich apparaissent déjà: l'Allemagne nazie se sent définitivement encouragée dans sa politique d'agression par la passivité des Alliés. Les "Munichois", qui regroupent la majorité des classes politiques françaises et britanniques, ont gagné.

Le soir, de retour à Londres, sur l'aérodrome d'Heston, dans la région londonienne, Chamberlain brandit le document signé par Hitler et déclare à la foule: "Mes bons amis, pour la seconde fois de notre histoire, un premier ministre britannique revient d'Allemagne apportant la paix dans l'honneur. Je crois que c'est la paix pour notre temps. Retournez à la maison et dormez paisiblement."

Et il n'hésite pas à affirmer que "le Führer est un gentleman et un homme sur qui l'on peut compter lorsqu'il a engagé sa parole!"

Dans la Chambre des Lords, au cours d'une réunion des ministres mémorable, Winston Churchill, alors "Lord de l'Amirauté" [Ministre de la Marine], déclare à Chamberlain: "Vous avez accepté le déshonneur pour avoir la paix. Vous aurez le déshonneur et la guerre."

En France, la presse titre à la une des journaux: "La Paix!"

Daladier atterrit au Bourget devant une foule enthousiaste. A sa sortie d'avion, le Président du Conseil, amère et lucide, ne peut s'empêcher de murmurer à l'oreille d'Alexis Léger, le secrétaire général du Quai d'Orsay: "Les cons! Ah les cons! S'ils savaient ce qui les attend..."

A l'Assemblée Nationale, seuls les Communistes protestent contre les Accords de Munich. Ce qui provoque la Chute officielle (dans les faits, c'était déjà le cas) du Front Populaire.

Photo ci-dessous: bâtiment historique de la Führerbau aujourd'hui, où ont été signés les "Accords de Munich" le 30 septembre 1938.


Sources principales:


Article modifié le 27 novembre 2018.