mercredi 10 décembre 2008

Guerre d'indépendance - Déroulement du conflit



Campagne du Massachussetts (1775-1776).

Le lieutenant-général Thomas Gage, commandant en chef des troupes britanniques dans les Treize Colonies américaines, a installé son QG dans Boston et y dispose de quatre régiments d'infanterie, avec un effectif d'environ 4000 soldats réguliers, surnommés par les colons "Habits Rouges" (Red Coats).

Dans la nuit du 18 au 19 avril 1775, Gage envoie 700 hommes commandés par le lieutenant-colonel Francis Smith pour saisir armes, munitions et stocks de ravitaillement des dépôts de la milice du Massachussetts à Concord. Mais un groupe de "Patriotes", dont fait partie Paul Revere, se précipite pour avertir les Minutemen (miliciens américains) massés autour de la ville.


De sorte qu'à l'aube du 19 avril, 77 d'entre-eux se sont regroupés à l'entrée de Lexington et s'opposent à la progression des soldats de Smith. Il s'ensuit un premier échange de tir, les miliciens américains, en infériorité, doivent se retirer et les Britanniques reprennent leur avance vers Concord.

Au North Bridge, un pont qui enjambe la rivière Concord, les Britanniques s'opposent cette fois à une force estimée à plusieurs centaines de miliciens.


Grâce à l'arrivée de renforts, les Américains infligent de lourdes pertes aux Britanniques. Les Habits Rouges doivent faire demi-tour et se retirer vers Boston, pourchassés par les Minutemen.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battles_of_Lexington_and_Concord

http://en.wikipedia.org/wiki/Boston_campaign

C'est la première bataille de la guerre, qui se conclue par une victoire américaine. Les Britanniques doivent faire demi-tour et se retrancher dans Boston. Le siège de la ville commence et se poursuivra jusqu'au 17 mars 1776.

http://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Boston

Mais bientôt, 4500 soldats britanniques et le major-général sir William Howe arrivent par mer de la métropole et doublent d'un seul coup le nombre d'Habits Rouges dans Boston.

Le 10 mai 1775, des miliciens américains commandés par le colonel Benedict Arnold s'emparent par surprise du Fort Ticonderoga, capturent la garnison britannique et font main basse sur l'artillerie de la forteresse.

http://en.wikipedia.org/wiki/Capture_of_Fort_Ticonderoga

Le 17 juin 1775, c'est la bataille de Bunker Hill. Un contingent d'environ 3000 Habits Rouges franchit le détroit entre Boston et Charlestown, débarque et entame le nettoyage de la péninsule.

Bunker Hill est considérée comme une des batailles les plus sanglantes de la guerre. Le général Israel Putnam commande la milice du Massachussetts, et le major-général William Howe dirige les troupes britanniques.

Bien que cette bataille soit connue sous le nom de Bunker Hill, la majorité des combats se déroule sur Breed's Hill, une autre colline à proximité. A leur troisième assaut, les forces britanniques s'emparent des fortifications de Breed's et Bunker Hill.

Les pertes américaines s'élèvent à 100 tués, 271 blessés et 30 capturés (1). Mais pour les Britanniques, qui perdent de leur côté plus de 1000 hommes, tués et blessés, c'est une victoire à la Pyrrhus. L'objectif de Howe est atteint, mais l'attaque démontre la capacité des Américains à soutenir une bataille rangée et ne change pas le statut du siège de Boston.


http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Bunker_Hill

L'armée britannique s'empare d'une des rares batteries d'artillerie des Américains et semble réduire les efforts de George Washington autour de la ville assiégée.

Les Britanniques s'emparent donc de la péninsule de Charlestown, mais à un prix très élevé: 228 morts et 826 blessés (1), et une quantité disproportionnée des pertes sont des officiers. La plupart des pertes américaines intervient pendant la retraite.

Les morts et blessés britanniques comprennent la plupart de leurs officiers. De l'état-major entier de campagne de Howe, ce dernier est le seul à ne pas avoir été touché. Le retrait américain et l'avance britannique balaient toute la péninsule.

Mais sous les ordres de Putnam, les Américains se remettent rapidement en position sur le continent. Et avec l'extrême fatigue des troupes de Howe, il y a peu de chances pour celui-ci d'avancer sur Cambridge et de briser le siège de Boston.

L'attitude des Britanniques envers les Américains change significativement, à la fois à titre individuel et au niveau gouvernemental. Thomas Gage est bientôt rappelé et remplacé par Howe. Le rapport de Gage au cabinet répète ses avertissements précédents: "une grande armée serait nécessaire pendant longtemps pour réduire ces gens".

Le fameux ordre américain "Don't shot until you see the whites of eyes!" (2) fut popularisé par les récits sur Bunker Hill. De toute façon, son origine est incertaine, différents auteurs l'attribuant à Putnam ou Prescott, ou encore d'autres officiers subalternes.

Le front du Massachussetts reste ensuite stationnaire et ne changera plus beaucoup. En novembre 1775, George Washington renforce son Armée continentale à Dorchester Heights avec l'artillerie capturée à Fort Ticonderoga en mai, et bombarde durement les positions britanniques.

Le commandant britannique, William Howe, comprend qu'il n'y a plus d'espoir et, le 17 mars 1776, évacue par mer ses troupes de Boston et se retire vers Halifax, en Nouvelle-Ecosse. C'est l'"Evacuation Day", célébré chaque année dans le Comté de Suffolk (Massachussetts).


(1) Bernard Cottret, "La Révolution américaine: La quête du bonheur 1763-1787", Paris, Perrin, 2003, page 173

(2) Traduction: "Ne tirez que quand vous verrez le blanc de leurs yeux!"



Invasion du Canada (1775).

Le 28 août 1775, un corps expéditionnaire américain, commandé par le général Richard Montgomery et composé de quatre régiments d'infanterie de l'Armée continentale, représentant un effectif d'environ 4000 hommes, quitte le Fort Ticonderoga, dans l'Etat de New York, et via le lac Champlain, descend le cour de la rivière Richelieu.


L'objectif de Montgomery est la prise de Montreal et de Quebec. Il assiège le Fort Saint-Jean du 6 septembre au 3 novembre 1775.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Longue_Pointe

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Fort_St._Jean

Mais avec l'arrivée de l'hiver, la situation des Américains commence à se dégrader rapidement. Et pour couronner le tout, une grande partie des "enlisted" de l'Armée continentale arrive à l'expiration de leur engagement d'un an.

Après la prise du Fort Saint-Jean, Montgomery reprend sa progression vers Montreal, qui tombe sans combat dix jours plus tard, le 13 novembre. Et il est à deux doigts de capturer le général Guy Carleton, gouverneur général britannique de la province du Quebec.

Montgomery laisse environ 200 hommes en garnison à Montreal, sous le commandement du général David Wooster, et le 28 novembre 1775, lorsqu'il embarque sur des navires pour descendre le Saint-Laurent vers Quebec, son armée ne compte plus que 300 hommes. En chemin, il parvient cependant à rallier le 1st Canadian Regiment, composé de 200 volontaires quebecois ou canadiens francophones, sous les ordres du colonel américain James Livingston.

http://en.wikipedia.org/wiki/1st_Canadian_Regiment

Parallèlement à la colonne Montgomery, George Washington ordonne l'envoi d'un second corps expéditionnaire. Celle-ci, regroupant 1100 volontaires et miliciens de Pennsylvanie et de Virginie l'Armée continentale, est commandée par le colonel Benedict Arnold. Son objectif sera d'établir sa jonction avec Montgomery à Québec.

http://en.wikipedia.org/wiki/Arnold_Expedition

Arnold quitte Cambridge dans le Massachussetts le 11 septembre 2001. Son plan est de suivre le cour des rivières Kennebec et Chaudière, et de rallier la ville de Quebec en 20 jours. Il progresse d'abord Newbury Port par la mer, à l'embouchure de la Kennebec, qu'il atteint le 19 septembre.

Après une série de retards dus à la construction bâclée de barges pour naviguer sur la rivière, de la perte d'une bonne partie des vivres, de troubles, de désertion et enfin de mutineries, lorsque Benedict atteint Quebec, le 9 novembre 1775, sa troupe ne comprend plus que 600 hommes sur les 1100 du départ.

Quebec est défendue par 150 Américains loyalistes du 84th Regiment des Royal Highland Emigrants, commandé par le lieutenant-colonel Allen McClean, et renforcé par 500 hommes de la milice quebecoise pro-anglaise, et 400 marins britanniques en permission.

Les miliciens américains sont inférieurs en nombre et sans artillerie, et doivent faire face à une ville bien défendue. Arnold décide de se rendre à Point-aux-Trembres afin d'y attendre les soldats de Montgomery. Ce dernier y arrive le 9 décembre.

Les deux colonnes réunies repartent alors vers Quebec pour l'assiéger, et lance leur attaque finale le 31 décembre 1775.

Mais les Américains, qui ne sont pas équipé en vêtements et uniformes d'hiver au contraire des Britanniques, sont repoussés. Montgomery est tué et Arnold blessé, 350 miliciens et soldats de l'Armée continentale sont fait prisonniers. Le siège est levé.



http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Quebec_(1775)

En janvier 1776, la campagne du Canada se solde donc par une retraite américaine précipitée et désordonnée vers Fort Ticonderoga, et par une victoire britannique.

C'est ensuite l'arrivée de renforts britanniques de la métropole (3000 hommes), du général John Burgoyne et de ses mercenaires Hessois. Puis la contre-attaque de Guy Carleton, les batailles de Trois-Rivières (8 juin 1776) et de l'île Valcour (11-13 octobre 1776), au terme de laquelle Carleton reprend Fort Ticonderoga (20 octobre 1776).

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Trois-Rivi%C3%A8res

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Valcour_Island

http://en.wikipedia.org/wiki/John_Burgoyne


Déclaration d'indépendance des Etats-Unis (4 juillet 1776).

Le Second Congrès continental (10 mai 1775 - 1er mars 1781), composé de délégués des Treize Colonies réunis à Philadelphie, décide de rédiger la Déclaration d'indépendance.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Congr%C3%A8s_continental

Le projet est confié à un comité de cinq représentants, le "Committee of Five": John Adams, Roger Sherman, Benjamin Franklin, Robert Livingston et Thomas Jefferson. Mais c'est finalement Thomas Jefferson qui élabore une ébauche (3).

Il devient de fait le principal auteur du texte. Il finit son travail le 21 juin 1776 et le soumet au comité qui fait quelques modifications. La déclaration est encore amendée au cours des débats du Congrès: les passages sur la traite et l'esclavage sont supprimés, afin de ne pas mécontenter les régions du Sud (4).

Le document définitif, écrit sur du parchemin, est approuvé et signé le 4 juillet 1776 par 56 délégués réunis à l'Independence Hall de Philadelphie (5). Il est ensuite envoyée à l'imprimerie pour être largement diffusée.

Anecdote: la nouvelle de la Déclaration d'indépendance prendra le même temps, soit 29 jours, pour aller de Philadelphie à Charleston (Caroline du Sud), que de Philadelphie à Paris (6).

Cette proclamation d'indépendance des Treize Colonies conduit à une "Confédération américaine" où chaque Etat conserve sa liberté religieuse et politique, et qui rompt irrévocablement avec leur puissance de tutelle, la Grande-Bretagne.

Mais sur le terrain, les défaites se succèdent. Les volontaires américains, sans ravitaillement, sans ressources, ne peuvent d'abord tenir tête aux régiments britanniques qu'on envoit contre eux.

Le général William Howe prend New York (Rhode Island) avec 9000 hommes, en juin 1776. Pendant plusieurs mois, William Howe et George Washington se battent pour l'Etat de New York.

Finalement Washington doit se retirer dans le New Jersey.


(3) Claude Fohlen, "Thomas Jefferson", Presses Universitaires de Nancy, 1992, page 31

(4) Claude Fohlen, "Thomas Jefferson", Presses Universitaires de Nancy, 1992, pages 31-32

(5) Elise Marienstras et Naomi Wulf, "Révoltes et révolutions en Amérique, Atlande, 2005, page 69.

(6) Fernand Braudel, "Civilisation matérielle, économie et capitalisme", tome 3: Le temps du monde, Paris, Armand Colin, LGF-Le Livre de Poche, 1993, page 484.



Campagnes de New-York et du New Jersey (1776-1777).

La campagne de New York et du New Jersey est une série de batailles qui oppose les Britanniques du général sir William Howe à l'Armée continentale, commandée par le général George Washington. Elle débute le 3 juillet 1776, avec le débarquement des troupes britanniques à Staten Island, et se concluera par la retraite de Washington en Pennsylvanie et dans le New Jersey. C'est la période la plus noire pour l'Armée continentale et les Insurgent américains.


Après s'être retirés de Boston en mars 1776, les Britanniques se concentrent maintenant sur la capture de New York. En juillet 1776, William Howe commence par amasser une armée de 22000 hommes, dont 9000 mercenaires Hessois (Allemands), sur Staten Island.

George Washington, qui dispose dans cette région de 19000 "réguliers" de l'Armée continentale, ignorant tout de l'endroit où Howe a décidé de porter son coup, commet une erreur stratégique, lourde de conséquence, en divisant son armée. Dès lors, les Britanniques ont beau jeu d'engager des forces américaines éparpillées, et de les battre une par une.

Dans les mois qui suivent, Howe et Washington s'affrontent ainsi à plusieurs reprises. Et finalement, ce dernier devra se retirer dans le New Jersey.

En août 1776, les Britanniques entament leurs mouvements à partir de Staten Island et débarquent leur armée à Long Island.

Du 27 au 30 août 1776, c'est notamment la bataille de Long Island, qui voit une victoire décisive britannique. Les Américains perdent 3000 hommes, tués, blessés ou prisonniers, et les Britanniques, 367 hommes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Long_Island
http://en.wikipedia.org/wiki/Long_Island_order_of_battle

Après Long Island, c'est le tour de Manhattan, où Washington s'est retranché. Howe et Charles Cornwallis y débarquent le 12 septembre 1776 avec 12000 hommes, et prennent rapidement le contrôle de la ville.

Le 16 septembre 1776, c'est la bataille de Harlem Heights, où les Américains remportent un vif succès défensif. Ce qui a pour effet de remonter un peu leur moral.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Harlem_Heights

Lorsque William Howe entreprend d'encercler l'armée ennemie, en octobre 1776, George Washington doit ordonner une nouvelle retraite. Mais au lieu de poursuivre l'Armée continentale, Howe retourne à Manhattan et capture Fort Washington le 16 novembre 1776, où il fait environ 3000 prisonniers américains. Quatre jours plus tard, Fort Lee, en face de Fort Washington sur l'autre rive de l'Hudson, tombe également aux mains de Britanniques.

Manhattan et Long Island sont définitivement perdus pour les Américains et resteront sous contrôle britannique jusqu'à la fin de la guerre, en 1783.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Fort_Washington

Le général George Washington et l'Armée continentale poursuivent leur retraite à travers le New Jersey, talonnés par le général Lord Charles Cornwallis. Les Américains ont subis de lourdes pertes, mais Washington parvient à maintenir un moral, bien qu'assez bas, et évite autant que possible le contact avec les troupes britanniques.

Lorsqu'il atteint la Pennsylvanie au début du mois de décembre 1776, il a perdu environ 5000 hommes, tués, prisonniers ou déserteurs, et son armée ne compte plus que 1400 conscripts, dont la période d'engagement expire à la fin de l'année. L'armée continentale franchit la rivière Delaware et se réfugie en Pennsylvanie. Le moral américain est très bas, et le Second Congrès Continental abandonne Philadelphie, menacé, pour Baltimore, dans le Maryland.

http://en.wikipedia.org/wiki/Second_Continental_Congress

Mais les Américains ne tardent pas à réagir: le jour de Noël, le 25 décembre 1776, le général George Washington déclenche sa contre-offensive avec une armée reconstituée tant bien que mal, une force estimée entre 5000 et 6000 hommes, et repasse les eaux glacés de la Delaware.

http://en.wikipedia.org/wiki/Washington%27s_crossing_of_the_Delaware


Il surprend et attaque par surprise 1500 Hessois commandés par le général allemand Johann Gotlieb Rall à Trenton, dans le New Jersey. Le 2 janvier 1777, c'est la bataille de Trenton, qui se conclue par une victoire décisive américaine et la mort de Rall.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Trenton

http://en.wikipedia.org/wiki/Trenton_order_of_Battle


Le même jour, Washington écrase les Britanniques de Cornwallis à la bataille d'Assunpink Creek.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_the_Assunpink_Creek

Le lendemain, nouvelle victoire américaine: c'est la bataille de Princeton. Washington reprend la ville de Morristown.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Princeton


Ces succès redonnent confiance aux Américains, leur moral remonte en flèche. C'est le renversement de vapeur et un tournant décisif de la guerre. Le général anglais Charles Cornwallis doit à son tour entamer une douloureuse retraite jusqu'à Brunswick, dans le Maine. Le 5 mars 1777, le Second Congrès continental se réinstalle à Philadelphie, désormais dégagée de toute menace.

http://en.wikipedia.org/wiki/New_York_and_New_Jersey_campaign



Campagne de Saratoga (1777).

La campagne de Saratoga est une série de batailles pour le contrôle de la rivière Hudson, entre juillet et octobre 1777.

1777 est également la période où la France commence à aider la jeune nation américaine, d'abord de manière officieuse, en fournissant aide matérielle et financière. Puis, à partir de 1778, en intervenant directement dans le conflit, aux côtés de l'Armée continentale de George Washington, avec un corps expéditionnaire français commandé par le marquis de La Fayette (7).

http://en.wikipedia.org/wiki/Saratoga_campaign

Le 30 novembre 1776, le général William Howe, commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord, conçoit un plan audacieux pour s'emparer de Philadelphie et de la Pennsylvanie.

De son côté, le général John Burgoyne, qui est arrivé recemment de Londres et a succédé à Sir Guy Carleton à la tête de la province du Quebec, conçoit de son côté un plan pour s'assurer le contrôle de la rivière Hudson et le lac Champlain, isoler la Nouvelle-Angleterre. Les Treize Colonies américaines se retrouveraient ainsi pratiquement coupés en deux.

Pour cela, deux armées britanniques vont intervenir. La première, commandée personnellement par Burgoyne, avec un effectif d'environ 10000 hommes, fait mouvement depuis Montreal en suivant le lac Champlain puis l'Hudson. Une force de diversion commandée par le colonel Barry St Leger, partie de Fort Oswego avec 2000 hommes, devra suivre la vallée de la rivière Mohawk. Les deux colonnes convergent vers Albany, où elles devront se joindre aux forces de Howe, dans la région de New York.


Burgoyne se met en route à partir de la ville de Quebec en juin 1777, et recapture Fort Ticonderoga en juillet. Ensuite, sa progression est constament ralentie par une série d'obstacles naturels dressés par les arrière-gardes américaines.

En août 1777, un détachement britannique est envoyé pour s'emparer de stocks de ravitaillement. Mais le 16 août, ce détachement se fait anéantir par environ 2000 miliciens du New Hampshire et du Massachussetts commandés par le général John Stark. C'est la bataille de Bennington. Burgoyne se retrouve ainsi privé d'environ un millier d'hommes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Bennington

Pendant ce temps, les troupes de St Leger, 300 soldats réguliers anglais, 650 Canadiens et un millier de guerriers Mohawk dirigé par le chef Joseph Brant, établissent le siège de Fort Stanwix, sur la rivière Mohawk le 2 août. 740 miliciens américains épaulés par environ 100 Indiens alliés Oneidas essaient de porter secours à la garnison assiégés, mais tombent dans une embuscade et sont anéantis à la bataille d'Oriskany, le 6 août.

Mais le 22 août, les Britanniques, Canadiens et Mohawks de St Leger et de Brant doivent lever le siège lorsqu'une seconde force expéditionnaire approche, commandée par le général Benedict Arnold. St Leger fait demi-tour et regagne le Quebec. Cette retraite contribuera beaucoup dans la future défaite de Burgoyne à Saratoga.

http://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Fort_Stanwix

Burgoyne, dont ses forces sont maintenant réduite à 6000 hommes, après avoir laissé une garnison à Fort Ticonderoga et ses pertes à Bennington, commence à manquer de ravitaillement. Malgré cela, il est déterminé à poursuivre son avance vers Albany.

Une armée américaine d'environ 8000 hommes, commandés par le général Horatio Gates, s'est retranchée sur des positions défensives établies sur Bernis Heights, 16km au sud-ouest de la ville de Yorktown, dans l'Etat de New York.

Le 19 septembre 1777, Burgoyne essaie d'abord de déborder les Américains par les flancs, mais ses troupes sont stoppées à Freeman's Farm. C'est la première bataille de Yorktown, ou bataille de Freeman's Farm.

La situation de Burgoyne devient désespérée, mais il n'est toujours pas décidé à abandonner et espère toujours rejoindre l'armée de Howe à New York. Mais celui-ci, absorbé par sa campagne contre Philadelphie, n'interviendra pas.

De plus, Gates a reçu des renforts, son effectif est maintenant passé à 11000 hommes. Après avoir été écrasé définitivement à la seconde bataille de Yortown, Burgoyne capitule le 17 octobre 1777. C'est la fin de la campagne de Saratoga, qui se conclue par une victoire écrasante des Américains.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battles_of_Saratoga



(7) Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, dit "Marquis de la Fayette" (6 septembre 1757 - 20 mai 1834), général et homme politique français et américain, héros de la guerre d'indépendance américaine et personnalité de la Révolution française. Il a été fait citoyen d'honneur des Etats-Unis d'Amérique en 2002, à titre posthume. Il est enterré au cimetière de Picpus, à Paris.


Campagne de Philadelphie (1777-1778).

Après avoir capturé et sécurisé la ville de New York en 1776, l'armée britannique du général sir William Howe se concentre maintenant sur Philadelphie, siège du gouvernement rebelle. A la fin du mois d'août 1777, Howe débarque avec 15500 hommes dans la baie de Chesapeake, à environ 90km au sud-ouest de Philadelphie, en Pennsylvanie.

http://en.wikipedia.org/wiki/Philadelphia_campaign

Le général américain George Washington a positionné 14100 hommes, soit environ le même effectif, entre Philadelphie et les forces de Howe. Mais Washington est pourtant débordé et battu à la bataille de Brandywine, le 11 septembre 1777. Les Britanniques perdent dans l'engagement 587 hommes, dont 93 tués. Les pertes américaines ne sont pas connues avec exactitude, mais tournent autour de 1200 à 1300 hommes hors de combat: 300 tués, 600 blessés et 400 prisonniers.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Brandywine

Bien que Howe ait défait l'armée américaine, sa résistance inattendue empêcha cependant le Britannique de la détruire complètement. Le moral des Américains reste stable, malgré leurs pertes.


Les jours suivants, les forces britanniques et américaines manoeuvrent l'une autour de l'autre, avec plusieurs engagements mineurs, telle la bataille de Paoli, dans la nuit du 20 au 21 septembre 1777, qui se conclue par une autre victoire britannique.

http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Paoli

Désemparés, l'Armée et le Second Congrès continental doivent abandonner Philadelphie pour se réfugier d'abord à Lancaster, puis à York, en Pennsylvanie. Le 26 septembre, les Britanniques s'emparent de Philadelphie sans opposition.


Alliance franco-américaine (1778).

Les conséquences politiques de la défaite de Burgoyne à Saratoga ne tardent pas à se faire sentir. Le 4 décembre 1777, la nouvelle parvient à Benjamin Franklin, chargé d'une mission diplomatique à Versailles, en France. Deux jours plus tard, souvrent des négociations avec Louis XVI pour une alliance franco-américaine.

Le traité d'alliance franco-américain est signé le 6 février 1778. C'est le début de la reconnaissance internationale de l'indépendance des Treize colonies américaines. Un mois plus tard, Louis XVI déclare la guerre à la Grande-Bretagne. Désormais, la France interviendra directement et officiellement dans la guerre d'indépendance américaine.

http://en.wikipedia.org/wiki/Treaty_of_Alliance_(1778)