vendredi 31 juillet 2009

OTAN - Siège politique et structures militaires de commandement


L'Alliance Atlantique est divisée en deux parties majeures: le siège politique de l'OTAN, plus communément appelé "Conseil de l'Atlantique Nord", installé à Bruxelles et chargé de prendre les décisions, et la structure militaire de commandement ou "Commandement Allié des Opérations", incarné par le SHAPE, implanté près de la ville de Mons en Belgique.


Quartier-général principal ou siège politique de l'OTAN.

Le quartier-général principal de l'OTAN est installé Boulevard Leopold III à Haren, une commune dans la périphérie nord-est de Bruxelles. Mais un nouveau site d'implantation est actuellement en construction, et devrait en principe être inauguré en 2014.


Ce siège politique, plus communément appelé "Conseil de l'Atlantique Nord" ou North Atlantic Council (NAC), est composé de délégations nationales des Etats membres. Chacune d'entre-elles comprend un représentant permanent appelé "ambassadeur", des agents de liaison (civils ou militaires) et des diplomates, chargés de rendre compte à leur gouvernement des positions des autres délégations.

Sous la direction d'un Secrétaire-Général, élu pour un mandat de quatre ans, le Conseil se réunit au moins une fois par semaine, et ses décisions sont votées à l'unanimité. Le nouveau Secrétaire-Général de l'OTAN actuel est l'ancien Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, qui est entré en fonction le 1er août 2009. Il succède ainsi au néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, qui occupait ce poste depuis le 1er janvier 2004.


Le corps législatif de cette structure politique, c'est l'"Assemblée Parlementaire de l'OTAN" (AP-OTAN), ou NATO Parliamentary Assembly (NATO-PA), qui se réunit lors de "session pleinière" annuelle. L'AP-OTAN est composé de 248 parlementaires originaires de 26 pays membres de l'Alliance (1), auxquels viennent s'ajouter 72 autres représentant les délégations de 13 pays associés ou partenaires (2). Pour la plupart, ces parlementaires sont membres du gouvernement de leur pays respectif. Le président actuel de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN est l'américain John S. Tanner, représentant du Tennessee au Congrès.

L'Assemblée parlementaire de l'OTAN officie au-travers de cinq comités:

- Committee on the Civil Dimension of Security, ou "Commission sur la Dimension Civile de la Sécurité".
- Defence and Security Committee, ou "Comité de la Défense".
- Economics and Security Committee, ou "Comité Economique".
- Political Committee, ou "Comité Politique".
- Science and Technology Committee, ou "Comité des Sciences et de la Technologie".

Outre ces cinq comités, l'AP-OTAN dispose également des groupes suivants:

- Commission parlementaire AP-OTAN/Russie. Créée en novembre 2002, elle rassemble les ambassadeurs des vingt-six membres OTAN de l'Assemblée parlementaire et leur collègue de la délégation russe. Présidée par le président de l'Assemblée (John S. Tanner), son rôle est de superviser les relations entre l'Alliance Atlantique et le parlement russe.

- Groupe conjoint de surveillance AP-OTAN/Russie, qui existait déjà avant la commission sus-mentionnée et qui poursuit ses travaux à raison de deux réunions par an, l'une à Bruxelles et l'autre à Moscou.

- Groupe conjoint de surveillance AP-OTAN/Ukraine, qui se réunit deux fois chaque année, à Moscou et à Kiev, pour suivre la mise en application de la Charte OTAN-Ukraine et discuter de tous les aspects des relations entre les deux parties.

- Groupe spécial Méditerrannée.

Le Conseil de l'Atlantique Nord (OTAN) et l'Assemblée parlementaire (AP-OTAN) forment deux entitées distinctes. En théorie, elles sont juridiquement indépendantes l'une de l'autre, mais dans les faits cela ne les a pas empêché de tisser des liens très étroits et de travailler ensemble.


(1) Allemagne: 18. Belgique: 7. Bulgarie: 6. Canada: 12. Danemark: 5. Estonie: 3. Espagne: 12. Etats-Unis: 36. France: 18. Grèce: 7. Hongrie: 7. Islande: 3. Italie: 18. Lettonie: 3. Lituanie: 4. Grand-Duché de Luxembourg: 3. Norvège: 5. Pays-Bas: 7. Pologne: 12. Portugal: 7. République tchèque: 7. Roumanie: 10. Royaume-Uni: 18. Slovénie: 3. Slovaquie: 5. Turquie: 12.

(2) Albanie: 3. Arménie: 3. Autriche: 5. Azerbaidjan: 5. Bosnie-Herzégovine: 3. Croatie: 3. Finlande: 4. Géorgie: 4. République de Macédoine: 3. Moldavie: 3. Monténégro: 3. Fédération de Russie: 10. Serbie: 5. Suède: 5. Suisse: 5. Ukraine: 8.



Structures militaires de commandement.

Le second membre pivot de la délégation nationale de chaque pays membre, après l'ambassadeur, est le "Représentant Militaire", un officier supérieur qui a une longue carrière derrière-lui et patronné par l'état-major international de l'Alliance Atlantique.

Ensemble, les représentants militaires forment le "Comité Militaire", ou Military Committee (MC), un groupe responsable pour recommander au Conseil et aux autorités politiques les mesures considérées comme nécessaires pour assurer la Défense commune de la zone OTAN. Le rôle principal de ce comité est de fournir direction et aide dans la politique et la stratégie militaire à suivre. Il conseille dans le domaine militaire le commandement stratégique de l'OTAN, et ses représentants sont présents lors des réunions du Conseil.

Le président actuel du Comité Militaire de l'Alliance Atlantique est l'amiral italien Giampaolo Di Paola.

http://en.wikipedia.org/wiki/Chairman_of_the_NATO_Military_Committee


Comme le Conseil de l'Atlantique Nord, de temps en temps le Comité Militaire se réunit également, mais à un plus haut niveau stratégique, à savoir celui des Chefs d'état-major et des représentants de la Défense des pays membres, en général l'officier supérieur le plus élevée en grade et/ou qui a le plus d'ancienneté.

De 1966 à 2008, la France était exclue de ce Comité Militaire, suite à la décision du président Charles de Gaulle de se retirer du Commandement militaire intégré (SHAPE), qu'elle rejoignit d'ailleurs en 1995.

L'organisation militaire de l'Alliance Atlantique est dirigée par le président du Comité Militaire (Giampaolo Di Paola) et divisée en deux organisations stratégiques majeures, chacune dirigée par un officier supérieur américain assisté d'un état-major international. Ces deux commandants stratégiques sont responsables devant le Comité Militaire pour les décisions et tout ce qui concerne la gestion militaire dans leur zone d'influence respective.

Le Comité Militaire de l'OTAN est donc réparti en deux commandements majeurs. D'abord le "Commandement Allié des Opérations", ou Allied Command Operations (ACP), responsable de la gestion stratégique et opérationnelle des forces de combat et d'appui tactique de l'Alliance Atlantique. Et le "Commandement Allié pour la Transformation", ou Allied Command Transformation (ACT), chargé de l'admission des forces armées des nouveaux états membre, pour ce qui touche à leur préparation, entrainement et capacité de déploiements futurs.


1° Commandement Allié des Opérations (ACO).

Avant 2003, le commandement stratégique de l'Alliance Atlantique était représenté par le "Commandement Suprême Allié en Europe", ou Supreme Allied Commander Europe (SACEUR), et le "Commandant Suprême Allié pour l'Atlantique", Supreme Allied Commander Atlantic (SACLANT).

Depuis cette date, l'OTAN a regroupé ces deux entitées opérationnelles en un seul commandement: le "Commandement Allié des Opérations", ou Allied Command Operations (ACO), mais toujours plus communément appelé Supreme Headquarter of Allied Powers in Europe (SHAPE), "Grand Quartier-Général des Forces Alliées en Europe". Installé à Casteau, près de la ville de Mons en Belgique, depuis 1966, le SHAPE est responsable des opérations militaires et des missions de maintien de la paix de l'OTAN dans le monde entier.

http://en.wikipedia.org/wiki/James_G._Stavridis


Le poste de SACEUR actuel, qui est également le commandant en chef des Forces armées américaines en Europe (USEUCOM), est occupé depuis le 2 juillet 2009 par l'amiral James G. "Zorba" Stavridis.

http://en.wikipedia.org/wiki/Supreme_Headquarters_Allied_Powers_Europe


A l'ACO sont subordonnés plusieurs sous-commandements interarmes en Europe:

- Joint Force Command Brunssum, aux Pays-Bas.
- Joint Force Command Naples, en Italie.
- Joint Force Command Lisbonne, au Portugal.

Le JFC Brunssum dispose d'une composante armée de terre, Allied Land Component Command Headquarter Heidelberg, et une composante air à Ramstein, en Allemagne, ainsi qu'une composante navale à Northwood, dans la banlieue nord-ouest de Londres, en Angleterre.

Le JFC Naples a une composante terre à Madrid, en Espagne, une composante air à Izmir, en Turquie, et une composante navale à Naples.

Le JFC Lisbonne, pour sa part, est un petit état-major sans commandement subordonnés.

L'ACO a également autorité sur divers autres corps ou organisations: la KFOR déployée au Kosovo, l'ISAF en Afghanistan, la NATO Rapid Deployable Corps avec des unités à Milan (Italie), Istanboul (Turquie), Münster (Allemagne), Valencia (Espagne) et Thessalonique (Grèce). Ainsi que la NATO Airborne Early Warning Force, avec des E-3 SENTRY AWACS et leurs équipages internationaux, basée à Geilenkirchen AB, en Allemagne, et enfin la nouvelle NATO Strategic Airlift Capability, avec des avions transport C-17 Globemaster III stationnés sur l'aérodrome hongrois de Pápa.

http://en.wikipedia.org/wiki/NATO_Strategic_Airlift_Capability


http://en.wikipedia.org/wiki/NATO_Air_Base_Geilenkirchen



2° Commandement Allié pour la Transformation (ACT).

Le "Commandement Allié pour la Transformation", ou Allied Command Transformation (ACT), est basé depuis sa création (19 juin 2003) dans l'ancien quartier-général du Command Allié Atlantique (SACLANT), à Norfolk, en Virginie. A sa tête, depuis fin juillet 2009, le général d'armée français Stéphane Abrial, qui est également Chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air. Des détachements de l'ACT sont présents au siège du SHAPE/ACO, à Casteau.

http://en.wikipedia.org/wiki/Allied_Command_Transformation

Les divers groupes subordonnés à l'ACT comprennent:

- le Joint Warfare Centre (JWC) à Stavanger en Norvège,
- le Joint Force Training Centre (JFTC) à Bydgoszcz en Pologne,
- le Joint Analysis and Lessons Learned Centre (JALLC) à Monsento au Portugal,
- et le NATO Undersea Research Centre (NURC) à La Spezia en Italie.


Nomination du général Stephane Abrial au commandement ACT.

Depuis juin 2008 et le retour de la France dans le Comité Militaire, des officiers supérieurs français sont présents dans les structures de commandement ACO et ACT. Il est d'ailleurs prévu que deux Français assument le prochain commandement de l'ACT et du Joint Command Lisbon de l'ACO.

Le 29 juillet 2009, le général d'armée Stéphane Abrial, qui est le Chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air française depuis 2006, est officiellement nommé commandement du NATO Allied Command Transformation de Norfolk, en Virginie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Stephane_Abrial



Sources principales disponibles:

1° North Atlantic Treaty Organization (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/NATO

2° Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (Wikipedia.org).
http://fr.wikipedia.org/wiki/OTAN

3° NATO North Atlantic Treaty Organization Homepage.
http://www.nato.int/cps/en/natolive/index.htm

dimanche 19 juillet 2009

Organisation du Traité de l'Atlantique Nord - Soixante ans d'histoire


L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), également appelée "Alliance [Nord] Atlantique", est une alliance politico-militaire résultant de la signature du Traité de l'Atlantique Nord, le 4 avril 1949. Le Quartier-Général de l'OTAN est installé à Bruxelles, en Belgique, et l'organisation constitue un système dans lequel ses membres se sont mis d'accord pour organiser une "défense mutuelle" face à n'importe quel agresseur extérieur.

L'Alliance avait pour vocation initiale d'assurer la défense et la sécurité de l'Europe de l'Ouest après la fin de la Seconde Guerre mondiale, face à l'énorme potentiel militaro-industriel que représentait alors l'Union Soviétique et le Pacte de Varsovie. Mais après la disparition de l'URSS et la fin de la Guerre Froide, ses structures et ses objectifs ont considérablement changé et évolué pour faire face aux nouvelles données géostratégiques du vingt-et-unième siècle.



Genèse de l'OTAN (1948-1949).

Le Traité de Bruxelles (Treaty of Brussels), signé le 17 mars 1948 par la Belgique, les Pays-Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, la France et la Grande-Bretagne, est considéré comme l'acte précurseur à la fondation de l'OTAN.

Ce traité et le blocus soviétique de Berlin poussent les démocraties occidentales à la création d'une "Union de l'Europe de l'Ouest" (Western European Union) et de son organisation de Défense commune en septembre 1948. Cependant, la participation des Etats-Unis étant vitale afin de contrebalancer l'énorme puissance militaire de l'Union Soviétique, des pourparlers pour une nouvelle alliance militaire, considérablement élargie, se déroulent du 6 juillet au 9 septembre 1948.

Ceux-ci débouchent finalement sur le "Traité de l'Atlantique Nord" (North Atlantic Treaty), signé à Washington DC le 4 avril 1949. C'est véritablement l'acte fondateur de l'organisation, qui regroupe les cinq Etats du Traité de Bruxelles, plus les Etats-Unis, le Canada, le Portugal, l'Italie, la Norvège, le Danemark et l'Islande.


L'Article 1er du traité réaffirme la subordination de l'OTAN à l'ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales.

"Les parties s'engagent, ainsi qu'il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s'abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l'emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies."

Mais c'est l'Article 5, définissant les mesures à prendre en cas d'agression de l'un ou plusieurs de ses membres, qui en est l'élément le plus significatif:

"Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre-elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre l'ensemble des parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.

"Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales."

http://www.nato.int/docu/fonda/traite.htm

Les Etats-Unis rompent définitivement avec leur isolationnisme traditionnel et entrent dans une alliance militaire durable avec l'Europe occidentale. L'Union Soviétique, qui considère ce traité comme "un instrument de l'impérialisme américain", s'y oppose fermement. L'Alliance Atlantique va finalement être l'élément fondamental soudant le bloc occidental derrière les Etats-Unis, qui vont peu à peu installer une présence militaire permanente sur le continent européen.


Guerre Froide (1950-1990).

Le déclenchement de la Guerre de Corée (Korean War) en 1950 marque un épisode crucial dans l'histoire de l'OTAN. La menace grandissante de l'Union Soviétique et de ses pays "satellites" d'Europe de l'Est, qui se matérialisera en 1955 par la création du Pacte de Varsovie (Warsaw Pact), force l'Alliance Atlantique à developper en urgence des plans militaires concrets.

En 1952, la Conférence de Lisbonne (Lisbon Conference), cherchant à fournir à l'OTAN les moyens et les forces nécessaires à un solide plan de défense à long-terme, réclame 96 divisions. Cependant, cette demande sera ramenée l'année suivante à 35 divisions, avec une utilisation plus importante des armes nucléaires tactiques sur le champs de bataille. A cette date, l'OTAN dispose de 15 divisions opérationnelles en Europe centrale, ainsi que de 10 autres en Italie et en Scandinavie.

Lors de cette conférence, le poste civil de "Secrétaire-Général de l'OTAN" est également créé, et le baron Hastings L. "Pug" Ismay, un général et diplomate britannique qui s'est illustré pendant la Seconde Guerre mondiale, est nommé à ce poste pour un premier mandat de quatre ans, de 1952 à 1956.

Un peu plus tard, en septembre 1952, débutent les premières manoeuvres navales multinationales de l'OTAN. C'est l'opération Mainbrace, à laquelle prennent part environ 200 navires de guerre et 50000 hommes, dans un exercice de défense du Danemark et de la Norvège.


Mais un évenement encore plus important marque cette fin d'année 1952. L'adhésion de la Grèce et de la Turquie à l'Alliance Atlantique entraîne une série de négociations controversées, dans lesquelles les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont joué un rôle prépondérant, pour intégrer les deux nouveaux Etats membres dans la structure de commandement militaire.

Pendant ce temps, alors que ces bouleversements militaires se produisaient, un plan visant à la mise en place d'une structure militaire clandestine (Stay-Behind), pour parer à une probable invasion soviétique réussie et initiée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale par l'Union de l'Europe Occidentale, est transféré sous le contrôle de l'OTAN.

C'est l'organisation Gladio, dont l'existance ne sera publiquement révélée par le Premier ministre italien Giulio Androtti que le 24 octobre 1990. La nature secrète et clandestine des activités de Gladio, suspectée d'avoir mené une campagne d'attentats et d'actions meurtrières pendant les "Années de plomb" (1970s-1980s) en Italie, fait toujours actuellement l'objet de vifs débats et de controverses dans l'opinion publique internationale.

En 1954, l'Union Soviétique annonce l'idée qu'elle pourrait éventuellement rejoindre l'Alliance Atlantique pour "préserver la paix en Europe". Mais les membres de l'OTAN, suspectant que le but véritable de l'URSS est d'affaiblir l'Alliance, rejettent finalement cette proposition.

L'entrée de la République Fédérale d'Allemagne (RFA) dans l'OTAN, le 9 mai 1955, est décrit comme "un point tournant décisif dans l'histoire de notre continent" par le Premier ministre norvégien d'alors, Halvart Lange. Une raison majeure qui explique cette décision est que sans la puissance militaire de la RFA, il est pratiquement impossible aux forces terrestres conventionnelles de l'OTAN d'endiguer une invasion soviétique en Europe de l'Ouest.

Dans les faits, à cette date, l'Allemagne fédérale représente de loin l'Etat membre européen le plus puissant militairement. Le nombre de divisions opérationnelles de l'Alliance Atlantique sur ce théâtre d'opération d'Europe centrale double pratiquement, passant de 15 à 29.

La conséquence immédiate de l'adhésion de la RFA à l'OTAN est que de son côté, l'Union Soviétique riposte à cette mesure en créant le "Pacte de Varsovie" (Warsaw Pact), signé le 14 mai 1955 par l'URSS, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, l'Albanie -qui se retirera en 1968- et la République Démocratique d'Allemagne (RDA).

L'OTAN et le Pacte de Varsovie seront les deux "Blocs" antagonistes, symbolisant l'Ouest et l'Est, tout au long de la Guerre Froide (Cold War).



Retrait français du commandement militaire intégré (1966-1995).

Après l'arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958, débute la plus importante crise institutionnelle de l'OTAN de cette seconde moitié du vingtième siècle entre les Français et Américains, qui culminera huit ans plus tard avec le retrait de la France du Commandement militaire intégré (SHAPE).

Dès son entrée en fonction à la présidence, de Gaulle proteste contre le rôle et l'influence écrasante des Etats-Unis dans l'Alliance Atlantique, et contre ce qu'il perçoit comme des relations privilégiées entre Washington et Londres.

Dans un mémorandum envoyé au président Dwight D. Eisenhower et au Premier ministre Harold MacMillan le 17 septembre 1958, Charles de Gaulle demande la mise en place d'un "directorat tripartite" dans lequel la France aurait le même poids politique que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et également l'extension de la zone géographique couverte par l'OTAN à l'Algérie, où l'armée française est engagée dans une guerre de contre-insurrection et demande l'assistance militaire de l'OTAN.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anciennes_bases_de_l'OTAN_en_France

Photo: RF-101 Voodoo du 66th TRS sur l'aérodrome de Laon-Couvron (1959).


Considérant la réponse donnée comme non satisfaisante, de Gaulle entame un programme de création d'une force de dissuasion nucléaire indépendante afin d'assurer son autonomie sur ses alliés. Programme qui se concrétisera deux ans plus tard, lorsque débutent les premiers essais nucléaires français à Reggane, en Algérie, le 13 février 1960.

Le 11 mars 1959, la France retire sa flotte méditerranéenne du Commandement militaire de l'OTAN. Trois mois plus tard, en juin, de Gaulle interdit le stationnement des armes nucléaires étrangères sur le territoire national. Washington commence le transfert des escadrilles de l'US Air Force in Europe hors de France et la rétrocession de ses dix bases aériennes dont les Américains disposent depuis 1950.

Bien qu'officiellement la France montre sa solidarité avec les Etats-Unis lors de la crise des missiles de Cuba, en octobre 1962, Charles de Gaulle poursuit sa politique d'indépendance en retirant ses navires des flottes alliées de l'Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord.

En 1966, le "divorce" est définitivement prononcé et toutes les forces françaises se sont retirées du Commandement militaire intégré de l'OTAN. Retrait symbolisé par le départ du GQG militaire allié, le Supreme Headquarter Allied Power in Europe (SHAPE), installé à Rocquencourt, dans la région parisienne, pour Casteau (Mons), en Belgique, le 16 octobre 1967.

Le siège central de l'OTAN déménage lui aussi de Paris/Fontainebleau pour Bruxelles. La France reste cependant membre de l'Alliance Atlantique, et conserve ses propres forces militaires stationnées en Allemagne.


Politique de détente et désarmement nucléaire (1968-1979).

Pendant la majeure partie de la Guerre Froide, l'OTAN a maintenu un modèle de défense basé sur la dissuasion nucléaire, ou "équilibre de la terreur". Cette notion de dissuasion consiste en la peur, dans les deux camps, de l'utilisation par l'autre de l'arme nucléaire.

Dans ce cas, c'est le principe Mutually Assured Destruction (MAD), en français "Destruction Mutuelle Assurée", qui prévaut: l'agressé réplique avec les mêmes armes et, en raison de la puissance et des effets des armes nucléaires, chacun peut être totalement détruit, ou au moins subir des dégâts très importants, si bien que les avantages d'être l'agresseur sont pratiquement nuls.

La stabilité de cette configuration, où les adversaires "se dissuadent" ainsi mutuellement, dépend avant tout de la capacité de l'agressé à riposter nucléairement après avoir subi une première frappe. C'est la "capacité de seconde frappe", élément moteur de la course aux armements nucléaires qui a opposé les deux superpuissances américaine et soviétique durant la Guerre froide.


Au début des années soixantes, après l'affaire des "Missiles de Cuba", en octobre 1962, où le monde a frôlé une guerre nucléaire, on enregistre cependant le début d'une "Détente" et une volonté commune des deux superpuissances de réduire leur arsenal nucléaire.

Le 1er juillet 1968, le "Traité de Non Prolifération Nucléaire", ou Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT ou NNPT), est signé à New York par les cinq puissances nucléaires d'alors que sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Union Soviétique, la France et la Chine populaire.

Ce traité est basé sur trois principes fondamentaux:

1° Non prolifération des armes nucléaires.
2° Désarmement.
3° Utilisation civile et pacifique de l'énergie nucléaire.

Les membres de l'OTAN, qui en 1971 dispose d'un maximum de 7300 armes nucléaires tactiques en Europe (obus, bombes ou missiles sol-sol), commencent à réduire leurs stocks. 6000 armes à la fin de cette décennie, 1400 en 1985, 700 en 1990, puis 480 en 1994, ces derniers n'étant plus exclusivement que des bombes B61 larguées par avions.

Au début des années quatre-vingt, sous l'administration du président Ronald Reagan, c'est la crise liée au déploiement des missiles américains Pershing II en Allemagne et en Belgique, et la destruction du Boeing 747 des Korean Air Lines. On note une légère et passagère réaugmentation de ces armes nucléaires. Durant cette courte période (1983), on parle alors de "seconde Guerre Froide" ou de "Guerre Fraiche".


Evolution de l'"Après Guerre Froide" (1990-2009).

La fin de la Guerre Froide et la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991 marquent une période de profonds changements et une profonde réévalution stratégique des structures, de la nature et des objectifs de l'OTAN.

En pratique, la fin de l'occupation russe en Europe de l'Est pose très vite la question de l'intégration des anciens pays "satellites" de l'URSS et des anciennes républiques soviétiques devenues indépendantes, dans l'OTAN.

Le premier acte de cette expansion de l'Alliance Atlantique vers l'est, c'est la réunification allemande le 3 octobre 1990. Pour rassurer la Russie sur l'intégration de cette nouvelle Allemagne réunifiée dans l'OTAN, les Occidentaux prennent l'engagement de ne stationner aucune force étrangère ou arme nucléaire dans l'est de ce pays, dans ce qui était autrefois la République Démocratique d'Allemagne (RDA).

La restructuration des forces militaires nationales des membres de l'OTAN dans cette période "Après Guerre Froide", l'intervention de l'Alliance Atlantique dans les conflits qui ensanglantent les Balkans, et un peu plus tard, son implication à la guerre anti-terroriste en Afghanistan, forcera celle-ci, en 2003, à restructurer complètement ses commandements et les modalités de déploiement de ses troupes, notamment en créant un "Corps de déploiement rapide", ou NATO Rapid Deplayable Corps.

http://en.wikipedia.org/wiki/NATO_Rapid_Deployable_Corps
http://www.otan.nato.int/ims/docu/force-structure.htm

L'OTAN créé également, le 2 octobre 1992, le "Corps de Réaction Rapide" du commandement alliée en Europe, Headquarter Allied Rapid Reaction Corps (HQ-ARRC ou ARRC), sous l'autorité directe du Supreme Allied Commander in Europe (SACEUR) avec son quartier-général installé à Bielefeld, en Allemagne.

http://en.wikipedia.org/wiki/Headquarters_Allied_Command_Europe_Rapid_Reaction_Corps
http://www.arrc.nato.int/

La France réintègre le "Comité militaire de l'OTAN" (NATO Military Committee) en 1995, et depuis elle renforce et intensifie ses relations de travail avec les structures militaires de l'Alliance Atlantique.

En 2007, le président Nicolas Sarkozy entame une série de réformes majeures des forces armées nationales, qui culmineront le 4 avril 2009 avec le retour de la France, comme membre à part entière, au sein du Commandement militaire intégré, tout en conservant sa force de dissuasion nucléaire indépendante.


Missions de paix onusiennes et intervention dans les Balkans (1993-2009).

La première opération militaire opérationnelle de l'histoire de l'OTAN a pour origine la situation politique dans les Balkans et les conflits en ex-Yougoslavie. L'opération Sharp Guard, menée de juin 1993 à octobre 1996, prévoit un renforcement des navires alliés présent dans la mer Adriatique, un embargo sur les armes et des sanctions économiques contre la République Fédérale de Yougoslavie (1992-2003), composée alors de la Serbie et du Monténégro, et dirigée par Slobodan Milosevic.

Le 28 février 1994, quarante-cinq ans après sa création, se déroule la première mission de guerre de l'OTAN: des F-16 Fighting Falcon de l'US Air Force abattent quatre MiG-29 Fulcrum serbes volant dans la zone d'exclusion aérienne décrétée par les Nations Unies au-dessus de la Bosnie-Herzégovine.

L'opération Deliberate Force, décidée après le massacre de Srebrenica (8373 civils assassinés), vise des objectifs militaires (troupes, blindés, positions d'artillerie, sites SAM, ...) de la Republika Srpska dans et autour des "zones de protection" de l'ONU en Bosnie-Herzégovine. Celle-ci, effectuée du 30 août au 20 septembre 1995, impliquera au total environ 400 avions et 5000 hommes de quinze nationalités différentes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Deliberate_Force


L'opération Deny Flight, les missions d'interdiction de l'aviation serbe dans la zone d'exclusion aérienne en Bosnie, démarre le 12 avril 1993 et se poursuivra jusqu'au 20 décembre 1995.

Ces missions d'attaques et d'interception aériennes de l'OTAN ont fortement contribué à la fin de la guerre dans l'ex-Yougoslavie et aux Accords de Paix de Dayton (Dayton Agreement).

Conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et à l'article 1er de sa Charte, l'Alliance Atlantique exécute ensuite l'opération Joint Endeavor, des déploiements de "force de maintien de la paix" (Peacekeeping Force) nommée Implementation Force (IFOR) puis Stabilisation Force (SFOR), de décembre 1995 à décembre 2004.

Du 24 mars au 10 juin 1999, l'OTAN lance la plus importante opération militaire de son histoire. Pendant onze semaines, l'aviation alliée exécute l'opération Allied Force, une campagne de bombardements visant les infrastructures militaires et industrielles, ainsi que les médias et les réseaux routiers et ferroviaires, en Serbie et au Kosovo.

1055 avions et hélicoptères de treize pays y participent, dans l'intention de forcer les Serbes à retirer leurs forces militaires et paramilitaires de la "province rebelle", à mettre fin à la crise humanitaire dans les Balkans en permettant le retour des centaines de milliers de réfugiers kosovars chassés de leur foyer vers les pays voisins.

http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Allied_Force



Structures et organisation de l'"Après 11 septembre 2001".

Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, les Etats-Unis invoquent, pour la première fois de l'histoire de l'OTAN, l'article 5 de sa Charte, qui annonce explicitement qu'une attaque extérieure menée contre un de ses membres sera considérée comme une attaque contre tous.

Cette invocation est confirmée le 4 octobre 2001 quand l'OTAN annonce qu'elle mettre tout en oeuvre pour répondre à cette agression et punir les responsables. Cette riposte de l'Alliance Atlantique inclue les opérations Eagle Assist et Active Endeavor, auxquelles participent les forces armées françaises.

La première, lancée le 9 octobre 2001, consiste en un déploiement et des vols de patrouilles aériennes de l'aviation alliée au-dessus des Etats-Unis et du Canada. Elle se poursuivra jusqu'au 16 mai 2002.

La seconde, à laquelle prennent part également des pays non-OTAN comme la Russie, l'Ukraine, l'Egyte, le Maroc ou l'Algérie, est une opération navale conjointe menée en Méditerrannée, visant à renforcer la sécurité et pour prévenir les mouvements de terroristes ou l'entrée d'armes de destruction massive dans les ports. Cette opération est toujours en cours de nos jours.


Malgré cette démonstration de force et de solidarité après le 11 septembre, il existent des voies dissonantes entre les pays membres de l'OTAN, particulièrement sur la guerre en Irak, et l'Alliance traverse une nouvelle crise majeure. Le 10 février 2003, la France, la Belgique et l'Allemagne opposent leur veto aux demandes américaines au sujet de leur aide pour assurer la défense de la Turquie, en cas de conflit avec l'Irak de Saddam Hussein.


Force Internationale d'Assistance et de Sécurité (ISAF, 2003-2009).

Par contre, en Afghanistan, l'unité et la solidarité des pays membres de l'OTAN se renforcent. Le 16 avril 2003, l'Alliance Atlantique se voit confier le commandement effectif de la "Force Internationale d'Assistance et de Sécurité", International Security Assistance Force (ISAF). Cette décision a été prise après une requête de l'Allemagne et des Pays-Bas, les deux pays qui assuraient alors le commandement conjoint des forces de l'ISAF dans le pays, et les dix-neufs ambassadeurs de l'OTAN l'approuvent unanimement.


L'ISAF opère en Afghanistan depuis le 20 décembre 2001, en agissant sous mandat (Résolution 1386) des Nations Unies. En octobre 2008, 50700 personnes provenant de quarante-et-un pays différents travaillent en Afghanistan. Liste des principaux contributeurs à l'ISAF: Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France,Italie, Jordanie, Lithuanie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni et Suède.

Le quartier-général de l'ISAF est établit à Kaboul, avec à sa tête le lieutenant-général (général d'armée) américain David D. McKiernan. Sa mission: "Conduire des opérations militaires dans la zone d'opérations pour aider le Gouvernement de la République islamique d'Afghanistan (GIRoA) dans l'établissement et le maintien d'un environnement sûr et sécurisé avec un engagement total des forces de sécurité nationales afghanes, en vue d'étendre l'autorité et l'influence du gouvernement, de manière à faciliter la reconstruction de l'Afghanistan et de permettre au GIRoA d'exercer sa souveraineté dans tout le pays."



Elargissement à l'Est et restructuration (1990-2009).

Après la fin de la Guerre Froide, l'Alliance Atlantique profite largement du vide laissé par la disparition de l'Union Soviétique et du Pacte de Varsovie. Le premier pas est donné avec l'intégration de l'ex-RDA dans l'OTAN en octobre 1990.

Entre 1994 et 1997, plusieurs forums pour la coopération régionale entre l'OTAN et ses voisins voient le jour. Ce sont les divers "plans de Partenariat" tels que le "Partenariat pour la Paix", le "Dialogue Méditerrannéen", et enfin le "Conseil pour le Partenariat Euro-Atlantique".

Au Sommet de Prague qui s'ouvre en 2002, les anciens membres de l'ex-Pacte de Varsovie sont officiellement invités à intégrer l'OTAN. Cela sera chose faite deux ans plus tard, juste avant l'ouverture de la Conférence d'Istanboul, le 29 mars 2004.


Les plus récentes admissions sont la Croatie et l'Albanie, qui rejoignent l'OTAN à l'ouverture du sommet Strasbourg/Kehl, le 1er avril 2009.

http://en.wikipedia.org/wiki/Enlargement_of_NATO


Etats membres de l'OTAN et Plans de Partenariat en 2009.

Le plan de "Partenariat pour la Paix" (Partnership for Peace), créé le 10 janvier 1994, lie l'OTAN à la Fédération de Russie (22 juin 1994) et aux ex-Républiques socialistes soviétiques devenues indépendantes: Ukraine (8 février 1994), Moldavie (16 mars 1994), Géorgie (23 mars 1994), Azerbadjan (4 mai 1994), Turkmenistan (10 mai 1994), Kazakhstan (27 mai 1994), Kyrgyzstan (1er juin 1994), Ouzbekistan (13 juillet 1994), Arménie (5 octobre 1994), Biélorussie (11 janvier 1995) et Tadjikistan (20 février 2002). Ainsi qu'aux Etats de l'ex-Yougoslavie: République de Macédoine (15 novembre 1995), Bosnie-Herzegovine, Monténegro et Serbie (14 décembre 2006). Et encore d'autres pays européens non-OTAN: Finlande et Suède (9 mai 1994), Autriche (10 février 1995), Suisse (11 décembre 1996), Irlande/Eire (1er décembre 1999) et Malte (20 mars 2008).

http://en.wikipedia.org/wiki/Partnership_for_Peace

Le "Dialogue Méditerrannéen" (Mediterranean Dialogue) de l'OTAN, lancé en 1994, regroupe pour sa part Israel, la Mauritanie, la Tunisie, le Maroc et l'Egypte (février 1995), la Jordanie (novembre 1995), l'Algérie (mars 2000).

http://en.wikipedia.org/wiki/Mediterranean_Dialogue


Enfin, le "Conseil pour le Partenariat Euro-Atlantique", ou Euro-Atlantic Partnership Council (EAPC), est créé le 29 mai 1997 et prend la succession de l'ancien "Conseil de Coopération Nord-Atlantique", North Atlantic Cooperation Council (NACC), qui a officié pendant la Guerre Froide. Il regroupe au total 50 nations, les 28 membres de l'OTAN et les 22 pays du plan de Partenariat pour la Paix décrit précédemment.

http://en.wikipedia.org/wiki/Euro-Atlantic_Partnership_Council


En 2009, l'OTAN forme la plus puissante alliance politique et militaire du globe, réunissant désormais vingt-huit pays. Aux douze membres fondateurs de 1949, sont venus s'y greffer la Grèce et la Turquie (18 février 1952), l'Allemagne Fédérale (9 mai 1955), l'Espagne (30 mai 1982), ainsi que les anciens membres du Pacte de Varsovie et des pays de l'ex-Yougoslavie: la République Tchèque, la Hongrie et la Pologne (12 mars 1999), la Roumanie, la Bulgarie, la Slovénie, la Slovaquie et les trois Etats baltes (29 mars 2004), enfin l'Albanie et la Croatie (1er avril 2009).

Photo ci-dessous: soldats américains et azeris, dans le cadre du Plan de Partenariat pour la Paix, en Géorgie.


Plan d'Action pour un Partenariat Individuel (IPAP).

Certains des pays du Plan de Partenariat pour la Paix bénéficient également du Plan d'"Action pour un Partenariat Individuel", ou Individual Partnership Action Plan (IPAP), un programme de l'Alliance Atlantique initié lors du Sommet de Prague en 2002, destiné à préparer et aider des candidats potentiels à avancer dans le processus d'une future adhésion comme membre de l'OTAN.

C'est le cas de l'Ukraine (22 novembre 2002), de la Géorgie (29 octobre 2004), de l'Azerbadjan (27 mai 2005), de l'Arménie (16 décembre 2005), du Kazakhstan (31 janvier 2006), de la Moldavie (31 janvier 2006), de la Bosnie-Herzégovine (10 janvier 2008) et du Monténégro (juin 2008).

http://en.wikipedia.org/wiki/Individual_Partnership_Action_Plan


Défense anti-missiles et relations tendues avec la Russie (2002-2009).

Depuis 2002, les Etats-Unis négocient avec la Pologne et la République tchèque le déploiement de missiles anti-missiles et d'un radar de poursuite dans ces deux pays. Les deux gouvernements ont dépuis indiqué leur accord pour la mise en place du "Bouclier anti-missile" américain appelé Ground-Based Midcourse Defense (GBMD).

http://en.wikipedia.org/wiki/Ground-Based_Midcourse_Defense

Le 14 août 2008, la Pologne, la République tchèque et les Etats-Unis ont finalement signé un accord préliminaire pour la mise en place des missiles anti-missiles sur le territoire polonais et du radar de poursuite sur le sol tchèque. Ce système GBMD devrait en principe devenir opérationnel en 2015 et être capable d'intercepter au-dessus de l'Europe des missiles ballistiques nucléaires lancés depuis l'Iran.


En avril 2007, les membres européens de l'OTAN ont indiqué qu'ils allaient mettre en place leur propre système de défense anti-missiles, en complément du système GBMD américain.

Mais en réponse au déploiement du système GBMD en Europe de l'Est, le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu'il considerait cela comme une provocation et une nouvelle course aux armements.

Le Secrétaire-Général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, riposte en proclamant que le bouclier anti-missile n'affecterait pas l'équilibre des forces en Europe ni ne menacerait la Russie.

Le 14 juillet 2007, Poutine déclare son intention de retirer la Russie du "Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe", Treaty on Conventional Armed Forces in Europe (CFE), signé en 1990 et censé limiter le nombre des armes conventionnelles. Cette décision sera effective 150 jours plus tard.

La signature de l'accord préliminaire du 14 août 2008 entre les Etats-Unis, la Pologne et la République tchèque marque désormais une période de tensions politiques entre la Russie et l'Alliance Atlantique.

Photo ci-dessous: sommet OTAN-Russie, à Bucarest en Roumanie, le 4 avril 2008.



Sources principales disponibles:

1° North Atlantic Treaty Organization (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/NATO

2° Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (Wikipedia.org).
http://fr.wikipedia.org/wiki/OTAN

3° NATO North Atlantic Treaty Organization Homepage.
http://www.nato.int/cps/en/natolive/index.htm

mardi 14 juillet 2009

Pacific Partnership: l'US Navy de retour au Vietnam

"Pacific Partnership" est une série de missions d'assistance civique mises en place par la flotte américaine du Pacifique, et effectuée chaque année depuis 2006. Ces missions humanitaires (construction d'écoles, d'hopitaux, fournitures et matériel médical...) contribuent également à renforcer les relations d'amitié entre les Etats-Unis et les pays d'Asie du Sud-Est et du Pacifique: Micronésie, Nouvelle-Guinée, Indonésie, Corée du Sud, Vietnam, etc.


Pacific Partnership 2007 (PP07): Da Nang.

Le navire amphibie USS Peleliu (LHA-5), avec un contingent multinational composé de 300 volontaires américains, canadiens, indonésiens, malaysiens, japonais et coréens, est arrivé le 15 juillet 2007 à Danang.





"Peleliu Pacific Partnership Arrives to Undertake Humanitarian Activities.

"Da Nang, July 15, 2007 – The US Navy ship Peleliu arrived in Da Nang today with a multinational contingent of over 300 medical personnel and engineers to undertake humanitarian assistance in a planned, coordinated effort with the Government of Vietnam, partner nations and NGO relief organizations in the region. US Consul General to Ho Chi Minh City Kenneth J. Fairfax and Vietnamese officials welcomed the ship's arrival with a ceremony held at Da Nang's Tien Sa Port.

"Pacific Partnership participants will visit select locations in Da Nang. This mission underscores the commitment of the United States and Vietnam to work together to assist the people of Vietnam with this humanitarian outreach.

"The Peleliu Pacific Partnership team is a unique team formed from organizations with very different skills and capabilities, but unified in purpose to conduct a very important mission," said Adm. Robert Willard, Commander, US Pacific Fleet. "They carry with them a spirit of caring, commitment and compassion on this deployment for our Pacific neighbors."

"The deployment is expected to last four months, approximately 10 days of which will be spent in Vietnam. The effort is being carried out in conjunction with non-governmental organizations and in close coordination and partnership with local medical care professionals. Participants in this endeavor include volunteers from Project Hope, the Aloha Medical Mission of Hawaii, and the University of California at San Diego Pre-dental Society who join a contingent of medical specialists from the U.S. military and Australian, Canadian, Indian, Japanese, Malaysian, Republic of Korea, and Singaporean militaries.

"Medical personnel from Vietnam will work in partnership with their American and international counterparts for the Vietnamese portion of the deployment, providing focused medical care.

"The San Diego-based ship can support a variety of medical, dental, educational and preventive medicine services. In addition, the ship will deploy with a team of sailors to perform repair and construction projects ashore at medical and community facilities. Some of these construction projects can directly improve medical situations.

"Reporters are invited to attend the following events, which will take place in the first week of the ship visit:

- Welcoming Ceremony and brief media availability by key speakers
- Media tour of ship – including opportunity to ask questions of crewmembers
- Consul General visits to local sites where medical/engineering teams provide medical/engineering support and have community relation activities
- Project Handclasp Donation Ceremony
- U.S. Deputy Chief of Mission Jonathan Aloisi visits local sites where medical/engineering teams provide medical/engineering support and have community relation activities
- Project Hope – Volunteer Appreciation Ceremony (Including Vietnamese-American Dr. Ann Nguyen – a native Vietnamese speaker.


"For further information, please contact:
- Public Affairs Section, U.S. Embassy in Hanoi, phone: (84-4) 850-5000
- Public Affairs Section, U.S. Consulate General in Ho Chi Minh City, phone: (84-8) 821-6400
- Information Assistant Pham Trong Thuc, cell phone: 090-344-9684 (or 84-90-344-9684)
- Information Assistant Ngo Quang Minh, cell phone: 090-344-0919 (or 84-90-344-0919)
- Information Assistant Nguyen Tuong Thuy, cell phone: 090-809-2306 (or 84-90-809-2306)
"

http://vietnam.usembassy.gov/pr071507.html


Pacific Partnership 2008 (PP08): Nha Trang.

L'année suivante, le 19 juin 2008, c'est le tour du navire hopital USNS Mercy (T-AH-19).




"USNS Mercy Hospital Ship Arrives Off Vietnam for Pacific Partnership 2008.

"Nha Trang, Vietnam – The hospital ship USNS Mercy (T-AH-19) arrives off the coast of Vietnam on June 19 to visit Nha Trang in Khanh Hoa Province and cooperate with the Vietnamese government in medical, construction and engineering projects as a part of Pacific Partnership 2008 (PP08). Pacific Partnership 2008 is a multinational, multi-agency humanitarian assistance mission that is currently ongoing in the Asia Pacific region. This mission reflects the strengthening of the bilateral relationship between our two nations.

"PP08 participants include volunteers from the non-governmental organizations (NGOs) East Meets West Foundation (EMWF), Operation Smile (OpSmile), Project Hope, and University of California San Diego (UCSD) Pre-Dental Society. Medical and engineering professionals from Australia, Canada, Republic of Korea, Singapore, and the US military are participating. Medical personnel from Vietnam will work with the ship to provide medical care in partnership with their American and international counterparts.

"During the visit, the Pacific Partnership team will visit schools, clinics, rehabilitation centers, and orphanages to conduct medical, dental and civic-action programs. The Pacific Fleet Band will give public musical performances.

"One of the missions of the USNS Mercy is to provide mobile surgical hospital service for use in disaster or humanitarian relief missions or other peacetime military operations. USNS Mercy has participated in several deployments, including disaster relief operations in Indonesia following the 2004 tsunami. Mercy is currently deployed from its homeport of San Diego, Calif. and has been configured with special medical equipment and a multi-specialized medical team of uniformed and civilian health care providers to provide a range of services ashore for this deployment.

"Note to reporters: A pier-side welcome ceremony, immediately followed by a ship tour, media lunch, and interview opportunities with the three captains aboard the USNS Mercy is planned for June 19 at 10 AM. Other media events will include site visits to schools, clinics, and other locations aided by PP08, as well as visits by high-level US and Vietnamese officials. International and local reporters who wish to cover the events, please register in advance with Mrs. Le Thi Thanh Hien, Press Assistant, US Consulate General in HCMC via e-mail: Letth@state.gov, cell phone: 0908019991. International media must also contact the Ho Chi Minh City-based Ministry of Foreign Affairs (ERO) to obtain appropriate permits. The US Consulate General can provide contact information if needed."

http://vietnam.usembassy.gov/pr061908.html


Pacific Partnership 2009 (PP09): Da Nang.

Le navire cargo USNS Richard Byrd (T-AKE-4) a appareillé de Guam, dans les îles Mariannes, le 17 juin 2009 pour un périple humanitaire le long des côtes du Vietnam et livrer divers équipements et fournitures médicales aux services hospitaliers de Da Nang, notamment des vaccins et traitements anti-viraux, notamment du HIV/SIDA.


"The United States Supports Military HIV/AIDS Program in Da Nang.

"An HIV/AIDS prevention, care and treatment program was officially launched at Military Hospital 17 in Da Nang City on June 26, 2009, expanding the United States support to the military medical system of Vietnam. The program, which is financially and technically supported by the US Department of Defense under the US President's Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR), will provide various HIV/AIDS services including: blood safety, voluntary counseling and testing, antiretroviral treatment, palliative care, and referral laboratory testing. These services will be available to both military and civilian populations from Da Nang and neighboring provinces.

"The opening ceremony was attended by senior officials from the US Embassy, Military Zone 5, the Military Medicine Department (Vietnam Ministry of Defense), the Da Nang Department of Health, and Military Hospital 17.

"The collaboration between the US Department of Defense and the Military Medicine Department is a successful model of a military-to-military medical program through resources made available from PEPFAR. Since 2004, the United States Government has provided more than $320 million to comprehensive HIV/AIDS prevention, care, treatment, and support activities in Vietnam."

http://vietnam.usembassy.gov/pr062609.html

lundi 13 juillet 2009

Guerre en Afghanistan: opération Khanjar, offensive alliée contre les Talibans

L'opération Khanjar est une offensive essentiellement américano-afghane dans la province d'Helmand, en Afghanistan, déclenchée dans la nuit du 1er au 2 juillet 2009 en plein coeur du territoire taliban.

C'est la plus importante offensive de l'US Marine Corps depuis la bataille de Fallujah, en novembre 2004, et également la plus grande opération héliportée menée par les Etats-Unis depuis la guerre du Vietnam. Environ 4000 Marines américains et 650 soldats ou policiers afghans y participent, ainsi que des Britanniques et Canadiens.



Buts politique et militaire de l'offensive américaine.

Khanjar ("Strike of the Sword" ou "Coup d'Epée", en langue pachtoune) est une offensive américano-afghane lancée dans la province talibane d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan. Environ 4000 combattants de la 2ème Brigade expéditionnaire de Marines (2 MEB) et 650 policiers et soldats afghans y participent, épaulé par des véhicules, avions et hélicoptères sous commandement OTAN, notamment le 2nd Royal Tank Regiment britannique et les hélicoptères UH-60 Black Hawk et AH-64 Apache de la Combat Aviation Brigade de la 82ème Division aéroportée.

L'objectif militaire de cette attaque est le contrôle et la sécurisation des voies de communication terrestres (routes et ponts) au sud de la vallée de Lashkar Gah, qui contrôle les mouvements de troupes des Talibans entre l'Afghanistan et le Pakistan.


L'offensive américaine illustre bien la nouvelle stratégie du président Barack Obama visant à s'impliquer davantage dans la guerre contre le terrorisme en Afghanistan et la volonté politique d'en finir définitivement avec le régime des Talibans, qui contrôlent toujours la province d'Helmand, région stratégiquement et économiquement vitale, où les champs de pavots représentent les trois quarts de la production mondiale d'opium.

Elle a également pour but de renforcer le rôle du gouvernement d'Hamid Karzaï dans cette région particulièrement sensible, à l'approche des élections législatives afghanes.


Déroulement des opérations (2 juillet 2009 - Présent).

1° Déclenchement de l'attaque américaine.

L'attaque héliportée américaine commence aux environs de 1h du matin, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2009, lorsque des Marines du 1er Bataillon, 5ème Régiment sont acheminés par CH-53E Super Stallion depuis la base opérationnelle avancée FOB Dwyer et déployés autour du village Nawa, au sud de la vallée de Lashkar Gah.

Pour les Talibans présents dans cette zone, qui sont estimés à environ 500 et qui ne s'attendaient pas à une opération de cette envergure, la surprise est totale. La province d'Helmand et les champs de pavot sont indispensables pour leur économie et leur survie.

Les premières échanges de tirs se produisent vers 6h15, lorsqu'une section américaine essuie des tirs provenant d'une rangée d'arbres. L'intervention d'hélicoptères de soutien AH-1W Super Cobra force ensuite les Talibans à se retirer.


L'opération Khanjar, dirigée par le brigadier-général Lawrence D. Nicholson (USMC), implique en fait plusieurs attaques héliportées simultanées dans les districts de Garmsir, Nawa et Khan Neshin.


2° District de Garmsir.

Dans le district de Garmsir, le 2 juillet, le 2ème Bataillon du 8ème Régiment de Marines (2/8 Marines) ne rencontre pratiquement aucune opposition. Le lendemain, la situation locale change complètement: un affrontement assez sérieux s'engage pendant huit heures entre Marines et Talibans, jusqu'à ce qu'un AV-8B Harrier II de l'escadrille VMA-214 Black Sheep (Marine Aircraft Group 40) largue une bombe de 500 livres (250kg) et détruit la position des Talibans, tuant entre 40 et 50 combattants ennemis (estimation). Dans cette bataille, les Marines n'enregistrent aucun tué ou blessé.

Le 5 juillet, le 2/8 Marines est engagé dans des durs combats dans le village de Toshkay, 16km au sud de Garmsir.



3° District de Nawa.

Le 1er Bataillon du 5ème Régiment de Marines (1/5 Marines) déployé dans le district de Nawa-I-Barakzayi, autour du village de Nawa, ne rencontre qu'une résistance ennemie limitée et sporadique. Les Talibans sont finalement contraint à se retirer de ce district.

4° District de Khan Neshin.

Au sud du dispositif américain, le 2ème Bataillon léger de reconnaissance blindé (2nd Light Armored Recce Battalion) pénètre dans le district de Khan Neshin et investit sans résistance le village du même nom, déserté par les Talibans.


Unités alliées participantes.

United States Marine Corps (4000 combattants).

- 1er Bataillon / 5ème Régiment.
- 2ème Bataillon / 8ème Régiment.
- 2ème Bataillon léger de reconnaissance blindé.
- Marine Aircraft Group 40 [Soutien aérien].

United States Army.

- Combat Aviation Brigade / 82ème Division aéroportée.

Armée afghane.

- 650 policiers et militaires.

Forces britanniques.

- 2nd Royal Tank Regiment.


Quelques photos (Source: DoD DefenseLink).

Marines préparant le transport hélingue sous un CH-53E Super Stallion, Camp Leatherneck, province d'Helmand. 11 juillet 2009. [Caporal Michael Curvin, US Marine Corps Release]


Haji Abdullah Jan, gouverneur du District de Garmsir, capitaine Micajah Caskey, des affaires civiles du 2ème Bataillon, 8ème Marine Regiment, et des villageois afghans dialoguant au sujet d'un projet de purificateur d'eau. 11 Juillet 2009. [Caporal Michael Curvin, US Marine Corps Release]


Poste de tir mitrailleuse au cours d'une patrouille du 1er Bataillon, 5ème Marine Régiment dans la vallée Lashkar Gah. 20 juin 2009. [Sergent William Greeson, US Marine Corps Release]



Sources disponibles.

1° Opération Khanjar (Strike of the Sword) (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Strike_of_the_Sword