jeudi 21 mai 2009

1er-3 juillet 1863 - Pennsylvanie: la bataille de Gettysburg


La bataille de Gettysburg, qui se déroula du 1er au 3 juillet 1863 en Pennsylvanie, fut la bataille la plus sanglante de la Guerre de Sécession. La victoire de l'Union, qui n'avait connu jusqu'alors que des défaites, marqua le déclin du Sud et un tournant décisif de ce conflit fratricide. Mais il faudra encore deux ans de durs combats et de sacrifices pour que la Confédération admette sa défaite et dépose les armes à Appomatox, en Virginie.



La guerre civile américaine, ou "Guerre de Sécession", est un conflit qui ensanglanta les Etats-Unis pendant quatre années, de 1861 à 1865.

Onze Etats esclavagistes du Sud font secession et forment les "Etats Confédérés d'Amérique", en anglais "Confederate States of America" (CSA). La Confédération élit un premier président, Jefferson Davis, et déclare la guerre au gouvernement fédéral, appelé l'"Union".

http://en.wikipedia.org/wiki/Confederate_States_of_America

http://en.wikipedia.org/wiki/Jefferson_Davis

Pendant l'élection présidentielle de 1860, le candidat Républicain, Abraham Lincoln, fait campagne contre toute extension de l'esclavage en-dehors des Etats où il existe déjà.

http://en.wikipedia.org/wiki/Union_(American_Civil_War)

http://en.wikipedia.org/wiki/Abraham_Lincoln

Les deux hommes se ressemblent physiquement et ont eu une vie assez semblable. Tous les deux sont nés dans le même Etat, le Kentucky, et à quelques mois d'intervalle, le 3 juin 1808 pour Davis, le 12 février 1809 pour Lincoln. Avant de s'interesser à la politique, Lincoln était avocat et Jefferson un officier sorti de l'académie militaire de West-Point. Tous deux ont fait ensuite une carrière au Congrès, le premier en tant que représentant puis sénateur républicain de l'Illinois, le second était sénateur démocrate du Mississippi.

Au début, aucun des deux camps n'est prêt à s'engager dans une guerre de longue durée. Avec une population d'environ vingt-deux millions d'habitants, le Nord dispose d'un plus grand potentiel industriel et militaire. Le Sud ne compte que neuf millions d'habitants, dont presque quatre millions d'esclaves noirs. La loyauté de ceux-ci envers la Confédération est douteuse.

En 1861, au Nord comme au Sud, l'engagement se fait sur base du volontariat. Après la victoire sudiste à Bull Run (21 juillet), la nécessité finira par forcer les deux camps à faire appel, pour la première fois de l'Histoire des Etats-Unis, à la conscription militaire. A la fin de la guerre, en avril 1865, le Sud aura enrôlé un peu plus d'un million d'hommes, dont 115000 Noirs. Le Nord, 2.1 millions, y compris 186000 Noirs. La moitié d'entre-eux le seront dans la dernière année du conflit.

Par ailleurs, l'Union possède de très nets avantages matériels et industriels: en argent et en crédit, en usines, en production alimentaire, en ressources minérales et en transport, qui s'avéreront au bout du compte décisifs. La capacité de la Confédération à combattre est handicapée par un manque chronique de nourriture, de médicaments, de vêtements et d'artillerie, ainsi que par une lassitude de la guerre, et une grande inconnue: la réaction des Noirs.

Cependant, malgré sa supériorité en hommes et en ressources, le Nord ne parvint pas à la rapide victoire qu'il avait escomptée. Lever, entraîner et équiper une armée de conscription à partir d'hommes inexpérimentés et trouver un commandement militaire efficace se révéleront être des tâches considérables demandant beaucoup de temps et de ressources.

Le Sud, doté d'une tradition militaire plus forte, dispose au début de la guerre de davantage d'hommes expérimentés dans la carrière militaire et d'un corps d'officiers très efficace, tous sortis de l'académie militaire de West Point, comme par exemple Thomas "Stonewall" Jackson, Pierre Gustave Toutant Beauregard, Joseph E. "Joe" Johnston et Robert E. Lee.


Au Nord, ce n'est qu'à l'épreuve des défaites que Lincoln arrivera à trouver des chefs militaires, de qualité assez médiocre au début, mais qui émergeront et deviendront comparables à ceux du Sud. Les plus célèbres d'entre-eux seront Ulysses S. Grant, Philip H. Sheridan et William T. Sherman.

Lincoln sait que dans une longue guerre d'usure, le Sud n'a aucune chance. Il ordonne donc le blocus naval des côtes ennemies. En septembre 1862, sa proclamation d'émancipation fait de la fin de l'esclave un but de guerre, et dissuade la Grande-Bretagne d'intervenir. Dans l'est, l'Armée de Virginie du général Robert E. Lee remporte victoire sur victoire contre l'Armée nordiste du Potomac.

Dans l'ouest, en mai 1862, la marine de l'Union s'empare de la Nouvelle-Orléans et commence à remonter le fleuve Mississippi. Après le siège de Vicksburg (18 mai - 4 juillet 1863), l'Armée nordiste du Tennessee, commandée par le général Ulysse S. Grant, coupe pratiquement la Confédération en deux.

Avec la victoire de Gettysburg dans l'est, survenue pratiquement au même moment, pour le Sud, c'est le début de la fin. C'est désormais la guerre d'attrition, ou guerre d'usure, qui use et affaiblit petit à petit l'armée confédérée.

En 1864, Grant, qui commande désormais l'Armée du Potomac à l'est, engage une série de batailles victorieuses contre l'armée sudiste de Virginie, commandée par Lee. Simultanément, William Sherman, après sa campagne d'Atlanta (mai-septembre 1864), en Géorgie, entame sa "Grande Marche" vers Savannah. La résistance sudiste s'effondre après la capitulation de Robert Lee à Appomatox, en Virginie, le 9 avril 1865.

La Guerre de Sécession est le conflit le plus meurtrier et le plus coûteux de l'Histoire des Etats-Unis. En quatre années, 620000 hommes, dans une nation de 31 millions de personnes, ont été tués. 412000 autres blessés ou mutilés. Les pertes de la guerre civile furent supérieures à celles de toutes les autres guerres réunies dans lesquelles les Etats-Unis s'impliqueront par la suite, y compris les deux guerres mondiales, la Corée et le Vietnam. Elle mit fin à l'esclavage aux Etats-Unis, restaura l'Union et renforça le rôle du gouvernement fédéral. Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer aujourd'hui sur la pensée américaine contemporaine.



Déclenchement de la guerre de Sécession (1860-1861).

1° Sécession des Etats sudistes.

L'antagonisme entre le Nord industriel et le Sud agricole remonte à la Guerre d'indépendance (1775-1783). Les Etats nordistes disposent d'une main d'oeuvre immigrée "bon marché". Ils sont protectionnistes, tourné vers un marché intérieur avec le Sud. Les Etats sudistes, quant à eux, sont pour le libre-échange extérieur et l'exportation de leurs matières premières (coton, sucre, textile) à l'étranger, essentiellement vers l'Europe. Ils s'appuient pour cela sur un système esclavagiste, qui a été aboli dans le Nord.

Le 6 novembre 1860, l'abolitionniste Lincoln remporte les élections et devient le seizième président des Etats-Unis. Les Etats sudistes ressentent cette victoire comme une véritable déclaration de guerre. Six semaines plus tard, le 20 décembre, la Caroline du Sud est le premier Etat sudiste à faire sécession. Les évenements vont s'enchaîner très rapidement. Le 9 janvier 1861, c'est le tour du Mississippi. Le 10 janvier, celui de la Floride. Le 11 janvier, l'Alabama. Le 19 janvier, la Géorgie. Et le 26 janvier, la Louisiane. Le 1er février 1861, le Texas décide de soumettre sa sécession à un référundum populaire. Le 23 février 1861, les Texans font sécession.

Le 7 février 1861, les sept Etats sécessionnistes fondent les "Etats Confédérés d'Amérique" (CSA) avec comme capitale Montgomery, en Alabama. Le 18 février, ils élisent comme président Jefferson Davis, sénateur démocrate du Mississippi. Le 11 mars, ils se dotent d'une constitution.

Le Républicain Lincoln est investit le 4 mars 1861. Il réaffirme, dans son discours inaugural, que la sécession est illégale et déclare qu'il a l'intention de ne pas renoncer aux possessions fédérales situées dans le Sud.

Les effectifs de l'armée de l'Union s'élèvent alors à environ 16500 hommes. Les hostilités débutent le 12 avril 1861, quand l'armée confédérée bombarde et assiège Fort Sumter, dans la baie de Charleston, en Caroline du Sud. La petite garnison fédérale qui l'occupe capitule vingt-quatre plus tard.


C'est le début officielle de la Guerre de Sécession. Lincoln demande à l'armée fédérale d'étouffer cette rebellion et mobilise 75000 volontaires supplémentaires pour une période de nonante jours. Ces mesures poussent quatre autres Etats sudistes à faire sécession à leur tour et à rejoindre la Confédération: Virginie (17 avril), Arkansas (6 mai), Tennessee (7 mai) et Caroline du Nord (20 mai).

Carte ci-dessous: les Etats-Unis en 1861. En rouge, les onze Etats sécessionnistes après le 15 avril: Caroline du Sud, Mississippi, Floride, Alabama, Géorgie, Louisiane, Texas, Virginie, Arkansas, Caroline du Nord et Tennessee. En bleu, les vingt Etats abolitionistes de l'Union: Californie, Connecticut, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Maine, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Nevada, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Vermont et Wisconsin. En Mauve, les cinq Etats frontaliers de l'Union esclavagistes: Virginie occidentale, Maryland, Delaware, Missouri et Kentucky.


2° Blocus des ports sudistes et guerre navale (1861-1865).

Winfield Scott, le commandant en chef de l'Armée nordiste, conçoit le "Plan Anaconda" pour étouffer économiquement le Sud avec le moins de pertes possible. Son idée est d'instaurer le blocus des principaux ports de la Confédération sur les côtes atlantiques et dans le Golfe du Mexique, et de s'assurer le contrôle du fleuve Mississippi, ce qui aurait pour conséquence de couper la Confédération en deux entitées.

http://en.wikipedia.org/wiki/Anaconda_Plan

http://en.wikipedia.org/wiki/Union_blockade

En mai 1861, Lincoln instaure le blocus de tous les ports ennemis, interdisant tout commerce de la Confédération vers l'extérieur. A la fin de l'année, le blocus aura mis fin au trafic maritime intérieur sudiste entre le ports, "coulé" le marché du coton, ruinant l'économie du Sud.

Cependant, au début du conflit, la marine de guerre de l'Union existe à peine, ses navires ayant été conçus pour combattre en haute mer et non pour bloquer des ports. C'est pourquoi, avant de mettre en place le blocus, il faut concevoir de nouveaux bateaux.

Pour "casser" le blocus nordiste, le Sud dévoile une nouvelle arme capable de détruire les navires de l'Union, le Merrimack, un "cuirassé" recouvert de plaques de blindage en acier, construit à partir de la coque d'une frégate à vapeur, le Merrimack, abandonnée par l'Union.

Le 8 mars 1862, rebaptisé CSS Virginia, il quitte le port de Norfolk, en Virginie, pour atteindre Hampton Roads où il coule facilement deux navires nordistes. C'est une brillante démonstration de la supériorité des nouveaux "cuirassés" métallique sur la flotte de l'Union, à voile et en bois, désormais en infériorité.


Mais lorsque le Virginia réapparait le lendemain, il rencontre un tout nouveau genre d'adversaire, un autre "cuirassé" de métal, le USS Monitor. Il s'ensuivit une bataille spectaculaire qui dure plusieurs heures, pendant lesquelles aucun des cuirassés ne subit de graves dommages, ni ne remporte de victoire décisive.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Hampton_Roads

Tout au long du conflit, des opérations conjointes entre l'armée et la marine de l'Union protégeront les têtes de pont nordistre de Hatteras Inlet, en Caroline du Nord, et de Port Royal, en Caroline du Sud.

La prise de Fort Henry, en février 1862, et la chute de La Nouvelle-Orléans, le 1er mai 1862, toutes deux obtenues avec une aide navale importante, permettent à l'Union de contrôler les fleuves Mississippi et Tennessee.

Bien que le Sud manquat d'une marine importante, les raiders confédérés menent plusieurs combats maritimes dans diverses autreparties du monde contre les navires marchands de l'Union. Celui qui infligea le plus de dommages fut l'Alabama, construit en Angleterre.

Le dernier combat naval se déroule le 22 juin 1865 entre le CSS Shenandoah et des frégates nordistes, dans le détroit de Behring. C'est-à-dire plus de deux mois après la capitulation officielle de la Confédération.

En avril 1865, l'Union a mis en service une flotte de guerre impressionante de plus de 500 navires, détruit ou capturé 1500 "forceurs de blocus" ou navires cargo sudiste. Le blocus nordiste aura contribué à faire baisser le commerce sudiste avec l'extérieur de 95%!


Victoires militaires de la Confédération à l'Est (1861-1863).


http://en.wikipedia.org/wiki/Eastern_Theater_of_the_American_Civil_War

Le 16 juillet 1861, à partir de Washington DC, un corps d'armée de l'Union commandé par le major-général Irwin McDowell (35000 hommes) envahit la Virginie, progressant vers Manassas, où l'attend l'Armée confédérée du Potomac, commandée par le général Pierre G.T. Beauregard, avec 20000 hommes.

Le contact entre les deux armées s'établit le 21 juillet à Manassas, 60km au sud-ouest de Washington DC. C'est la première bataille terrestre de la guerre, dite "Première Bataille de Bull Run" ou "Première Bataille de Manassas".

C'est une bataille mémorable: l'armée nordiste, croyant en une victoire facile, proposèrent à des civils d'assister à la bataille! Au début, l'Armée de l'Union est victorieuse, mais l'arrivée inattendue par chemin de fer des renforts sudistes, les 18000 hommes de l'Armée confédérée de la Shenandoah, commandée par le général Joseph E. Johnston, renversent la vapeur.

Les troupes de Beauregard et de Johnston effectuent leur jonction sur Henri House Hill et brise désormais toutes les attaques nordistes. Là, le brigadier-général Thomas Jackson y gagnera son surnom de Stonewall ("Mur de pierres"). Finalement, les Nordistes prennent la fuite et regagne en désordre Washington DC.

Le Sud perd au cours de cet engagement 1982 hommes: 387 tués, 1582 blessés et 13 disparus. Le Nord, 2896 hommes: 460 tués, 1124 blessés et 1312 prisonniers/disparus. La victoire de la Confédération n'est pas très importante sur le plan militaire, mais l'échec oblige un Nord humilié à abandonner ses espoirs d'une guerre de 90 jours et à lever, pour la première fois dans l'histoire américaine, une armée de conscripts beaucoup plus substantielle. En revanche, le Sud quitte Bull Run avec une confiance aveugle et trompeuse, qui l'empêche de se préparer soigneusement au long conflit à venir.

http://en.wikipedia.org/wiki/First_Battle_of_Bull_Run


Il s'ensuit une longue période d'accalmie pendant le reste de l'année. L'Union en profite pour entraîner une nouvelle armée de conscripts et renforcer les défenses de Washington. Le 26 juillet, McDowell est remplacé par le major-général George B. McClellan. Le 20 août, celui-ci créé l'Armée du Potomac.

http://en.wikipedia.org/wiki/Army_of_the_Potomac

Pressé par l'insistance de Lincoln, McClellan attaque la Virginie sur ses arrières en débarquant dans la Baie de Chesapeake et envahit la Virginie au printemps de 1862 en remontant la péninsule entre les rivières York et James et la baie de Chesapeake, de manière à prendre à revers la Confédération et d'avancer vers Richmond.

http://en.wikipedia.org/wiki/Peninsula_Campaign

Le 17 mars 1862, l'Armée nordiste du Potomac (105000 hommes) de McClellan débarque à Fort Monroe et entame la "Campagne de la Péninsule". Le 31 mai, après la "Bataille de Seven Pines" ou "Bataille de Fair Oaks Station" au résultat incertain, le président Jefferson Davis remplace Joseph Johnston par le général Robert E. Lee à la tête de l'Armée confédérée de Virginie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Seven_Pines

La "Bataille des Sept Jours" est en fait une série de six batailles qui se sont succédés du 25 juin au 1er juillet 1862, livrées par l'Armée confédérée de Robert Lee (92000 hommes) et l'Armée du Potomac de George McClellan (104000 hommes) près de Richmond.

http://en.wikipedia.org/wiki/Seven_Days_Battles

Durant ces sept jours, aucun camp n'est en mesure de porter un coup décisif à l'autre. Les pertes sont énormes dans les deux camps: du côté nordiste, 15855 tués, blessés ou capturés, du côté sudiste, 20204 tués, blessés ou capturé. Puis l'armée de McClellan, bien qu'ayant perdu moins d'hommes mais se croyant inférieur en nombre, décide de se retirer vers Harrison Landing, sur la rivière James. Ce qui clotûre lamentablement sa "Campagne de la Péninsule".

Photo ci-dessous: artillerie nordiste pendant la bataille de Yorktown (5 avril - 4 mai 1862).


Après cette "Campagne de la Péninsule", c'est la "Campagne du Nord de la Virginie", une série de batailles engagées du 7 au 30 août 1862. Avec le retrait de McClellan, Lincoln doit faire appel au major-général John Pope, rappelé du théâtre d'opération Ouest, pour réorganiser la défense de Washington. Celui-ci forme une nouvelle armée nordiste de la Virginie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Army_of_Virginia


D'abord cantonné à la défense de la capitale fédérale, Pope affirme qu'il peut battre les Confédérés et marcher sur Richmond. Lincoln, en quête d'une solution rapide, lui accorde sa confiance.

Au mois de juillet, l'Armée nordiste de Virginie quitte Washington avec 75000 hommes et fait route vers la capitale ennemie. Lee envoie alors un Corps d'armée de 14000 hommes commandé par "Stonewall" Jackson pour retarder Pope. Puis s'aperçevant que l'armée de McClellan reste passive à Harrison Landing, il ordonne au reste de son armée de remonter vers le Nord sur les traces de Jackson, en laissant un minimum d'hommes pour défendre Richmond.

Du 28 au 30 août 1862, lors de la seconde bataille de Bull Run, les armées confédérées de Robert E. Lee, Thomas J. "Stonewall" Jackson et de James Longstreet infligent des pertes sévères à l'armée de Pope, qui est refoulée vers Washington.

http://en.wikipedia.org/wiki/Second_Battle_of_Bull_Run

Cette "Campagne de la Virginie du Nord" s'achève donc par un nouveau succès de l'armée confédérée. Lee a perdu 9197 hommes sur un effectif de 48500 engagés: 1481 tués tués, 7627 blessés et 89 disparus/capturés. L'Armée nordiste de Virginie, 16054 hommes sur un effectif de 75000 engagés: 1724 tués, 8372 blessés et 5958 disparus/capturés.

A la suite de cette victoire, Robert Lee, en septembre 1862, franchit le Potomac et envahit le Maryland avec 45000 hommes. C'est la "Campagne du Maryland".


La terrible bataille d'Antietam Creek, près de Sharpsburg, le 17 septembre 1862, qui l'oppose à MacClellan, le contraint cependant à faire demi-tour et à rentrer en Virginie. Cet engagement marque la journée la plus sanglante de la guerre, car en un seul jour, près de 23000 Américains sont mis hors de combat. Le Sud perd 10316 hommes, soit 1546 tués, 7752 blessés et 1018 disparus/capturés. Et l'Union, 12401 hommes: 2108 tués, 9540 blessés et 753 disparus/capturés.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Antietam


A la fin de l'année, l'Armée du Potomac, avec 114000 hommes et commandée par le général Ambrose E. Burnside, entame une offensive vers Richmond, en Virginie. Le 11 décembre 1862, celui-ci choisit, à tort, de défier les défenses sudistes presque imprenables (72500 hommes) de Lee à Fredericksburg, sur la rivière Rappahannock.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Fredericksburg

Lors de ce nouveau désastre, l'Union enregistre la perte de 12653 hommes: 1284 tués, 9600 blessés et 1769 disparus/capturés. Le Sud, 5377 hommes: 608 tués, 4116 blessés et 653 disparus/capturés. Les Nordistes doivent une nouvelle fois se replier honteusement sur Washington. Burnside est remplacé par George B. McClellan à la tête de l'Armée du Potomac.


Théâtre d'opérations de l'Ouest (1861-1863).

En 1862, alors que l'essentiel des batailles se livre à l'Est entre Washington et Richmond, où le Sud remporte victoire sur victoire, sur le front de l'Ouest c'est l'Union qui marque des points positifs.

http://en.wikipedia.org/wiki/Western_Theater_of_the_American_Civil_War


Pendant le second semestre 1861, le Nord enregistre des succès stratégiques en ralliant les Etats frontaliers du Maryland, du Delaware, du Kentucky et du Missouri, où, bien que le sentiment unioniste prédominait, les sécessionnistes étaient également nombreux.

L'importance du Maryland tient à la proximité de Washington et à la position de Baltimore, noeud ferroviaire vital vers l'Ouest. Le Kentucky et le Missouri jouent aussi un rôle important dans la stratégie militaire du Nord car ils contrôlent l'accès aux vallées du Mississippi, du Tennessee et du Cumberland, par lesquelles les forces de l'Union pouvent porter la guerre au coeur de la Confédération. Pour s'assurer la loyauté du Maryland, les troupes de l'Union occupent Baltimore et imposent la loi martiale.

Le Kentucky cherche à garder sa neutralité, mais, en septembre 1861, lorsque les troupes confédérées du général Braxton Bragg traversent l'Etat, les habitants de l'Etat choisissent de soutenir massivement la cause de l'Union.

Dans le Missouri, les troupes de l'Union poussent vers l'exil le gouverneur qui défend les Confédérés. L'ouest de la Virginie renient l'ordonnance de sécession, fait sécession de l'Etat sudiste et forme un gouvernement provisoire. En 1863, ce nouvel Etat sera admis dans l'Union en tant que "Etat de Virginie Occidentale" (West Virginia).

Alors que le front de l'Est se concentre entre les deux capitales ennemies, Washington et Richmond, à peine distante d'une centaine de kilomètres, et se retrouve dans une impasse, les opérations militaires de l'Union dans l'immensité des territoires de l'Ouest s'avérèrent plus fructueuses.

Les armées nordistes du Tennessee et de l'Ohio sont commandées respectivement par les généraux Ulysses S. Grant et Don Carlos Buell. L'objectif primordial de l'Union est le contrôle de la vallée du Mississippi, de manière à couper la Confédération en deux, et arrêter le ravitaillement en hommes, en vivres et en munitions, depuis la Louisiane, le Texas et l'Arkansas, vers le théâtre d'opération de l'Est.

En février 1862, l'Armée du Tennessee de Grant s'empare de Fort Henry et de Fort Donelson, occupe une grande partie du Tennessee et s'assure le contrôle le Mississippi jusqu'à Memphis.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Fort_Henry

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Fort_Donelson

Suivant un plan stratégique coordonné, les troupes de l'Union remontent également le Mississippi par le Sud: en avril 1862, une escadre navale fédérale commandée par le capitaine David G. Farragut perce les défenses confédérées à l'embouchure du Mississippi et s'empare de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

http://en.wikipedia.org/wiki/New_Orleans_in_the_American_Civil_War

Les 6 et 7 avril 1862, autour d'une petite chapelle, les deux armées nordistes de Grant, qui selon la légende populaire était ivre, et de Buell stoppent les troupes confédérées des généraux Albert S. Johnston et Pierre G.T. Beauregard à Shiloh, sur la rivière Tennessee. Les Nordistes perdent 13047 hommes sur un effectif d'environ 67000 engagés: 1754 tués, 8408 blessés et 2885 disparus/capturés. Les Sudistes, 10699 hommes sur un effectif de 44700 engagés: 1728 tués, 8012 blessés et 959 disparus/capturés.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Shiloh


Pendant les derniers mois de 1862, Grant consolide ses positions sur le Mississippi et se prépare à attaquer Vicksburg, dernier bastion confédéré surplombant le fleuve. La forteresse résistera cependant aux attaques de l'Union jusqu'au 4 juillet 1863.

http://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Vicksburg

En 1863, Ulysses Grant est promu au commandement de l'ensemble des forces de l'Union sur le théâtre d'opérations de l'Ouest. Les 19 et 20 septembre 1863, l'Armée confédérée du Tennessee commandée par le général Braxton Bragg bat l'Armée nordiste du Cumberland à la bataille de Chickamauga, malgré son héroïque résistance. Bragg assiège ensuite Rosecrans dans Chattanooga.

http://en.wikipedia.org/wiki/Chattanooga_Campaign

Les 23 et 24 novembre 1863, les troupes nordistes de William T. Sherman, Joseph Hooker et George H. Thomas repartent à l'assaut des positions confédérées de Bragg à l'extérieur de la ville et forcent celui-ci à se retirer.

Au début de l'année 1864, Ulysses Grant est rappelé par Lincoln à Washington pour assurer le commandement suprême de l'Armée de l'Union. Grant confie le commandement de l'Armée de l'Ouest au général William T. Sherman. Après la bataille de Chattanooga, celui-ci envahit l'Alabama et la Géorgie, et avance sur Atlanta.


Offensive de Lee à l'Est: campagne du Maryland et de Pennsylvanie (juin-juillet 1863).

Du 30 avril au 6 mai 1863, c'est la bataille de Chancellorsville, près de Spotsylvanie Courthouse, en Virginie. L'Armée confédérée du Nord de la Virginie (60900 hommes) commandée par le général Robert E. Lee inflige une sévère correction à l'Armée nordiste du Potomac commandée par Joseph Hooker, aux effectifs deux fois plus nombreux (133000 hommes), mais il perd un cinquième de son armée et un des ses meilleurs généraux, Thomas "Stonewall" Jackson, victime d'un tir accidentel sudiste.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Chancellorsville


Les pertes sont lourdes des deux côtés. Les Sudistes perdent 13303 hommes: 1665 tués, 9081 blessés et 2018 disparus/prisonniers. Les Nordistes 17197 hommes: 1606 tués, 9672 blessés et 5919 disparus/prisonniers.

A Washington, Lincoln est attéré par cette nouvelle défaite. Hooker est finalement relevé de son commandement pour incompétence et remplacé le 28 juin 1863 par le général George G. Meade, un west-pointer vétéran des guerres indiennes et de la guerre contre le Mexique, qui a fait ses classes avec Robert Lee.

Lee, de son côté, exalté par sa victoire, décide d'envahir la Pennsylvanie. Le 3 juin 1863, l'Armée de la Virginie du Nord, forte de 75000 hommes, s'ébranle en suivant la vallée de la Shenandoah, un affluent du Potomac. Son plan est de s'avancer en territoire ennemi vers le Nord, pour contourner l'Armée du Potomac et la prendre à revers, menaçant du même coup Washington, Baltimore et Philadelphie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Campaign

L'Armée du Potomac de Hooker (Meade à partir du 28 juin) pourchasse les troupes de Lee. Le 9 juin 1863, à Brandy Station, près de Culpeper, c'est la plus grande bataille de cavalerie de la guerre: les 9500 Sudistes de James E.B. "Jeb" Stuart affrontent les 11000 Nordistes d'Alfred Pleasonton. Le résultat de la bataille est incertain.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Brandy_Station

L'Armée confédérée traverse ensuite les Blue Ridge Mountains et capture la garnison fédérale de Winchester, en Virginie, entre le 13 et le 15 juin.

http://en.wikipedia.org/wiki/Second_Battle_of_Winchester

Le II Corps de Lee, après avoir traversé le Potomac, avance à travers le Maryland et la Pennsylvanie, atteignant la rivière Susquehanna et menaçant la capitale de l'Etat, Harrisburg. L'Armée nordiste du Potomac, à la poursuite des Confédérés mais mal renseignée, avance parallèlement à l'armée de Lee et atteint la ville de Frederick le 28 juin.

Le lendemain 29 juin, quand Lee apprend la présence de l'armée nordiste à Frederick, il décide de regrouper ses forces autour de Cashtown, 13km à l'ouest de Gettysburg. Le nouveau commandant de l'Armée du Potomac, Meade, détache la division de cavalerie du général John Buford vers le nord. Celle-ci atteint Gettysburg le 30 juin. Mais les corps d'infanterie de John F. Reynolds et d'Oliver O. Howard qui suivent s'étalent sur plusieurs colonnes de 20km de long.

A Cashtown, Lee détache du III Corps (Ambrose P. Hill) la brigade d'infanterie du général James J. Pettigrew vers Gettysburg. Dans les mémoires du major-général Henry Heth, le commandant de division de Pettigrew, il indique avoir envoyé son subordonné à la recherche de magazins d'approvisionnement dans la ville, et spéciallement d'un stocks de 20000 paires de chaussures.

Le 30 juin 1863, lorsque la brigade Pettigrew approche de Gettysburg par l'ouest, il se heurte à l'arrivée de la cavalerie nordiste de Buford, puis se retire vers Cashtown sans engager le combat. Lorsque Pettigrew signale à Heth et Hill la présence de troupes nordiste à Gettysburg, ceux-ci pensent qu'il ne s'agit que de la milice locale de Pennsylvanie.

En dépit de l'ordre de Lee d'éviter tout affrontement avant que celui-ci n'ait regroupé toutes ses troupes, Hill décide d'envoyer le lendemain matin son III Corps effectuer une reconnaissance en force pour déterminer la nature et les effectifs de l'ennemi.


Ordre de bataille de l'Union (1er-3 juillet 1863).

Lexique.
MG: Major-Général.
BG: Brigadier-Général.
Col: Colonel
LTC: Lieutenant-Colonel.
Maj: Major.
Capt: Capitaine.
Lt: Lieutenant.
Dr: Docteur.
K: Tué (Killed).
W: Blessé (Wounded).

Armée du Potomac. MG George G. Meade.
Etat-Major et QG:
• Chef d'Etat-Major: MG Daniel Butterfield.
• Commandant de l'artillerie: BG Henry J. Hunt.
• Chef Quartier-Maitre: BG Rufus Ingalls.
• Chef des Services de santé: DR Jonathan Letterman.
• Chef des Transmissions: Capt Lemuel B. Norton.
• Chef Prévauté: BG Marsena R. Patrick (1528 hommes).
• Chef ingénieur: BG Gouverneur K. Warren.
- Brigade du génie. BG Henry W. Benham.


I Corps. MG John F. Reynolds (K) puis MG Abner Doubleday. 12596 hommes.
Unité QG: 1er Régiment de cavalerie du Maine, compagnie L. 57 hommes.

- Brigade d'artillerie. COL Charles S. Wainwright. 28 canons, 621 hommes.

• 1ère Division. BG James S. Wadsworth. 3860 hommes.
- 1ère Brigade "Iron Brigade". BG Solomon Meredith (W) puis Col William W. Robinson. 1537 hommes.
- 2ème Brigade. BG Lysander Cutler. 2020 hommes.

• 2ème Division. BG John C. Robinson. 3027 hommes.
- 1ère Brigade. BG Gabriel R. Paul (W) puis Col Samuel H. Leonard. 1537 hommes.
- 2ème Brigade. BG Henry Baxter. 1452 hommes.

• 3ème Division. MG Abner Doubleday puis BG Thomas A. Rowley. 4711 hommes.
- 1ère Brigade. Col Chapman Biddle. 1387 hommes.
- 2ème Brigade. Col Roy Stone (W) puis Col Langhorne Wister.
- 3ème Brigade. BG George J. Stannard (W) puis Col Francis V. Randall. 1950 hommes.


II Corps. MG Winfield S. Hancock. 11509 hommes.
Unités QG: 6ème Régiment de cavalerie de New York, compagnies D et K. 64 hommes.

- Brigade d'artillerie. Capt. John G. Hazard. 30 canons, 603 hommes.

• 1ère Division. BG John C. Caldwell. 3400 hommes.
- 1ère Brigade. COL Edward E. Cross (W) puis COL H. Boyd McKeen. 932 hommes.
- 2ème Brigade "Irish Brigade". Col Patrick Kelly. 532 hommes.
- 3ème Brigade. BG Samuel K. Zook (W) puis LTC John Fraser. 975 hommes.
- 4ème Brigade. Col John R. Brooke. 852 hommes.

• 2ème Division. BG John Gibbon (W) puis BG William Harrow. 3606 hommes.
- 1ère Brigade. BG William Harrow puis Col Francis E. Heath. 1378 hommes.
- 2ème Brigade "Philadelphia Brigade". BG Alexander S. Webb. 1208 hommes.
- 3ème Brigade. Col Norman J. Hall. 922 hommes.

• 3ème Division. BG Alexander Hays. 3760 hommes.
- 1ère Brigade "Gibraltar Brigade". Col Samuel S. Carroll. 1036 hommes.
- 2ème Brigade. COL Thomas A. Smyth (W) puis LTC Francis E. Pierce. 1134 hommes.
- 3ème Brigade. COL George L. Willard (K), Col Eliakim Sherrill (K) puis LTC James M. Bull. 1508 hommes.


III Corps. MG Daniel E. Sickle (W) puis MG David B. Birney. 10726 hommes.

- Brigade d'artillerie. Capt George E. Randolph (W) puis Capt A Judson Clark. 30 canons, 616 hommes.

• 1ère Division. MG David B. Birney puis BG John H.H. Ward. 5090 hommes.
- 1ère Brigade. BG Charles K. Graham (W) puis Col Andrew H. Tippin. 1516 hommes.
- 2ème Brigade. BG John H.H. Ward puis Col Hiram Berdan. 2187 hommes.
- 3ème Brigade. Col Philippe Régis de Trobriand. 1387 hommes.

• 2ème Division. BG Andrew A. Humphreys. 4960 hommes.
- 1ère Brigade. BG Joseph B. Carr. 1718 hommes.
- 2ème Brigade "Excelsior Brigade". Col William R. Brewster. 1842 hommes.
- 3ème Brigade. Col George C. Beirling. 1396 hommes.


V Corps. MG George Sykes. 10997 hommes.
Unités QG: 12ème Régt d'infanterie de New York, compagnie D et E. Capt Henry W. Rider. 109 hommes.
7ème Régiment de cavalerie de Pennsylvanie, compagnies D et H. Capt William Thompson. 78 hommes.

- Brigade d'artillerie. Capt Augustus P. Martin. 26 canons, 432 hommes.

• 1ère Division. BG James Barnes. 3420 hommes.
- 1ère Brigade. Col William S. Tilton. 655 hommes.
- 2ème Brigade. Col Jacob B. Sweitzer. 1423 hommes.
- 3ème Brigade. Col Strong Vincent (K) puis James C. Rice. 1336 hommes.

• 2ème Division. BG Romeyn B. Ayres. 4002 hommes.
- 1ère Brigade. Col Hannibal Day. 1553 hommes.
- 2ème Brigade. Col Sidney Burbank. 953 hommes.
- 3ème Brigade. BG Stephen H. Weed (K) puis Col Kenner Garrard. 1491 hommes.

• 3ème Brigade. BG Samuel W. Crawford. 2949 hommes.
- 1ère Brigade. Col William McCandless. 1235 hommes.
- 3ème Brigade. Col Joseph W. Fisher. 1709 hommes.


VI Corps. MG John Sedwick. 13577 hommes.
Unités QG: 1er Régt de cavalerie du New Jersey, compagnie L. Capt William S. Craft. 38 hommes.
1er Régt de cavalerie de Pennsylvanie, compagnie H. Capt William S. Craft. 54 hommes.

- Brigade d'artillerie. Col Charles H. Tompkins. 46 canons, 937 hommes.

• 1ère Division. BG Horatio G. Wright. 4207 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alfred T.A. Torbert. 1319 hommes.
- 2ème Brigade. BG Joseph J. Bartlett. 1322 hommes.
- 3ème Brigade. BG David A. Russell. 1480 hommes.

• 2ème Division. BG Albion P. Howe. 3603 hommes.
- 2ème Brigade "Vermont Brigade". Col Lewis A. Grant. 1827 hommes.
- 3ème Brigade. BG Thomas H. Neil. 1773 hommes.

• 3ème Division. MG John Newton puis BG Frank Wheaton. 4731 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alexander Shaler. 1766 hommes.
- 2ème Brigade. Col Henry L. Eustis. 1591 hommes.
- 3ème Brigade. BG Frank Wheaton puis Col David J. Nevin. 1368 hommes.


XI Corps. MG Oliver O. Howard puis MG Carl Schurz. 9926 hommes.
Unités QG: 1er Régt de cavalerie de l'Indiana, compagnies I et K. Capt Abram Sharra. 50 hommes.
8ème Régt d'infanterie de New York, une compagnie. Lt Hermann Foerster. 40 hommes.
17ème Régt de cavalerie de Pennsylvanie, compagnie K. 36 hommes.

- Brigade d'artillerie. Maj Thomas W. Osborn. 24 canons, 604 hommes.

• 1ère Division. BG Francis C. Barlow (W) puis BG Adelbert Ames. 2477 hommes.
- 1ère Brigade. Col Leopold von Gilza. 1136 hommes.
- 2ème Brigade. BG Adelbert Ames puis Col Andrew L. Harris. 1337 hommes.

• 2ème Division. BG Adolph von Steinwehr. 2897 hommes.
- 1ère Brigade. Col Charles R. Coster. 1217 hommes.
- 2ème Brigade. Col Orland Smith. 1169 hommes.

• 3ème Division. MG Carl Schurz. 3109 hommes.
- 1ère Brigade. BG Alex Schimmelfenning. 1683 hommes.
- 2ème Brigade. Col Wladimir Krzyzanowski. 1420 hommes.


XII Corps. MG Henry W. Slocum. 9986 hommes.
Unités QG: 10ème Régt d'infanterie du Maine, quatre compagnies. Capt John D. Beardsley. 169 hommes.

- Brigade d'artillerie. Lt Edward D. Muhlenberg. 22 canons, 391 hommes.

• 1ère Division. BG Alpheus S. Williams. 5357 hommes.
- 1ère Brigade. Col Archibald L. McDougall. 1836 hommes.
- 2ème Brigade. BG Henry H. Lockwood. 1934 hommes.
- 3ème Brigade. BG Thomas H. Ruger. 1582 hommes.

• 2ème Division. BG John W. Geary. 3982 hommes.
- 1ère Brigade. Col Charles Candy. 1816 hommes.
- 2ème Brigade. Col George A. Cobham, Jr. 700 hommes.
- 3ème Brigade. BG George S. Greene. 1424 hommes.


Corps de cavalerie. MG Alfred Pleasonton. 11700 hommes.

- 1ère Brigade d'artillerie. Capt James M. Robertson. 28 canons, 492 hommes.
- 2ème Brigade d'artillerie. Capt John C. Tidball. 16 canons, 272 hommes.

• 1ère Division de cavalerie. BG John Buford. 4021 hommes.
- 1ère Brigade. Col William Gamble. 1596 hommes.
- 2ème Brigade. Col Thomas C. Devin. 1108 hommes.
- 3ème Brigade. BG Wesley Merritt. 1317 hommes.

• 2ème Division de cavalerie. BG David M. Gregg. 2664 hommes.
- 1ère Brigade. Col John B. McIntosh. 1561 hommes.
- 3ème Brigade. Col John I. Gregg. 1263 hommes.

• 3ème Division de cavalerie. BG Judson Kilpatrick. 3902 hommes.
- 1ère Brigade. BG Elon J. Farnsworth (K) puis Col Nathaniel P. Richmond. 1925 hommes.
- 2ème Brigade "Michigan Brigade". BG George A. Custer. 1934 hommes.

http://www.militaryhistoryonline.com/gettysburg/misc/usaunits.aspx
http://gburginfo.brinkster.net/unionorderofbattle.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Union_order_of_battle



Ordre de bataille de la Confédération (1er-3 juillet 1863).

http://www.militaryhistoryonline.com/gettysburg/misc/csaunits.aspx
http://gburginfo.brinkster.net/confedorderofbattle.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Confederate_order_of_battle



Déroulement de la bataille de Gettysburg (1er-3 juillet 1863).

1° Premier jour: 1er juillet 1863.

La 1ère Division de cavalerie de John Buford (2748 hommes) est arrivé la veille du sud et organisé des positions défensives sur trois collines à l'ouest de Gettysburg, Herr Ridge, Mc Pherson Ridge et Seminary Rigde, en attente de l'infanterie du I Corps de Reynolds qui doit occuper les hauteurs au sud de la ville: Cemetery Ridge, Cemetery Hill et Culp's Hill. Ce sont des positions stratégiques, et Buford a compris que si les Confédérés s'en emparent, l'armée de Meade aura d'énormes difficultés pour les en déloger.

Ce sont des positions avantageuses pour une action retardatrice d'une unité de cavalerie contre l'infanterie confédérée très supérieure en nombre. La 1ère Division de Heth arrive de l'ouest avec deux brigades de front commandés par les brigadiers-généraux James J. Archer et Joseph R. Davis.

A 7h30 du matin, l'infanterie sudiste de Heth se heurte à des avant-postes de chaque côté de la Route de Chambersburg (Chambersburg Pike), environ 5km à l'ouest de Gettysburg, les "Vedette". Le lieutenant Marcellus Jones tire le premier coup de feu de la bataille. Plus tard, les fantassins de Heth atteignent les positions des cavaliers de la Brigade du colonel William Gamble, qui ont mis pied à terre et disposent des nouvelles fusils à répétition.

A 10h20, les Confédérés repoussent les cavaliers nordistes de Gamble à l'est de la Colline McPherson (McPherson Ridge), lorsque les avant-gardes du I Corps commandé par le major-général John F. Reynolds arrivent finalement en renfort.

Au nord de la colline, le long du voie ferrée inachevée, la brigade d'infanterie sudiste de Davis marque un succès temporaire contre les positions du brigadier-général Lysander Cutler, mais elle est ensuite repoussée avec de lourdes pertes. Au sud, la brigade Archer donne l'assaut contre la Brigade de Fer de Solomon Meredith à travers le Bois de McPherson (McPherson Woods). Mais les Nordistes brise l'assaut ennemi et capture plusieurs centaines de prisonniers, y compris Archer lui-même.

Reynolds, qui supervise en personne la mise en place de ses troupes et de ses batteries d'artillerie à l'est du Bois du Séminaire (Seminary Woods), est tué au début de la bataille. Le major-général Abner Doubleday le remplace et assume désormais le commandement du I Corps nordiste.

Les combats autour de la Route de Chambersburg (Chambersburg Pike) se poursuivent jusqu'à 12h30, marquent une interruption pendant deux heures, puis reprennent à 14h30 quand la Division Heth en entier, avec ses quatre brigades, est engagée dans la bataille.

La "Brigade de Fer" nordiste, inférieure en nombre, est submergée et repoussée des bois de la Colline du Séminaire (Seminary Ridge). Les unités du I Corps nordiste de Doubleday sont progressivement refoulé à travers les rues de Gettysburg.

Pendant ces combats à l'ouest de la ville, deux autres divisions sudistes du II Corps du lieutenant-général Richard S. Ewell s'approchent par le nord le long des routes de Carlisle et d'Harrisburg, simultanément au XI Corps nordiste du major-général Oliver O. Howard arrivant du sud et du sud-est par les Routes de Taneytown et de Baltimore.

En fin de matinée, la ligne de défense de l'Armée fédérale forme désormais un demi-cercle couvrant l'ouest, le nord et le nord-est de Gettysburg. Mais ce sont des positions fragiles, car les Nordistes n'ont pas encore assez de troupes pour tout couvrir. La brigade de Cutler, qui est déployée au nord de la Route de Chambersburg, a son flanc droit totalement exposé. La division sur le flanc gauche du XI Corps de Howard est incapable de se déployer à temps pour renforcer la ligne de défense fédérale, alors Doubleday est forcé de jeter dans la bataille ses forces de réserve pour combler le trou.

Aux environs de 14h, deux divisions sudistes du II Corps, commandées par les majors-généraux Jubal Early et Robert E. Rodes, donnent l'assaut aux positions des I et XI Corps nordistes, au nord et au nord-ouest de Gettysburg. Les brigades du colonel Edward A. O'Neal et du brigadier-général Alfred Iverson subissent de lourdes pertes face à la division nordiste du brigadier-général John C. Robinson, du I Corps, au sud de Oak Hill.

La division de Jubal Early profite d'une gaffe du brigadier-général Francis E. Barlow, là où sa 1ère Division du XI Corps forme en saillant, pour enfoncer le front nordiste jusqu'à Blocher Knoll (aujourd'hui Barlow's Knoll), menaçant de débordement tout le flanc droit de l'armée de l'Union. Au cours de cette attaque, Barlow est blessé et capturé.

Les positions nordistes menacées d'effondrement complet au nord et à l'ouest de Gettysburg, en fin d'après-midi, le major-général Oliver O. Howard ordonne une retraite générale de l'armée nordiste au sud de la ville, jusqu'à une position en hauteur plus favorable à une défense, où la division du brigadier-général Adolph von Steinwehr a été placée en réserve: la Colline du Cimetière (Cemetery Hill).

Le major-général Winfield S. Hancock, commandant du II Corps nordiste, envoyé par Meade pour le représenter, assume désormais le commandement du champ de bataille et réorganise son dispositif de défense en forme de fer-à-cheval sur Cemetery Hill.

Robert E. Lee a compris le rôle capital que représentait le contrôle de cette hauteur stratégique dominant tout le champ de bataille. Il ordonne au lieutenant-général Richard S. Ewell, du II Corps sudiste, de s'emparer de la Colline du Cimetière "si faisable". Ewell, qui a précédemment servi sous le commandement de "Stonewall" Jackson, reputé pour publier des ordres péremptoires, estime de son côté qu'il est trop tard et décide d'attendre le lendemain pour attaquer, laissant ainsi à l'Union un répit inespéré pour réorganiser ses lignes de défense pendant la nuit. Cette décision s'avère être une formidable occasion manquée de remporter la bataille et sera lourde de conséquences par la suite.

Ce 1er juillet 1863, un quart de l'Armée du Potomac de Meade (22000 hommes) et un tier de l'Armée de la Virginie du Nord de Lee (27000 hommes) ont été engagés dans la bataille. Les pertes sont estimés à 9000 tués, blessés et disparus/prisonniers du côté nordiste, 6000 du côté sudistes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Gettysburg,_First_Day



2° Second jour: 2 juillet 1863.

Dans la nuit du 1er au 2 juillet et la matinée suivante, la plus grande partie des deux armées arrive sur le champs de bataille, dont les II, III, V, VI et XII Corps nordistes. La 3ème Division du I Corps sudiste du lieutenant-général James Longstreet, commandée par le major-général George Pickett, arrivera parmi les derniers dans la soirée.

A l'aube, le front nordiste a pris la forme d'un crochet. Il s'étend désormais de Culp's Hill, au sud-est Gettysburg, occupe le nord-ouest de Cemetery Hill, juste au sud de la ville, s'incurve ensuite vers le sud sur trois kilomètres, le long de Cemetery Ridge, pour s'achever au pied de la pente nord de Little Round Top.

Une grande partie du XII Corps du major-général Henry W. Slocum occupe Culp's Hill. Les restes des I et XI Corps, commandés par le major-général Oliver O. Howard, est disposé au nord de Cemetery Hill. Le II Corps du major-général Winfield S. Hancock est disposé sur la moitié nord de Cemetery Ridge, et le III Corps du major Daniel E. Sickles sur sa moitié sud. Le V Corps du major-général Georges Sykes est tenu en réserve autour de Power's Hill.

Les troupes de Lee s'étendent sur presque huit kilomètres. Parallèle au front nordiste, le III Corps du major-général Ambrose P. Hill occupe une ligne de front de 1600m sur Seminary Ridge. La ligne de front sudiste s'incurve ensuite vers l'est et passe par les quartiers sud de Gettysburg, pour s'infléchir finalement au sud-est le long de Rock Creek où a pris place le II Corps du lieutenant-général Richard S. Ewell, devant Culp's Hill.

Le plan de Lee est d'attaquer avec le I Corps du lieutenant-général James Longstreet sur le flanc gauche nordiste, à partir de l'extrêmité sud du Seminary Ridge, en longeant le coté nord-est de la Route d'Emmitsburg, de manière à contourner et prendre à revers les lignes fédérales. L'attaque sudiste devra commencer avec deux divisions commandées par les majors-généraux John B. Hood et Lafayette McLaws, suivies par la division du major-général Richard H. Anderson, du III Corps de Hill.

Sur le flanc droit de Meade, dans le secteur du II Corps sudiste, les divisions des majors-généraux Edward "Allegheny" Johnson et Jubal Early effectueront une attaque de diversion contre Culp's Hill et Cemetery Hill, de manière à empêcher l'arrivée de renforts nordistes sur Cemetery Ridge, à l'ouest.


Ce plan, cependant, est basé sur des renseignements erronés, et agravé par l'absence de la cavalerie sudiste de James E.B. "Jeb" Stuart sur le champ de bataille. Au lieu de contourner le flanc gauche nordiste et de le prendre à revers, la division sudiste de gauche, commandée par McLaw, va se retrouver directement sur le chemin du III Corps nordiste du major-général Daniel E. Sickles. Celui-ci occupait la partie sud de Cemetery Ridge, mais sans en avoir reçu l'ordre, il avance son corps d'armée le long de la Route d'Emmitsburg.

La nouvelle ligne de défense de Sickles s'étend maintenant du "Rocher du Diable" (Devil's Dan), passe par le Shefty Peach Orchard en formant un saillant, puis s'infléchit au nord-est le long de la Route d'Emmitsburg jusqu'à la "Ferme de Condori" (Condori Farm). Le V Corps du major-général Georges Sykes se met en mouvement lui-aussi, à partir de Power's Hill, pour occuper les pentes des deux Round Top, au sud-est.

L'attaque de Longstreet doit s'effectuer le plus tôt possible, cependant celui-ci obtient l'autorisation de Lee de la retarder pour attendre une de ses brigades. Et la mise en place des unités assignées à l'attaque prend énormément de temps. Si bien que les assauts des divisions de Hood et de McLaw ne commenceront qu'à 16h et 17h respectivement.

Lorsque les divisions de Longstreet buttent contre les défenses du III Corps nordistes, Meade est forcé d'envoyer 20000 hommes en renforts provenant du V Corps, de la 1ère Division du II Corps, commandée par le brigadier-général John C. Caldwell, la majeur partie du XII Corps, positionné sur Culp's Hill, et de diverses unités du VI Corps du major-général John Sedgwick qui commence à arriver sur le champs de bataille.

L'assaut des Confédérés devie du plan initial lorsque la division de Hood fait mouvement plus à l'est que prévu, perd son alignement avec la Route d'Emmitsburg, attaque les positions fédérales de Devil's Den et de Little Round Top.



McLaws, sur la gauche de Hood, attaque les positions étirées du III Corps et les repoussent du "Champ de blé" (Wheatfield) et du "Verger de pêches" (Peach Orchard) vers le "Ruisseau des Prunes" (Plum Run). Il s'ensuit dans cette zone les combats les plus féroces de la bataille de Gettysburg. Des combats au corps-à-corps, aux sabres et aux baïonnettes se poursuivront jusqu'au crépuscule. Le III Corps nordiste est virtuellement anéanti, et Sickles mis hors-de-combat par un boulet d'artillerie ennemi.



Au nord, la Division Anderson du III Corps sudiste débute son attaque à 18h du sud de Seminary Ridge et repousse les Nordistes de la Route d'Emmitsburg vers Cemetery Ridge.

A l'extrémité sud du front nordiste, au pied de Little Round Top, où s'est positionnée l'artillerie du V Corps, la division sudiste de Hood butte contre les défenses de la 1ère Division du brigadier-général James Barnes. Les troupes sudistes sont stoppées grâce à la résistance héroïque du 20ème Régiment du Maine (396 hommes) commandé par le colonel Joshua L. Chamberlain.



La défense de Little Round Top avec la contre-attaque à la baïonnette de Chamberlain sera un des plus célèbres faits d'armes de cette bataille. En fin de soirée, la cavalerie sudiste de "Jeb" Stuart commence à arriver, mais ne prendra pas part aux combat de ce second jour.

http://en.wikipedia.org/wiki/Little_Round_Top


A 19h, dans le secteur Culp's Hill, au nord-est du champs de bataille, le II Corps sudiste attaque les positions nordistes du XII Corps avec la division du major-général Edward "Alleghany" Johnson. Une grande partie du XII Corps s'est déplacé pour porter main forte contre l'attaque de Longstreet, et la seule unité fédérale qui reste sur Culp's Hill est la brigade du brigadier-général George S. Greene.

Grâce à l'édification d'un mur de rondins et de fortifications ordonnés par Greene et à l'aide de renforts provenant des I et XI Corps, celui-ci parvient à briser l'assaut sudiste. Les Sudistes, au prix de lourdes pertes, parviennent cependant à s'emparer de la partie sud de la colline (Lower Culp's Hill).

http://en.wikipedia.org/wiki/Culp%27s_Hill


Au crépuscule, deux brigades sudistes de la division de Jubal Early prennent d'assaut les positions du XI Corps sur la partie orientale de la "Colline du Cimetière" (East Cemetery Hill), défendue par la 2ème Brigade de la 1ère Division du colonel Andrew L. Harris. Harris perd la moitié de ses hommes, mais l'assaut sudiste à cet endroit est également brisé, obligeant les brigade de Early à ses retirer sur leurs positions de départ.

http://en.wikipedia.org/wiki/Cemetery_Hill


Les pertes de ce second jour de bataille sont difficiles à évaluer avec précision. Du côté sudiste, les pertes des deux divisions de Hood et de McLaw sont estimées à approximativement 6000 tués, blessés et disparus, celle de la division de Richard H. Anderson entre 30% et 40% des effectifs engagés (7130 hommes). L'estimation des pertes de cette seconde journée, donnée par l'historien Noah Trudeau et incluant Culp's Hill et Cemetery Hill, s'établit à 10000 Nordistes et 6800 Sudistes hors de combat. Les pertes du 2 juillet sont donc sensiblement les mêmes que celle du premier jour. A titre de comparaison, pendant la bataille d'Antietam Creek, le 17 septembre 1862, 23000 combattants, soit 12401 Nordistes et 10316 Sudistes, avaient été tué ou blessés après douze heures de combat.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Gettysburg,_Second_Day



3° Troisième jour: 3 juillet 1863.

Le troisième jour, le général Robert E. Lee souhaite renouveller ses attaques selon le même plan de base que la veille: Longstreet attaquerait la gauche fédérale, tandis qu'Ewell attaquerait Culp's Hill.

Cependant, avant que Longstreet soit prêt, les troupes du XII Corps de l'Union entament un bombardement d'artillerie sur les positions conquises la veille (Lower Culp's Hill) par les Confédérés, pour tenter de reprendre le terrain perdu. L'attaque sudiste débute à l'aube et la seconde bataille pour le contrôle de Culp's Hill se poursuivra jusqu'aux environ de 11h, après sept heures de furieux combats entre la Division du général-général Edward "Allegheny" Johnson du II Corps de Ewell, et la Division 2ème Division nordiste commandée par le major-général John W. Geary. Les Confédérés lanceront trois assauts consécutifs, et par trois fois ils se briseront contre les défenses nordistes et seront repoussés.

http://en.wikipedia.org/wiki/Culp%27s_Hill

Lee sait qu'une guerre d'usure joue en sa défaveur, il change ses plans et joue ses dernières cartes. Désormais, James Longstreet intégrerait dans son I Corps six brigades du III Corps de Hill, et commanderait une assaut massif d'infanterie contre les positions centrales nordistes sur Cemetery Ridge. Avant cet assaut, son artillerie bombarderait et affaiblirait les positions des Fédéraux.

A 13h, 150 à 170 canons confédérés commencent le bombardement des positions ennemies. Quinze minutes plus tard, c'est l'artillerie nordiste qui entament des tirs de contre-batteries. Pendant deux heures, cela sera le plus grand et le plus long échange d'artillerie de la Guerre de Sécession.

Aux environs de 15h, alors que l'artillerie des deux camps échange encore leurs tirs, les trois divisions commandées par George Pickett, James Pettigrew et Isaac Trimble s'allignent au pas cadencé à la lisière de Seminary Ridge et se mettent en mouvement vers l'est, avec pour objectif un bouquet d'arbres plantés au milieu de Cemetery Ridge: le Copse of Trees. L'attaque deviendra universellement connue sous le nom de "Charge de Pickett".

http://en.wikipedia.org/wiki/Pickett%27s_Charge

Pour parvenir jusqu'aux positions fédérales, les fantassins sudistes ont à parcourir une immense distance sur plus de 1200 mètres, sous le feu de l'infanterie et de l'artillerie adverse. Le champ est traversé environ deux tiers de la distance par la Route d'Emmitsburg et une double-barrière, que les troupes sudistes doivent franchir en enjambant, si bien qu'elles perdent encore du temps à reformer leur allignement.



Lorsque les troupes confédérées atteignent enfin la ligne de défense nordiste, une furieuse mêlée au corps-à-corps s'engage. Finalement, les Sudistes sont refoulés avec de lourdes pertes, au moins 50% de leur effectifs, alors que l'Union n'a perdu dans cette charge désespérée que 1500 tués et blessés. Les rapports nordistes indiqueront avoir fait 3750 prisonniers ennemis.


Pour Lee, c'est la fin, et il ne lui reste plus qu'à se retirer et rentrer en Virginie. Cependant, la "Charge de Pickett" ne marquent pas tout à fait la fin des combats. Des engagements mineurs de cavalerie se poursuivront encore pendant le reste de cette journée.

La cavalerie sudiste de "Jeb" Stuart, enfin arrivée, est prête à se lancer dans des raids sur les arrières nordistes, contre les convois de ravitaillement et les lignes de communications. A 5km à l'est de Gettysburg, au lieu-dit appelé aujourd'hui "East Cavalry Field", Stuart tombe nez-à-nez sur la brigade de cavalerie commandée par le lieutenant-colonel George A. Custer. Il s'ensuit un bref combat monté au sabre.

A l'extrêmité sud du champ de bataille, en fin de soirée, la 3ème Division de cavelerie, commandée par le brigadier-général Judson Kilpatrick et qui vient juste d'arriver à Gettysburg, lance lui aussi un raid contre le flanc droit du I Corps sudiste de Longstreet, au sud-ouest de Little Round Top. Le brigadier-général nordiste Elon J. Farnsworth, qui commande la seconde brigade de Kilpatrick, est tué au cours de cet engagement.





4° Bilan de la bataille et retraite de Lee en Virginie.

En trois jours de combat, les deux armées ennemies ont perdu 51000 tués, blessés, disparus ou prisonniers. Ce qui est supérieur aux 47000 Américains tués au combat pendant toute la guerre du Vietnam. La bataille de Gettysburg est la bataille la plus sanglante de la guerre de Secession. Et la guerre civile américaine, le conflit le plus coûteux en vies humaines de l'histoire américaine. Les pertes américaines (620000 morts) dépassent toutes celles des autres guerres auxquelles ont pris part les Etats-Unis, en comptant les deux conflits mondiaux, la Corée et le Vietnam.

A Gettysburg, l'Armée de l'Union a eu 23055 hommes hors de combat: 3155 tués, 14531 blessés et 5369 capturés ou disparus. Les pertes de la Confédération sont difficiles à estimées, les chiffres mentionnés par la plupart des auteurs tournent autours de 28000 hommes hors-de-combat. John Busey et David Martin, dans leur livre "Regimental Strengths and Losses at Gettysburg" publié en 2005 (1), estiment les pertes sudistes à 23231 hommes: 4708 tués, 12693 blessés, 5830 capturés ou disparus.


Le 19 novembre 1863, le président Abraham Lincoln, au cours d'un discours devenu célèbre aux Etats-Unis, rendra hommages aux combattants des deux camps tombés à Gettysburg.

"Voici quatre-vingt-sept ans que nos pères ont apporté sur ce continent une nouvelle nation, conçue dans la liberté et fondée sur la proposition que tous les hommes ont été créés égaux.

"Nous sommes aujourd'hui engagés dans une grande guerre civile, nous demandant comment cette nation ou n'importe quelle nation conçue sur de tels fondements peut endurer une telle chose. Nous voici sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous sommes venus pour en consacrer une partie en tant que lieu de repos final pour ceux qui y sont morts afin que vive la nation. Ceci nous pouvons le faire.

"Mais dans un sens plus large, nous ne pouvons pas consacrer, nous ne pouvons pas sanctifier cette terre. Les braves, vivants ou morts, qui ont lutté ici l'ont sanctifiée bien au-delà de ce que notre faible puissance pourrait y ajouter ou y enlever. Le Monde ne se souviendra ni bien, ni longtemps, de ce que nous disons ici, mais il ne pourra jamais oublier ce que ces hommes ont fait. Mais c'est à nous, les vivants, à nous que revient la grande tâche: que pour ces morts que nous honorons, nous portions un amour plus fort à cette cause pour laquelle ils ont ici donné la dernière et pleine mesure de leur dévouement. Nous décidons ici avec ferveur que ces morts ne seront pas morts en vain, que cette nation, par la grâce de Dieu, verra renaître la liberté, et que le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ne disparaîtra pas de la terre."

(Traduction Pierre Paréja, USA-Decouverte.com)



Le lendemain, 4 juillet 1863, chacun des deux camps reste cantonnés en défensive sur leurs positions. Au milieu de l'après-midi, les tirs cessent pratiquement partout sur le champ de bataille, les deux adversaires pensent leurs plaies et enterrent leurs morts. Un échange de prisonniers proposé par les Sudistes est rejetté par Meade.

Ce même jour, sur le théâtre d'opération de l'Ouest, la garnison sudiste encerclée à Vicksburg se rend au général Ulysse S. Grant.

Le 5 juillet 1863, sous une pluie battante, l'Armée de la Virginie du Nord du général Robert Lee commence à se retirer du champ de bataille de Gettysburg par la Route d'Hagerstown. La bataille est vraiment terminée et l'armée confédérée regagne la Virginie, poursuivie par les troupes de Meade.

Le 14 juillet 1863, Lee a repassé le Potomac. Des combats d'arrière-garde à Falling Waters marque la fin définitive de la Campagne de Pennsylvanie ou "Campagne de Gettysburg".

http://en.wikipedia.org/wiki/Retreat_from_Gettysburg




(1) Busey, John W., and Martin, David G., "Regimental Strengths and Losses at Gettysburg", 4th Ed., Longstreet House, 2005, page 260.


Déclin et capitulation du Sud (1863-1865).

La défaite du Sud à Gettysburg marque un tournant décisif de la guerre de Sécession. Mais la Confédération, n'ayant plus d'espoir, livrera des batailles désespérées pendant encore deux longues années, avant qu'elle admette enfin sa défaite.

La prise de la place sudiste de Vicksburg, le 4 juillet 1863, au lendemain de la victoire de Meade en Pennsylvanie, permet à Grant de contrôler le Mississippi.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Vicksburg

Fin 1863, la guerre a définitivement tourné à l'avantage de l'Union. Après sa défaite à Gettysburg, Lee ne peut plus soutenir aucune autre opération offensive sur le théâtre d'opération Est et en Virginie.

Sur le front Ouest, Grant a scindé en deux la Confédération, et son succès à Chattanooga (23-25 novembre 1863) lui permet désormais de porter la guerre en Alabama et en Géorgie. Le président Lincoln le rappele à Washington et le nomme commandant en chef de toutes les forces de l'Union au début de l'année 1864.

L'Armée nordiste de l'Ouest est désormais commandée par William T. Sherman. En février 1864, Celui-ci pénètre en Géorgie en partant de Chattanooga, pour prendre Atlanta à revers.

A l'Est, l'armée nordiste du Potomac, dirigée par Grant et Meade, affronte de nouveau Robert Lee en Virginie. Elle avance sur Richmond, la capitale de la Confédération. Une troisième armée armée nordiste, l'"Armée de la Shenandoah" (31000 hommes) dirigée par le général Philip Sheridan, opère dans la vallée de la Shenandoah et, à partir de là, prive les forces de Lee de leurs bases arrières de ravitaillement.

Fin mars 1864, c'est la "Campagne de la Wilderness": l'Armée nordiste du Potomac, sous le commandement d'Ulysses Grant et composée de 115000 hommes, commence sa progression vers Richmond à partir de la rivière Rapidan. Lorsqu'elle atteint une région désolée, du nom de Wilderness, près de Chancellorsville, Grant affronte l'armée de Virginie du Nord de Lee, composée de 62000 hommes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Wilderness_Campaign


Lors d'une bataille confuse qui dure trois jours, entre le 5 et 7 mai 1864, et qui se déroule presque entièrement dans une forêt dense, quasiment impénétrable, les deux camps enregistrent de très lourdes pertes. L'Armée nordiste du Potomac, 17666 hommes hors de combat, sur un effectif de 101895 engagés: 2246 tués, 12037 blessés et 3383 capturés/disparus. L'Armée sudiste de Virginie, 11400 tués, blessés et capturés, sur un effectif de 61025 engagés.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_the_Wilderness

Grant, contrairement à ses prédécesseurs, continue d'avancer, déterminé à maintenir la pression sur les Sudistes. Les deux armées se heurtent une nouvelle fois à Spotsylvania Courthouse, en Virginie, du 8 au 21 mai 1864. Bilan: 18000 Nordistes et 12000 Confédérés tués, blessés ou capturés. Et une seconde fois, aucun des deux camps n'est en mesure de porter un coup décisif à l'autre.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Spotsylvania_Court_House


Après une série de batailles, Phil Sheridan force les troupes confédérées commandées par le général Jubal Early à quitter la vallée de la Shenandoah. C'est la "Campagne de la Vallée (1864)".

http://en.wikipedia.org/wiki/Valley_Campaigns_of_1864

Durant l'été, avec une réussite encore plus écrasante que celle de Sheridan, William Sherman et ses 90000 cavaliers avancent sur Atlanta, en Géorgie. Ils coupent la principale ligne d'approvisionnement d'Atlanta et, le 1er septembre 1864, les troupes confédérées, à bout de forces, abandonnèrent la ville.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Atlanta


L'opinion publique nordiste, las de cette guerre interminable et deçu par l'impasse dans laquelle se trouve Grant à l'Est, accueille avec enthousiasme les victoires de Sherman et de Sheridan. En novembre 1864, les victoires de l'Union contribuent fortement à la réelection d'Abraham Lincoln.

A l'Ouest, après avoir perdu Atlanta, l'Armée confédérée sous les ordres du général John B. Hood essaie de miner la ligne d'approvisionnement de Sherman. Pour ce faire, il avança avec audace dans le Tennessee, en supposant que Sherman serait obligé de le suivre pour protéger Chattanooga. Au lieu de cela, Sherman prépare son armée à se diriger au travers de la Géorgie. C'est la célèbre "Marche vers la Mer" qui va le conduire d'Atlanta à Savannah.

http://en.wikipedia.org/wiki/Sherman%27s_March_to_the_Sea

Dans le Tennessee, durant la bataille de Nashville, les 15 et 16 décembre 1864, un Corps d'armée de l'Union commandé par le major-général George H. Thomas remporte une victoire décisive sur John Bell Hood, brisant définitivement la résistance confédérée dans l'Ouest. Les Nordistes perdent au cours de cette bataille 3061 hommes hors de combat: 387 tués, 2258 blessés et 112 capturés/disparus. Les pertes sudistes se chiffrent à environ 6000 hommes: 1500 tués ou blessés, et 4500 capturés/disparus.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Nashville


Le 15 novembre 1864, après avoir incendié Atlanta, le général William T. Sherman entame sa "Longue marche vers la mer". Son armée de 60000 hommes traverse la Géorgie pratiquement sans rencontrer la moindre résistance sur un front large de 96km. Vivant des ressources du pays au fur et à mesure de leur progression, les troupes de Sherman détruisent systématiquement tout ce qui peut aider à soutenir l'effort de guerre confédéré: voie ferrée, entrepôts, ponts, plantations, etc.


Savannah tombe peu avant le jour de la Noelle 1864. Puis l'armée de Sherman infléchit sa course et continue d'avancer vers le nord, en direction des Caroline, là également sans rencontrer beaucoup d'opposition.

http://en.wikipedia.org/wiki/Carolinas_Campaign


Dans l'Ouest, en avril 1865, Mobile, Selma et Montgomery, en Alabama, sont tombés aux mains des forces de l'Union. Au même moment, dans l'Est, Phil Sheridan établit sa jonction avec Ulysse Grant. Les deux généraux se préparent pour un assaut final contre l'armée de Robert Lee en Virginie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Five_Forks

Au début d'avril 1865, Grant réussit finalement à prendre la ligne de chemin de fer qui ravitaille Richmond. Contraint, par conséquent, d'abandonner à la fois Petersburg et Richmond, Lee se replie vers l'ouest, espérant rejoindre l'armée confédérée de Joseph "Joe" Johnston en Caroline du Nord.


Le 5 avril 1865, Grant lui barrant le chemin, Lee livre sa dernière bataille à Appomatox, au sud-ouest de la Virginie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Appomattox_Campaign

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Appomattox_Station

Le 9 avril 1865, après sa défaite, L'Armée de Virginie de Robert Lee signe sa capitulation sans condition dans une petite salle de tribunal appelé "Appomattox Court House". Grant, par respect pour les vaincus, a interdit tout débordement de joie à son armée.



Dans les jours et les semaines qui suivent, les autres armées confédérées capitulent elle-aussi l'une après l'autre. Le 26 avril 1865, l'Armée confédérée de "Joe" Johnson dépose les armes à Durham, en Caroline du Nord.


Le président de la Confédération Jefferson Davis, en fuite, est capturé près de Richmond le 10 mai 1865. Deux jours plus tard, le District Confédéré du Golfe commandé par le major-général Dabney H. Maury et les troupes sudistes du major-général William T. Wofford, dans le nord de la Géorgie, déposent les armes.


http://en.wikipedia.org/wiki/Conclusion_of_the_American_Civil_War

Entretemps, le 15 avril 1865, alors qu'il assistait à une représentation dans le théâtre Ford de Washington DC, le président Abraham Lincoln est assassiné par un fanatique sudiste, John Wilkes Booth, qui réussit à prendre la fuite. Celui-ci sera rattrapé et tué deux semaines plus tard.

http://en.wikipedia.org/wiki/Abraham_Lincoln_assassination

Le 6 décembre 1865, le Treizième Amendement à la Constitution, qui interdit désormais l'esclavage sur l'ensemble du territoire des Etats-Unis, est ratifié par le Congrès.

http://en.wikipedia.org/wiki/Thirteenth_Amendment_to_the_United_States_Constitution


Conséquences de la guerre et période de "Reconstruction" (1865-1900).

En termes de destruction et de pertes humaines, cette guerre civile fut la plus coûteuse de l'histoire du peuple américain. En avril 1865, plus d'un million de soldat avaient été mis hors de combat, soit 3% de la population. 620000 hommes, dans une nation de 31 millions de personnes, avaient été tués, et 412000 autres blessés ou mutilés.

Le Nord, avec vingt-deux millions d'habitants, avait mobilisé 2.1 millions d'hommes et enregistré au total 360000 tués, dont 110000 directement sur le champ de bataille, et 275200 blessés ou mutilés, soit presque un quart des effectifs engagés (22.7%).

Le Sud, avec 9 millions d'habitants, dont 4 millions d'esclaves noirs, avait mobilisé 1064000 hommes et perdu 260000 tués, dont 93000 sur le champ de bataille, et 137000 blessés, soit un tier des effectifs engagés!

Statistiquement, deux fois plus d'hommes (417000) moururent de blessures, d'épidémies ou de maladies, que directement sur le champ de bataille (203000). Pour le Sud, 167000 tués sur 260000. Pour le Nord, 250000 morts sur 360000.

La puissante industrie nordiste s'en sortait plus forte que jamais. Dans le Sud, les ravages étaient limités dans les régions où avaient eu lieu les combats. Richmond, Charleston, Atlanta, Mobile et Vicksburg étaient devenus des champs de ruines. Dans la campagne par laquelle étaient passées les armées ennemies, il ne restait plus que les murs des domaines de plantations, des fermes détruites, des ponts brûlés et des lignes de chemin de fer arrachées. De nombreuses récoltes furent détruites ou confisquées et le bétail massacré.

Plus de quatre milliards de dollars de l'époque furent engloutis par l'émancipation, le refus d'honorer les actions et la monnaie confédérées, la confiscation du coton et les dommages de guerre. La guerre trancha la question de la permanence de l'Union. La "doctrine de la sécession" fut discréditée et, après 1865, les Etats trouvèrent d'autres moyens pour manifester leurs doléances.

La guerre accrut l'autorité du gouvernement fédéral. Le pouvoir exécutif, en particulier, exerça une juridiction et des pouvoirs plus grands qu'à aucun autre moment de l'histoire de la nation. Le Congrès des Etats-Unis, au pouvoir renforcé lui aussi, promulgua la plupart des lois contre lesquelles le Sud s'était si fortement opposé avant la guerre, notamment la loi agraire sur le Homestead, les amples crédits budgétaires pour la modernisation de l'équipement et les droits de douane les plus élevés de l'histoire américaine à cette date.

Du point de vue économique, la guerre encouragea la mécanisation de la production et l'accumulation du capital dans le Nord. L'équipement des armées nécessita la production de masse d'aliments industriels, de prêt-à-porter, de chaussures et, après la guerre, l'industrie reconvertit ce type de production à l'utilisation civile.

Au niveau scientifique, la guerre de Sécession marqua également un formidable bon en avant. Le 17 février 1864, le premier sous-marin du monde, le CSS Hunley, du nom de son inventeur, sous les ordres du lieutenant George Dixon, effectuait sa première sortie opérationnelle sous la bannière confédérée, et coulait le USS Houssatonic dans la baie de Charleston. Maleureusement, le sous-marin disparut corps et bien après son exploit. De toute façon, c'était trop tard et sans incidence sur la suite des opérations militaires.

L'Union mit en application les avancées révolutionnaires dans le domaine de l'aérostat et créa le premier "Corps aérien d'observation" de l'histoire. Pour la première fois dans l'histoire humaine, la guerre entrait dans sa troisième dimension.

L'armement ne fut pas en reste: les premiers fusils à répétition et obusiers à chargement par culasse et à canon raillé commencèrent à remplacer les mousquets et pièces d'artillerie à canon lisse se chargeant par la gueule. Les billes et boulets cédèrent définitivement leur place à un nouveau projectile profilé, encore pratiquement inconnu de la troupe. Les cartouches et les obus profilés modernes venaient de naître.

La télégraphie électrique et le code Morse, ainsi que les premiers services d'écoute, firent leur apparition partout sur le territoire américain et révolutionnèrent à tout jamais les communications. L'Union créa le "Signal Corps" et les premières unités de transmission de l'histoire militaire. En 1865, les Etats-Unis étaient devenu la plus grande puissance industrielle du monde.

Finalement, la guerre de Sécession donna la liberté, théorique, à près de quatre millions de Noirs. Toutefois, les mentalités qui avaient accepté l'esclavage dans le Sud pendant trois cent ans ne disparurent pas avec la guerre. Les questions non résolues pendant la Reconstruction recréèrent des tensions et des problèmes qui persistèrent tout au long de la première moitié du vingtième siècle, jusqu'à la fin de la ségrégation raciale, en 1957.

http://en.wikipedia.org/wiki/Reconstruction_era_of_the_United_States

Bénéficiant du plan d'amnistie générale promulgué par le gouvernement fédéral, la plupart des militaires sudistes survivants réintégrèrent l'Armée de l'Union. Après sa capture par les troupes de l'Union, Jefferson Davis fut poursuivit par la justice américaine pour "Haute trahison". Bien que les charges soient finalement abandonnées, il fut déclaré inéligible à toute fonction publique en vertu du 14ème Amendement à la Constitution des Etats-Unis, qui stipulait "que nul ne sera sénateur ou représentant au Congrès celui qui aura pris part à une insurrection ou à une rébellion contre le gouvernement américain". Cette décision fut annulée par le président Jimmy Carter en 1978, soit 89 ans après la mort de Davis.

Celui-ci, libéré en mai 1867, s'établit dorénavant dans les affaires en tant que président d'une compagnie d'assurances à Memphis, dans le Tennessee. Il présida à Richmond la cérémonie funéraire pour le général Robert E. Lee en 1870. En 1871, à Atlanta, il réitèra son soutien au principe du droit des Etats et de leur souveraineté.

Agé de 81 ans, Jefferson Davis meurt à La Nouvelle-Orléans le 6 décembre 1889. Ses funérailles attirèrent une foule considérable tout au long du cortège entre La Nouvelle Orléans et Richmond, où il fut enterré. Au-dessus de sa tombe où se dresse sa statue flotte toujours le drapeau confédéré.


Robert E. Lee, considéré comme le meilleur stratège de la guerre de Sécession, après sa reddition à Appomatox, devint président du Washington College, renommé "Washington and Lee College" après sa mort, le 12 octobre 1870.

Photo ci-dessous: la statue de Lee devant le bois du Séminaire, et la ville de Gettysburg aujourd'hui.



Le général Ulysses S. Grant, qui a commandé les troupes de l'Union en 1864 et 1865, se présenta aux élections de 1868 et devint le dix-huitième président des Etats-Unis. Il fut ensuite réélu le 5 novembre 1872 pour un second mandat. Atteint d'un cancer du larynx probablement lié à sa consommation de cigares, il s'éteint le 23 juillet 1885 à Mount McGregor, dans l'Etat de New York.


Après la guerre, Pierre Gustave Toutant Beauregard (28 mai 1818 - 20 février 1893) défendra la cause des esclaves affranchis et leur droit de vote, ce qui est très rare parmi les généraux confédérés. Il déclinera les offres de la Roumanie et de l'Egypte qui lui proposaient de prendre le commandement de leurs armées. Simon Bolivar Buckner, Sr (1er avril 1823 - 8 janvier 1914), qui avait commandé la garnison sudiste de Fort Donelson en 1862, deviendra gouverneur du Kentucky. Son petit-fils, Simon Bolivar Buckner, Jr, commandant la 10ème Armée US et tué à Okinawa le 20 juin 1945, fut un des plus célèbres généraux de la Seconde Guerre mondiale. James Longstreet (8 janvier 1821 - 2 janvier 1904) s'engagea dans une carrière politique, s'inscrivit au Parti Republicain d'Ulysses Grant et devint l'ambassadeur américain auprès de l'Empire Ottoman, puis finalement Commissaire aux Chemins de Fer.


Braxton Bragg devint en 1868 superintendant du réseau de distribution d'eau à la Nouvelle-Orléans, supervisa la reconstruction du port de Mobile et devint chef ingénieur en Alabama, puis finalement inspecteur aux Chemins de Fer. Fort Bragg, en Caroline du Nord, qui abrite aujourd'hui les 82ème et 101ème Divisions aéroportées et les forces spéciales de l'US Army, a été baptisé en son honneur le 4 septembre 1918.

Quuand Grant devint président en 1869, William T. Sherman (8 février 1820 - 14 février 1891) lui succéda au poste de commandant en chef de l'US Army. Son rôle le conduisit à mener les Guerres indiennes dans l'Ouest. Sa carrière fut marquée par un refus constant de s'engager en politique et, en 1875, il publia Memoirs, un des témoignages directs les plus connus de la guerre civile américaine. Analysant le parcours militaire de Sherman, l'historien militaire Liddell Hart affirme qu'il est "le premier général moderne".


Sources disponibles:

1° American Civil War (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/American_Civil_War

2° Gettysburg Campaign (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Gettysburg_Campaign

3° Battle of Gettysburg (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Gettysburg

4° Military History Online - Battle of Gettysburg.
http://www.militaryhistoryonline.com/gettysburg/

5° The Battle of Gettysburg Ressource Center.
http://gburginfo.brinkster.net/index.htm



Série "Grandes batailles du passé" (Daniel Costelle et Henri de Turenne) -
Bataille de Gettysburg


Tirée de la mythique série "les grandes batailles du passé" de Daniel Costelle et Henri de Turenne, la bataille de gettysburg (1863), documentaire des années septantes, répiqué sur une vieille VHS, désolé pour la qualité. Mis en ligne le 31 janvier 2009.














Bataille de Gettysburg à Hollywood.

Gettysburg est un film historique réalisé en 2005 par Ron Maxwell. Durée: 4h 21min. Avec Tom Berenger (James Longstreet), Martin Sheen (Robert Lee), Stephen Lang (George Pickett), Richard Jordan (Lewis A. Armistead), Patrick Gorman (John B. Hood), William Morgan Sheppard (Isaac R. Trimble), George Lazenby (Pettigrew), Sam Elliott (John Buford), Jeff Daniels (Joshua L. Chamberlain).

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=43646.html




Réunions annuelles du Groupe Bilderberg

Le Groupe Bilderberg, également appelé "Conférence Bilderberg" ou "Club Bilderberg", est une réunion non officielle regroupant, uniquement sur invitation, environ 130 participants de divers milieux: des hommes politiques ou des chefs d'Etat, des militaires, des banquiers, des patrons de presse ou des médias ou des hommes d'affaire. Le groupe se réunit chaque année dans des hôtels de luxe principalement en Europe, et une fois sur quatre aux Etats-Unis ou au Canada. Il possède un bureau central avec un comité de direction dans l'université de Leyden, aux Pays-Bas. La conférence de 2008 s'est tenue à Chantilly (Virginie), aux Etats-Unis, et celle de 2009, du 14 au 16 mai, à Athènes, en Grèce.


Origine et buts de la Conférence Bilderberg.

Le Groupe Bilderberg a été fondé en 1954. On compte parmi ses membres fondateurs le Prince Bernhard des Pays-Bas, l'hommes politique britannique Dennis Healey, le milliardaire américain David Rockefeller, le polonais Jozef Retinger et le Premier ministre belge Paul van Zeeland.

Sa première réunion s'est tenue à l'hôtel Bilderberg, à Oosterbeek en Hollande, du 29 au 31 mai 1954. Cette conférence internationale non officielle, qui réunissait les chefs d'Etat occidentaux, avait pour but de promouvoir et de favoriser les échanges culturels entre les Etats-Unis et l'Europe de l'Ouest. (1)

Le succès de cette première réunion incita les organisateurs à programmer ensuite des conférence annuelle. Un comité de direction permanent fut créé, avec Jozef Retinger comme secrétaire général. Les objectifs de ce comité étaient aussi bien d'organiser les conférences, que de tenir à jour un registre des noms de participants potentiels.

Les membres s'appellent entre-eux les "Bilderbergers" ou "Groupe de Bilderberg", du nom de l'hôtel où s'est tenue la première conférence. Le lieu et la date de chaque conférence annuelle est annoncée à l'avance. Et bien que des patrons de la presse internationale peuvent y participer, les médias sont tenus à l'écart, et chaque réunion garde un caractère confidentiel en raison de sa non-médiatisation. Pour cette raison, le groupe est considéré par certains comme une "société secrète".

Les trois années suivantes, le Groupe de Bilderberg se réunit en France (Barbizon), en Allemagne de l'Ouest (Garmisch-Partenkirchen) et au Danemark (Fredensborg). En 1957, pour la première fois, les Etats-Unis, grâce aux 30000 dollars de donnation de la firme Ford, organisèrent la conférence annuelle sur l'île Saint-Simons, en Géorgie.

En 1960, après la mort de Retinger, l'économiste néerlandais Ernst van der Beugel lui succéda en tant que Secrétaire général du Groupe, et le Prince Bernhard des Pays-Bas continua de servir comme président de réunion jusqu'en 1976, date à laquelle il fut impliqué dans le scandale de la firme aéronautique Lockheed. Cette année-là, la conférence de Bilderberg fut annulée.

En 1977, l'ancien Premier ministre britannique Alec Douglas-Home présida la conférence annuelle à Torquay, en Angleterre. Lui succédèrent à tour de rôle Walter Scheel, ancien Président d'Allemagne de l'Ouest, Eric Roll, financier anglais ancien président de la SG Warburg, la banque d'investissement londonienne, et Lord Peter Carrington, ancien secrétaire général de l'OTAN.


(1) Hatch, Alden (1962). "The Hôtel de Bilderberg". HRH Prince Bernhard of the Netherlands: An authorized biography. London: Harrap.



Organisation du Groupe Bilderberg.

Le groupe Bilderberg se composerait en trois cercles concentriques:

- Bilderberg Advisory Committee, ou "Comité Consultatif", est le cercle le plus central. Il comprend une dizaine de membres.

- Steering Committee, ou "Comité de Direction", est un cercle légèrement moins fermé que le premier. Il est constitué d'environ 35 membres, exclusivement européens et américains.

- "Cercle extérieur". Il est assez large et comprend 80% des participants aux réunions.

Une liste des participants ainsi que les thèmes abordés seraient disponibles auprès du Secrétariat du groupe. Un rapport de synthèse de la réunion est également rédigé, semble-t-il, comme le laissent supposer les liens suivants et la présence de "rapporteurs" sur la liste officielle des participants.

http://www.schnews.org.uk/bilderberg/

http://www.bilderberg.org/2003.htm#cyber

Selon le Conseil fédéral suisse dans une réponse à une question parlementaire faite en 2003, "les conférences Bilderberg sont un forum d'échange sur les principaux sujets d'actualité dans les domaines les plus divers entre membres de gouvernements, diplomates, politiciens, personnalités de l'économie, représentants de la science, de la formation, de la presse et d'instituts spécialisés.(...)"

De plus, "l'objectif de cette conférence privée est une discussion libre et ouverte. Les participants y défendent leur opinion personnelle et n'y parlent pas au nom de leur gouvernement ou de leur employeur. C'est pour cette raison que les organisateurs renoncent à faire de la publicité autour de ces discussions". Par ailleurs, "les participants qui acceptent une invitation personnelle à la conférence se déclarent prêts à renoncer à toute publicité. Du reste, il ne s'agit pas de négociations, mais de discussions qui permettent et favorisent une mise en réseau des idées et des personnes".

Interrogé par le journaliste français Bruno Fay, Nicolas Beytout qui a reconnu avoir été invité à plusieurs reprises confirme l'opacité de l'organisation: "J'ai fait trois Bilderberg mais on ne demande pas à participer, on est invité par le Comité de direction. Nous sommes installés par ordre alphabétique, il n'y a absolument aucun protocole ni décorum. Des sessions thématiques sont annoncées à l'avance avec deux ou trois orateurs qui font un exposé avant d'ouvrir le débat avec la salle. La confidentialité est un gage très grand de sincérité qui permet aux participants de dire vraiment ce qu'ils pensent."


Liste des participants.

La liste des participants du Groupe Bilderberg n'est pas publiée dans la presse, mais elle est en principe accessible sur demande au siège du Comité de Direction (Steering Committee), à Leyde aux Pays-Bas.

Elle est actuellement classée par catégorie: politique, militaire, finances, industries ou médias. Elle n'est pas complète, car tous les participants n'y figurent pas, et inclue les personnes aujourd'hui décédées.

Quelques participants du Groupe Bilderberg.

Membres de familles royales:
- Reine Beatrix des Pays-Bas.
- Prince Bernhard des Pays-Bas.
- Roi Juan Carlos d'Espagne.
- Prince Philippe de Belgique.

Politique:
- John Edwards (Etats-Unis, Sénateur)
- Gerald Ford (Etats-Unis, ancien président décédé en 12/2006)
- Bill Clinton (Etats-Unis, ancien président)
- Henry Kissinger (Etats-Unis, ancien Secrétaire d'Etat)
- Rick Perry (Etats-Unis, gouverneur du Texas)
- Timothy Geithner (Etats-Unis, Secrétaire au Trésor)
- George W. Ball (Etats-Unis, diplomate décédé en 05/1994)
- Lyman Louis Lemnitzer (Etats-Unis, ancien commandant suprême de l'OTAN).
- Tony Blair (Royaume-Uni, ancien Premier ministre)
- Edwards Heath (Royaume-Uni, ancien Premier ministre décédé en 07/2005)
- Lord Peter Carrington (Royaume-Uni, membre du Comité de Direction)
- Ed Balls (Royaume-Uni, ancien Secrétaire au Trésor)
- Paul Henri Spaak (Belgique, ancien Premier ministre décédé en 07/1972).
- Francisco Pinto Balsemao (Portugal, ancien Premier ministre)
- Jorge Braga Macedo (Portugal, ancien Ministre des Finances
- Eero Heinaluoma (Finlande, ancien ministre des Finances)
- Jyrki Katainen (Finlande, Ministre des Finances)
- Sauli Niinisto (Finlande, Porte-parole du Parlement)
- Guido Westerwelle (Allemagne, Président du Parti Démocrate)
- Helmut Schmidt (Allemagne, ancien Chancellier d'Allemagne de l'Ouest)
- Mario Monti (Italie, commissaire européen, membre du Comité de direction)
- Ritt Bjerregaard (Danemark, commissaire européen et maire de Copenhague)
- Pascal Lamy (France, Parti socialiste, Directeur-général de l'OMC).

Militaires:
- Lewis Lemnitzer (Etats-Unis, ancien commandant suprême de l'OTAN).
- Colin Gubbins (Royaume-Uni, ancien chef du SOE décédé en 11/1976).

Médias:
- Lord Conrad Black (Royaume-Uni, journaliste et rédacteur au Daily Telegraph)
- Will Hutton (Royaume-Uni, écrivain et journaliste à "The Observer")
- George Stephanopoulos (Etats-Unis, bureau d'ABC à Washington)

Finances:
- William McDonough (Etats-Unis, ancien président de la Réserve Fédérale)
- Paul Volcker (Etats-Unis, ancien président de la Réserve Fédérale)
- Gordon Richardson (Royaume-Uni, ancien Gouverneur de la Banque d'Angleterre)


Exemple ci-dessous: liste de participants à la Conférence Bilderberg de 1978.


http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Bilderberg_attendees

La liste des participants à la récente réunion de 2009 comprenait entre autre le Premier ministre gec, Kostas Karamanlis, le diplomate suédois Carl Bildt, Matti Vanhanen, Premier ministre finlandais, les Américains James Steinberg, numéro deux du Département d'Etat, Timothy Geithner, Secrétaire au Trésor, et Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, le portugais José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne, la Reine Sofia d'Espagne et la Reine Beatrix des Pays-Bas. (2)


(2) "Bilderberg Group Meets In Athens Amid Tight Security"

http://www.nasdaq.com/aspx/stock-market-news-story.aspx?storyid=200905140722dowjonesdjonline000365&title=bilderberg-group-meets-in-athens-amid-tight-security



Réactions populaires et théories du complot fantaisistes.

Les réunions du Groupe Bilderberg se font à "huit-clos": la presse nationale ou internationale n'est pas admise au sein des débats. Du fait de cette non-médiatisation, le groupe a longtemps été considéré par certains comme une société secrète.

Au fil des années, chaque conférence Bilderberg entraîne des dizaines de théorie du conspirationnisme. Depuis la chute de l'empire soviétique, nombre de personnes lui reprochent notamment l'orchestration de la mondialisation économique.

Ces conférences sont organisées et financées par le pays d'accueil où elles se tiennent. Chaque d'entre-elles est protégée par d'importantes forces de l'ordre et des systèmes de sécurité drastiques.

A la fin de chacune de ces réunions informelles, un compte-rendu écrit est pourtant disponible sur demande au Comité de Direction. Le but des rencontres est de discuter sur différents domaines ou des crises (économiques ou politiques) qui secouent le monde. L'absence de couverture médiatique permet justement aux participants de parler franchement et honnêtement.


Liste des réunions Bilderberg (1954-2009).

- 1954 (29-31 mai). Hotel de Bilderberg, Oosterbeek, Pays-Bas.
- 1955 (18-20 mars). Hotellerie Du Bas-Breau, Barbizon, France.
- 1955 (23-25 septembre). Grand Hotel Sonnenbichl, Garmisch-Partenkirchen, Allemagne de l'Ouest
- 1956 (11-13 Mai). Hotel Store Kro, Fredensborg, Danemark.
- 1957 (15-17 février). King and Prince Hotel, St. Simons Island, Georgie, Etats-Unis.
- 1957 (4-6 octobre). Grand Hotel Palazzo della Fonte, Fiuggi, Italie.
- 1958 (13-15 septembre). The Palace Hotel, Buxton, Royaume-Uni.
- 1959 (18-20 septembre). Cinar Hotel, Yesilkoy, Istanboul, Turquie.
- 1960 (28-29 Mai). Palace Hotel, Burgenstock, Nidwalden, Suisse.
- 1961 (21-23 avril). Manoir St. Castin in Lac-Beauport, Quebec, Canada.
- 1962 (18-20 mai). Grand Hotel Saltsjobaden, Saltsjöbaden, Suède.
- 1963 (29-31 mai). Cannes, France.
- 1964 (20-22 mars). Williamsburg, Virginie, Etats-Unis.
- 1965 (2-4 avril). Villa d'Este, Cernobbio, Italie.
- 1966 (25-27 mars 25-27). Nassauer Hof Hotel Wiesbaden, Wiesbaden, Allemagne de l'Ouest.
- 1967 (31 mars - 2 avril). Cambridge, Royaume-Uni.
- 1968 (26-28 avril). Mont Tremblant, Quebec, Canada.
- 1969 (9-11 mai). Hotel Marienlyst, Helsingør, Danemark.
- 1970 (17-19 avril). Grand Hotel Quellenhof, Bad Ragaz, Suisse.
- 1971 (23-25 avril). Woodstock Inn, Woodstock, Vermont, Etats-Unis.
- 1972 (21-23 avril). Knokke-Heist, Knokke, Belgique.
- 1973 (11-13 mai). Grand Hotel Saltsjobaden, Saltsjobaden, Suède.
- 1974 (19-21 avril). Hotel Mont d'Arbois, Megeve, France.
- 1975 (22-24 avril). Golden Dolphin Hotel, Cesme, Izmir, Turquie.
- 1976 (conference annulée). Programmé en avril à Hot Springs, Virginia, Etats-Unis.
- 1977 (22-24 avril). Paramount Imperial Hotel, Torquay, Royaume-Uni.
- 1978 (21-23 avril 21-23). Chauncey Conference Center, Princeton, New Jersey, Etats-Unis.
- 1979 (27-29 avril). Grand Hotel Sauerhof, Baden bei Wien, Autriche.
- 1980 (18-20 avril). Dorint Sofitel Quellenhof, Aix-la-Chapelle, Allemagne de l'Ouest.
- 1981 (15-17 mai). Palace Hotel in Bürgenstock, Nidwalden, Suisse.
- 1982 (14-16 mai). Rica Park Hotel Sandefjord, Sandefjord, Norvège.
- 1983 (13-15 mai). Château Montebello, Montebello, Quebec, Canada.
- 1984 (11-13 mai). Grand Hotel Saltsjobaden, Saltsjobaden, Suède.
- 1985 (10-12 mai). Doral Arrowwood Hotel, Rye Brook, New York, Etats-Unis.
- 1986 (25-27 avril). Gleneagles Hotel, Gleneagles, Auchterarder, Royaume-Uni.
- 1987 (24-26 avril). Villa d'Este, Cernobbio, Italie.
- 1988 (3-5 juin). Interalpen-Hotel Tyrol, Telfs-Buchen, Autriche.
- 1989 (12-14 mai). Gran Hotel de La Toja, Isla de La Toja, Espagne.
- 1990 (11-13 mai). Harrison Conference Center, Glen Cove, New York, Etats-Unis.
- 1991 (6-9 juin). Steigenberger Badischer Hof Hotel, Baden-Baden, Allemagne.
- 1992 (21-24 mai). Royal Club Evian Hotel, Ermitage Hotel, Evian-les-Bains, France.
- 1993 (22-25 avril). Nafsika Astir Palace Hotel, Vouliagmeni, Grèce.
- 1994 (2-5 juin). Kalastajatorppa Hotel, Helsinki, Finlande.
- 1995 (8-11 juin). Palace Hotel in Bürgenstock, Nidwalden, Suisse.
- 1996 (30 mai - 2 juin). CIBC Leadership Centre, King City, Ontario, Canada.
- 1997 (12-15 juin). Pine Isle resort, Lake Lanier, Georgie, Etats-Unis.
- 1998 (14-17 mai). Turnberry Hotel, Turnberry, Royaume-Uni.
- 1999 (3-6 juin). Caesar Park Hotel Penha Longa, Sintra, Portugal.
- 2000 (1er-4 juin). Chateau Du Lac Hotel, Genval, Bruxelles, Belgique.
- 2001 (24-27 mai). Hotel Stenungsbaden, Stenungsund, Suède.
- 2002 (30 mai - 2 juin). Westfields Marriott, Chantilly, Virginie, Etats-Unis.
- 2003 (15-18 mai). Trianon Palace Hotel, Versailles, France.
- 2004 (3-6 juin). Grand Hotel des Iles Borromees, Stresa, Italie.
- 2005 (5-8 mai). Dorint Sofitel Seehotel Uberfahrt, Rottach-Egern, Allemagne.
- 2006 (8-11 juin). Brookstreet Hotel in Kanata, Ottawa, Ontario, Canada.
- 2007 (31 mai - 3 juin). Ritz-Carlton Hotel, Sisli, Istanboul, Turquie.
- 2008 (5-8 juin). Westfields Marriott, Chantilly, Virginie, Etats-Unis.
- 2009 (14-16 mai). Astir Palace, Athènes, Grèce.


Sources disponibles:

1° Bilderberg Group (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Bilderberg
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilderberg

vendredi 15 mai 2009

Dossiers X-Files - Mythe de l'Atlantide: à la recherche du paradis perdu

L'Atlantide, l'une des plus fascinantes énigmes du passé, n'a jamais cessé de passionner et de faire rêver le monde entier, deux mille quatre cents ans après que ce mythe ait été forgé par le philosophe écrivain grec Platon. Aujourd'hui, un couple de canadiens, Rand et Rose Flem-Ath, après vingt années de recherche, ranime l'antique légende de ce "paradis perdu".


Atlantis, en grec "Fille d'Atlas", est une île mythique mentionnée pour la première fois dans les oeuvres du philosophe-écrivain grec Platon (428-347 av. JC), le Timaeus (Timée) et le Critias.

Le Timaeus est le récit d'un dialogue entre Socrate et son disciple (Platon), qui s'attache à lui décrire ce que serait la cité idéale. Platon lui révèle alors une confidence dont l'origine remonte à un homme d'Etat athénien nommé Solon, qui lui-même la tenait d'un prêtre egyptien: "[il y a 9000 ans], on pouvait traverser cette mer [Atlantique]. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. (...) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux".

http://en.wikipedia.org/wiki/Critias_(dialogue)

Le prêtre égyptien raconte ensuite à Solon comment les Athéniens sont morts en essayant d'envahir l'Atlantide: "En l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit terribles, toute votre armée [athénienne] fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés".

Platon décrit l'Atlantide comme une île ou un continent qui aurait abriter une brillante civilisation, faisant face aux "Colonnes d'Hercules", le Détroit de Gibraltar actuel, et qui aurait été englouti 9000 ans avant le règne de Solon, soit 9600 ans avant J.-C.

"C'était une terre magnifique, occupée par un peuple de fiers marins, qui semblait disposer de techniques avancées et des secrets de l'architecture monumentale, dont la capitale était un véritable joyau. Mais la perfection de ce royaume allait bientôt connaître une fin.

"Tandis que le pleuple de l'Atlantide sombrait dans la corruption et le matérialisme, les étoiles déplacèrent dans le ciel et le soleil se leva en un point différent de l'horizon. Des tremblements de terre ont alors déchiré l'île. Le royaume des Atlantes fut englouti en une seule nuit sous un déluge d'eau qui le balaya à jamais de la surface du monde."

Telle est la légende de l'Atlantide rapportée par Platon, vers le milieu du quatrième siècle avant notre ère.


Atlantide selon Platon.

Selon les Egyptiens, 9000 ans avant la période de Solon, les ancêtres des Athéniens auraient repoussé des envahisseurs venus de l'Ouest, depuis un vaste continent "plus grand que la Libye et l'Asie réunies", situé en face des colonnes d'Hercule (Détroit de Gibraltar). Selon les prêtres de Sais, les Athéniens auraient réussi à triompher de cette redoutable puissance, mais au prix de terribles sacrifices. En fait, leur victoire finale n'aurait été acquise qu’après le cataclysme qui aurait détruit l'Empire atlante.

Si le Timeus évoque la fin de l'île atlante, le Critias fournit davantage de renseignements sur son histoire, son organisation et ses ressources.

Platon y décrit de façon précise l’Atlantide, qu'il présente comme un monde idyllique. On peut en résumer les détails comme suit:

• L'île est située au-delà des "Colonnes d'Hercule", où se trouvent des fonds vaseux, restes de l'île disparue. Depuis cette île, on a accès au continent situé plus loin. A l'époque de Platon, les "Colonnes d'Hercule" étaient positionnées au "goulet resserré" (Détroit de Gibraltar). La mer décrite est la Mer méditerrannée, et les terres correspondraient à l'Espagne et au Maroc.

• Le roi éponyme de l'Atlantide est Atlas, fils du dieu de la mer Poséidon et de la nymphe Cleito.

• L'île est divisée en dix royaumes gouvernés par Atlas et ses neuf frères puis par leurs descendants. Chaque royaume possède sa propre capitale, copiée sur la cité-mère, capitale du royaume d'Atlas, dessinée par Poséidon lui-même. La cité-mère est située autour d'un mont. Elle est circulaire et entourée de fossés navigables.

• L'île est riche en ressources naturelles, parmi lesquelles figure un métal mystérieux, l'orichalque.

• La religion des Atlantes était centrée sur Poséidon, le père des dynasties royales, et incluait le sacrifice annuel d'un taureau que l'on devait capturer pour ensuite l'égorger sur un autel en forme de colonne.

• Les Atlantes deviennent corrompus au fil du temps. Ils fondent par les armes des colonies des deux côtés de leur île, conquérant une partie de l'Afrique jusqu'à l'Egypte, et de l'Europe jusqu'à l'Italie. Athènes est le seul Etat capable de s'opposer à leur expansion.

• L'Atlantide, ainsi que l'armée athénienne, ont été engloutis lors d'un immense raz-de-marée associé à des tremblements de terre, en un jour et une nuit. Platon ne donne pas d'explication géologique à cette catastrophe.

Poséidon, le dieu des mers, aurait confié un titre royal à Atlas. Celui-ci aurait alors donné son propre nom et des lois au grand empire occidental. D'après le récit de Platon, la richesse minière de l'île atlante était considérable. On y trouvait de l'or, mais on y fabriquait surtout de l'orichalque, que plusieurs historiens, dans ce cas précis, identifient à l'ambre des côtes baltiques de l'Europe.

Le sol était recouvert de forêts, qui fournissaient d'importantes quantités de bois pour la construction des navires. Bétail et gibier abondaient, ainsi que champs de céréales et vergers. Bref, l'île atlante était immensément riche et prospère.

La force militaire des Atlantes était à la mesure des richesses de leur contrée: une flotte de 1200 navires, une armée de 10000 chars... Bien entendu, les chiffres rapportés par Platon doivent être considérés avec méfiance. Ils n'en traduisent pas moins un ordre de grandeur impressionnant. Malheureusement, le Critias est resté inachevé et son auteur n'a pas eu le temps de nous raconter, en détail, la fin de l'Empire atlante.


Atlantide dans la littérature ancienne.

Pendant l'Antiquité, l'histoire de l'île perdue n'apparaît que très peu dans la littérature, la plupart des écrivains considérant l'existence de l'Atlantide dans les oeuvres de Platon comme une fiction.

Le philosophe platonicien Crantor, lui même élève du philosophe et mathématicien Xenocrates (396-314 av. JC), est souvent cité comme un exemple par Proclus, un historien chrétien du 5ème siècle qui considérait l'histoire de l'Atlantide comme un fait historique. Selon Proclus, Crantor aurait vu de ses yeux l'histoire de l'Atlantide sur un document pendant que celui-ci visitait l'Egypte. Mais le témoignage de Crantor diverge quelque peu de celui de Platon.

D'autres écrivains crurent à l'existence de l'Atlantide, comme les philosophes, géographes et historiens grecs Strabo (63 av JC - 24 ap. JC) et Posidonius (135-51 av. JC).

Deux positions inconciliables s'opposent quant à la compréhension des récits sur l'Atlantide:

D'une part on peut en effet considérer ces récits de Platon comme une pure fiction, un mythe sans lien avec l'histoire réelle, position qui fut soutenue clairement dès le 16ème siècle et qui est celle de nombreux historiens de la Grèce antique, dans la lignée des travaux de Pierre Vidal-Naquet. Pour cette école, il est donc illusoire de rechercher la trace physique de l'Atlantide qui ne fut qu'un récit métaphorique. Platon était d'ailleurs coutumier du fait dans ses dialogues, ce que souligne également Pierre Vidal-Naquet dans un ouvrage dédié à ce sujet. Platon ferait donc ici appel au mythe comme dans de nombreux autres dialogues sans que cela doivent être pris au premier degré.

D'autre part on peut considérer que le récit de Platon se rapporte à des faits réels, en supposant une déformation plus ou moins grande de ces faits par l'auteur grec. Cette position a été celle de nombreuses personnes différentes, du chercheur à l'amateur passionné et a donné lieu à beaucoup d'interprétations délirantes et d'innombrables tentatives de localisation. Des équipes se sont lancées à la recherche de ce continent mythique, notamment par des explorations sous-marines. Certaines ont amené la découverte de quelques ruines englouties, rien ne suggérant cependant leur appartenance à une civilisation autre que celles déjà connues dans le bassin méditerranéen ou ailleurs.


Atlantide dans la littérature moderne.

En 1627, dans l'essai "The New Atlantis" (La Nouvelle Atlantide), le scientifique, homme d'Etat, juriste et philosophe anglais Francis Bacon (22 janvier 1561 - 9 avril 1626) décrit une société utopique qu'il nomme "Bensalem", située sur une île au large de la cote occidentale des Etats-Unis. L'histoire de Bacon est similaire à celle de Platon. Il situe l'Atlantide sur le continent américain, mais on ignore s'il s'agit de l'Amérique du Nord ou de l'Amérique Latine.

Au milieu du 19ème siècle, plusieurs disciples renommés de la culture mesoaméricaine, tels Charles Etienne Brasseur de Bourbourg, Edward Herbert Thompson et Augustus Le Plongeon, suggéraient que l'Atlantide soit liée d'une manière ou d'une autre aux cultures Maya et Aztèque.

En 1882, la publication "Atlantis: the Antediluvian World", écrit par le congressiste américain Ignatius L. Donnelly, stimula l'intérêt populaire pour l'Atlantide. Donnelly s'inspiraient largement du récit de Platon, et tenta d'établir que toutes les anciennes civilisations connues descendaient de la culture atlantes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Atlantis:_the_Antediluvian_World

Mais à la différence du philosophe grec, l'Américain situait l'Atlantide non plus dans la Mer Méditerrannée, mais dans l'Atlantique.


A la fin du 19ème siècle, les idées sur la nature légendaire de l'Atlantide furent combinées avec les histoires sur d'autres continents perdus tels que Mu ou Lemuria.

Helena Blavatsky écrivit dans "The Secret Doctrine" (Doctrine secrète) que les Atlantes étaient un peuple à la prédominance culturelle, contrairement à Platon qui les considérait comme un peuple de guerriers conquérants, et représentait la "Race d'origine", qui donna ensuite naissance à la race aryenne.

Edgar Evans Cayce (18 mars 1877 - 3 janvier 1945) mentionna pour la première fois l'existence de l'Atlantide en 1923, et affirma plus tard qu'elle se situait dans les Caraïbes. Selon lui, l'Atlantide était un ancien continent submergé où vivait une civilisation très évoluée, possédant avions et navires propulsés par une mystérieuse forme d'énergie cristalline. Il prédit également que ce continent immergé referait surface en 1968 ou 1969.

La "Route de Bimini", une formation rocheuse immergée constituée de pierre rectangulaire, située au nord de l'île Bimini, dans les Caraïbes, était revendiquée par Robert Ferro et Michael Grumley comme une preuve évidente de la civilisation atlante. Dans la série télévisée "Quest for Atlantis: Startling New Secrets" diffusée par la chaîne Sci-Fi en juillet 2006, plusieurs équipes tentent de localiser l'Atlantide sur plusieurs sites probable dans le monde. L'un de ses sites est justement la "Route de Bimini". Le docteur Greg Little dirige une équipe de plongeurs qui découvre des vestiges de la civilisation atlante.



Atlantide et idéologie.

Le mythe de l'Atlantide attira également les théoriciens du Nazisme. En 1938, le SS Heinrich Himmler, un atlantomane convaincu, organisa des recherches au Tibet pour tenter de découvrir les vestiges du peuple atlante, composé d'Aryens nordiques originaire de Thulé, au Groeland.

En 1998, un gourou allemand emmena ses adeptes pour un voyage initiatique (payant) sur l'emplacement de l'Atlantide, dans le nord-est de la Finlande. Sur place, il refait ses calculs et s'aperçut que l'Atlantide se trouvait en fait de l'autre côté de la frontière russe. Les adeptes n'ayant pas de visa pour la Russie, ils durent rebrousser chemin. L'histoire ne dit pas s'ils ont payé pour un nouveau voyage en Russie l'année suivante. Entourloupe inoffensive, comparée à certains usages idéologiques du mythe atlante.

Au 16ème siècle, l'empire de Charles Quint est présenté comme une résurrection de l'empire atlante. Au 17ème siècle, le Suédois Olof Rudbeck identifie l'Atlantide à la Suède et en tire une légitimation de l'impérialisme suédois. Aux 19ème et 20ème siècles, de nombreux auteurs présentent l'Atlantide comme le berceau de la race aryenne.


Théories et hypothèses sur la disparition de l'Atlantide.

Il est difficile de croire qu'avec la technologie et les moyens scientifiques actuels, personne n'ait encore retrouvé la trace de cette île mythique. Pourtant, certaines données scientifiques acréditent la mythe de la disparition de l'Atlantide.

En premier lieu, il y a un peu plus de 11000 ans, c'est-à-dire précisément la période du récit de Platon, un réchauffement climatique global provoqua une fonte massive des glaces aux poles. Celle-ci aurait entraîné une montée très rapide (à l'échelle géologique) du niveau des océans et des mers du globe

Une autre hypothèse de la disparition soudaine de l'Atlantide est également évoquée comme étant le résultat de la chute d'un météore qui aurait frappé la Terre il y a plusieurs milliers d'années, provoquant des éruptions volcaniques et des raz-de-marées (tsunamis) dévastateurs, entraînant des modifications du fond océanique, qui aurait fait disparaître la majeure partie de l'Atlantide sous le niveau de la mer, en ne laissant à la surface que quelques îles isolées. Il s'avère que la géologie du Détroit de Gibraltar montre l'existence d'une île engloutie à cet emplacement.


Localisation de l'Atlantide.

1° Hypothèse crétoise.

La plupart des sites proposés pour la recherche de l'Atlantide sont situés dans la Mer méditerrannée: Sardaigne, Crète, la Sicile ou Chypre. Certains chercheurs, comme le commandant Jacques-Yves Cousteau, associèrent la civilisation atlante à la civilisation minoenne (Crète), détruite à la suite de l'éruption du volcan Thera, sur l'île de Santorin (1), un petit archipel dans la mer Egée.


La date exacte de l'éruption volcanique fournit un point de référence pour étalonner l'entière chronologie du 2ème millénaire av. JC. dans l'histoire de la Mer Egée, car l'on retrouve ses répercussions à travers toute la région. Grâce à la datation au carbone 14 et à d'autres méthodes radiologiques et dendrochronologiques, on estime actuellement que cette catastrophe eut lieu entre 1650 et 1598 avant JC, ou selon d'autres sources, vers 1645 av. JC, avec une marge d'erreur de plus ou moins 20 ans, d'autres encore donnent la date de 1628 avant JC.

Après une série de tremblements de terre précurseurs assez puissants pour effrayer la population et l'inciter à évacuer l'île (les archéologues ne retrouvèrent aucun corps et presque aucun objet de valeur), l'éruption généra d'importants tsunamis de 50m de haut par endroits (2) qui dévasta la côte nord de la Crète, distante de 70km, et qui détruisit certainement une grande partie de la flotte minoenne.

La physionomie de l'île fut profondément modifiée suite à l'effondrement d'une grande partie du cône volcanique. Une caldeira large de près de 15km se forma, et les retombées de cendres volcaniques ensevelirent Akrotiri, stérilisant le sol de l'île pour de nombreuses années et provoquant la fin de la société qui s'était développée sur Santorin.

L'archéologue grec Spyridon Marinatos et de nombreux savants à sa suite virent dans le cataclysme survenu à Santorin l'événement ayant inspiré Platon pour son récit sur la disparition de l'Atlantide. Marinatos suggéra également que l'éruption volcanique et ses conséquences furent la cause de la disparition de la civilisation minoenne en Crète, ce qui est partiellement remis en question par le fait qu’un certain nombre de sites minoens qui se situaient sur le sud de la Crète furent épargnés par le raz-de-marée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Santorin


2° Hypothèse de la Mer Noire.

L'hypothèse d'un brusque déversement de la Méditerranée dans la Mer Noire, par le détroit du Bosphore, a entraîné l'idée d'une localisation de l'Atlantide au bord de la Mer Noire, à une époque où celle-ci n'aurait été qu'un immense lac d'eau douce ayant une altitude inférieure à son niveau actuel: l'Atlantide aurait été détruite par la brusque montée des eaux.


Cette hypothèse est actuellement défendue par le professeur Siegfried G. Schoppe et Christian M. Schoppe. Selon eux, c'est en 5500 avant JC que l'Atlantide aurait été submergée (3). Les Schoppe ne sont toutefois ni historiens de l'antiquité, ni archéologues, ni géologues. Leur hypothèse n'a à ce jour reçu aucune confirmation archéologique.

C'est à la suite des travaux menés en 1999 par les géologues américains William Ryan et Walter Pitman, du Lamont Doherty Earth Observatory de New York, et par Gilles Lericolais, de l'"Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer" (IFREMER) qu'a été avancée de manière scientifique l'idée que la Méditerranée a rempli la mer Noire, qui était auparavant un lac d'eau douce. Un abysse profond marque effectivement le point de rupture qui dut constituer, selon l'hypothèse, à une certaine époque, des chutes d'eau comparables aux plus grandes qu'on connait actuellement.

Des études géologiques plus récentes récusent toutefois la notion d'un remplissage catastrophique de la mer Noire par l'eau de la Méditerranée (4). La question du remplissage catastrophique de la Mer Noire n'est donc pas tranchée d'un point de vue scientifique et ne peut-être tenue pour prouvée ni pour bien datée, elle a été aussi interprétée comme l'événement à l'origine du Déluge biblique.


3° Hypothèse du Détroit de Gibraltar.

D'autres, se référant toujours aux indications de Platon, ont recherché une île située au-delà des Colonnes d'Hercule (Détroit de Gibraltar), engloutie par la remontée des eaux à la fin de la dernière glaciation, il y a 11000 ans. Hérodote indique dans ses Histoires deux traditions pour situer les colonnes d'Héraklès: si la tradition pontique, la plus ancienne, les situe au Bosphore, la tradition libyenne les situe en Afrique, sinon à Gibraltar, qu'Hérodote ne connaissait pas, du moins à l'ouest de Carthage. Platon, grand lecteur d'Hérodote, a pu évoquer les colonnes dans leur version libyenne.

Jacques Collina-Girard, géologue et préhistorien à l'université "Aix-Marseille I" de Provence, a relevé un haut-fond immergé à l'ouest du détroit de Gibraltar: le "Banc Spartel" ou Majuan. Ce haut-fond "formait une île de 10km à 12km, avec des îlots satellites, au milieu d'une passe étroite s'ouvrant à l'ouest sur une mer intérieure".

L'histoire de l'Atlantide aurait été forgée de toutes pièces par Platon à partir d'une tradition orale de la fin du paléolithique. Celle-ci aurait transmis aux Egyptiens le souvenir de l'île qui se trouvait à la sortie du Détroit de Gibraltar à la fin de la dernière glaciation. En aucun cas cette hypothèse n'ajoute foi à la société décrite par Platon, présentée, par lui-même, comme la transposition de son utopie philosophique dans une histoire orale authentique.

Ce qui reste de cette île engloutie entre 55m et 135m de profondeur, le "Banc Spartel", sur les cartes françaises, ou "Banc Majuan" sur les cartes espagnoles, se trouve à la sortie ouest du Détroit de Gibraltar, là où le philosophe place la disparition de l'Atlantide. Le banc Spartel a été submergé à la fin du paléolithique, en 9000 av. JC, au moment d'une remontée accélérée (3m-4m par siècle).

C'est la date indiquée par Platon. L'hypothèse de séismes et de tsunami avancée par Collina-Girard en 2003 a été géologiquement confirmée par le sédimentologue Marc-André Gutscher (5). Une "Atlantide géologique" existerait donc devant le Détroit de Gibraltar: le lieu, la géographie et la date de sa submersion coïncident bien avec ceux de l'Atlantide mythique, coïncidence qui amène à s'interroger sur la validité partielle des mythes et sur la transmission orale à long terme chez les chasseurs cueilleurs.

A la suite de la conférence de Milos (11-13 juillet 2005), où certains participants soutenaient encore la réalité de l'Utopie philosophique de Platon, Marc-André Gutscher n'est pas revenu sur ses observations géologiques mais a simplement remarqué qu'elles n'étaient pas compatibles avec une histoire qui se serait passée à l'âge du Bronze. (6)

Les autres spéculations concernant une Atlantide située à la sortie du Détroit de Gibraltar, sont le prolongement de théories d'avant-guerre concernant le site de Tartessos sur les côtes du Golfe de Cadix, supposé être un port ensablé.


Une autre hypothèse situe la cité entre Gadeira (Cadix, Andalousie) et l'Atlas marocain. Cette théorie a été publiée dans un magazine ésotérique sous la forme d'une interview de son auteur, Georgeos Diaz-Montexano (7). Cette théorie est unanimement rejetée par la communauté scientifique.

Les spéculations de Georgeos Diaz-Montexano sont basées sur des traductions très personnelles des deux textes de Platon, le Timaeus et le Critias. Comme d'autres avant lui, il met l'accent sur des erreurs de traduction et d'interprétation de certains mots. Selon lui, ces erreurs ont été la cause principale du fait qu'experts et scientifiques ont douté de l'historicité de l'Atlantide à cet endroit.

En 2003, l'auteur y a dirigé une expédition et a déclaré en avoir apporté les résultats à l'UNESCO. Il s'agirait de ruines de pans de murs, cyclopéens sans doute, et de creusets servant à la fonte des métaux. La plupart de ces pièces archéologiques ont été trouvées entre 10m et 40m de profondeur, à l'endroit même où, selon sa traduction, se trouvait l'île d'Atlantide.


4° Hypothèse du nord de l'Espagne.

Selon l'écrivain espagnol Jorge Maria-Ribero Meneses, l'Atlantide se serait trouvé au nord de l'Espagne. Il affirme que l'île-archipel Atlantis est le plateau sous-marin internationalement connu comme "Le Danois Bank" et localement comme "Le Cachucho", avec un écart allant jusqu'à 4500 mètres, à sa face nord. Il est situé à 25km de la plate-forme continentale et à environ 60km au large de la côte des Asturies, entre Ribadesella et Lastres, avec une dimension semblable à l'île de Ibiza.

Son sommet culmine à 425m sous l'eau. Selon Ribero Meneses, ce plateau aurait fait partie de la croûte continentale avant de se rompre il y a quelque 12000 ans, à la suite de causes tectoniques liées à la dernière ère glaciaire, provoquant un tsunami avec des vagues de plusieurs centaines de mètres. Cette hypothèse n'a pas fait l'objet de publication scientifique et ne correspond pas aux connaissances actuelles quant à la géologie du plateau continental. Toujours selon Meneses, les rares survivants ont dû commencer à partir de presque rien, et la langue basque serait à l'origine de toutes les langues et l'espèce humaine actuelle trouverait son origine dans la région cantabrique. Aucune de ces hypothèses n'a non plus fait l'objet de véritable publication scientifique ni reçu l'assentiment des spécialistes. (8)


5° Hypothèse Chypriote.

En novembre 2004, une équipe conduite par Robert Sarmast a affirmé avoir découvert sur un petit plateau sous-marin, au large de Chypre et par 1 500m de fond, deux longs murs droits de 2km de long chacun. Depuis, il a réuni les fonds nécessaires pour effectuer les fouilles. (9)

Il en a sorti une gigantesque stèle ornée d'inscriptions probablement religieuses, ainsi que certains objets de valeur laissant entendre que le site n'a jamais été pillé, et que c'est donc bien un cataclysme qui a fait sombrer la cité. Le site se situant entre deux plaques tectoniques, c'est un tremblement de terre suivi d'un glissement de terrain qui serait à l'origine de la catastrophe, qui n'est pas encore datée. Les deux murs seraient les restes d'un temple. Il a sorti un livre: "Discovery of Atlantis" (Broché). 1er juin 2006, ainsi qu'un documentaire paru sur la chaîne télévisée Arte.

Les "découvertes" de Robert Sarmast n'ont pas reçu de confirmation de la part de la communauté scientifique: aucun artefact humain ne semble avoir été réellement découvert et des géologues professionnels ont fortement critiqué les interprétations de relevés de sonar marin qu'il a présentées. Son Atlantide ne serait qu'un volcan sous-marin âgé de 100000 ans.

Une seconde expédition menée par Sarmast et effectuée en septembre 2006 a révélé que les deux "murs" étaient en réalité d'origine naturelle et n'avaient pas été construits par l'homme. Sarmast reste cependant persuadé qu'ils y ont trouvé le site de la cité engloutie. Il considère qu'une telle particularité géologique aurait favorisé l'installation de l'homme dans cette région. Ses recherches sont actuellement en suspens, par manque de moyens technologiques pour sonder sur de larges surfaces la présence éventuelle d'objets créés par l'homme et enfouis sous le sol marin.


6° Hypothèse de la Sardaigne.

"Au-delà de Charybde et Scylla". C'est l'hypothèse du journaliste Sergio Frau du quotidien italien La Repubblica (10), publiée en 2003 dans son ouvrage "Le colonne d'Ercole-Un'inchiesta". Sergio Frau a basé une partie de son enquête sur la question de la localisation des Colonnes d'Hercule. Si le plus grand nombre des sources les associent au Détroit de Gibraltar, il existe un certain nombre de contradictions dans la littérature antique conservée à ce sujet.

Selon Frau, ces contradictions correspondraient à une évolution chronologique de la localisation du lieu mythique des Colonnes d'Hercule, évolution qui aurait suivi la progression des connaissances géographiques des grecs, repoussant leur localisation vers l'Occident. Avant l'époque hellénistique, les Colonnes d'Hercule auraient été situées à la séparation du bassin oriental et du bassin occidental de la Méditerranée.

Située au-delà des colonnes, l'Atlantide serait donc à chercher dans le bassin occidental de la Méditerranée. Frau considère également que la Sardaigne correspond pour la forme et les dimensions à celles de l'île du récit de Platon. Si les hypothèses de Frau ont été reçues avec grand intérêt par certains historiens, elles ont été aussi nettement repoussées par d'autres comme Pierre Vidal-Naquet (11). Les contradictions des diverses sources antiques sur la localisation des divers lieux du mythe d'Héraclès sont par ailleurs couramment interprétées autrement et l'on a pu soutenir qu'Homère comme Hésiode situaient bien les Colonnes d'Hercule dans le Détroit de Gibraltar.


(1) "Santorini eruption much larger than originally believed"
http://www.uri.edu/news/releases/?id=3654

(2) "The tsunami generated from the eruption of the volcano of Santorin in the Bronze Age"
http://www.springerlink.com/content/u42k40m7810p124v/

(3) "Atlantis und die Sintflut im Schwarzen Meer"
http://www.atlantis-schoppe.de/

(4) V.M. Sorokin et P.N. Kuprin, "On the character of Black Sea level rise during the Holocene", dans Moscow University Geology Bulletin, vol. 62, no 5, octobre 2007, page 334-341 (ISSN 1934-8436). Pavel A. Kaplin et Andrei O. Selivanov, "Lateglacial and Holocene sea level changes in semi-enclosed seas of North Eurasia: examples from the contrasting Black and White Seas", dans Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 209, no 1-4, 6 juillet 2004, pages 19-36.

(5) Geology, 2005. L'île Atlantide se serait ainsi brutalement enfoncée dans l'océan comme l'a décrit Platon.

(6) "Spartel Island Not Likely Atlantis"
http://archaeology.about.com/od/controversies/a/atlantis05_3.htm

(7) "Atlantis in Iberia and Morocco"
http://www.antiquos.com/La-Atlantida-de-Platon/atlantis-ibero-mauretanean/index.html

(8) "Iberia cuna de la humanidad"
http://www.iberiacunadelahumanidad.net/

(9)"Previous Atlantis Location Pictures 2004 Expedition"
http://www.discoveryofatlantis.com/NewAtlantisLocationPictures/index.html

(10) "La perduta Atlantide? E' proprio la Sardegna"
http://www.repubblica.it/online/spettacoli_e_cultura/colonnefrau/atlantide/atlantide.html

(11) Position approuvée par le scientifique allemand Heinz-Guenther Nesselrath
http://bmcr.brynmawr.edu/2008/2008-08-22.html



D'autres localisations hors Méditerrannée.

1° Hypothèse du Moyen-Orient.

Jaime Manuschevich (12) affirme que le vrai endroit de la civilisation mythique est le territoire qui correspond aujourd'hui à Israel et à la péninsule du Sinaï, et que cette région était une île dans la vallée du grand rift, entourée par la vallée de Jezreel sur le nord, la mer Morte et la mer Rouge sur l'est et le golfe de Suez et la mer Méditerranée sur l'ouest jusqu'en 5600 av. JC.


En outre, Manuschevich propose que la civilisation atlante corresponde au peuple natoufien, le premier peuple sédentaire de la région, dont le centre principal politique et portuaire était Jéricho.


2° Hypothèse de l'Amérique Latine.

A la suite de l'identification de la civilisation phénicienne, d'aucuns ont voulu voir ce monde légendaire qu'est l'Atlantide en Amérique Latine. En 1889 par exemple, le vicomte Onfroy de Thoron publia un essai de 142 pages intitulé "Les Phéniciens dans l'île de Haïti et sur le continent Américain. Les vaisseaux de Hiram et de Salomon sur un fleuve de l'Amazonie." Ces hypothèses demeurent cependant infondées et fantasmagoriques... et l'on sait désormais que les prétendues preuves d'une présence phénicienne en Amérique sont des faux élaborés à la fin du 19ème siècle. (13)

Ainsi, le sommet de la montagne de Pedra da Gavea surplombant la ville de Rio de Janeiro a été interprété comme une gigantesque sculpture semblant représenter un visage européen et barbu et l'on a voulu en faire une énigme archéologique. Ce qui serait une immense tête est visible à des kilomètres à la ronde. (14)


Un Brésilien, Bernardo da Silva Ramos, annonça dans les années 1920 qu'il y aurait découvert des inscriptions phéniciennes sur le côté de la falaise de Pedra da Gavea, qui se traduiraient ainsi: "Badezir, Phénicien de Tyr, fils aîné de JethBaal". Badezir ou Badezor, ou encore Baal-Ezer II en phénicien, fut un roi de Tyr et régna vers 850 avant JC. Son père fut également roi de Tyr et de Sidon de 896 à 863 avant JC sous le nom de JethBaal ou EthBaal, ou encore Ithobaal Ier. Baal-Ezer II eut une soeur, Jézabel, que leur père Ithobaal Ier maria au roi d'Israel Achab. Elle devint reine d'Israel.

Ces prétendues découvertes n'ont pas fait l'objet de publications scientifiques et n'ont reçu aucune reconnaissance de la part de la communauté scientifique.

Voir aussi:

"Mythe et légende atlante en Amérique Latine".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_et_l%C3%A9gende_atlante_en_Am%C3%A9rique_latine


A partir de la découverte des Amériques, les navigations phéniciennes en Atlantique ont alimenté la légende et le mythe. L'on s'est posé la question de savoir si les Phéniciens n'avaient pas été, avant Christophe Colomb, les premiers à avoir traversé l'Atlantique et ce thème est périodiquement repris, donnant cours à diverses hypothèses. Mais s'il a été prouvé que des Vikings ont traversé l'Atlantique et posé le pied en Amérique à la fin du 10ème siècle ap. JC, ce n'est pas le cas pour les Phéniciens. Dans l'état actuel des connaissances historiques, les premiers Occidentaux à avoir abordé le continent américain sont des Scandinaves.


3° Hypothèse de l'océan Indien.

L'étude de Jacques Hébert parue récemment aux éditions Carnot sous le titre "Atlantide, la solution oubliée" (15) soutient qu'elle fut engloutie non pas à l'ouest dans l'océan Atlantique, mais au large de la Somalie dont Socotra, une île du Yémen à l'embouchure du golfe d'Aden, serait un des vestiges.


4° Hypothèse de la civilisation atlantique.

Un certain nombre d'hypothèses ont été avancées plaçant l'Atlantide dans l'actuel océan Atlantique. Des phénomènes géophysiques tels les transgressions marines et la fonte des inlandsis ont changé la géographie de l'Atlantique à la fin de l'ère glaciaire (16). Il est assez probable qu'en longeant les glaces par cabotage, on pouvait passer de l'Europe à l'Amérique et que le détroit de Béring, la "Béringie", ne fut pas le seul passage de peuplement de ce continent.

Paula Sten (17) prétend avoir relevé certaines affinités linguistiques entre le basque et l'algonquin en Amérique du Nord qui s'expliquerait par un contact entre la civilisation européenne du solutréen et les populations amérindiennes antérieures à la civilisation dite Clovis. Le basque, à cause de son système verbal extrêmement original, non indo-européen, a fait l'objet de nombreuses conjectures, parfois des plus fantaisistes. Certaines formes de la flexion verbale dites "absolutives" le font notamment ressembler au géorgien, langue du Caucase. De sorte que l'on invoque parfois une hypothétique famille euscaro-caucasienne. En tout état de cause l'hypothèse de Paula Baker Sten n'a pas fait l'objet d'une réception positive et forte de la part des linguistes et scientifiques.

Le polytechnicien Jean Deruelle dans son livre "L'Atlantide des mégalithes" (18) a avancé l'idée que l'Atlantide ne devait pas être une civilisation différente de la civilisation mégalithique dont on trouve les traces datant de la même époque en Méditerranée. Cette hypothèse ne correspond pas aux analyses actuellement reçues par les historiens et archéologues spécialistes du mégalithisme, elle n'a pas fait l'objet de publications scientifiques et n'a pas reçu de reconnaissance de la part de la communauté des historiens et archéologues.

Dans les années 1920 et 1930 le journaliste et occultiste Lewis Spence consacra de nombreux livres à l'Atlantide (19) où il tentait de démontrer qu'une civilisation assez homogène aurait pu se développer sur les côtes de l'Europe, sur la côte est des Etats-Unis et du Canada, du Groenland, en quelque sorte sur le pourtour d'un grand lac intérieur, plus ou moins fermé au sud par les archipels des Canaries et des Açores, davantage émergés qu'aujourd'hui, à la fin du paléolithique.

Aucune de ses hypothèses ne fut publiée dans un cadre scientifique, et elles essuyèrent au contraire de sévères critiques pointant leur biais et leur faiblesses (20) sans jamais trouver de validation. Ses ouvrages sont encore régulièrement réédités.


(12) "The Atlantis, the deciphered myth". Jaime Manuschevich, 2002.

(13) Maria Giulia Amadasi Guzzo, "Les Phéniciens en Amérique?", dans S. Moscati dir., Les Phéniciens, Stock, Paris, 1997, page 657.

(14)"Os mistérios da pedra da Gavea"
http://www.almacarioca.com.br/hist02.htm

(15) Voir également "Les Survivants de l'Atlantide" dans le numéro 8 de la collection "Les Dossiers des Grands Mystères de l'Histoire".

(16) Jacques Rey, "Biostratigraphie et lithostratigraphie", Ecole nationale, pages 42-43

(17) Paula Baker Sten, "Summary View Point on the Relation between the Basque and Cree language or A Bone to Pick".

(18) Jean Deruelle, "L'Atlantide des mégalithes".
http://doggerbank.org/

(19) "The Problem of Atlantis", Londres, 1924. "Atlantis in America", Londres, 1925. "The History of Atlantis" 1927, Reprinted 1995, Adventures Unlimited Press. "The Occult Sciences in Atlantis", Reprinted 1976, Mokelumne Hill Press. "The Atlantis of Plato". "The Evidence For Lemuria From Myth And Magic. "The Problem of Lemuria: The Sunken Continent of the Pacific", Londres, 1932.

(20) Voir ainsi les comptes-rendus dans "The Geographical Journal", 64-2, 1924, pages 181-182. 66-5, 1925, pages 466-467. 69-6, 1927, pages 589-590. 81-2, 1933, pages 181-182. Compte-rendus qui rendent toutefois hommage à la somme d'informations brassées et à l'imagination de Spence.



Flem-Ath: vingt années de recherche.

Hypothèse de l'Antarctique.

Pour Rand et Rose Flem-Ath, un couple canadien auteurs de "When the Sky Fell" (21), l'Atlantide aurait été située en Antarctique. Ils basent leur conclusion autant sur la théorie de Hapgood touchant les déplacements de l'écorce terrestre que sur leurs propres découvertes et recoupements. Le documentaire Le Mythe du déluge présente cette théorie avec beaucoup de détails.

Ces deux chercheurs ont commencé leur travail après la constatation d'une similitude troublante. Si une civilisation aussi avancée que celle des Atlantes existait 10000 ans avant JC, il est possible qu'elle ait prévu le cataclysme et que l'évacuation de la population ait été anticipée. Si tel n'a pas été le cas, il est néanmoins possible que certains survivants aient cherché refuge dans des terres épargnées par le raz-de-marée, en tout cas en altitude. Des sites comme le lac Titicaca, dans la cordillère des Andes, ainsi que les plateaux de Thaïlande et d'Ethiopie répondent à ce critère de sécurité. Or selon eux c'est dans ces régions qu'apparut l'agriculture, vers 9600 ans avant JC.

La théorie de Charles Hapgood (22), soutenue à l'époque par Albert Einstein, stipule que l'écorce terrestre reposant sur un magma liquide peut se déplacer soudainement sur ce magma sous l'effet de forces, et ceci en complément de la théorie du mouvement des plaques continentales.

Pour Rand et Rose Flem-Ath, la croûte terrestre aurait connu un déplacement soudain de l'ordre de 3 200km, il y a environ 10 000 ans. Des terres habitables auraient glissé dans le cercle polaire et connu la glaciation. Comme toute la croûte terrestre aurait connu ce déplacement, cela permettrait d'expliquer d'autres phénomènes comme la disparition des mammouths, la congélation de la Sibérie et le dégel de l'Amérique du Nord. Cette théorie, qui n'a pas su trouver d'observation la validant, n'est plus retenue par les géologues et climatologues.

Pour appuyer cette théorie, les deux chercheurs canadiens mettent en lumière toute une série de découvertes. La carte dessinée par Piri Reis en 1513, s'inspire elle-même de cartes antérieures, réalisées par des marins anonymes. L'Afrique, l'Amérique du Sud et une partie de l'Antarctique y figurent.

La carte serait fiable au demi-degré près, une précision qui ne semblait pourtant guère possible avant 1735. La carte d'Oronteus Finaeus dessinée en 1531 utiliserait également des sources plus anciennes. L'Antarctique fait apparaître le tracé de reliefs et de cours d'eau, ce qui laisse supposer que l'homme s'était rendu sur le continent austral et s'y était peut-être même établi, avant que la glace ne le recouvre.

La découverte moderne du continent n'eut lieu que trois siècles plus tard, en 1820. Il faut cependant tenir compte du fait que l'existence d'un continent austral avait été supposée dès l'époque de la Grèce antique en vertu du principe de symétrie qui devait gouverner les lois de l'univers, conçu par les Grecs comme un cosmos harmonieux: la représentation d'un continent austral s'explique donc peut-être avant tout par les conceptions philosophiques et géographiques héritées des Grecs. Dès lors, il n'est pas surprenant que l'on trouve parmi les très nombreuses cartes élaborées un tracé de reliefs correspondant, par coïncidence, aux reliefs réels. L'hypothèse d'une falsification tardive n'est pas non plus à rejeter.

Les Flem-Ath établissent également des liens entre la civilisation égyptienne et celles d'Amérique du Sud. Selon eux des statues découvertes en Amérique du Sud présentent une physionomie ne correspondant pas à celle des peuples précolombiens. De nombreuses similitudes existent entre les pyramides d'Egypte et celle des civilisations aztèque, olmèque, toltèque ou maya. Leur édification supposerait l'emploi de techniques si avancées sur leur temps qu’elles défieraient toute explication rationnelle.

Le Sphinx serait bien plus ancien qu'on ne le pensait. En témoigneraient sur le site, les traces d'une érosion liée à des pluies diluviennes n'ayant pu survenir qu'il y a 10 000 ans, ce qui irait à l'encontre de l'attribution des pyramides à la civilisation égyptienne, née en 4 000 seulement avant JC. Sa tête en forme de pharaon, qui serait trop petite par rapport aux proportions générales, aurait été ajoutée ou resculptée à l'époque des pharaons, soit 6000 ans plus tard.

Cette théorie est rejetée par la communauté scientifique. Les carottes glaciaires prélevées en Antarctique depuis les années 1960 (23) attestent de manière incontestable de la glaciation complète du continent antarctique depuis des centaines de milliers d'années, depuis plus de quatre cycles glaciaires en fait: toute hypothèse d'un brusque déplacement du continent antarctique est, au regard des connaissances géologiques et climatiques actuelles reconnues par la communauté scientifique comme un non-sens.


(21) "When the Sky Fell: In Search of Atlantis" Mass Market Paperback, 1995.
Titre français: "Quand le ciel est tombé".
http://www.amazon.com/When-Sky-Fell-Search-Atlantis/dp/0312964013

(22) Charles Hutchins Hapgood, académicien américain (1904 – December 1982).
http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Hapgood

(23) Carotte Vostok, carotte Byrd, nombreuses carottes du projet EPICA, en particulier celle du Dome C.



Conférences internationales de Milos
(11-13 juillet 2005, 10-11 novembre 2008).


La conférence internationale qui s'est tenue en Grèce à Milos en juillet 2005 (24) avait pour ambition de trancher sur la question et de faire le point sur les connaissances récentes. Le professeur Christos Doumas y a soutenu l'idée de la non-existence de l'Atlantide, divers chercheurs y ont présenté des communications sur des thèmes liés, comme Dora Katsonopoulou qui a présenté le cataclysme de la cité d'Eliki. Enfin des écrivains indépendants et des chercheurs de diverses disciplines ont présenté différentes hypothèses de localisation sans parvenir à aucun accord, puis ont récapitulé vingt-quatre critères pouvant identifier l'Atlantide. Une nouvelle conférence s'est tenue à Athènes les 10 et 11 novembre 2008. Les actes de la conférence de 2005 ont été publiés en 2007.


(24) "The Atlantis Hypothesis: Searching for a lost land".
http://milos.conferences.gr/index.php?id=917



Pierre Vidal-Naquet: "l'Atlantide est une pure fiction de Platon."

Et si l'Atlantide de Platon était en réalité Athènes? L'idée, émise en 1779 par l'Italien Giuseppe Bartoli, a été reprise notamment par l'historien français Pierre Vidal-Naquet.

"Platon n'est ni un historien ni un géologue, c'est un philosophe qui cherche à définir la société idéale. Dans le Timée et le Critias, il oppose l'Atlantide maritime, technicienne et conquérante, corrompue par la richesse, comme la démocratie athénienne selon Platon, à une Athènes archaïque, rurale, autarcique et conservatrice. Les dieux donnent la victoire à la meilleure société sur la pire. C'est un message qui s'accorde avec ceux des autres dialogues politiques de Platon, Lois et République. A ce titre le récit de Platon doit être placé aux côtés des utopies et anti-utopies plus récentes, et en chercher les traces physiques est un contresens qui conduit à chasser une chimère."

Dans ses deux dialogues Platon introduisait une nouveauté: "dire le fictif en le présentant comme le réel" (25). L'histoire de l'Atlantide est donc d'abord pour Pierre Vidal-Naquet l'histoire de l'imaginaire humain. La récente relecture des textes de Platon par Bernard Sergent s'inscrit dans la continuité de cette analyse et met en valeur la fabrication du mythe par Platon, son usage de l'allusion, le recyclage de nombreux mythes afin de construire sa fiction.


(25) Pierre Vidal-Naquet, "L'Atlantide et les nations, La démocratie grecque vue d'ailleurs", Paris, 1990.


D'autres territoires et cités perdues.

Le mythe rapporté par Platon ne recouvre qu'un aspect de l'argument. D'autres légendes ou traditions mythiques à travers le monde parlent de territoires engloutis et de cités perdues, comme Avalon, Ys, l'Hyperborée, Bimini, Mu, la Lémurie, etc. Il en est des mythes de cités ou continents perdus comme de ceux du Déluge: ils appartiennent à toutes les civilisations et à toutes les cultures.

Comme en témoigne par exemple la grotte Cosquer près de Marseille, dont l'entrée est située à 36m au-dessous du niveau de la mer, la géographie du pourtour des continents a bien changé avec la fin de la dernière glaciation, de sorte que nombre de territoires autrefois parcourus par l'humain se trouvent aujourd'hui immergés. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le souvenir en soit resté dans l'inconscient des humains et qu'il soit parvenu jusqu'à nous sous forme de mythes relatifs au Déluge et à des terres ou cités englouties.

Plus que de la science-fiction, qui ne fait que transposer un mythe dans un passé inconnu ou un futur incertain, l'Atlantide, comme les autres continents perdus, relèverait davantage de la préhistoire et de la géologie ainsi que du mythe engendré par ces disciplines.

Pour qui refuse de voir en l'Atlantide une fiction philosophique construite par Platon pour critiquer l'Athènes de son temps, deux certitudes peuvent cependant émerger des données à notre disposition, passées en revue parmi les traces et hypothèses: d'une part, du point de vue temporel, tout indique qu'il n'a pu s'agir que d'une civilisation mégalithique de la préhistoire et d'autre part, tout ce qui transparait du mythe platonicien quant à l'organisation de cette civilisation indique qu'il s'agissait d'une thalassocratie.


Atlantide au cinéma et dans la littérature populaire.

Le mythe de l'Atlantide a alimenté nombre d'oeuvres littéraires et artistiques, parmi lesquelles:

1° Littérature et romans.

• John R.R. Tolkien s'est appuyé sur le mythe de l'Atlantide pour créer l'île fictive de Numenor, Atalantë en quenya, elle aussi engloutie en raison de la décadence des Numenoréens. Selon le récit du "Silmarillion", l'Atlantide aurait été détruite après que ses habitants, encouragés par Sauron, se sont ligués contre les Valar et ont formé une grande armée qui devait assiéger Valinor. Les Valar en appellent alors à Eru Iluvatar, qui engloutit Numenor. (26)

• "Cycle de Pendragon Tome I: Taliesin", de Stephen Lawhead. Stephen Lawhead a réinterprété différemment l'histoire de l'Atlantide et l'expose ainsi: Atlantide aurait été un groupement d'îles, à l'Est, surnommé "Les Iles des Immortels" ou Avalon. Formé de neuf grands royaumes, dont le neuvième, régi par le Grand Roi, devait régner sur tous les autres. Ainsi commence l'histoire de Charis, princesse d'Atlantide, fille du Roi Avallach, qui, grâce à Throm, un prophète, prévoira la catastrophe et parviendra à sauver quelques-uns de siens et à les emmener sur l'île de Bretagne, et y fondera un nouveau royaume, sur cette terre hostile qui malgré tout deviendra la leur. Charis trouvera un jeune prince de Bretagne, Taliesin ap Elphin, avec qui elle mettra au monde l'Enchanteur que nous connaissons tous, Merlin l'Enchanteur, le Merlin qui rentrera dans la Légende arthurienne. Taliesin mourra d'une flèche barbare, et Charis, quant à elle, deviendra celle que nous connaissons sous le nom de la Fée Viviane, ou la Dame du Lac.

Atlantis est un continent dans la série Perry Rhodan, sur laquelle des Arkonides se seraient installés durant la guerre contre les Méthanés. Elle fut anéantie par les Droufs.

• "The New Atlantis" (La nouvelle Atlantide) est une utopie de Francis Bacon.

• "L'Atlantide" de Pierre Benoit prend quelques libertés avec le mythe d'origine en plaçant l'Atlantide en plein coeur du Sahara et en considérant que la catastrophe qui l'a ruinée est le retrait brusque de la mer et non son arrivée subite.

• Jules Verne pour sa part fait apparaître l'Atlantide lors d'une promenade au fond de l'océan organisée par le capitaine Nemo dans son roman "Vingt mille lieues sous les mers". Dans la nouvelle "L'Eternel Adam", les derniers survivants de l'humanité découvrent également les ruines de l'Atlantide.

• L'Atlantide apparaît également dans Harry Dickson, un personnage de roman policier créé par Jean Ray.

• "Opération Atlantide" est le titre d'une des aventures de Bob Morane, dues à Henri Vernes (1956).

• "Atlantis" est le nom d'une revue et d'un groupe de chercheurs en ésotérisme créé par Paul Le Cour Atlantis.

• "Les fils du rayon d'or", roman de science-fiction de Pierre Bordage, présente les Atlantes comme une civilisation très évoluée mais qui stagne.

• "Civilisations englouties", livre de Graham Hancock (2002).

• "L'Empreinte des Dieux" de Graham Hancock (1996).

• "L'énigme de l'Atlantide", d'Edouard Brasey (2001).

• "Atlantide", de Clive Cussler, est un roman dans lequel l'écrivain fait vivre à son célèbre personnage (Dirk Pitt) la découverte du continent perdu (1999).

• "Atlantis" de David Gibbins

• "Atlantide, la solution oubliée", de Jacques Hébert (2003), est un livre sous forme d'enquête menée à l'aide d'indices. C'est une redécouverte des écrits de Platon, sous l'aspect d'une enquête policière.

• Dans la série de romans "les Dossiers du futur", l'écrivain de science-fiction égyptien Nabil Farouk a abordé le mythe de l'Atlantide dans les romans n°47: le "Dernier Guerrier", et n°89-93: "Volkano", présentant l'Atlantide comme une civilisation très développée, alliée des Egyptiens il y a 10000 ans.

• "Atlantides, les Iles Englouties" est un recueil de nouvelles et romans ayant trait à l'Atlantide plus ou moins directement. On y trouve les productions de Cutliffe Hyne, Jules Verne, H. Ridder Haggard, Jean Carrère et bien d'autres.

• "Le cercle des immortels", série de livres de Sherrilyne Kenyon qui retrace la vie d'hommes ayant vendu leurs âmes à la déesse Artémis et dont le chef Acheron était un prince atlante.

• "Le monde perdu sous la mer" d'Arthur Conan Doyle. En 1926, le professeur Maracot, Cyrus Headley et Bill Scanlan s'embarquent pour explorer les fonds de l'océan dans un caisson d'acier, lorsqu'ils sont attaqués par un monstre. Le peuple des Atlantes les sauve alors et les emmènent dans leur cité engloutie.

• "Conan le Cimmérien" crée par Robert E. Howard en 1932, narre les aventures d'un homme (Conan) qui devint roi de ses propres mains, l'histoire se déroule à l'âge hyborien, âge situé entre la chute de l'Atlantide et l'avènement des cités antiques.


2° Bandes dessinées.

• Edgar P. Jacobs y consacre le septième volume des aventures de Blake et Mortimer, intitulé "L'Enigme de l'Atlantide".

• Grzegorz Rosinski Rosinski et Jean Van Hamme se réfèrent à l'Atlantide dans plusieurs tomes de la saga Thorgal.

• Les albums "Le triangle du diable" et "Le peuple des abysses" de la série "Les Petits Hommes" se déroulent dans une Atlantide survivant sous une bulle d'air engloutie sous le triangle des Bermudes, et kidnappant des humains terrestres pour en faire une armée dans leur bataille contre les hommes-poissons.

• "Tungstène", une série de bande dessinée, des éditions Tungstène, dont le dessinateur scénariste est Bruno Claret. Le héros vit sur Atlantis, une petite île situé à côté de l'Atlantide. On y retrouve dans l'anachronisme, la légende de leur formidable avancée technologique, mélange de technologies antiques et récentes, ainsi qu'une organisation politique et culturelle différente de celle de la légende.

• "Atlantis" est une série de bande dessinée de François Froideval et Fabrice Angleraud, chez Zenda.

• Hugo Pratt fait référence à l'Atlantide dans "Mu", une aventure de Corto Maltese, où le héros découvre avec ses amis une entrée du continent perdu.

• Le comic Sigil met en scène des Atlantes considérés comme des prédécesseurs des humains.

• Carl Barks emmène Donald Duck et Balthazar Picsou dans une Atlantide engloutie au fond de l'océan et peuplée d'hommes-poissons, dans "Les Mystères de l'Atlantide" en 1953.


3° Cinéma.

• "L'Atlantide" de Jacques Feyder, d'après le roman de Pierre Benoit.

• "L'Atlantide" de Georg Wilhelm Pabst, d'après le roman de Pierre Benoit.

• "Atlantis, Terre engloutie" de George Pal (1960).

• "Atlantide, l'empire perdu", film d'animation (2001) des studios Walt Disney, inspiré de l'"anime: Nadia, le secret de l'eau bleue", suivi de la séquelle "Les Enigmes de l'Atlantide" (2003), sortie exclusivement en vidéo originairement déstinée à être distribuée sous la forme d'une série télévisée.


4° Série TV.

La série télévisée Stargate a repris la légende de l'Atlantide pour créer en 2004 une série dérivée, "Stargate Atlantis", représentant le mythe comme une cité construite par une race appelée "les Anciens" et la situant aujourd'hui dans la galaxie de Pégase. A l'origine, la cité aurait été construite sur Terre dans l'Antarctique, puis déplacée il y a plusieurs millions d'années sur une nouvelle planète au sein de la galaxie de Pégase. La cité a été bâtie de façon à voyager dans l'espace comme un vaisseau spatial.

La série raconte comment cette cité des Anciens, supposés être un peuple aux connaissances et à la sagesse infinies, furent finalement assiégés par une race qu'ils avaient contribué à créer. Afin de se prémunir contre leurs bombardements, ils engloutirent la cité au font de l'océan où elle resta protégée par l'eau, grâce à un puissant bouclier. Puis, il y a 10000 ans, les Anciens retournèrent sur Terre par une Porte des Etoiles intergalactique lorsqu'ils ne purent plus combattre. C'est ainsi que les auteurs antiques connurent l'histoire de la cité d'Atlantis, racontée par les Anciens, pères de nos civilisations.


(26) John Ronald Reuel Tolkien, "Le Silmarillion", Christian Bourgois, Paris, 2004.


Sources disponibles:

1° Atlantis (Wikipedia.org)
http://en.wikipedia.org/wiki/Atlantis
http://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantide

2° "L'Atlantide, mythe ou réalité"
http://users.belgacom.net/renedec/pagehis5.html

dimanche 10 mai 2009

10 mai 1940 - Fall Gelb: offensive allemande à l'Ouest

Le 10 mai 1940, à 5h35 du matin, les Allemands déclenchent Fall Gelb, le "Plan Jaune": l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Grand-duché de Luxembourg et de la France. Sept mois après la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l'Allemagne, Adolf Hitler met soudainement fin à la "Drôle de guerre".


Drôle de guerre.

Entre la déclaration de guerre franco-britannique, le 3 septembre 1939, et le déclenchement de l'offensive générale allemande sur le front occidental, le 10 mai 1940, s'est instaurée une période d'accalmie appellée "Drôle de Guerre" (Phoney War).

http://en.wikipedia.org/wiki/Phoney_War

Bien que l'essentiel de l'Armée allemande soit engagé en Pologne, et malgré les deux alliances militaires anglo-polonaise et franco-polonaise, la France et la Grande-Bretagne restent cantonnés sur la défensive, dans les fortifications de la Ligne Maginot qui s'étant de Bâle, sur la frontière suisse, jusqu'à Sedan, sur la Meuse. Ils abandonnent la Pologne à son triste sort.

Le 7 septembre 1939, deux corps d'armée et neuf divisions de l'Armée française entament bien une offensive en Allemagne, désignée "Opération Sarre", mais le commandant suprême français lui-même, le général Maurice Gamelin, n'y croit pas trop. Cette offensive si prometteuse se transforme très vite en "ballade militaire" et avance à l'allure d'escargot. Après avoir avancé de 10km en deux semaines en territoire ennemi, pratiquement sans opposition, Gamelin ordonne le retrait général. Le 30 septembre, les derniers soldats français repassent la frontière allemande et regagnent leurs positions de départ.

Par la faute des hésitations et de l'incompétence de l'Etat-major français, ce sera la fin d'une opportunité extraordinaire d'envahir l'Allemagne, et une formidable occasion gâchée de mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale, moins d'un mois après qu'elle ait commencé.

http://en.wikipedia.org/wiki/Saar_Offensive


Plan allemand Schlieffen de 1914 révisé: plans Halder et von Manstein.

Le 10 octobre 1939, la Grande-Bretagne rejette l'offre de paix d'Adolf Hitler. Deux jours plus tard, la France l'immite. Le 19 octobre 1939, le général Franz Halder, chef d'Etat-major du "Haut-commandement militaire allemand" (OKH), présente à Hitler la première ébauche de "Fall Gelb" (Plan Jaune), le nom de code des plans d'opérations d'une offensive générale à l'Ouest, en passant à travers la Belgique et les Pays-Bas.


Le Plan d'Halder est inspiré du plan Schlieffen. En 1914, au début de la Grande Guerre, l'Armée impériale allemande avait pénétré en Belgique et traversé le massif des Ardennes. Dans un gigantesque mouvement tournant par le nord, avec Paris et la Marne comme pivot, après avoir percé l'aile gauche de l'armée française, concentrée dans l'Est de la France, son intention était alors de la prendre entièrement au piège en Alsace-Lorraine en atteignant la frontière suisse.


Hitler juge irréaliste ce plan, les effectifs allemands étant alors insuffisants pour le mener à bien. Il estime que l'Armée allemande ne sera pas prête pour un plan à une telle échelle avant 1942!

Or Hitler veut une offensive dans les plus brefs délais et une victoire rapide, avant que la période d'impréparation des Alliés ne prenne fin. Il avance une première date de l'offensive au 12 novembre 1939. Mais celle-ci sera à plusieurs reprises ajournées, les militaires parvenant à convaincre Hitler qu'ils ont besoin de plus de temps pour se préparer.

Le 29 octobre 1939, Halder présente à Hitler un "Plan Jaune" modifié, en ajoutant une attaque secondaire (diversion) sur l'axe Liège-Namur. Hitler n'est pas le seul à critiquer le plan d'Halder. Le maréchal Gerd von Rundstedt, commandant du Heeresgruppe A, est également en désaccord avec le chef d'état-major de l'OKH. Mais à la différence d'Hitler, en soldat professionnel, il cherche avant tout à l'améliorer au lieu de le rejeter en bloc.

Le 31 octobre 1939, le lieutenant-général Eric von Manstein, le chef d'état-major du Heeresgruppe A de von Rundstedt, partisan acharnée des nouveaux préceptes de la doctrine d'emploi des blindés et de la guerre de mouvements, présente un autre plan alternatif, "Fall Sichelschnitt", ou plan "Coup de Faucille".

Des divisions panzers, sous le couvert du massif ardennais, devront progresser, rapidement et discrètement, vers la Meuse et la Sambre, dans un secteur faiblement défendu, entre Dinant et Sedan, où prend fin la Ligne Maginot. Là, elles devront effectuer un mouvement tournant et foncer vers la Manche, de manière à enfermer dans une énorme poche, la "Nasse Belge", les armées françaises et le Corps Expéditionnaire Britannique (BEF) de Lord Gort, qui se seront imprudemment engoufrées en Belgique (Plan français "Dyle").

Ce "Plan van Manstein" (Fall Sichelschnitt), de par sa hardiesse et son effet de surprise tactique, enthousiasme Hitler qui l'impose aux militaires allemands réticents.

http://en.wikipedia.org/wiki/Manstein_Plan


Ordres de bataille allemand, français, britannique, néerlandais et belge.

Le 10 mai 1940, le Haut-Commandement militaire allemand (OKH) dispose au total de 157 divisions, opérationnelles ou en cours de formation/instruction. Un effectif total de 5.4 millions d'hommes. La Wehrmacht va engager dans cette offensive les deux tiers de ses effectifs, soit nonante-six divisions, dont dix de panzers.


Au nord du dispositif allemand, le Heeresgruppe (Groupe d'armées) B du maréchal Fedor von Bock, qui rassemble trente divisions disposées sur toute la longueur de la frontière hollandaise, de la Mer du Nord jusqu'à Aix-la-Chapelle.

Au centre du dispositif allemand, dans le Schnee Eifel, le long des frontières belges et luxembourgeoises, le Heeresgruppe A de Gerd von Rundstedt rassemble cinquante et une divisions et le groupement blindé Guderian, avec sept divisions panzers. Disposées du nord au sud, les 4ème, 12ème et 16ème Armées allemandes, commandées par les généraux Günther von Kluge, Wilhelm List et Ernst Busch.

Le fer de lance est bien sûr les unités blindées, réparties en trois Korps motorisés, chargées de s'emparer des ponts sur la Meuse.

Au sud du dispositif allemand, le long du Rhin et de la ligne Maginot, le Heeresgruppe C de Wilhelm von Leeb, constitué des 1ère et 7ème Armées allemande, avec dix-huit divisions, chargé de fixer le plus grand nombre possible de divisions françaises, de la Moselle jusqu'à Bâle, sur la frontière suisse.


Les Belges allignent dix-huit divisions d'infanterie, deux divisions de chasseurs ardennais et deux divisions de cavalerie. Un effectif de 135000 hommes.

Ils disposent de 141 avions de chasse, dont 11 Hawker Hurricane et 98 biplans Fairey Fox, démodés et incapables de se mesurer aux chasseurs modernes de la Luftwaffe.

Les Néerlandais disposent de huit divisions d'active, un effectif de 73000 hommes. Une centaine d'avions, également tous démodés.

Le commandement suprême de l'Armée française est assuré par le général Maurice Gamelin. Le Front français du Nord-est est sous les ordres du général Alphonse Georges, qui commande trois Groupes d'armées français et la British Expeditionary Force BEF.

Le Ier Groupe d'Armées du général Gaston Billotte, disposé de la Manche jusqu'à Longuyon, avec trente-quatre divisions françaises et douze divisions britanniques. Respectivement de gauche à droite: la 7ème Armée française (Henri Giraud), le BEF britannique de lord Gort, et les 1ère, 9ème et 2ème Armées françaises, commandées respectivement par Georges Blanchard, André Corap et Charles Huntziger.

A l'est, tout le long de la ligne Maginot jusqu'à Sélestat, est disposé le IIème Groupe d'Armées du général André Prételat, avec les 3ème (Charles Condé), 4ème (Pierre Requin) et 5ème (Victor Bourret) Armées françaises. Trente divisions, dont une britannique et une polonaise.

Le IIIème Groupe d'Armées du général Antoine Besson, avec la 8ème Armée française du général Marcel Garchery, garde la ligne Maginot de la trouée de Belfort jusqu'à la frontière suisse. L'équivallent de treize divisions.

Au total, en tenant compte des unités de réserve et de second échelon, les Alliés allignent 137 divisions. 2.9 millions d'hommes. 2574 chars. 2128 avions, dont 1648 français et 348 britanniques.


http://www.orbat.com/site/ww2/drleo/500_eto/_40-05_france.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Order_of_Battle_for_the_Battle_of_France


Offensive allemande à l'Ouest (10 mai - 25 juin 1940).

1° Bataille de la "Forteresse Hollande" (10-14 mai 1940).

Le 10 mai 1940, à 5h35 du matin, des troupes aéroportées de la 7ème Division aérienne de la Luftwaffe, commandée par le général Kurt Student, sont larguées sur les ponts de Rotterdam, Moerdijk, Dordrecht et Nimègue, aux Pays-Bas. Des parachutistes allemands déposés par avions Ju-52 s'emparent également de l'aérodrome de Waalhoven/Rotterdam et neutralisent le fort belge d'Eben-Emael, sur le canal Albert.


Au même moment, les trente divisions du Heeresgruppe B, commandé par le maréchal Fedor von Bock, franchissent la frontière germano-néerlandaise et déferle aux Pays-Bas. L'armée néerlandaise (8 divisions et 73000 hommes) ne fait pas le poids et est vite submergée. Dès les premières heures, la Luftwaffe a détruit ou sévèrement endommagé tous les aérodromes, anéantie au sol ou en combat aérien la quasi-totalité de l'aviation néerlandaise (155 avions dont 74 vieux biplans), et s'assure la maîtrise aérienne absolue.

A 22h, des éléments de la 1ère Division légère mécanisée (DLM) (7ème Armée française), après avoir traversé les Flandres, franchissent la frontière dans la région d'Anvers et pénètrent en Hollande.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_the_Netherlands

Le 11 mai 1940, toutes les tentatives de l'armée néerlandaise pour détruire ou reprendre les ponts aux mains des Allemands échouent.

Le 12 mai 1940, le Heeresgruppe B submerge l'armée néerlandaise, ce qui oblige la 7ème armée française, entrée en Belgique deux heures après le déclenchement de l'offensive allemande, et franchit la frontière hollandaise dans la nuit du 10 au 11 mai, à se replier de la région de Breda vers Anvers et d'établir ses positions défensives sur la rive sud de l'estuaire de l'Escaut.

La 6ème Armée allemande du général Walter von Reichenau perce le front hollandais dans la région de Maastricht et pénètre en Belgique, s'empare de Liège, franchit la Meuse et le canal Albert dans la région de Maastricht, ce qui force l'Armée belge à se replier sur la ligne Anvers-Louvain.


Le 14 mai 1940, Rotterdam est victime d'une tragique méprise. Les Allemands remettent un ultimatum au gouvernement néerlandais, lui enjoignant de capituler sous peine de voir anéantir la ville par la Luftwaffe. Les Hollandais acceptent les conditions de leur capitulation, mais ils ne peuvent empêcher la Luftwaffe de décoller à l'heure dite.

L'ordre d'annulation du raid parvient bien à la plupart des escadrilles de bombardement, mais certaines d'entre-elles ne le reçoivent pas et poursuivent leur mission, malgré les efforts des Allemands pour leur faire rebrousser chemin.

Rotterdam est bombardée à 13h30. C'est le centre-ville et les quartiers orientaux qui sont le plus touchés. Le nombre des victimes civiles reste à ce jour indéterminé, approchant sans doute le millier de morts. Plus de 3000 blessés et 75000 sans-abris.

Le commandement suprême des forces néerlandaises, le général Henri Gerard Winkelman, acceptent les conditions allemandes et signera l'acte de capitulation sans condition des Pays-Bas le lendemain matin. La reine Willhelmine et son gouvernement se réfugient à Londres.


2° Au centre: front belge et Plan Dyle (10-20 mai 1940).

En Belgique, la Luftwaffe détruit les aérodromes et l'aviation belge au sol. A l'aube, des parachutistes de la 7ème Division aérienne de Kurt Student atterrissent en planeurs sur les supersttructures du fort d'Eben-Emael, sur le canal Albert, neutralisent ses coupoles d'artillerie et casemates à l'aide de charges creuses.


Une fois les défenses extérieures neutralisées, la 6ème Armée allemande du général Walter Reichenau a beau jeu de franchir en force le Canal Albert sur des canots pneumatiques, et se dirige vers Liège, qu'elle atteint dans la soirée.

L'offensive allemande en Belgique est, pour les stratèges français, conforme à leurs prévisions, car ils ont acquis la certitude qu'Adolf Hitler rééditerait le Plan Schlieffen en attaquant la France à travers la Belgique et la Hollande.

L'état-major de Gamelin réagit presqu'immédiatement et conformément au Plan Dyle, articulées de gauche à droite, la 7ème Armée française (Henri Giraud), la British Expeditionary Force (BEF) de Lord Gort et la 1ère Armée française (Georges Blanchard) pénètrent en Belgique deux heures après le déclenchement de l'offensive allemande, pour prendre position sur la Dyle, entre Louvain et Charleroi, en appuyant leur flanc droit sur Sedan et les Ardennes, réputées infranchissables par les troupes mécanisées ennemies.

Carte ci-dessous: mouvements alliés et allemands 10-16 mai 1940.


C'est une monumentale et funeste erreur de la part des Alliés. Car, à leur surprise, Hitler ne s'en tient pas là. Selon le Plan Faucille du général Erich von Manstein, le Führer porte son principal effort à travers les Ardennes belgo-luxembourgeoises vers la Meuse à Sedan, une région qui n'est pas protégée par les efficaces fortifications de la ligne Maginot et que le général Maurice Gamelin n'a pas cru nécessaire de défendre.

Dans le massif couvert des Ardennes, la progression allemande est confiée au Heeresgruppe A, qui dispose de sept divisions panzers, sur les dix que compte alors la Wehrmacht, regroupées en trois Korps motorisés. Respectivement du nord au sud:

- 15ème Korps motorisé. Général Hermann Hoth.
7ème et 5ème Divisions panzers.
Objectifs: Dinant et Namur.

- 41ème Korps motorisé. Général Georg-Hans Reinhardt.
6ème et 8ème Divisions panzers.
Objectif: Monthermé.

- 19ème Korps motorisé. Général Heinz Guderian.
2ème, 1ère et 10ème Divisions panzers.
Objectif: Sedan.

Leur but: s'emparer du maximum de ponts tout le long de la Meuse dans leur secteur respectif. La première phase du plan Faucille de Manstein doit se dérouler entre Dinant et Sedan, sur une centaine de kilomètres.

Ce dernier secteur particulièrement sensible n'est défendu que par une centaine de casemates du 147ème Régiment de forteresse et deux divisions de réserve de second ordre, dit de "Catégorie-B": les 55ème et 71ème Divisions d'infanterie du 10ème Corps de la 2ème Armée française, commandée par le général Charles Huntziger.

Le 12 mai 1940, alors que la ligne Sambre-et-Meuse, située au nord, est stabilisée par les Franco-Britanniques et l'Armée belge, la 7ème Division panzer du général Erwin Rommel atteint la Meuse près de Dinant. Il y découvre un pont intact et non défendu, et prend l'initiative de traverser en force. La première tête de pont allemande sur la rive gauche de la Meuse se créée.


3° Front sud: percée et mouvement tournant par Sedan (12-16 mai 1940).

En France, dans la soirée du 12 mai 1940, ce qui devait arriver arriva. Les trois divisions panzers de Guderian débouchent du massif ardennais. Pour les Alliés la surprise est totale. la 1ère Division panzer entre dans Sedan et atteint la Meuse. Au même moment, les 2ème et 10ème Divisions panzers traversent la Semois.

A l'aube du 13 mai 1940, Guderian donne alors à ses divisions blindées ses nouvelles directives: les 2ème et 10ème Divisions panzers doivent avancer, respectivement à l'est et à l'ouest de Sedan. La 1ère Division panzer est chargée de l'assaut principal dans la ville même, dans un secteur où la Meuse forme une boucle en "C".

C'est là qu'interviennent les Dornier Do-17 et les bombardiers en piqué Ju-87 Stuka, qui vont martelées pendant plus de trois heures les deux divisions françaises de classe-B installées en profondeur sur la rive gauche.


A 16h, toutes les pièces d'artillerie et les casemates françaises ayant été mises hors de combat, les premières unités de l'infanterie d'assaut allemande franchissent le fleuve sur des canaux pneumatiques. Elles établissent rapidement une percée vers le sud et s'emparent du bois de Marfée, refoulant au passage la 55ème Division française, qui céde à la panique et qui se désintégre. A l'est de Sedan, la 10ème Division panzer pulvérise la 71ème Division française.

Le 14 mai 1940, le général Charles Huntziger, commandant de la 2ème Armée française, ordonne une contre-attaque effectuée par la 3ème Division Cuirassée de Réserve (DCR) pour éliminer la tête de pont allemande. Il en résultera, entre le 15 et le 18 mai, une furieuse bataille de chars entre la 3ème DCR et la 10ème Division panzer, le village de Stonne changeant plusieurs fois de mains. Harcelée par les chars et les Stuka allemands, la division cuirassée perdra 80% de ses chars et les survivants reflueront en désordre vers le sud.

Délaissant Paris et la Marne, Guderian effectue un large mouvement tournant au nord-ouest et lance ses 1ère et 2ème Divisions panzer vers la Manche.

Le 15 mai 1940, au sud de Sedan, ses divisions mécanisées dispersent les unes après les autres toutes les contre-attaques des renforts acheminés par la 6ème Armée française. La situation de la 2ème armée française devient. Tout son flanc gauche ayant été anéanti la veille, Huntziger prend la décision de reculer jusqu'à la ligne Maginot, ce qui a pour conséquence d'élargir encore la brèche dans le dispositif français.

C'est le coup de grâce! Le flanc droit de la 9ème Armée française se retrouve à son tour entièrement à découvert. Celle-ci commence à se disloquer dans la journée du 15 mai, après avoir été harcelée par la Lutwaffe, attaquée au sud par Guderian, au nord par von Kleist. La 1ère DCR est littéralement pulvérisée et anéantie.


A Monthermé, les blindés de Reinhardt écrasent le 41ème Corps de forteresse. En Belgique, le commandant de la 9ème Armée, le général André Corap, ordonne alors son replis général sur la frontière française. Cela laisse maintenant à découvert toute le flanc droit de la 1ère Armée française.

Finalement, c'est tout le front français sur la Meuse, entre Dinant et Sedan, qui s'écroule.

En Belgique, ignorante du péril mortel qui la menace, la 1ère Armée française a stabilisé le front allié entre Wavre et Namur. Le 15 mai 1940, dans la région Gembloux-Ernage, sur la ligne KW-Namur, les 2ème et 3ème Divisions légères mécanisées (DLM) du "Corps de cavalerie Prioux" et les 2ème et 7ème Régiments de Tirailleurs Marocains (RTM) résistent depuis deux jours aux assauts des 2ème et 3ème Divisions panzers du 16ème Korps motorisé. Cela sera l'un des rares succès défensif français dans cette désastreuse campagne de l'été 1940.

Mais malheureusement, le sacrifice des Tirailleurs marocains se révèlera vain. En effet, débordée par ses flancs nord et sud, la 1ère Armée française reçoit l'ordre d'abandonner ses positions vers une nouvelle ligne de défense moins exposée. Sur les 1000 Tirailleurs marocains engagés, seule une centaine d'entre-eux s'en sortiront vivant.

En France, cette victoire héroïque, bien qu'inutile, tombera dans l'oubli, elle ne figure même pas dans les manuels ou livres d'histoire sur la Seconde Guerre mondiale. Les Belges, eux, n'ont pas oublié ce sacrifice des Tirailleurs marocains. Entre Dinant et Sedan, les Allemands ont maintenant ouvert une brêche de 80km de large.

En cinq jours, la Wehrmacht a pulvérisé tout le front sud allié et menace d'isolement en Belgique le Corps expéditionnaire britannique et les deux meilleures armées françaises, qui se retrouvent exposées aux attaques du Heeresgruppe B de von Bock en Flandre, et menacées d'encerclement sur leurs arrières par les divisions panzers de von Rundstedt. Les chars de Guderian, au lieu de foncer sur Paris, effectuent un quart de tour à droite vers le nord-ouest et se ruent vers la Manche. Une brèche de 100km de large est ouverte à l'arrière des armées franco-britanniques et belges en Belgique, et plus rien ne peut désormais arrêter l'avance allemande.


4° Blitzkrieg: l'avance allemande vers la Manche (15-20 mai 1940).

Négligeant Paris, les divisions blindées allemandes bifurquent vers le nord-ouest et se dirigent vers les côtes de la Manche, enfermant les 7ème, 1ère et 9ème Armées françaises, le Corps expéditionnaire britannique et l'Armée belge dans une immense poche, en Flandre et en Hollande.

Cependant, la rapidité avec laquelle les chars allemands les place eux-mêmes dans une position vulnérable, l'infanterie de soutien et le ravitaillement n'arrivant pas à soutenir leur rythme de progression. Il en résulte que les chars de Guderian et de Rommel consomment énormément de carburant et que les lignes de communication sont étendues au maximum. Il doivent donc ralentir.

A paris, le Haut-Commandement du général Maurice Gamelin cède à la panique. Dans la matinée du 15 mai 1940, lorsque Winston Churchill, le nouveau Premier ministre britannique depuis moins d'une semaine, téléphone à son homologue français Paul Reynaud, celui lui répond: "Nous sommes défaits. Nous avons été battus et la bataille est perdue!"

Churchill décide de se rendre à Paris, et débarque au GQG français le 16 mai 1940. Il réalise la gravité de la situation en observant les membres du gouvernement en train de brûler les archives et se préparer à évacuer la capitale. Au cours d'une réunion au climat assez sombre avec l'état-major français, le Britannique demande à Gamelin: "Où est la masse de manoeuvre?". Le Français, pessimiste, lui répond: "Aucune!"

Churchill écrira plus tard, dans ses Mémoires d'après-guerre, qu'il n'avait encore jamais éprouvé un tel choc. Il demande à Gamelin quand et où a-t'il l'intention de contre-attaquer sur les flancs du saillant allemand. Gamelin lui répond simplement: "inférieur en effectif, inférieur en équipement, inférieur en manoeuvre."


Le 17 mai 1940, à midi, les avant-garde blindées de Guderian atteignent l'Oise, au sud de Guise, près de Saint-Quentin. La nouvelle 4ème Division cuirassée de Réserve (DCR) a été constituée par le colonel Charles de Gaulle, à partir d'unités des autres théatres d'opération amenées en renfort, à Bruyères, dans la région de Laon.

Dans la nuit du 16 au 17 mai 1940, à 4h15 du matin, bien qu'elle ne possède encore qu'une partie de ses unités et qu'elle soit toujours en cours de formation, la 4ème DCR de de Gaulle lance une contre-attaque vers Montcornet, dans la région de Laon, sur les arrières de la 10ème Division panzer. Après avoir marqué quelques petits succès initiaux contre des positions d'artillerie antichars, les blindés de de Gaulle prennent Montcornet, mais l'infanterie d'accompagnement, chargée de l'occupation de la localité, n'a pas suivi.

Martelée par l'intervention des bombardiers en piquée Ju-87, stoppée par le raidissement de la résistance allemande, la 4ème DCR doit finalement regagner ses positions de départ.

Cette contre-attaque, bien qu'ayant finalement échoué, inspirera une seconde et future attaque similaire de de Gaulle, cette fois dans la région d'Abbeville, le 28 mai. L'attaque de la 4ème DCR vers Montcornet lui vaudra, le 25 mai 1941, d'être promu au grade de général de brigade.


Le 18 mai 1940, Le 19ème Korps motorisé du général Heinz Guderian occupe Saint-Quentin et Peronne, sur la Somme, et poursuit son avance vers la côte de la Manche. Dans le secteur de la 1ère Armée française, la 7ème Division panzer d'Erwin Rommel atteint Cambrai. La ville tombe aux mains du 15ème Korps motorisée du général Hermann Hoth dans la soirée, après que ses défenseurs l'aient abandonné.

Les restes de la 9ème Armée du général André Corap entrent dans la petite localité du Cateau, dans la région de Cambrai. Corap et son état-major, isolés de leur troupes, sont faits prisonniers par les Allemands. Il est remplacé par le général Henri Giraud. Sur l'Oise, le commandement de la 7ème Armée française est confié au général Aubert Frère.

En Belgique, la 18ème Armée allemande du général Georg von Küchler fait son entrée dans Anvers. Mons tombe aux mains de la 6ème Armée allemande du général Walter von Reichenau.

Le 19 mai 1940, les sept divisions panzers qui ont percé le front français entre Namur et Sedan se réorganisent dans la région entre Cambrai et Péronne. Erwin Rommel réussit à convaincre son supérieur direct, le général Hermann Hoth, commandant du 15ème Korps motorisé, de laisser à sa 7ème Division panzer l'occasion d'occuper les hauteurs stratégiquement importantes qui dominent Arras, défendu par le Corps Expéditionnaire britannique (BEF) de Lord Gort.

Vingt-quatre heures après André Corap, c'est au tour du général Henri Giraud, qui vient juste de lui succéder à la tête de la 9ème Armée française, et de tout son état-major, d'être fait prisonniers par les Allemands. Les débris de la 9ème Armée française sont intégrés dans la 7ème Armée française du général Aubert Frère.

Le 20 mai 1940, le 19ème Korps motorisé de Guderian occupe Amiens et progresse vers Abbeville, sur la Somme. La 7ème Division panzer du général Erwin Rommel atteint son objectif: les hauteurs stratégiques autour d'Arras.

Le 19ème Korps motorisé du général Heinz Guderian poursuit sa progression vers la mer. La 1ère Division panzer du général Friedrich Kirchner occupe Amiens. A 19h, la 2ème Division panzer occupe Abbeville. A 20h, l'un de ses escadrons atteint la côte de la Manche à Noyelles-sur-Mer, à environ 13km au nord-ouest d'Abbeville.

Dans la nuit du 20 au 21 mai 1940, sur la rive droite de la Somme, d'Abbeville à la côte, les Allemands créent ainsi dans les lignes alliées un couloir d'une trentaine de kilomètres de large.

Ils isolent quarante-cinq divisions alliées et plus d'un demi-million d'hommes dans une énorme poche, appellée la "Nasse belge". 287000 soldats britanniques de Lord Gort, 172000 Français de la 1ère Armée et des restes des 7ème et 9ème Armées, ainsi que l'Armée belge.

Adolf Hitler exulte et déclare que l'armistice sera signé à Rethondes, en forêt de Compiègne, à l'endroit même où fut signé la capitulation allemande le 11 novembre 1918, et que la France devra restituer "tous les territoires dont elle s'est emparée dans cette région depuis quatre-cent ans".

A Paris, le maréchal Philippe Pétain est nommé vice-président du Conseil. Le commandant en chef de l'Armée française, Maurice Gamelin, est limogé par Paul Reynaud et remplacé par le général Maxime Weygand.


5° Bataille de la Lys et de l'Yser (23-28 mai 1940).


6° Opération Dynamo: le miracle de Dunkerque (28 mai - 4 juin 1940).



Série documentaire "Les Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale".
(Daniel Costelle et Henri de Turenne) - Vidéo Dailymotion.


"Bataille de France" (1940).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de France est l'invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique du Luxembourg et de la France en 1940. L'offensive commence le 10 mai 1940 en mettant fin à la Drôle de guerre, et se termine le 22 juin par la capitulation des forces armées françaises et la signature de l'Armistice du 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain.


Bataille de France 1



Bataille de France 2



Bataille de France 3



Bataille de France 4



Bataille de France 5


Bataille de France 6



Sources principales:

1° Battle of France (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_France

samedi 9 mai 2009

7-8 mai 1945 - Europe: capitulation inconditionnelle du Troisième Reich

A Reims, en France, le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, dans le collège qui abrite le "Supreme Headquarter of Allied Expeditionnary Forces" (SHAEF), le GQG des forces expéditionnaires alliées en Europe, le général Alfred Jodl, chef d'Etat-major de la Wehrmacht, et l'amiral Hans-Georg von Friedeburg, représentant du grand-amiral Karl Doenitz, signent l'acte de capitulation inconditionnelle et totale de l'Allemagne nazie.


C'est la suite logique des capitulations partielles qui ont déjà eu lieu en Italie (2 mai), dans le nord des Pays-Bas et le nord-ouest de l'Allemagne (3-4 mai), puis dans le sud de l'Allemagne (5-6 mai).

Sont présents à cette séance le général américain Walter Bedell Smith, signant pour l'ensemble des forces alliées, le chef de la Mission soviétique de liaison militaire auprès d'Eisenhower, le général Ivan Susloparov. Le général français François Sevez, en tant que témoin officiel, signe en dernier. L'arrêt des hostilités entrera officiellement en vigueur le 8 mai à 23h.



8 mai 1945 - Répétition de la cérémonie de la capitulation nazie à Berlin.

L'acte officiel de capitulation de l'Allemagne nazie a été signé le 7 mai 1945 à Reims, en France. Mais sous la pression de Joseph Staline, cette cérémonie sera répétée le lendemain soir à Berlin-Karlshorst, au QG du maréchal Georgi Joukov.


Par une étrange bizzarerie de l'Histoire, c'est la date du 8 mai 1945 qui sera retenue pour la postérité, et la capitulation du 7 mai 1945 à Reims tombera pratiquement dans l'oubli. Car en effet, cette date correspond à l'annonce officielle dans le monde entier, de la fin de la guerre en Europe. Cette journée du 8 mai est désormais appellée "V-E Day" par les Anglo-Saxons, toujours en guerre contre le Japon dans le Pacifique et en Extrême-Orient, et "Jour-V" par les nations européennes.

La cérémonie de capitulation est donc répétée dans la nuit du 8 au 9 mai 1945 au QG du 1er Front de Biélorussie, installé dans une villa de Karlshorst, dans la banlieue orientale de Berlin. Cette cérémonie débute à 23h et prend fin le 9 mai à exactement 0h28, devant la presse internationale.

Sont présents le maréchal Georgi Joukov, commandant du 1er Front de Biélorussie, qui signe pour les Soviétiques, le maréchal Wilhelm Keitel, chef d'Etat-major de l'OKH, le général d'aviation Werner Stumpf et l'amiral Hans Georg von Freideburg, représentant du Grand-amiral Kar Doenitz, pour l'Allemagne, le maréchal de l'Air Sir Arthur Tedder pour le Royaume-Uni, le général Carl Spaatz pour les Etats-Unis, et enfin le général Jean de Lattre de Tassigny pour la France.

Keitel ratifie l'acte en dernier à 0h17 exactement.



Deux petites annecdotes:

1° L'après-midi, De Lattre de Tassigny entre dans une colère noire quand il s'aperçoit que le drapeau français brille par son absence dans la salle, et Joukov ordonne de l'ajouter aux drapeaux américain, britannique et soviétique.

2° Au début de la cérémonie, lorsque Keitel entre dans la salle et aperçoit le drapeau français, il ne peut s'empêcher de déclarer: "Ach! Il y a aussi des Français. On aura tout vu!"

Durant la première semaine de ce mois, environ trois millions de civils et de militaires allemands ont pu se soustraire aux Soviétiques et se rendre aux armées occidentales.



8 mai 1945 - Annonce officielle de la capitulation allemande dans le monde entier.

Le 8 mai 1945, à 15h, le général Charles de Gaulle déclare solennelement à la radio française: "La guerre est gagnée! Voici la victoire! C'est la victoire des Nations-Unies et c'est la victoire de la France!"

Simultanément, à Washington DC et à Londres, allocutions d'Harry Truman et de Winston Churchill. Dans le reste du monde, les dirigeants d'une cinquantaine de nations alliées font également des annonces similaires.

A l'annonce de cette capitulation, en Scandinavie, la 20ème Armée allemande de montagne du général Franz Böhme, une vingtaine de divisions et 280000 hommes isolés en Norvège, annonce aux Alliés sa reddition.

Sur le front soviétique, dans le Secteur Nord, le Heersgruppe Kurland du général Carl Hilpert, comprenant les 16ème et 18ème Armées allemandes, isolé depuis de longs mois dans les Pays Baltes, soit l'équivallent d'une trentaine de divisions et 342000 hommes, dépose les armes et se rend au 2ème Front de la Baltique (Leonid Govorov).

En Prusse-Orientale. Les restes de la 2ème Armée allemande, ou Armee Ostpreussen, encerclés dans le Frische Nehrung et autour du village de Vogelsang, la garnison de Pillau et toutes les autres poches de résistance, commandés par le général Dietrich von Saucken, capitulent également.

En Allemagne, au sud et au sud-ouest de Berlin, les garnisons de Dresde et de Görlitz se rendent au 1er Front d'Ukraine (Ivan Koniev).

Des unités des 1ère et 4ème Panzerarmees, pénétrant la frontière tchécoslovaque et avançant au sud vers Prague, se rendent à la 3ème Armée US du général George Patton.

Au nord du confluent Elbe-canal Hohenzollern, dans la région de Stendhal, les 9ème et 12ème Armées allemandes des généraux Theodor Busse et Walter Wenk, qui ont réussi à retraiter depuis Berlin, se rendent à la 9ème Armée US.

En Carinthie (Autriche), le Heeresgruppe Sud du général Otto Wohler, les 2ème Panzerarmee et 6ème Panzerarmee-SS, commandées respectivement par le général Maximilian de Angelis et le SS-Oberstgruppenführer Joseph "Sepp" Dietrich, se rendent à la 7ème Armée US.

Au total, ce sont un million et demi de soldats allemands qui déposent les armes, à l'annonce de l'arrêt des hostilités.

En Tchécoslovaquie, des détachements du 4ème Front d'Ukraine (Ivan Petrov) prennent la ville Olmütz et, au nord de celle-ci, Sternberk. Les combats dans la capitale Prague prennent fin, les Allemands et les insurgés tchécoslovaques ayant signé une trève.

Sous la pression politique du président Harry Truman, le général Dwight D. Eisenhower intime l'ordre à George Patton "le Fonceur" et à sa 3ème Armée US de stopper son avance vers Prague pour y secourir les insurgés tchécoslovaques.

En Croatie, cependant, affrontements entre le Heeresgruppe (Groupe d'armées) E du général Alexander Löhr et les troupes de Jozip "Tito" Broz, qui libèrent Zagreb. Dans les Balkans, des combats et des escarmouches se poursuivront encore pendant plusieurs jours.


Série documentaire "Grandes Batailles de la Seconde Guerre mondiale"
(Henri de Turenne et Daniel Costelle) - Vidéo Dailymotion.


"La bataille d'Allemagne" - 2ème partie: "La chute de Berlin".


Bataille d'Allemagne II - Berlin 1/5



Bataille d'Allemagne II - Berlin 2/5



Bataille d'Allemagne II - Berlin 3/5



Bataille d'Allemagne II - Berlin 4/5



Bataille d'Allemagne II - Berlin 5/5



Sources disponibles:

1° German Instrument of Surrender (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/German_Instrument_of_Surrender

2° End of World War in Europe (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/End_of_World_War_II_in_Europe

7-8 mai 1942 - Pacifique Sud-Ouest: bataille de la Mer de Corail

Les 7 et 8 mai 1942, dans la Mer de Corail, au large de l'archipel de la Louisiade et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les flottes américaine et japonaise s'affrontent pendant deux jours, dans la première bataille aéronavale "au-delà de l'horizon", au cours de laquelle les coups portés sont exclusivement le fait de leur aviation embarquée. Cette bataille démontre la supériorité du porte-avions sur tous les autres types de navires.


Expansion japonaise dans le Pacifique (Décembre 1941 - Mai 1942).

Le 7 décembre 1941, l'aviation embarquée japonaise du vice-amiral Chuichi Nagumo surprend la flotte américaine du Pacifique au mouillage dans sa base de Pearl Harbor et lui inflige de lourdes pertes. Mais ce jour-là, aucun porte-avions américain n'est présent dans la rade (1). Le lendemain, après un discours historique du président Franklin Delano Roosevelt, le Congrès des Etats-Unis déclare la guerre au Japon. Les Américains sont immités presqu'immédiatement par la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Simultanément, de l'autre côté de cette immense océan, le Japon se lance dans une impressionnante campagne de conquêtes terrestres aux Philippines (2) et dans la péninsule malaise (3).

Durant les premiers mois de 1942, les Alliés subissent défaite sur défaite, l'expansion japonaise est victorieuse et irrésistible: Tokyo s'assure le contrôle des Philippines, de la Malaisie et de Singapour, de la Birmanie, du Siam (Thailande), des îles Mariannes (Guam, Saipan, Tinian) et Marshall (Kwajalein), des îles Gilbert (Makin, Tarawa), des Indes néerlandaises (Java, Sumatra, Bornéo, Célèbes), les îles Salomons (Nouvelle-Bretagne, Nouvelle-Irlande), des îles Carolines (Truk), des îles Palau, de l'île Marcus, et enfin d'une partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (Lae, Buna, Gona, Wewak, ...)


En mai 1942, les Japonais sont aux portes de l'Inde et menacent directement l'Australie. L'"Empire du Soleil Levant" est au sommet de sa puissance.

Photo ci-dessous: chasseur A6M2 Zeke sur le pont du Zuikaku, 5 mai 1942.



(1) "7 décembre 1941 - Pearl Harbor: Tora Tora Tora!"
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2008/12/7-dcembre-1941-pearl-harbor-tora-tora_07.html

(2) "10 décembre 1941 - 6 mai 1942 - Pacifique Sud-Ouest: campagne japonaise des Philippines.
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/02/10-decembre-1941-6-mai-1942-pacifique.html

(3) "15 février 1942 - Malaisie: chute de Singapour"
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/02/15-fevrier-1942-malaisie-chute-de.html



Plan d'attaque et préparatifs japonais.

Le vice-amiral Shigeyoshi Inoue, commandant de la 4ème Flotte, appelée "Force des Mers du Sud", de la Marine Impériale (IJN), pour éliminer la menace représentée par l'Australie pour le périmètre défensif japonais, préconise des opérations de débarquement à Port Moresby, sur la côte sud-est de la Papouasie, et sur l'île de Tulagi, au nord de Guadalcanal, dans les îles Salomons. Ce qui placerait le continent australien à portée de l'aviation japonaise basée à terre. Selon lui, cela renforcerait également le périmètre défensif japonais dans les Salomons et la base aéronavale de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne.


L'Armée de Terre impériale (IJA) appuie la proposition de la Marine (IJN) pour poursuivre l'avance japonaise vers le sud. En avril 1942, l'IJA a conçu un plan, l'"Opération MO", prévoyant la capture de Port Moresby pour le 10 mai, et de l'île de Tulagi pour le 3 mai, où l'IJN a l'intention de construire une base d'hydravions pour ses futures opérations aériennes contre les possessions alliées dans le Pacifique Sud: les îles Fidji, la Nouvelle-Calédonie et les îles Samoa.

Une fois l'opération MO accomplie, la flotte combinée japonaise executerait l'opération RY contre les îles Nauru et Ocean (15 mai). Puis ce serait le tour de la Nouvelle-Calédonie et des îles Fidji (opération FS).

En raison des raids des bombardiers B-17 de la 5ème Air Force en Australie contre les bases japonaises de Lae et Salamaua, Inoue requiert l'aide des porte-avions de la flotte combinée pour fournir un appui aérien aux navires d'invasion affectés à l'opération MO. Il est particulierement inquiet au sujet des bases aériennes australienens de Cooktown et Townsville, qui se trouvent hors du rayon d'action des bombardiers japonais basés à Rabaul et Lae.

Au même moment, suite au raid aérien des B-25 Mitchell de Doolittle sur Tokyo (4), l'amiral Isoroku Yamamoto, commandant de la Flotte combinée, planifie une opération permettant d'attirer les porte-avions américains, les "absents" du 7 décembre 1941, stationnés à Pearl Harbor, pour les anéantir dans une bataille décisive près de l'atoll de Midway, prévue en juin 1942.

Yamamoto se voit donc contraint de diviser ses forces et de détacher deux porte-avions, le Zuikaku et le Shokaku, ainsi que plusieurs cuirassés, croiseurs et destroyers afin appuyer l'opération MO et désigne le vice-amiral Shigeyoshi Inoue pour la diriger.

Ordre de bataille naval japonais.

Commandant en chef de l'Operation MO.
Vice-amiral Shigeyoshi Inoue (Rabaul).

• Force d'attaque MO.
Vice-amiral Takeo Takagi.

- 5ème Division de porte-avions. Contre-amiral Chuichi Hara.

Porte-avions Shokaku. Capitaine Takaji Yoshima.
Shokaku Air Group. Lieutenant-Commander Kakuichi Takahashi (1 D3A1).
- 18 A6M2 Zeke. Lieutenant Takumi Hoashi.
- 20 D3A1 Val. Lieutenant Masao Yamaguchi.
- 19 B5N2 Kate. Lieutenant Tatsuo Ichihara.
- 3 A6M2 Zeke. Cargo for Tainan Air Group (Rabaul).

Porte-avions Zuikaku. Capitaine Ichibei Yokokawa.
Zuikaku Air Group. Lieutenant-Commander Shigekazu Shimazaki (1 B5N2).
- 20 A6M2 Zeke. Lieutenant Kiyohuma Okajima.
- 22 D3A1 Val. Lieutenant Tamatsu Ema.
- 22 B5N2 Kate. Lieutenant Yoshiaki Subota.
- 5 A6M2 Zeke. Cargo for Tainan Air Group (Rabaul).

Groupe de protection (Screen Group).
Vice-amiral Takeo Takagi.
- 2 croiseurs lourds (5ème Division de Croiseurs): Myoko, Haguro.
- 4 destroyers (27ème Division de destroyers): Arike, Yugure, Shigure et Shiratsuyu.
- 2 destroyers (7ème Division de destroyers): Ushio et Akebono.

• Force d'appui principale MO.
Contre-amiral Arimoto Goto.

Porte-avions léger Shoho. Capitaine Izawa Ishinosuke.
Shoho Air Group. Lieutenant Kenjiro Notomi.
- 8 A6M2 Zeke et 4 A5M2 Claude. Lieutenant Kenjiro Notomi.
- 6 B5N2 Kate. Lieutenant Michitaro Nakamoto.

Groupe de protection (Screen Group). Contre-amiral Arimoto Goto.
- 4 croiseurs lourds: Aoba, Kako, Kinugasa et Furutaka.
- 1 destroyers: Sazanami.

• Force d'attaque de Port Moresby.
Contre-amiral Sadamichi Kajioka.
- 1 croiseur léger: Yubari.
- 6 destroyers: Oite, Asanagi, Uzuki, Mutsuki, Mochizuki, Yayoi.

• Force d'invasion de Port Moresby.
Contre-amiral Koso Abe.
- 12 navires de transport.
- 1 mouilleur de mines: Tsugaru.
- 4 dragueurs de mines: W-20, Hagoromo Maru, Noshiro Maru #2 et Fumi Maru #2.
- 3 pétroliers: Goyo Maru, Hoyo Maru et Iro.
- 1 navire auxiliaire de réparation: Ojima.

• Force d'invasion de Tulagi.
Contre-amiral Kiyohide Shima.
- 1 navire de transport: Azumasan Maru.
- 2 destroyers: Kikuzuki et Yuzuki.
- 2 mouilleurs de mines: Okinoshima et Koei Maru.
- 5 dragueurs de mines: Wa #1, Wa #2, Hagoromo Maru, Noshiro Maru #2 et Tama Maru.

• Force de protection secondaire (groupe séparé).
Contre-amiral Kuninori Marumo.
- 2 croiseurs légers: Tenryu, Tatsuta.
- 1 porte-hydravion: Kamikawa Maru
- 3 canonières: Keijo Maru, Seikai Maru, Nikkai Maru.

• Force sous-marine.
Capitaine Noburu Ishizaki.
- Groupe de patrouille: I-21, I-22, I-24, I-28 et I-29.
- 2 sous-marins: RO-33 et RO-34.


(4) "18 avril 1942 - Japon: célèbre raid de Jimmy Doolittle sur Tokyo"
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2009/04/18-avril-1942-japon-celebre-raid-de.html



Préparatifs américains.

A Pearl Harbor, une équipe d'analystes du "Bureau des Communications Navales" (OP-20-G) de l'US Navy, dirigée par le lieutenant Joseph Rochefort, perce et commence à décoder le code JN-25B de la Marine Impériale. Le 5 avril 1942, par l'interception de messages codés de Yamamoto adressés à Inoue, les Américains prennent ainsi connaissance des mouvements de navires japonais, et par déduction, des projets des Japonais contre Port Moresby.

Le 29 avril 1942, l'amiral Chester Nimitz, commandant en chef de la Flotte américaine du Pacifique, ordonne à ses quatre porte-avions et leurs navires d'accompagnement de faire route vers la Mer de Corail. La Task Force TF17 du contre-amiral Frank J. "Black Jack" Fletcher, avec le porte-avions Yorktown, trois croiseurs légers et quatre destroyers, accompagné de deux pétroliers et deux autres destroyers d'escorte, croise au large des îles Tonga et met le cap vers la Mer de Corail. La Task Force TF11 du contre-amiral Aubrey Fitch, avec le porte-avions Lexington, deux croiseurs légers et cinq destroyers, croise entre les îles Fidji et la Nouvelle-Calédonie, et met également le cap sur la Mer de Corail.


Un groupe de soutien, la Task Force TF44, avec trois croiseurs légers et deux destroyers, venant d'Australie et commandé par le vice-amiral sir John Crace [RAN], converge également vers la Mer de Corail.

Après avoir lancé les B-25 de Doolittle le 18 avril (4), la Task Force TF16 du contre-amiral William F. Halsey, avec les porte-avions Hornet et Enterprise, rentre à Pearl Harbor et ne participera pas à la bataille.

Les Task Forces TF11, TF17 et TF44 se donnent rendez-vous en un point déterminé à 320 miles au sud de Guadalcanal.

Photo ci-dessous: bombardier-torpilleurs Devastator (VT-3) sur le pont du Yorktown.



Préludes de la bataille (4-7 mai 1942).

La "Force d'Invasion de Port Moresby", commandée par le contre-amiral Koso Abe et comprenant 12 navires de transport et 5000 soldats du Détachement des Mers du Sud de l'Armée impériale (IJA). Sa protection est assurée par la "Force d'Attaque de Port Moresby", avec un croiseur léger et six destroyers sous les ordres du contre-amiral Sadamichi Kajioka. Les navires de Abe appareillent de Rabaul le 4 mai, et ceux de Kajioka vingt-quatre heures plus tard.


Ces deux groupes doivent passer par le Passage de Jomard, dans l'archipel de la Louisade, contourner la pointe sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour finalement arriver devant Port Moresby le 10 mai.

La "Force d'invasion de Tulagi", comprenant deux destroyers, deux mouilleurs de mines, 6 dragueurs de mines et un navire de transport avec 400 fusiliers marins de la 3ème Force navale spéciale" (3 SNLF) de Kure, est commandée par le contre-amiral Kiyohide Shima. Sa protection rapprochée est assurée par la force de couverture commandée par le contre-amiral Arimoto Goto, avec le porte-avions léger Shoho, quatre croiseurs lourds et un destroyer.

Une seconde force de protection, séparée, commandée par le contre-amiral Kuninori Marumo, avec deux croiseurs légers, un porte-hydravions et trois canonnières, se joindra à la force de protection de Goto pour protéger le débarquement de Tulagi, programmé pour le 3 mai.

Goto appareille le 28 avril de Truk, doit traverser les îles Salomons entre Choiseul et Bougainville, puis croiser au large de la Nouvelle-Géorgie. Marumo quitte la Nouvelle-Irlande le 29 avril pour la Baie des Mille Navires, sur l'île de San Cristobal, et y construire le 2 mai une base d'hydravions servant à l'appui des opérations sur Tulagi. La force d'invasion de Shima appareille le 30 avril de Rabaul.

La "Force d'attaque aéronavale", chargée des opérations aériennes contre Port-Moresby, est commandée par le vice-amiral Takeo Takagi. Elle comprend la 5ème Division de porte-avions commandée par le contre-amiral Chuichi Hara, avec les porte-avions lourds Zuikaku et Shokaku, deux croiseurs lourds et six destroyers. Elle appareille le 1er mai de Truk et doit entrer dans la Mer de Corail en contournant San Cristobal par l'est des Salomons et croiser au sud de Guadalcanal.

Après le raid de Doolittle contre Tokyo, les renseignements japonais estiment que les porte-avions ennemis opèrent dans le Pacifique Central, et pensent que les Américains seront incapable d'opposer une force aéronavale à l'opération MO avant que tout ne soit fini. Ils se trompent lourdement.

Dans la matinée du 1er mai 1942, les Task Forces TF11 et TF44 se regroupent 300 miles au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie. Frank Fletcher ordonne immédiatement le ravitaillement en combustible par ses deux pétroliers: le Tippecanoe se charge de la TF11, et le Neosho de la TF17.


1° Attaque de Tulagi (3-4 mai 1942).

Le 3 mai 1942, la force de Shima arrive en vue de son objectif et procède au débarquement des 400 hommes de la 3 SNLF sur Tulagi désertée, le petit contingent de la Royal Australian Force ayant eu le temps d'être évacuée juste l'arrivée des Japonais, et leur débarquement s'effectuent sans problème. En fin de journée, l'île est entièrement aux mains des Japonais, et ceux-ci entreprennent sans tarder la construction d'une base d'hydravions.

A 17h, Fletcher est informé du débarquement japonais. La Task Force TF17 ayant complété son ravitaillement, le Yorktown fait route au nord vers Guadalcanal pour attaquer les navires japonais de Shima.

Le 4 mai 1942, la TF17 lance trois raids aériens (au total 60 avions) contre les navires de Shima. Les bombardiers-torpilleurs TBD Devastator et bombardiers en piquée SBD Dauntless du Yorktown coule le destroyer Kikuzuki, trois dragueurs de mines, détruisent plusieurs hydravions et endommage quatre autres navires. Dans cette attaque, les Américains perdent un bombardier en piquée et trois chasseurs F4F Wildcat, mais leurs équipages seront secourus.

Après avoir récupérer ses avions, le Yorktown fait ensuite demi-tour vers le sud. En dépit des destructions causés par l'aviation embarquée américaine, les Japonais poursuivent la construction de la base d'hydravions, et celle-ci deviendra opérationnelle le 6 mai.


2° Recherches aériennes américaines et japonaises (4-7 mai 1942).

350 miles au nord de Tulagi, la "Force d'Attaque aéronavale" de Takagi procède à son ravitaillement quand celui-ci est informé des raids américains. Une fois le plein de combustible effectué, les porte-avions d'escadre japonais se lancent à la recherche de la Task Force TF17, en envoyant des avions éclaireurs à l'est des îles Salomons, dans la zone où ils estiment la présence du Yorktown.

Le 5 mai 1942, à 8h16, les trois Task Forces américaines se regroupent, la TF17 absorbant les TF11 et TF44. Au même moment, 5 miles au nord de la flotte américaine, quatre chasseurs de couverture F4F Wildcat interceptent et abattent un hydravion de reconnaissance japonais H6K Mavis avant que celui-ci n'ait eu le temps de transmettre la position exacte des navires ennemis.

Ordre de bataille aéronaval américain (4-8 mai 1942).

Task Force TF17.
Vice-amiral Frank J. "Black Jack" Fletcher.

• Task Group TG.17.5 (Carrier Group).
Contre-amiral Aubrey W. Fitch.

Porte-avions USS Lexington (CV-2) [TF11]. Capitaine Frederick Sherman.
Lexington Air Group (CVW-2). Commander William B. Ault (1 SBD-3).
- VF-2: 21 F4F-3/-3A Wildcat. Lieutenant-Commander Paul H. Ramsey.
- VB-2: 18 SBD-2/-3 Dauntless. Lieutenant-Commander William L. Hamilton.
- VS-2: 17 SBD-3 Dauntless. Lieutenant-Commander Robert E. Dixon.
- VT-2: 13 TBD-1 Devastator. Lieutenant-Commander James H. Brett, Jr.

Porte-avions USS Yorktown (CV-5). Capitaine Elliott Buckmaster.
Yorktown Air Group (CVW-3). Lieutenant-Commander Oscar Pederson.
- VF-42: 18 F4F-3 Wildcat. Lieutenant-Commander Charles R. Fenton.
- VB-5: 18 SBD-3 Dauntless. Lieutenant Wallace C. Short.
- VS-5: 17 SBD-3 Dauntless. Lieutenant-Commander William O. Burch, Jr.
- VT-5: 13 TBD-1 Devastator. Lieutenant-Commander Joe Taylor.

Groupe de protection (Destroyer Screen).
- 4 destroyers d'escorte: Morris, Anderson, Hammann et Russell.

• Task Group TG.17.2 (Attack Group).
Contre-amiral Thomas C. Kinkaid.
- 5 croiseurs lourds: Minneapolis, New Orleans, Astoria, Chester et Portland.
- 5 destroyers: Phelps, Dewey, Farragut, Aylwin et Monaghan.

• Task Group TG.17.3 (Support Group) [TF44].
Contral-amiral John G. Crace, Royal Australian Navy (RAN).
- 2 croiseurs légers: Australia (RAN) et Chicago.
- 1 croiseur léger: Hobart (RAN).
- 2 destroyers: Perkins et Walke.

• Task Group TG.17.6 (Fleet Train).
Capitaine John S. Phillips.
- 2 pétroliers: Neosho et Tippecanoe.
- 2 destroyers: Sims et Worden.

• Task Group TG.17.9 (Search Group) [Nouméa, Nouvelle-Calédonie].
Commander George H. DeBaun.
- 1 ravitailleur-hydravion: Tangier.
- 12 PBY-5 Catalina.

Durant cette journée, les avions de patrouilles des deux flottes se rechercheront respectivement, en vain. Un message transmis par Pearl Harbor renseigne Fletcher sur le plan d'attaque japonais contre Port Moresby. Les navires américains mettent le cap à l'ouest vers l'archipel de la Louisiade et de la Nouvelle-Guinée pour s'opposer au débarquement japonais.

Dans le même temps, Takagi fait route lui aussi à l'ouest en contournant l'île de San Cristobal par le nord, et pénètre dans la Mer de Corail en passant entre Guadalcanal et l'île Rennell, à l'aube du 6 mai.

Le 6 mai 1942, la Task Force TF17 de Fletcher absorbe les TF11 et TF44, qui deviennent respectivement TG.17.5 (Carrier Group) et TG.17.3 (Support Group). Les deux porte-avions Yorktown et Lexington naviguent désormais ensemble.

A 10h, un hydravion japonais H6K Mavis venant de Tulagi repère la TF17 et transmet sa position. Takagi reçoit le message cinquante minutes plus tard. A cet instant, les porte-avions japonais croisent 300 miles au nord des navires de Fletcher, c'est-à-dire à la limite du rayon d'action des avions embarqués. Le ravitaillement des navires japonais étant encore en cours, Takagi n'est pas prêt à engager le combat. Il conclut également, d'après les renseignements transmis par l'hydravion de Tulagi, que les porte-avions américains se dirigent au sud, c'est-à-dire qu'ils s'éloignent de lui.

Takagi détache alors les porte-avions Zuikaku et Shokaku, commandés par le contre-amiral Chuichi Hara, avec deux destroyers d'escorte, au sud vers les navires américains, à une vitesse de 20 noeuds, de manière à être en position d'attaque favorable le lendemain, une fois que le reste des navires japonais aura été ravitaillé.

Durant cette journée, l'aviation américaine lance plusieurs attaques infructueuses contre la "Flotte d'invasion de Port Moresby" commandée par le contre-amiral Kiyohide Shima et qui a absorbé la force de soutien de Goto, avec le porte-avions léger Shoho.

En Australie, le QG du général Douglas MacArthur transmet plusieurs messages à Fletcher sur la position des navires de Shima et le résultat de ses attaques. Les messages de MacArthur signalant le Shoho à environ 425 miles au nord-ouest de la TF17 convainquent à tort Fletcher que les porte-avions d'escadre japonais accompagnent la flotte d'invasion de Shima.

A 18h, Fletcher détache le pétrolier Neosho et le destroyer Sims, ceux-ci faisant route au sud, tandis que le reste de ses navires continuent à faire route vers l'ouest et l'archipel de la Louisiade.



Bataille aéronavale de la Mer de Corail (7-8 mai 1942).

1° Premier jour: 7 mai 1942.

Le 7 mai 1942, à 6h25, Fletcher envoie le Task Group TG.17.3, la force de protection de croiseurs et de destroyers du vice-amiral sir John Crace [RAN], bloquer le Passage de Jomard. L'absence des navires de Crace diminue l'efficacité de l'écran DCA de Fletcher, mais ce dernier estime que ce risque est nécessaire si cela permet de stopper la force d'invasion de Port Moresby.

Croyant que les porte-avions de Takagi naviguent quelque part au nord de sa position, Fletcher envoie également 10 éclaireurs SBD Dauntless du Yorktown à la recherche des navires japonais dans ce secteur.

En réalité, à ce instant, Takagi fait route au sud et se trouve 300 miles à l'est de la Task Force TF17. Il envoie lui aussi des éclaireurs et bombardiers-torpilleurs B5N Kate en patrouille, vers le sud, pour repérer et attaquer la flotte américaine, dans le secteur où lui et Hara estiment la présence des porte-avions ennemis.

Simultanément, le contre-amiral Arimoto Goto lancent les hydravions des croiseurs Furutaka et Kinugaza patrouiller au sud-est de la Louisiade.

A 7h22, un des éclaireurs du Shokaku signale qu'il a localisé plusieurs navires américains à "182 degrés et 163 miles" de la position de Takagi. A 7h45, le même avion envoie un seconde message: "un porte-avions, un croiseur et trois destroyers". Un second patrouilleur confirme.

Les deux éclaireurs du Shokaku ont cependant commis une erreur d'identification. Il s'agit en réalité du pétrolier Neosho et du destroyer Sims.

Les confondant avec les porte-avions américains, Takagi et Hara envoie immédiatement 78 avions à l'attaque: 36 bombardiers en piquée D3A1 Val, 24 torpilleurs B5N Kate et 18 A6M2 Zeke décollent du Shokaku et du Zuikaku à 8h.

A 8h20, un des hydravions du Furutaka repère les porte-avions de Fletcher et communique leur position au QG de Inoue, à Rabaul. Celui-ci relaie la nouvelle à Takagi. Ce message est confirmé par un second hydravion du Kinugaza à 8h30.

Takagi et Hara, confus par les messages contradictoires reçus, décident cependant de poursuivre le raid en cours contre les navires américains repérés au sud, mais ordonnent à leurs navires de mettre le cap au nord-ouest, vers la position communiquée par l'hydravion du Furutaka. Analysant ces messages, ils pensent que les porte-avions américains opèrent en deux groupes séparés.


A 8h15, un éclaireur SBD du Yorktown, piloté par le lieutenant John L. Nielsen, repère les navires de Goto et commet lui aussi une erreur d'identification en envoyant le message: "deux porte-avions et quatre croiseurs à 10°3' Sud 152°27' Est, distance 225 miles, au nord-ouest de votre position".

La bataille aéronavale de la mer de Corail débute donc basée sur de fausses informations. Fletcher, à l'instar de Takagi, est convaincu à tort qu'il a enfin repéré les porte-avions lourds ennemis. A 8h30, il lance à partir du Yorktown et du Lexington 93 avions: 53 bombardiers en piquée SBD Dauntless, 22 torpilleurs TBD Devastator et 18 chasseurs F4F Wildcat de protection.

A 10h12, Fletcher reçoit un message un message de confirmation de trois B-17 de la 5ème US Air Force partis d'Australie, signalant "un porte-avions, 10 navires de transport et 10 navires de guerre", 30 miles au sud de la précédente position donnée par Nielsen. Il s'agit en fait des navires d'escorte de Goto, dont fait partie le porte-avions léger Shoho, et de la "Force d'invasion de Port Moresby" de Abe.

A 9h15, la force d'attaque aérienne de Takagi atteint la zone désignée, signale le Neosho et le Sims, et cherche sans succès les porte-avions américains. Finalement, à 10h51, l'éclaireur du Shokaku réalise qu'il s'est trompé en identifiant le pétrolier et le destroyer comme des porte-avions.

Le vice-amiral Takeo Takagi se rend compte maintenant que le Yorktown et le Lexington ne sont pas au sud comme il le croyait, mais quelque part entre lui et la force d'invasion de Port Moresby, faisant courir à celle-ci une grave menace. Il ordonne à ses avions d'attaquer immédiatement les deux navires américains, puis de regagner leurs porte-avions le plus vite possible.

A 11h15, 36 bombardiers en piquée D3A1 Val s'acharnent sur le destroyer et le pétrolier ennemi, pendant que le reste des avions japonais abandonnent la mission et rentrent sur leur base. Le Sims est atteint par trois bombes, se brise en deux, et coule très vite en entraînant avec lui 178 hommes sur les 192 de son équipage. Le Neosho encaisse sept bombes et est sévèrement endommagé. Sans propulsion et en flamme, il est laissé à la dérive et sombre lentement dans les flots.


A 10h40, la force aérienne de la TF17 arrive en vue du Shoho à peu de distance au nord-est de l'île Misima, dans l'archipel de la Louisiade. Le porte-avions léger japonais se prépare alors à lancer une attaque contre les navires américains, et son pont d'envol est encombré de nombreux chasseurs, bombardiers et avions torpilleurs.



Le groupe aérien du Lexington, sous les ordres du Lieutenant-Commander Bill Ault, attaque le premier et atteint le navire japonais avec deux bombes et cinq torpilles, lui causant de graves dommages. A 11h, c'est le tour du groupe aérien du Yorktown commandé par le lieutenant-commander William O. Burch, Jr., qui met au but onze bombes et deux torpilles. Ravagé par les incendies, le Shoho coule à 11h35, et le destroyer Sazanami récupérera 203 survivants sur un équipage de 834 hommes. A 12h10, le lieutenant-commander Robert E. Dixon, qui dirige les SBD Dauntless du Lexington, transmet en code à la TF17 le succès de l'attaque: "Scratch one flat top! Signed Bob."


A 13h38, les avions américains ont tous regagné leur porte-avions. A 14h20, ils sont réarmés et réapprovisionnés en carburant, prêts à lancer un second raid contre les navires de la Force d'invasion de Port Moresby ou contre les croiseurs de Goto. Fletcher, cependant, après qu'il ait appris que ses avions n'ont coulé qu'un porte-avions léger, est préoccupé par la présence des deux autres porte-avions lourds japonais, dont il ignore encore la position. Il conclut que le temps que ses éclaireurs SBD localisent les deux porte-avions japonais, il sera peut-être trop tard pour lancer une attaque avant le crépuscule. Il décide donc de rester en position de défense, et change de cap en naviguant au sud-ouest.

A Rabaul, après la perte du Shoho, le vice-amiral Shigeyoshi Inoue ordonne à la Force d'invasion de Rabaul de se retirer provisoirement vers le nord, et à Takeo Takagi, positionné 225 miles à l'ouest de la Task Force TF17, de détruire les porte-avions américains. Les contre-amiraux Sadamichi Kajioka et Arimoto Goto, de leur côté, regroupent leurs forces au sud de l'île Rossel, et se préparent à une éventuelle bataille nocturne si des navires américains sont signalés dans leur secteur.

A 12h40, un hydravion japonais Mavis partis des îles Deboyne signale le Task Group TG.17.3, les cinq croiseurs et destroyers du vice-amiral australien John G. Crace, cap 175° distance 78 miles de Deboyne. A 13h15, un second hydravion Mavis venant de Rabaul repère lui aussi les navires de Crace, mais transmet une identification et une position erronnée, selon laquelle la force ennemie comprend deux porte-avions à 205 degrées 115 miles de Deboyne.

A 13h30, basé sur ces deux rapports, Takagi, qui n'a pas encore récupéré sa force aérienne envoyée contre le Sims et le Neosho, ordonne à ses navires de se diriger vers l'ouest. A 15h, il informe Inoue que les porte-avions américains se trouvent à 430 miles à l'ouest de sa position, et donc qu'il est incapable d'organiser et de lancer un raid avant la tombée du jour.

L'aviation terrestre japonaise basée à Rabaul effectue deux raids contre le TG.17.3. Le premier avec 12 bombardiers moyens G4M Betty, le avec 19 bombardiers moyens G3M Nell. Les deux groupes localisent et attaquent les navires de Crace au même moment, à 14h30, et revendiquent "un cuirassé coulé, un second cuirassé et un croiseur endommagé. En réalité, le TG.17.3 ne subit aucun dommage et sa DCA abat 4 bombardiers Betty.

Quelques temps plus tard, les croiseurs et destroyers alliés sont attaqués par erreur par trois B-17 Flying Fortress de la 5ème US Air Force, ne causant heureusement aucun dommage. A 15h26, Crace transmet à Fletcher qu'il ne peut plus garder sa position sans protection aérienne, et se retire vers une nouvelle position plus au sud pour augmenter la distance entre lui et la base japonaise de Rabaul, mais aussi pour rester assez proche du Passage de Jomard et de l'archipel de la Louisiade et intercepter les navires japonais qui s'y aventureraient.


2° Second jour: 8 mai 1942.

Le 8 mai 1942 à 6h15, de sa position à 100 miles au sud-est de l'île Rossel, le contre-amiral Chuichi Hara lance sept bombardiers-torpilleurs Kate en patrouille sur un cap de 140° à 230° et une distance de 250 miles pour repérer les porte-avions américains. Ils sont assistés par trois hydravions de reconnaissance Mavis partis de Rabaul.

A 7h, le groupe de torpilleurs de Hara tourne au sud-ouest pour rejoindre les croiseurs lourds du contre-amiral Arimoto Goto. La force d'invasion de Port Moresby s'est fixé un point de rendez-vous 40 miles à l'est de l'île Woodlark, pour y attendre le résultat de la bataille entre les porte-avions japonais et américains.

A 6h35, la Task Force TF17, opérant sous le contrôle tactique du contre-amiral Aubrey Fitch, positionnée 180 miles au sud-est de la Louisiade, lance 18 éclaireurs SBD Dauntless en patrouille sur 360° et sur une distance maximale de 200 miles.

A 8h20, un SBD du Lexington piloté par le lieutenant Joseph G. Smith repère les deux porte-avions japonais et transmet leur position à la TF17. Deux minutes plus tard, un éclaireur du Shokaku piloté par Kenzo Kanno signale à Hara la présence et la position des porte-avions américains. Les deux flottes ennemies sont à environ 210 miles l'une de l'autre, chacune se tenant prête à lancer son aviation embarquée à l'assaut de l'ennemi.

Photo ci-dessous: SBD Dauntless prêt sur le pont d'envol du Yorktown, le matin du 8 mai 1942. En arrière-plan, le porte-avions Lexington.


A 9h15, les deux porte-avions japonais lancent leur force aérienne combinée, commandée par le lieutenant-commander Kakuichi Takahashi, du Shokaku: 33 bombardiers en piquée Val, 18 avions-torpilleurs Kate et 18 chasseurs de couverture Zeke.

Les deux porte-avions américains lancent chacun de leur côté leur force d'assaut. Le groupe aérien du Yorktown, commandé par le lieutenant-commander William O. Burch, Jr., prend l'air le premier à 9h15 et comprend 6 chasseurs F4F Wildcat, 24 bombardiers en piquée SBD Dauntless et 9 avions-torpilleurs TBD Devastator. Le groupe aérien du Lexington, commandé par le lieutenant-commander Robert E. Dixon, décolle à 9h25 et compte 9 Wildcat, 15 Dauntless et 12 Devastator.

Les Dauntless du Yorktown commandés par Burch atteignent leur objectif en premier à 10h32, et attendent les Devastator pour attaquer simultanément. A ce moment, les deux porte-avions japonais naviguent à une certaine distance l'un de l'autre, et le Zuikaku est caché dans une nappe de brouillard. Les SBD de Burch attaque le Shokaku à 10h57 et placent deux bombes de 500kg au but, lui causant de graves dommages dans les hangars et le pont d'envol. Toutes les torpilles des Devastator manquent leur cible ou disfonctionnent. Le Yorktown perd dans cette attaque 2 Dauntless.

Le groupe de Lexington arrive sur zone à 11h30. Deux SBD attaquent le Shokaku et l'endommagent plus légèrement avec une seule bombe. Deux autres Dauntless tentent leur chance contre le Zuikaku, mais sans succès. Et le reste des bombardiers en piquée ne parvient pas à localiser les porte-avions japonais en raison de la couverture nuageuse basse et du brouillard. Aucune des torpilles des Devastator du VT-2 ne touchent leur cible. Au cours d'un combat aérien, les chasseurs de protection japonais (CAP) abattent 3 Wildcat du VF-2, sans perte de leur côté.


A son pont d'envol endommagé, le Shokaku est désormais incapable de mener des opérations aériennes. Son commandant, le capitaine Takaji Yoshima, demande à Takagi et Hara l'autorisation de se retirer de la bataille, ce qui lui est accordé. A 12h10, le porte-avions japonais endommagé, accompagné d'un destroyer d'escorte, vire au nord-est et s'éloigne.

Du côté de la TF17, la patrouille de couverture (CAP) et la DCA américaine s'attendent au choc. A 10h55, le radar du Lexington détecte la force japonaise à 126km et 9 Wildcat décollent pour l'interception, mais les Japonais passent au travers. Le lieutenant-commander Shigekazu Shimazaki, qui dirigent les torpilleurs japonais, envoient 14 Kate contre le Lexington, et les 4 derniers contre le Yorktown. 6 F4F et 8 SBD de protection du Lexington abattent 9 Kate avant que ceux-ci ne soit arrivés sur leur objectif, puis 4 SBD succombent face aux chasseurs d'escorte Zeke.


Les torpilleurs japonais entament leur attaque à 11h13. Les 4 Kate envoyés contre le Yorktown manquent leur cible. A 11h20, les cinq Kate survivants envoyés contre le Lexington mettent deux torpilles au but. La première met le feu au réserve de carburant d'aviation et les vapeurs d'essence se répendent dans les compartiment voisins. La seconde percent des canalisations d'eau et forcent les chaudières qu'elles alimentent à s'arrêter. 4 torpilleurs japonais sur les 5 sont ensuites abattus par la DCA.

Les 33 bombardiers en piquée japonais arrivent sur leur objectif trois ou quatre minutes après les torpilleurs. Les 19 Val du Shokaku, commandés par Takahashi, se concentrent contre le Lexington, et les 14 Val du Zuikaku, commandés par le lieutenant-commander Tamotsu Ema, contre le Yorktown. Les bombardiers de Takahashi endommagent de nouveau le Lexington avec deux bombes, causant plusieurs incendies qui seront maîtrisés à 12h33. A 11h27, une bombe perforantes passent à travers la cage d'ascenseur central du Yorktown et traversent quatre ponts avant d'exploser, tuant ou blessant 66 hommes, causant de graves dommages structuraux au hangar aviation. 2 Val sont abattus par la CAP du porte-avions américain pendant cette attaque.


Avant de se retirer, les avions japonais doivent encore affronter les chasseurs et patrouilleurs SBD de protection américains. Dans le combat aérien qui s'ensuit, 3 Wildcat et 3 Dauntless, côté américain, 3 Kate, 1 Val et 1 Zeke, côté japonais, sont détruits. Et ce n'est pas fini: les deux forces aériennes, rentrant respectivement sur leur base flottante, se croisent encore à mi-chemin et un second combat aérien se déroule. Au cours de ce second engagement aérien, Kanno et Takahashi sont abattus et tués.

Durant les opérations d'appontage, pour diverses raisons, les Américains perdent encore 5 SBD, 2 TBD et 1 F4F. Du côté japonais, 2 Zeke, 5 Kate et 1 Val. Le Zuikaku récupère 46 avions sur les 69 de la force initiale envoyée contre la flotte américaine. Parmi-eux, 12 sont jugés irrécupérables au-delà de toute réparation possible, et jettés en mer par dessus-bord.

Quand la TF17 a récupéré ses derniers avions, Fletcher analyse la situation. Ses aviateurs prétendent avoir sévèrement endommagé un des porte-avions japonais, mais le second est intact et toujours opérationnel. Le Yorktown et le Lexington ont été touché et leur aviation a subi de lourdes pertes. En raison de la perte du pétrolier Neosho, le carburant pour ses navires est également un soucis supplémentaire.

A 14h22, estimant que le porte-avions japonais constitue toujours un péril mortel pour lui, Fletcher prend la décision de se retirer de la bataille. Il en informe le général Douglas MacArthur en Australie et lui transmet la dernière position connue du Zuikaku, lui suggérant de l'attaquer avec ses bombardiers lourds basés à terre.

A 14h30, Hara informe Takagi que seul 24 Zeke, 8 Val et 4 Kate sont encore opérationnels. A 15h, Takagi communique à Inoue, à Rabaul, que ses avions ont coulé deux porte-avions ennemis, le Yorktown et un porte-avions de la classe Saratoga, mais qu'en raison des pertes aériennes qu'il a subi, il est incapable de poursuivre sa mission en fournissant une couverture aux forces d'invasion de Port Moresby.

Les hydravions de reconnaissance japonais Mavis ayant signalé le Task Group TG.17.3 de Grace plus tôt dans la journée, Inoue annule la mission d'invasion de Port Moresby en cours, et reporte l'opération MO au 3 juillet, ordonnant à l'ensemble de ses forces navales dans le nord-est des îles Salomons d'entamer l'opération RY. Le Zuikaku et ses navires d'escorte prennent le chemin de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne, pendant que le Shokaku endommagé regagne le Japon, pour de long mois de réparations.

Dans la Task Force TF17, sur le Lexington, les incendies sont maîtrisés et le navire redevient opérationnel. Mais à 12h47, un court-circuit électrique met le feu aux vapeurs d'essence qui se sont répandues un peu partout. Les explosions qui en résultent rallume les brasiers qui viennent juste d'être éteints. Entre 15h25 et 15h38, ravagés par les flammes, le Lexington devient incontrôlable et prend de la gîte sur babord. A 17h17, son équipage commence à l'abandonner. A 19h15, le contre-amiral Aubrey Fitch et le capitaine Frederick Sherman ayant été évacué avec les derniers hommes, le destroyer Phelps l'achève avec cinq torpilles. Le Lexington coule à 19h52 avec 36 avions à son bord. 216 hommes sur les 2951 que comptait son équipage ont été tué.


A 16h01, la TF17 se retire vers le Sud-Ouest et rentre en Australie. Plus tard dans la soirée, MacArthur informe Fletcher que ses B-17 ont attaqué les navires de transport japonais de la Force d'invasion de Port Moresby, et que celle-ci s'est retirée vers le nord-ouest.


Bilan et conséquences de la bataille.

Les Américains ont perdu le porte-avions Lexington et le destroyer Sims, coulés. Le porte-avions Yorktown et le pétrolier Neosho ont été fortemment endommagés. Leurs pertes humaines s'élèvent à 646 tués (1).

En échange, ils ont coulé le porte-avions léger Shoho, le destroyer Kikuzuki et trois mouilleurs de mines, et endommagé gravement le porte-avions lourds Shokaku. Les pertes humaines japonaises s'établissent à 917 tués (2).

Les pertes ont été importantes des deux côtés: 67 avions américains (3) contre 92 avions japonais (4).

Tactiquement, le nombre de navires coulés ou endommagé fait pencher la victoire du côté japonais. Mais stratégiquement, la bataille s'achève par un incontestable succès des Américains, car ceux-ci ont stoppé net les projets d'invasion ennemis en Nouvelle-Guinée et contre les îles Fidji et la Nouvelle-Calédonie. Ils ont contraint les Japonais à reporter leur débarquement à Port Moresby. L'"Empire du Soleil Levant" subit là sa première défaite de la Guerre du Pacifique.

Et ni les Américains ni les Japonais ne se doutent encore que ce report de l'opération MO sera définitif. Cette première bataille aéronavale, dite "au-delà de l'horizon", démontre l'incontestable supériorité du porte-avions sur tous les autres types de navires.

Le 9 mai 1942, la Task Force TF17 sort de la Mer de Corail et infléchit sa course à l'est, vers la Nouvelle-Calédonie. Puis Nimitz ordonne à Fletcher de ramener le Yorktown endommagé à Pearl Harbor le plus vite possible.

Le 10 mars 1942, à 1h du matin, le Task Group TG.17.3 de Crace fait route vers l'Australie, et arrive à Cid Harbor, au nord de Townsville, dans la journée du 11 mai.

A l'aube du 11 mai 1942, un hydravio, de patrouille PBY Catalina de Nouméa localise et signale la position du Neosho, endommagé. Le destroyer Henley arrivé sur place recueille l'équipage du pétrolier et 14 survivants du Sims.

Le 10 mai 1942, l'opération RY débute contre les îles Nauru et Ocean, mais les Japonais, privés de tout soutien aéronaval, sont désormais en infériorité. Le 12 mai, le mouilleur de mines Okinoshima est coulé par le sous-marins américain S-42. Les opérations de débarquement japonais sont repoussées au 17 mai.

Dans le même temps, la Task Force TF16 du contre-amiral William F. Halsey, avec les porte-avions Hornet et Enterprise, gagne le théâtre d'opération du Pacifique Sud et arrive en vue de l'île Efate, dans l'archipel de Vanuatu. Le lendemain 13 mai, Halsey se dirige au nord pour s'opposer aux navires japonais qui s'approchent de Nauru et de l'île Ocean.

Le 14 mai 1942, Nimitz, ayant pris connaissance par ses services de décryptage des projets de l'amiral Isoroku Yamamoto contre l'atoll de Midway, ordonne à la TF16 de regagner immédiatement Pearl Harbor.

Le 26 mai 1942, le Hornet et l'Enterprise font leur entrée dans la rade de Pearl Harbor. Le lendemain, c'est le tour du Yorktown endommagé. Celui-ci sera réparé en un temps record, moins d'une semaine, par des milliers d'ouvriers civils mobilisés du Drydock, travaillant vingt-quatre sur vingt-quatre. Mais ceci est une autre histoire.



(1) "Aircrew deaths were: Yorktown-14, Lexington-21. Warship crew deaths were: Lexington-216, Yorktown-40, Sims-178, Neosho-175, and Chicago-2."

(2) "Breakdown of deaths: Aircrew-90, Shoho-631, Shokaku-109, Tulagi invasion force-87."

(3) Wilmott, "Barrier and the Javelin", page 286. Crave, page 449. "Yorktown lost 16 and Lexington lost 51 aircraft, including 33 SBD, 13 TBD, and 21 F4F.

(4) Lundstrom, "Guadalcanal Campaign", page 92. Wilmott, "Barrier and the Javelin", page 286. Millot, page 160. "Breakdown of carrier aircraft losses: 19 zeros, 19 kanbaku , and 31 kanko. Millot says that two H6K, five G4M (Type 1), three smaller seaplanes, and 87 carrier aircraft were destroyed."



Sources disponibles:

1° "Battle of the Coral Sea" (Wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_the_Coral_Sea

2° "Battle of the Coral Sea" (US Navy Naval Historical Center).
http://www.history.navy.mil/photos/events/wwii-pac/coralsea/coralsea.htm

mercredi 6 mai 2009

US Air Force - Explosif DIME et Small Diameter Bomb GBU-39

Le Dense Inert Metal Explosive (DIME) est un puissant explosif expérimental actuellement testé par l'US Air Force. Sa production a commencé au début des années 2000. La bombe guidée par laser GBU-39 Small Diameter Bomb a été spécialement conçue pour lui servir de vecteur.


Développement et caractéristiques.

DIME est l'acronyme de "Dense Inert Metal Explosive", un explosif expérimental testé par l'US Air Force et dont la production a commencé au début des années 2000. C'est un mélange homogène d'une matière explosive puissante (HMX ou RDX) et de fines particules d'un alliage de métaux lourds inertes, tels le tungstène, le nickel ou le cobalt.

C'est une arme prévue pour limiter le rayon de souffle (blast radius) à quelques mètres, permettant ainsi d'éviter au maximum les dommages collatéraux. Mais à l'intérieur de ce cercle, l'explosif a un grand pouvoir léthal.

L'arme DIME se compose de deux éléments: l'explosif proprement dit, et le vecteur, c'est-à-dire la bombe ou le missile employé. Elle se compose d'une enveloppe en fibre de carbone contenant l'explosif mélangé à des microshrapnels, ceux-ci consistant de très petites particules (1-2mm) ou une poudre d'alliage de métaux lourds à base de tungstène, nickel, cobat ou fer, "Heavy Metal - Tungsten Alloy" (HMTA).

Il existe deux types d'alliage HMTA:

- "rWNiCo": tungstène (91–93%), nickel (3–5%) et cobalt (2–4%).
- "rWNiFe": tungstène (91–93%), nickel (3–5%) et fer (2–4%).

Contrairement aux enveloppes en métal des bombes conventionnelles, qui se transforme en milliers de shrapnels, l'enveloppe en fibre de carbone se désintègre en particules microscopiques. C'est la poudre d'alliage HMTA qui agit en tant que microshrapnels dans un faible rayon, de 4m autour du centre de l'explosion. A l'extérieur de ce cercle, ces microshrapnels perdent très vite leur énergie cinétique et retombe dans un rayon dix fois plus important que celui de l'explosion, environ 40m.

Ces caractéristiques augmentent le pouvoir léthal dans le premier rayon de 4m, tandis qu'ils le diminuent fortement dans le rayon de 40m. Dans le rayon des quatre mètres, les microshrapnels causent d'importantes lésions et des dommages importants sur la matière vivante et les tissus: derme, muscle et os. Les blessures occasionnées aux survivants dans ce rayon conduisent généralement à l'amputation des membres.


Risque cancérigène des métaux lourds.

L'utilisation de ce nouveau type d'explosif a tout de même un effet pervers: l'absorption des microshrapnels HMTA par l'organisme, la peau et les tissus chez des survivants favorise l'apparition de cancers. Les microparticules de tungstène, cobalt et nickel induisent à court terme des transformations néoplasiques de cellules ostéoblastes humaines en tumeurs. (1)

Une étude récente effectuée en 2005 par l'"US Department of Health and Human Services" sur des rats, montre que les microparticules HMTA provoquent l'apparition de rhabdomyosarcomes. (2)

La cancérogénicité de l'alliage de tungstène par leur teneur de nickel (3-5%) utilisé dans les armes DIME. Cependant, le tungstène et le trioxyde de tungstène peuvent également causer l'apparition de cancers, comme l'ont démontrer des expériences effectuées sur des animaux. (3)

Les blessures provoquées par les armes DIME sont considérées comme inopérables, en raison même de la taille des microshrapnels, qui ne peuvent pas être enlevés chirurgicalement.


(1) "Neoplastic transformation of human osteoblast cells to the tumorigenic phenotype by heavy metal–tungsten alloy particles: induction of genotoxic effects". Carcinogenesis, Vol. 22, No. 1, 115-125, January 2001.
http://carcin.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/22/1/115

(2) "Embedded Weapons-Grade Tungsten Alloy Shrapnel Rapidly Induces Metastatic High Grade Rhabdomyosarcomas in F344 Rats", by the National Institute of Environmental Health Sciences.
http://www.afrri.usuhs.mil/www/outreach/pdf/tungsten_cancer.pdf

(3) Dense Inert Metal Explosive (DIME) (globalsecurity.org).
http://www.globalsecurity.org/military/systems/munitions/dime.htm



Small Diameter Bomb (SDB) GBU-39.

Les armes DIME sont particulièrement utiles dans le cadre d'une guerre asymétrique, puisqu'en raison de leur faible rayon léthal, elle permettent de frapper avec précision des cibles, y compris dans des zones de forte densité de population.

La bombe guidées par laser GBU-39 "Small Diameter Bomb" (SDB) a été spécialement conçue pour servir de vecteur à l'explosif DIME. C'est une bombe de petites dimensions developpée par "Boeing Integrated Defense System" à partir de 2001. Elle pèse 129kg (285lb) et mesure 1.8m de long sur 19cm de large.

Son enveloppe est en fibre de carbone. Elle est équipée d'une tête explosive DIME AFX-757 de 17kg (38lb) et d'un système de navigation inertielle par GPS.


La Small Diameter Bomb se décline en deux variantes:

- GBU-39. Avec une "probabilité d'erreur circulaire" (CEP) de 5-8m, utilisé contre des cibles fixes tels que bunkers, dépôts, etc. Son CEP et sa précision lui permettent de limiter au maximum les dommages collatéraux.

- GBU-40. Equipée de détecteur thermique et d'un appareil de reconnaissance d'objectifs, elle est utilisé contre des cibles mobiles: chars, postes de commandement, ou tout autre véhicule.

Les faibles dimensions de la SBD permettent une capacité d'emport de quatre bombes sur chaque pylone d'armement de voilure, ou un pylone central sous fuselage. Les GBU-39/40 sont actuellement intégrées au système d'arme du F-15 Strike Eagle. Mais le programme de développement de l'arme leur permettront à l'avenir d'être également utilisées par des F-16 Fighting Falcon, F-22 Raptor, F-35 Lightning II, A-10 Thunderbolt, B-1B Lancer ou B-2 Spirit.

Des tests préliminaires de largages ont été effectués en septembre 2007 sur un F-22. En septembre 2008, le Congrès des Etats-Unis autorisa la vente de 1000 GBU-39 SDB à Israel. La GBU-39B possède le même pouvoir de pénétration qu'une BLU-109 de 1000kg (2000lb): 2.4m de profondeur. C'est l'arme idéale pour frapper des cibles souterraines.

En décembre 2008/janvier 2009, Tsahal fut suspecté d'avoir utilisé ce type d'arme contre des objectifs du Hamas dans la Bande de Gaza. Mais le gouvernement israélien démentit ces informations.

Le 1er mai 2009, la firme Raytheon annonça qu'il avait terminé avec succès le premier test en vol de la GBU-53B "Small Diameter Bomb II", qui possède un détecteur de cibles tri-mode avec la technologie développée pour le programme NLOS-L-S du "Missile d'Attaque de Précision".


Sources principales disponibles:

Dense Inert Metal Explosive (DIME) (wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Dense_Inert_Metal_Explosive

Dense Inert Metal Explosive (DIME) (globalsecurity.org).
http://www.globalsecurity.org/military/systems/munitions/dime.htm

3° GBU-39 Small Diameter Bomb (SDB) (wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/GBU-39_Small_Diameter_Bomb

Small Diameter Bomb Focused Lethality Munition (FLM) (globalsecurity.org).
http://www.globalsecurity.org/military/systems/munitions/sdb-flm.htm

5° Non-Line-Of-Sight-Launch-System (NLOS-L-S) (wikipedia.org).
http://en.wikipedia.org/wiki/Precision_Attack_Missile

mardi 5 mai 2009

US Army - Hélicoptère utilitaire Sikorsky UH-60 Black Hawk

Le Sikorsky UH-60 Black Hawk est l'hélicoptère utilitaire standard de l'US Army. Conçu en novembre 1974 pour remplacer le UH-1 Iroquois dans les tâches utilitaires, il entra en service en 1979. Le transport de troupes d'assaut sur le champ de bataille n'est en fait qu'une des nombreuses missions confiées à cette machine.


Historique du développement.

Comme cela arrive souvent en matière de conception d'avions ou d'hélicoptères, la mise au point du UH-60 Black Hawk fut longue et difficile. Son origine remonte à 1965, époque où l'US Army cherchait un successeur au UH-1 Iroquois.

Les spécifications émises au départ étant plus que vagues, il fallut attendre plusieurs années pour parvenir à une définition claire et complète de ce que devait être le programme baptisé "Utility Tactical Transport Aircraft System" (UTTAS).

Ce ne fut pas avant janvier 1972 que l'US Army adressa un appel d'offre aux constructeurs aéronautiques, qui suscita un très grand intérêt parmi les firmes américaines spécialisées dans la construction des hélicoptères, et qui voyaient là un marché potentiel de plusieurs milliers d'exemplaires.

Une sélection rigoureuse des projets laissa seules en compétition Boeing Vertol et Sikorsky Aircraft. Le 30 août 1972, ces deux compagnies bénéficièrent d'un contrat concernant la réalisation de trois prototypes destinés à des tests d'évaluation comparatifs, au terme desquels serait désigné la machine la mieux adaptée aux besoins de l'US Army.

Selon les exigences officielles, chacun des deux constructeurs était dans l'obligation d'accumuler près de 500 heures d'essais en vol avant de remettre la machine à l'US Army pour un programme d'expérimentation comparée. Le S-70 de Sikorsky reçut la dénomination YUH-60A, et le Model 179 de Boeing, YUH-61A.

Les trois prototypes de Sikorsky commandés par l'US Army prirent l'air entre octobre 1974 et février 1975. Les essais en vol montrèrent que les deux machines concurrentes possédaient d'indéniables qualités. Au terme d'une compétition qui dura huit mois, de mars à novembre 1976, le Sikorsky YUH-60A fut estimé supérieur au Boeing YUH-61A.

L'annonce officielle de cette décision des responsables de l'US Army intervint le 23 décembre 1976. Elle s'accompagna d'une commande de 15 UH-60A de présérie. La machine reçut alors le nom de baptême d'un chef de guerre amérindien de la tribu Sauk. Sikorsky allait apprendre quelque temps plus tard une nouvelle beaucoup plus importante: l'US Army avait pris la décision de se doter de 1107 UH-60A Black Hawk. Ceux-ci devaient remplacer les UH-1 Iroquois affectés aux missions dites "utilitaires".

Le premier exemplaire UH-60A fut livré en octobre 1978, mais il fut renvoyé peu de temps après chez le constructeur en vue de sa participation au programme de mesures de performances, auquel pris part également le troisième exemplaire, sur la base aérienne d'Edwards AFB, en Californie. L'hélicoptère de Sikorsky devait à cette occasion révéler de remarquables capacités en effectuant des vols sous une inclinaison de presque 90° et en faisant preuve d'une manoeuvrabilité peu commune pour une machine de cette catégorie.

Le UH-60A entra officiellement en service au sein de l'US Army en janvier 1979. Comme l'UH-1H Iroquois, il était équipé de deux General Electric T700-GE-700 développant chacun une puissance de 1543 chevaux (1151 kW). Ces turbomoteurs lui conféraient une vitesse maximale au niveau du sol d'environ 300km/h, et lui permettaient de transporter onze fantassins équipés ou 3630 kg sous élingue. Le Black Hawk était non seulement plus rapide que l'Iroquois, mais également disposait d'une capacité d'emport nettement supérieure: 15 UH-60A assuraient ainsi le travail de 23 UH-1H.


Plus important encore: en regard du grand nombre d'Iroquois détruits au Vietnam par les tirs venus du sol, le Black Hawk affichait un certain nombre de caractéristiques diminuant de manière significative sa vulnérabilité. Blindage protégeant l'habitacle et ses pilotes, pales du rotor principal résistant aux impacts d'obus de 23mm, et des réservoirs de carburant auto-étanches pouvant encaisser des tirs de calibre 12.7mm.

L'hélicoptère bénéficiait en outre de circuits électriques et hydrauliques redondants et séparés, de façon à éviter leur destruction simultanée. La question des dommages subis en opérations a constitué l'une des préoccupations essentielles des militaires américains au moment de la définition du programme UTTAS.


Variantes du UH-60 Black Hawk.

Missions utilitaires de transport.

• UH-60A Black Hawk. Version d'origine destinée à des tâches utilitaires (transport) pour le compte de l'US Army. Equipée de deux moteurs General Electric T700-GE-700 de 1543 chevaux (1150 kW) chacun. Quatre hommes d'équipage et onze hommes de troupes. Deux mitrailleuses M60 de 7.62mm montées sur les sabords. 2600 exemplaires produits entre 1977 et 1989.


• UH-60C Black Hawk. Variantes du UH-60A spécialisée dans les contre-mesures électroniques au-dessus du champs de bataille.

• UH-60L Black Hawk. Version remplaçant les UH-60A sur la chaîne de montage de 1989 à 2007. Deux moteurs T700-GE-701C de 1890 chevaux (1409 kW) chacun. 483 exemplaires construits destiné à l'US Army. Performances et capacité d'emport de charge accrues.


• UH-60M. Version construite à partir de 2007. Réalisée en partie en matériaux composites et gains de poids, instrument digitaux. Equipée de deux moteurs T700-GE-701D de 2000 chevaux (1509 kW) chacun. Crédits accordés par le Congrès pour la production d'environ 1200 exemplaires.

• UH-60Q MEDEVAC. UH-60A spécialisée dans l'évacuation médicale (MEDEVAC).



Opérations Spéciales (US Army / US Air Force).

• MH-60A Velcro Hawk. Version modifiée du UH-60A équipée d'une perche de ravitaillement en vol, d'une avionique modernisée, d'une tourelle FLIR, de réservoirs de carburant auxiliaire et de deux moteurs T700-GE-701. Surnommé "Velcro Hawk" car la plupart de ces équipements ont été rajoutés après la sortie d'usine des machines. Version destinée à l'US Air Force.

• MH-60G Pave Hawk. Version destinée aux forces spéciales de l'US Air Force, identique au HH-60G.


• MH-60K Black Hawk. MH-60A destiné à l'US Army. Utilisé par le 160th Special Operations Aviation Regiment (160th SOAR) "Night Stalkers" à Fort Campbell, dans le Kentucky.


• MH-60L Black Hawk "Direct Action Penetrator" (DAP). Version destinée aux forces spéciales de l'US Army. Utilisé par le 160th SOAR à Fort Campbell (Kentucky). Armement identique à celui de l'AH-64 Apache: un canon automatique M230 Chaingun de 30mm, de deux paniers lance-roquettes Hydra-70 et de 8 missiles antichars Hellfire. Plus deux mitrailleuses General Electric six-tubes de 7.62mm Gatling montées sur les sabords. Propulsée par deux moteurs T700-GE-701C de 1890 chevaux (1409 kW).


Opération de sauvetage (US Army / US Air Force / US Navy).

• HH-60A Night Hawk. Version de recherche et de sauvetage proposée à l'US Air Force. Projet annulé faute de crédit.

• HH-60G Pave Hawk. Version de recherche et de sauvetage en territoire ennemi (CSAR) réalisée pour l'US Air Force. Pratiquement identique au MH-60G.


Version d'attaque.

• AH-60L Battle Hawk. Version spéciale équipée d'un canon automatique M230 Chaingun de 30mm, deux paniers lance-roquettes Hydra-70 et 38 roquettes FFAR LAU-61C de 70mm, 8 missiles AGM-114 Hellfire.




Versions navalisées (US Navy).

• SH-60B Sea Hawk. Version de l'US Navy destinée à remplacer les SH-3 Sea King. Chargée de la lutte anti-sous-marine et opérant depuis des navires de plus petite taille: destroyer, frégate et croiseur. Mise au standard LAMPS III "Light Airborne Multipurpose System". Equipé de deux torpilles Mk46/Mk50, d'un missile antinavire AGM-119B Pinguin, d'un FLIR, de bouées acoustiques passives/actives, de détecteurs d'anomalie magnétique et de nacelles de contre-mesure électroniques. Propulsé par deux turbomoteurs T700-GE-400C développant 1662 chevaux chacun.


• SH-60F Ocean Hawk. Version du SH-60B opérant depuis les porte-avions, destinée à la lutte anti-sous-marines et aux opérations de sauvetage (SAR). Equipée de deux moignons d'aile permettant l'emport de 8 missiles antichars AGM-114 Hellfire, de deux torpilles Mk46/Mk50 ou encore de deux missiles antinavire AGM-119B Pinguin, d'un GPS et de système de navigation TACAN/TACNAV, d'un radar Doppler, d'un sonar actif AQS-13F.


• XSH-60R Strike Hawk. Désignation d'origine du MH-60R.


• MH-60R Sea Hawk. Version multi-missions destinée à remplacer les SH-60B et SH-60F. Equipée de deux torpille Mk50, de bouées acoustiques actives/passives, d'un détecteur de périscope, d'un sonar actif en moyenne fréquence (MF), de détecteur de signaux infrarouges, etc.


• MH-60S Knight Hawk. Version destinée au transport de matériel et de personnel de l'US Navy. Pas d'armes offensives à bord, mais peut être équipé de système d'autoprotection.


• HH-60H Rescue Hawk. Variante du SH-60B destinée aux missions dite "Recherche et sauvetage de pilotes tombés en territore ennemi" (CSAR), et "Naval Special Warfare" (NSW), terme désignant les opérations spéciales dans l'US Navy.

• HH-60J Jayhawk. Version utilisée par l'US Coast Guard.


Versions d'exportations.

• S-70A-1 Desert Hawk: destinée à l'armée de terre saoudienne.

• S-70A-L1 Desert Hawk: version du S-70A-1 saoudien spécialisée dans l'évacuation médicale.

• S-70-5 Black Hawk: destinée à la force aérienne des Phillipines.

• S-70A-9 Black Hawk: destinée à l'armée de terre australienne.


• S-70-11 Black Hawk: destinée à la force aérienne jordanienne.

• S-70-12 Black Hawk: version de recherche et sauvegate construite sous licence par Mitsubishi et destinée à la force aérienne et à la marine d'autodéfense japonaise. Egalement appellé UH-60J.

• S-70-14 Black Hawk: version destinée à Brunei.

• S-70-16 Black Hawk: version britannique de test pour les Rolls-Royce/Turbomeca RTM 332.

• S-70-17 Black Hawk: destinée à l'armée de terre turque.

• Westland-Sikorsky S-70-19 Black Hawk: version britannique construit sous licence par Westland. Désignation WS-70.

• S-70-21 Black Hawk: destinée à l'Egypte.

• S-70-24 Black Hawk: destinée au Mexique.

• S-70-26 Black Hawk: destinée au Maroc.

• S-70-27 Black Hawk: destinée à Hong Kong.

• S-70A-42 Black Hawk: destinée à l'Autriche.


• UH-60A Yanshuf: version destinée à Israel.




UH-60 Black Hawk au combat.

Le Black Hawk a été employé pour la première fois pendant l'opération Urgent Fury, l'intervention américaine sur l'île de la Grenade, dans les Caraïbes, en octobre-décembre 1983.

Il a été déployé lors de l'intervention américaine au Panama, en 1989, puis dans le Golfe Persique en 1990/1991 pendant les opérations Desert Shield et Desert Storm.

Il a ensuite participé à l'opération Restore Hope et à l'intervention américaine en Somalie (1992-1993), sous mandat des Nations-Unies, ainsi qu'à la Bataille de Mogadishio (1).


Les UH-60 Black Hawk de l'US Army opèrent depuis 2001 en Afghanistan et 2003 en Irak: opérations Enduring Freedom et Iraqi Freedom.



(1) Voir "Films - Somalie 1993: la Chute du Faucon Noir".
http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/2008/11/films-somalie-1993-la-chute-du-faucon.html



Sources principales:

1° UH-60 Black Hawk (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/UH-60_Black_Hawk

2° H-60 Black Hawk (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/aircraft/h-60.htm

US Army - Hélicoptère de combat Boeing AH-64 Apache

Le Boeing AH-64 Apache est l'hélicoptère d'attaque polyvalent de l'US Army. Conçu à l'origine par la firme Hughes (McDonnell Douglas) pour affronter les chars du Pacte de Varsovie en Europe, il a été engagé pour la première fois au combat au Panama, puis dans la Guerre du Golfe. Aujourd'hui, il opère en Afghanistan et en Irak.


Historique du développement.

Depuis que l'OTAN a été créée en 1949, sa plus grave faiblesse en Europe était l'infériorité numérique de ses forces, et en particuliers des unités blindées et mécanisées, comparées à celles du Pacte de Varsovie. La lutte antichars aux moyens d'avions ou d'hélicoptères était donc devenue une nécessité tactique vitale pour sa survie.

Un hélicoptère, si bien protégé soit-il, pouvait-il opérer efficacement au-dessus des champs de bataille européens, face à un ennemi qui disposait de milliers de missiles sol-air SAM et de canons anti-aériens? Un avion comme le A-10 Thunderbolt avait-il une chance d'engager des chars ennemis sans être immédiatement détruit? A ces deux questions, les Américains répondirent par l'affirmative.

L'US Army s'est intéressé à la conception des hélicoptères d'attaque antichars dès le début des années soixantes. Une première expérience avec le Lockheed AH-56A Cheyenne ne fut pas retenue en août 1972. Si bien que pendant toute la guerre du Vietnam, le seul hélicoptère de combat capable d'engager les blindés nord-vietnamiens fut le AH-1G Cobra. Construit en grande quantité, le Cobra était cependant incapable d'opérer de nuit ou dans des conditions météorologiques défavorables.

Jusqu'au milieu des années quatre-vingt, plusieurs versions de cet hélicoptère furent conçues pour remédier à ces insuffisances, mais les militaires américains ne perdirent jamais de vue qu'il leur faudrait un jour disposer d'un véritable hélicoptère d'attaque tout-temps.

De telles exigences impliquaient la réalisation d'un hélicoptère lourd, puissant et coûteux. Le 15 novembre 1972, l'US Army, qui était décidée à mener cette entreprise jusqu'au bout, formula un appel d'offre, "Request For Proposals" (RFP), et lança la compétition "Advanced Attack Helicopter" (AAH) pour la conception d'un "hélicoptère de combat avancé". Cinq constructeurs aéronautiques y répondirent: Bell Helicopter Textron, Boeing Vertol, Hughes Helicopters, Lockheed et Sikorsky.

Au début de l'année 1973, l'US Army retint les deux projets de Bell Helicopter Textron et Hugh Helicopters. Mis au point par la première firme, le YAH-63 était équipé d'un train d'atterrissagle tricycle et d'un habitacle biplace dans lequel le canonnier occupait la place arrière, le pilote prenant place à l'avant.

Le modèle Hughes, le YAH-64, effectua son premier vol d'essai le 1er octobre 1975. Il était équipé d'un train d'atterrissage à roulette de queue et d'un habitacle dans lequel le pilote prenait place dans le poste arrière, surélevé, et le canonnier dans le poste avant. Il était équipé de chaque côté du fuselage de deux pylones permettant l'emport d'un panier de roquettes M261 Hydra-70 et de quatre missiles antichars AGM-114 Hellfire, ainsi que d'un canon automatique M230 Chaingun de 30mm sous le fuselage avant.




L'US Army déclara vainqueur le Hughes YAH-64 en 1976 et signa un contrat d'une production de présérie limitée à cinq YAH-64A. Pendant les huit années qui suivirent, ces prototypes durent encore subir une série d'importantes modifications. Le principal changement étant la mise en place des stabilisateurs horizontaux en forme de T, qui auparavant était installées dans la poutre de queue.

En 1981, dans la tradition américaine voulant que l'on baptise les hélicoptères du nom de tribus amérindiennes, les YAH-64A reçurent le nom de Apache. L'année suivante, l'US Army approuva la production en grande série. Le premier exemplaire AH-64A quitta la chaîne de montage de Mesa, en Californie, le 30 septembre 1983, et entra en service en janvier 1984.

En 1986, la firme McDonnell Douglas racheta Hughes Helicopters et poursuivit le développement du AH-64 Apache. Le modèle de série AH-64A, équipé de deux moteurs T700-GE-701 de 1690 chevaux chacun (1260 kW), se différenciait des prototypes par les stabilisateurs horizontaux ramenés à la base de la dérive.

En dépit de sa taille et de son poids, c'était un hélicoptère à la fois agile et performant. Mais l'US Army insista beaucoup sur certaines performances, telle une vitesse ascensionnelle importante malgré l'emport de diverses armes, même à haute altitude et par des températures élevées.

McDonnell Douglas développa ensuite la version AH-64B avec diverses améliorations de cockpit et un nouveau système de contrôle de tir. En 1987, Boeing et McDonnell Douglas s'associèrent pour former "The Boeing Company".

Entre 1984 et 1987, une version navalisée du AH-64A, le "Sea Apache", fut proposée à l'US Marine Corps. Plusieurs études furent étudiées avec divers trains d'atterrissage, armements et avioniques. Mais finalement, les Marines préférèrent continuer l'utilisation de leur AH-1W Super Cobra.

En 2005, l'ensemble des AH-64 Apache de l'US Army fut remotorisé avec des T700-GE-701D plus puissant, fournissant 2000 chevaux (1491 kW).


AH-64D "Apache Longbow" à l'exportation.

En 1995, entre en production le modèle Boeing AH-64D "Apache Longbow". Motorisé avec deux T700-GE-701C de 1890 chevaux chacun (1409 kW), équipé d'un avionique totalement modernisée et d'instrumens digitaux, d'un radar de contrôle de tir à onde micrométrique Lockheed Martin AN/APG-78 installé dans un dôme au sommet du mat de rotor principal, d'un "Systeme de Désignation et d'Acquisition de Cibles" ou Target Acquisition and Designation System (TADS) avec caméra infrarouge, désignateur laser et vision nocturne.


Les forces de défense d'Israel (IDF) ont été le premier client à l'exportation de l'hélicoptère, avec 37 AH-64A "Peten" et 12 AH-64D "Saraf" opérationnels en 2008. Employés au Liban et dans la bande de Gaza avec des missiles guidés, ils ont permis la destruction d'infrastructure terroristes et l'élimination ciblée de chefs du Hamas ou du Hezbollah, comme Ahmed Yasin et Adnan al-Ghoul.


En Grande-Bretagne, Westland-Agusta a construit 67 Apache Longbow sous la désignation WAH-64, équipés d'un moteur Rolls-Royce. Certains d'entre-eux servent actuellement en Afghanistan et en Irak.


L'Armée de l'Air néerlandaise a acheté 30 AH-64D et en emploie 12 autres en leasing, sans radôme de rotor. Il ont effectué leur premier déploiement en 2001 à Djibouti, en Afrique, et ont servis ensuite dans les forces de l'OTAN, dans des missions de maintien de la paix, en Bosnie-Herzégovine. Depuis 2004, les Apache néerlandais opèrent simultanément en Irak au sein de la "Force Multinationale", et dans la région de Kaboul, en Afghanistan, au sein de l'ISAF/OTAN.


D'autres pays se sont également portés acquéreur de l'Apache. La Grèce a signé un contrat en septembre 2003 portant sur la livraison, en deux étapes, de 12 puis 20 AH-64D, pour un montant total de 675 millions de dollars.

Les Emirats Arabes Unis ont également receptionnés 30 AH-64A entre 1991 et 1996, modernisés plus tard aux normes AH-64D. Le Koweit a acheté 16 AH-64D Longbow en 2006.

L'armée japonaise a réceptionné en 2005 50 AH-64D construits sous licence par Fuji Heavy Industries.


La Corée du Sud a l'intention d'acheter 36 AH-64D, utilisé en collaboration avec ses Eurocopter "Tiger". Taiwan a acquis 30 AH-64D en 2008. L'Albanie, membre de l'OTAN en 2009, a acheté deux AH-64D à l'US Army. L'aviation saoudienne utilise 12 AH-64A, qui devraient être mis aux normes AH-64D Longbow en 2010. Et l'Egypte emploie 36 AH-64A depuis 1991, transformés en AH-64D en 2005. Singapour a acheté 20 AH-64D en 1999 et 2000.


AH-64 Apache au combat.

L'Apache a été employé pour la première fois au combat en décembre 1989, lors de l'opération Juste Cause, l'intervention américaine au Panama.

http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_invasion_of_Panama

Un an plus tard, les Apache furent déployés dans le Golfe Persique dans le cadre de l'opération Desert Shield. Pendant l'opération Desert Storm qui suivit, ils combattirent avec un certain succès les divisions mécanisées et blindées de Saddam Hussein au Koweit et en Irak.


Le 17 janvier 1991, huit AH-64A, guidés par quatre MH-53 Pave Low III, pénétrèrent profondément en territoire ennemi et détruisirent une bonne partie du réseau de détection radar irakien, permettant ainsi à l'US Air Force d'intervenir massivement sans être détectée. Durant les cent heures de l'offensive terrestre alliée, 277 AH-64A combattirent en Irak et au Koweit, détruisant environ 500 chars ennemi.

Les Apache intervinrent également dans les Balkans lors des opérations Deliberate Force (12-1995) en Bosnie-Herzégovine et Allied Force (03-1999) au Kosovo. Mais les hélicoptères y rencontrèrent un certain nombre de problèmes et d'accidents en raison de la nature montagneuse et accidenté du terrain, qui réduisirent fortement leur efficacité. En cause, le manque d'entraînement des équipages et les defficiences du système de vision nocturne, des réservoirs de carburant auxiliaire défectueux.

A la suite du crash d'un AH-64 et de la mort de ses deux membres d'équipage pendant l'intervention au Kosovo, en décembre 2000 la flotte complète des Apache en ex-Yougoslavie fut consignée au sol pendant deux semaines pour révision complète. Le major-général Dick Cody, commandant de la 101ème Division aéroportée, adressa au chef d'état-major de l'US Army un mémo très critique dans lequel il dénonça le manque d'entraînement des équipages et les problèmes techniques rencontrés.

Durant l'opération Iraqi Freedom, le 24 mars 2003, 33 AH-64D du 7ème Régiment de cavalerie et de la 101ème Division aéroportée engagèrent une brigade blindée de la division Medina de la Garde républicaine irakienne: 30 Apache furent endommagés à des degrés divers, une partie au-delà de toute réparation possible. 29 d'entre-eux parvinrent cependant à regagner leur base.

Un des hélicoptères endommagés se posa en catastrophe dans la région de Karbala et fut capturé par les Irakiens, qui ne manquèrent pas d'en profiter. Alors que l'équipage avait été secouru sain et sauf, la propagande irakienne proclama qu'un hélicoptère Apache avait été abattu par un fermier équipé d'une vieille carabine. L'AH-64 confirma sa robustesse, mais ce fut un échec médiatique pour les Etats-Unis.

Les dégâts encaissés en Irak, où la majorité des défenses anti-aériennes étaient de simples canons ou des roquettes non guidées RPG-7, soulevèrent de nombreuses questions sur sa survivabilité à basse altitude dans des théâtres d'opération plus hostiles, au relief encaissés et saturés de missiles SAM.

Entre mars 2003 et fin 2008, onze hélicoptères Apache ont été perdu en Irak du fait d'actions hostiles, et quinze autres par accident.


Le second pays qui déploya des Apache au combat fut Israel. Dans les années nonantes, équipés de missiles guidés par infrarouge, les AH-64A "Peten" et AH-64D "Saraf de Tsahal menèrent des opérations réussies de frappes ciblées au Liban Sud et dans la Bande de Gaza contre des infrastructures du Hezbollah et du Hamas, éliminant plusieurs leaders des deux organisations terroristes palestiniennes, comme Ahmed Yasin et Adnan al-Ghoul.


Plus récemment, des Westland-Agusta WAH-64 britanniques ont été engagés sur le théâtre d'opération afghan contre les Talibans, aux côtés d'hélicoptères Westland Lynx et Puma, dans la région de Kaboul. Les Pays-Bas ont également déployé des AH-64 lors des opérations de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine, dans la Force Multinationale en Irak et au sein de l'ISAF en Afghanistan.


Caractéristiques techniques et armement.

L'une des caractéristiques les plus intéressantes de l'AH-64 Apache est sans doute les deux carénages de grandes dimensions montées de chaque coté du fuselage, en-dessous de l'habitacle. Ces carénages abritent les équipements électroniques et sont dotés de trappes permettant la maintenance facile de l'un ou l'autre de ces équipements.

L'énergie nécessaire au démarrage des moteurs est fournie par un groupe auxiliaire installé à l'arrière du rotor principal. Tous les systèmes électriques sont redondants. Les canalisations et les câbles sont espacés de façon qu'un impact d'obus ou de balle n'en endommage pas plusieurs à la fois.

Dès le début de la compétition AAH, des paniers à roquettes FFAR et des missiles antichars furent montés sur deux moignons d'aile de chaque côté du fuselage.

Un canon automatique M230 Chaingun de 30mm, alimenté à 1200 coups, est installé sous le fuselage avant. Ce canon peut tirer à la cadence de 650 obus/minute, ou au coup par coup, et il possède un débattement en azimuth de 100° vers la gauche ou la droite, en élévation de 11°C vers le haut et 60° vers le bas. Désigné Area Weapons System (AWS), le M230 Chaingun peut être utilisé pour la destruction d'objectifs légèrement protégé, notamment des batteries de canons anti-aériens ou des sites de missiles SAM. Il peut également servir à son autodéfense contre des avions ou d'autres hélicoptères.

http://en.wikipedia.org/wiki/M230_Chain_Gun


La principale arme offensive était à l'origine le missile antichars TOW. Mais dès le début de sa conception, les militaires américains s'étaient prononcé en faveur de l'AGM-114 Hellfire ("HELicopter FIRE-and-forget"), un projectile beaucoup plus puissant. D'un poids de 45.8kg, il permet à l'heure actuelle de détruire tous les types de chars en service dans le monde, la précision de son tir étant assuré par son système de guidage laser.

Le système d'illumination laser est lui-même montée soit à bord de l'Apache, dans ce cas le missile Hellfire est dit autonome, soit sur le mat de rotor d'un hélicoptère d'accompagnement Bell OH-58D. Il peut également être au sol, entre les mains de fantassins. Dans chacun de ces cas, le missile peut être tiré alors que l'hélicoptère est à l'abri derrière un obstacle naturel (colline), dans la direction estimée de l'objectif. Dès que le Hellfire est tiré, il détecte et suit le faisceau laser. Sa vitesse est exceptionnelle (Mach 1.17) et ne laisse aucune chance au véhicule visé de lui échapper. Actuellement, aucun blindage de char ne lui résiste.

La version de base du Hellfire, AGM-114A, donna naissance à de nouvelles versions plus efficace, comme les AGM-114K High Explosive Anti-Tank (HEAT), AGM-114M Blast Fragmentation et AGM-114N Metal Augmented Charge (MAC).

http://en.wikipedia.org/wiki/AGM-114_Hellfire

Outre les Hellfire, les deux moignons d'ailes peuvent emporter des paniers à roquettes FFAR de 70mm, qui sont stabilisé en vol mais ne disposent d'aucun guidage. La charge normale est de 76 projectiles FFAR LAU-130 ou LAU-61 dans quatre paniers M261 Hydra-70 de 19 tubes chacun.

http://en.wikipedia.org/wiki/Hydra_70

Depuis 1984, Hughes fait partie de McDonnell Douglas, mais une de ses filiales, "Hughes Missile Systems Group", met au point de nouveau lance-roquettes permettant d'importantes économies de masse et de volume, reliés à un système de conduite de tir de plus en plus efficace.

En ce qui concerne les capteurs, le système de tir et la vision nocturne, ils sont de la plus haute importance sur un champ de bataille. Ces éléments auraient pu être montés sur un mat de rotor au-dessus de l'hélicoptère, comme cela se pratique souvent, mais ils ont été mis en place dans le nez, ce qui contraint l'hélicoptère à s'exposer lorsqu'il attaque un objectif.

Ces capteurs sont regroupés dans une tourelle de grandes dimensions en deux sous-systèmes séparés, le Target Acquisition and Designation Sight (TADS), ou "Système de Désignation et d'Acquisation de Cible", et le Pilot's Night Vision Sensor (PNVS), ou "Système de vision nocturne".

Le premier groupe est le plus complexe: il comprend des systèmes optiques possédant des capacités d'agrandissement de 3.5 à 16 fois, un télémètre-désignateur laser, un équipement de poursuite, une caméra vidéo de jour permettant de voir à travers la poussière et la fumée, et un système de balayage infrarouge frontal, "Forward Looking Infra-Red (FLIR).

Le PNVS, quant à lui, est un simple capteur à infrarouge offrant au pilote certaines capacité de vision de nuit. Les informations recueillies par ces systèmes sont transmises à des écrans multifonctions situés sur le tableau de bord.

Une aractéristique principale des systèmes de vision dont bénéficie l'Apache est le viseur intégré qui équipe les casques des deux membres d'équipage. En tourant simplement la tête vers l'objectif, l'un ou l'autre est en mesure de pointer automatiquement les capteurs dans la direction souhaitée et de désigner leur cible aux missiles Hellfire. Il va de soi que toutes les images apparaissant sur les écrans comportent, en sur-impression, des données numériques relatives à la vitesse, l'altitude, le cap ou la distance de l'objectif.

D'autres moyens sont nécessaires pour permettre à l'hélicoptère d'opérer en milieu hostile. Le plus important est sans aucun doute la tourelle de contre-mesures infrarouges ALQ-144 située à l'arrière du rotor principal. Si ce système n'existait pas, les missiles se guideraient immanquablement sur les moteurs T700 de l'hélicoptère, qui ont été équipés d'un système de refroidissement et d'atténuateurs d'infrarouges sur les tuyères d'échappements.

De chaque côté de la poutre de queue, à l'arrière, ont été logées des boites dans lesquelles sont stockés des leurres thermiques (flare) et des paillettes (chaff). Ces leurres et paillettes peuvent être lancées par l'équipage ou automatiquement lorsque les capteurs repèrent un missile ennemi.

Fiche technique de l'AH-64D Apache Longbow.

- Equipage: deux membres (un pilote et un canonier).
- Dimensions: longueur du fuselage 15.06m. Diamètre du rotor principal 14.63m. Hauteur 3.83m. Surface du rotor quadripale 168.11 m².
- Masse: à vide 5165kg. Maximale au décollage 9500kg.
- Propulsion: deux moteurs General Electric T700-GE-701D de 2000 chevaux (1490 kW) chacun.
- Performances: vitesse maximale opérationnelle 293km/h. Vitesse de croisière 265km/h. Rayon d'action de combat 480km. Distance franchissable maximale 1900km. Vitesse ascensionnelle 12.7m/s.
- Armement standard: un canon automatique M230 Chaingun de 30mm (1200 obus). 8 missiles antichars AGM-114 Hellfire, deux paniers lance-roquettes Hydra-70 et 38 roquettes FFAR LAU-130 ou LAU-61.
- Armement optionnel: 4 missile air-air d'autodéfense AIM-92 Stinger ou AIM-9 Sidewinder à la place des paniers lance-roquettes. Ou encore deux réservoirs de carburant auxiliaires et 8 missiles Hellfire.


Sources principales:

1° AH-64 Apache (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/AH-64_Apache

2° AH-64 Apache (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/aircraft/ah-64.htm

dimanche 3 mai 2009

US Army - Ravitaillement et logistique: camions de transport

Liste des divers camions de transport, de ravitaillement et de maintenance des unités logistiques opérant au sein de l'US Army.



Heavy Expanded Mobility Tactical Truck (HEMTT).

Le "Heavy Expanded Mobility Tactical Truck" (HEMTT) est une série de camions de transport tout-terrain classé dans la catégorie "Cargo: 10-Tones, 8x8". Il est surnommé Dragon Wagon et est rentré en service en 1982. Il était destiné à remplacer les M52 Goer datant du début des années cinquantes.

L'US Marine Corps (USMC) utilise un véhicule comparable, le "Logistique Vehicle System" (LVS), également fabriqué par la firme Oshkosh.

Photo ci-dessous: Un M984 Wrecker/Dépanneuse (devant) et un M977 Cargo (derrière).


Aujourd'hui, plus de 13000 camions HEMTT servent au sein de l'US Army en Afghanistan et en Irak. Ils équipent également depuis 2006 les Forces de Sécurités irakiennes.

La série HEMTT existe en plusieurs configurations:

• M977 et M985. Camions cargo transportant tous les types d'équipement, en particulier les munitions. Une grue est montée à l'arrière du véhicule.

• M978. Ravitailleur en carburant de vehicules et hélicoptères.

• M983. Lanceur du systeme missiles anti-missiles Raytheon MIM-104 Patriot.

• M983 équipé d'un générateur 30KW, d'une grue derrière et d'un lanceur de missiles ballistiques tactiques MGM-31 Pershing. Utilisé par les Forces continentales US (CONUS) aux Etats-Unis.

• M984. Dépanneuse équipée d'un atelier/magazin d'entretien, d'une grue et d'un treuil.


Photo ci-dessous: M983 système de lancement de MIM-104Patriot.
A droite, un M983 lanceur de MGM-31 Pershing.


Sources principales:

1° Heavy Expanded Mobility Tactical Truck (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/HEMTT

2° Heavy Expanded Mobility Tactical Truck (HEMTT) (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/hmett.htm



Famille du Medium Tactical Vehicles (FMTV).

La famille du "Medium Tactical Vehicle" (FMTV) est une série de camions de transport produits par une filliale de la firme anglaise BAE Systems, installée à Sealy au Texas. Ce modèle est inspiré du camion militaire autrichien Steyr 12M18.


La série FMTV est basé sur un même chassis et se décline en deux variantes principales: le M1078 "Light Medium Tactical" (LMTV) 4x4 de 2+1/2 tonnes, et le M1083 "Medium Tactical Vehicle" 6x6 de 5 tonnes. Ces deux variantes possèdent la capacité de voyager par hélicoptères CH-53 Super Stallion, CH-47 Chinook ou CH-46 Sea Knight sous élingue et d'être larguées par parachute depuis la soute d'un avion cargo C-130 Hercules ou C-17 Globemaster III.

Le FMTV assure des missions variées: transport de troupes, de matériel et d'équipement, de remorqueur d'artillerie, de dépannages et d'entretien, de ravitaillement en carburant, etc.

Variantes de la famille FMTV:

• M1078. Camion LMTV cargo 4x4 (2+1/2 tonnes) standard.

• M1079. Camions LMTV d'entretien avec petit atelier/magazin.

• M1081. Cargo "Light-Vehicle Air-Droppable" (LVAD), 2+1/2 tonnes. Capacité de parachutages.

• M1083. Camion MTV cargo 6x6 (5 tonnes) standard.

• M1084. Cargo MTV standard avec materiel de manutention (grue, treuil).

• M1085. Version MTV "Long Wheel Base" (LWB). Plate-forme arrière allongée pour le transport de containers ISO.

• M1086. Long Wheel Base (LWB) avec matériel de manutention (grue, treuil).

• M1087. Long Wheel Base (LWB) avec shelter/atelier de maintenance.

• M1088. Tracteur MTV sans plate-forme arrière.

• M1089. Dépanneuse MTV.

• M1090. Camion MTV ravitailleur en carburant.

• M1091. Camion MTV ravitailleur en eau ou carburant, 1500 gallons. (1)

• M1093. Cargo M1083 MTV 5 tonnes avec capacité de parachutages.

• M1094. Camion MTV ravitailleur en carburant avec capacité de parachutages.

• M142. High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS). Lanceur de six roquettes de la famille de munitions du M270 MLRS. Entré en service au sein de l'US Army et de l'US Marine Corps (2005)et déployé en Irak et en Afghanistan. Le HIMARS peut également être équipé de six missiles anti-aériens AIM-120 AMRAAM.

• remorque deux-roues M1082 (LMTV).

• remorque quatre-roues M1095 (MTV).

En septembre 2007, Singapour a signé un contract pour la livraison de 18 lanceurs HIMARS et 9 camions FMTV de 5 tonnes.


Sources principales:

1° Family of Medium Tactical Vehicle (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/Family_of_Medium_Tactical_Vehicles

2° Family of Medium Tactical Vehicle (FMTV) (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/fmtv.htm



(1) Mesure de capacité anglo-saxonne utilisé aux Etats-Unis.
1 Liquid-Gallon US: 3.785 litres.



Camions de la famille M35/M44 Deuce and a Half.

Les camions de la famille M35/M44 6x6 sont inspirés du célèbre GMC CCKW 6x6 de la Seconde Guerre mondiale. Le M35 se classe dans la catégorie 2+1/2 tonnes et est entré en service en 1951. Il est encore produit en série de nos jours et a une très longue carrière derrière lui.


Le véhicule de base, désigné M35 (désignation du chassis: M44), a été conçu en 1949 par REO Motor Car Company. Il devint vite très populaire parmi les forces armées américaines, qui l'utilisèrent en Corée et au Vietnam, et dans pratiquement tous les autres conflits dans lesquels les Etats-Unis sont intervenus.

Bien qu'il a été remplacé dans les unités d'active par le FMTV, le M35/M44 continue aujourd'hui sa carrière au sein de l'Army National Guard (ARNG) et de l'Army Reserve, et opère en Irak et en Afghanistan. Il est construit sous license par la firme canadienne Bombardier depuis 1982.

Quelques versions du M35/M44.

• M35C. Version transport cargo.

• M49 et M50. Respectivement ravitailleur en carburant et en eau. Capacité: 1000 gallons (1).

• M185. Version van équipée d'un shelter.

• M398. Version équipée d'un lanceur de missile de croisière MGM-18 Lacrosse.

• M411. Version associée au M398 et équipée d'une système électronique de guidage.

• M60. Version dépanneuse du M35. Deux remorques ont été conçues: M48 et M275.

Gun Trucks. Version blindée et lourdement armée employée au Vietnam, chargée de la protection des convois. Equipée d'une mitrailleuse lourde M60 et d'un lance-grenade M79.



Sources principales:

1° M35 2-1/2 ton cargo truck (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/M35_2-1/2_ton_cargo_truck

2° M35/M44 2-1/2 ton cargo truck "deuce and a half" (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/m35.htm



Porte-containers "Palletized Load System" (PLS).


Sources principales:

1° Palletized Load System (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/Palletized_Load_System



Heavy Equipment Transport Systems (HETS).


Sources principales:

1° Heavy Equipment Transport Systems (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/Heavy_Equipment_Transporter

vendredi 1 mai 2009

US Army - Véhicule de transport blindé IAV Stryker

Le Stryker IAV est une famille de véhicules blindés de transport à huit roues motrices produit par General Dynamics Land Systems, pour le compte de l'US Army. Inspiré des blindés légers canadien LAV III et suisse Piranha III, il est le premier véhicule de combat d'infanterie entré en service depuis le M2/M3 Bradley.


Conception, missions et performances du Stryker.

Le projet du Stryker a été mis en valeur par le général Eric Shinseki quand celui-ci était Chef d'état-major de l'US Army. C'est l'équivalent du VAB français ou du BTR-90 russe. Le véhicule a été baptisé du nom de deux soldats américains tués dans deux conflits différents et décorés à titre posthume:

Il se décline en deux variantes principales, le M1126 "Infantry Carrier Vehicle" (ICV) et le M1128 "Mobile Gun System" (MGS) équipé d'une version légère du canon M1 Abrams, le M68A1E4 de 105mm.

• M1126, "Véhicule de Transport d'infanterie", ou "Infantry Carrier Vehicle" (ICV)
• M1128, "Système d'Artillerie Mobile", ou "Mobile Gun System" (MGS)

Et en huit autres configurations dérivées, toutes produites en série de nos jours:

• M1127 "Reconnaissance Vehicle" (RV),
• M1129 "Mortar Carrier" (MC),
• M1130 "Command Vehicle" (CV),
• M1131 "Fire Support Vehicle" (FSV),
• M1132 "Engineer Squad Vehicle" (ESV),
• M1133 "Medical Evacuation Vehicle" (MEV),
• M1134 "Anti-Tank Guided Missile Vehicle" (ATGMV),
• M1135 "NBC Reconnaissance Vehicle" (NBCRV).

Photo ci-dessous: M1134 ATGM équipé d'un lance-missiles antichars TOW.


Le Stryker a été conçu pour opérer facilement tant sur un champs de bataille qu'en milieu urbain. Il est entré en service en mai 2002. Avec un équipage de deux hommes et pouvant transporter jusqu'à neuf fantassins selon les versions, il est équipé d'une nouvelle génération d'équipements électroniques, connectés numériquement par des réseaux militaires comme ISTAR, augmentant largement l'efficacité des unités et leur capacité à réagir face à des forces ennemies dans la doctrine "Network Centric Warfare" (NCW).

Des ordinateurs facilitent la reconnaissance et permettent d'éviter les "Friendly Fires", le chef d'équipage et le conducteur possèdent une vue télescopique et une vision nocturne. Le blindage est conçu pour résister, en théorie, à la charge creuse d'un lance-roquettes.

Le Stryker dispose d'un armement varié selon les missions, monté sur une poste d'arme télécommandé Protector M151, afin d'éviter l'exposition de son équipage. Il n'est pas amphibie, mais son plancher est étanche, lui permettant de traverser des petits cours d'eau ou des gués.

En 2003, le Canada a signé un contrat pour la production de 66 unités "Stryker Mobile Gun System" (SMGS) qui devaient entrés en service en 2010. Cependant, en 2005, le gouvernement canadien a pris la décision d'annuler ce marché, lui préférant des chars Leopard II rachetés aux surplus de l'armée néerlandaise.

Les forces de sécurités et l'armée irakienne ont de leur côté passé une commande portant sur 400 exemplaires de la famille Stryker IAV.


Stryker en opération.

Le véhicule opère au sein de sept brigades de combat "Stryker" de l'US Army:

• 3ème Brigade, 2ème Division d'infanterie (première unité formée).
• 4ème Brigade, 2ème Division d'infanterie (quatrième unité formée).
• 5ème Brigade, 2ème Division d'infanterie (septième unité formée).
• 2ème Régiment de cavalerie blindée (seconde unité formée).
• 1ère Brigade, 25ème Division d'infanterie (troisième unité formée).
• 2ème Brigade, 25ème Division d'infanterie (cinquième unité formée).
• 56ème Brigade, 28ème Division d'infanrie [PA ARNG] (sixième unité formée).


Déploiement successif des brigades Stryker en Irak (2003-présent):

• 3-BDE/2-ID Fort Lewis, WA. Octobre 2003 à Novembre 2004.
• 1-BDE/25-ID, Fort Wainwright, AK. Octobre 2004 à Octobre 2005. Mosul.
Unité ayant participée à la bataille de Mosul (2004).
• 172-BDE, Fort Wainwright, AK. Août 2005 à automne 2006. Bagdad.
• 3-BDE/2-ID, Fort Lewis, WA. Eté 2006 à septembre 2007. Baqubah.
• 4-BDE/2-ID, Fort Lewis, WA. Mai 2007. Premier déploiement du "Stryker Mobile Gun System" en Irak. Le 4ème Bataillon du 9ème Régiment d'infanterie (MANCHU) déploie également pour la première fois au combat le "Land Warrior".
• 2-SCR. Septembre 2007 à décembre 2008. Bagdad. Relève de la 3-BDE/2-ID.
• 2BDE/25-ID. Decembre 2007.
• 1-25th Infantry, Fort Wainwright, AK. Septembre 2008.
• 56-SBDE [PA ARNG], Philadelphie, PA. Fevrier 2009.


Sources principales:

1° Stryker (Wikipedia.org):
http://en.wikipedia.org/wiki/Stryker

2° Stryker Armored Vehicle (globalsecurity.org):
http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/iav.htm